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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 899
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 12 Mai 2017
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Egalement dans ce numéro
Matière
Le nanoconfinement booste la performance du stockage de l’hydrogène
Un capteur de rayons X miniature pour une médecine de haute précision
L’hélium se lie au sodium à haute pression
Intel prépare l'avenir de l'électronique avec ses processeurs multipuces
Une turbine qui met l'hydroélectricité à la portée de tous
Vivant
Un médicament anti-cancer -boosté- par un antirhumatismal
Une carence en vitamine A impliquée dans le déclin cognitif et la maladie d’Alzheimer
La vitamine C bonne pour le cerveau
Cancer : Identification d'un mécanisme d’autodestruction des cellules cancéreuses
Viktor : un coussin intelligent pour personnes âgées
L'allaitement maternel n'aurait pas un impact significatif sur le développement cognitif de l'enfant
La stimulation cérébrale profonde est efficace contre certaines formes de dépression
Un organe simulé sur une puce
Un nouveau protocole anti-cancer expérimenté à Lyon, à Léon Bérard
Edito
L'exercice physique : la troisième médecine !



Pendant très longtemps, le sport et l’activité physique, bien que reconnus comme bénéfiques pour la forme et la santé, restaient considérés comme subsidiaires et vus essentiellement comme des variables d’ajustement qui venaient en complément à la médecine allopathique, dont l’efficacité thérapeutique ne cessait de s’accroître.

Mais au cours de ces dix dernières années, de nombreuses recherches et études sont venues profondément transformer cette conception scientifique sur le rôle et la place exactes de l’exercice physique en matière de prévention et de lutte contre de nombreuses maladies, y compris les plus graves.

Une étude réalisée à la demande de la MGEN en 2006 sur plus de 100 000 femmes françaises, nées entre 1925 et 1950, par une équipe de chercheurs de l’INSERM, a par exemple montré qu’il existe bien un lien tout à fait mesurable entre activité physique et risque de cancer du sein, même chez les femmes présentant des facteurs de risque important, comme certaines mutations génétiques ou des antécédents familiaux.

Selon ces recherches, les femmes qui pratiquent au moins 45 minutes par jour d’activité physique soutenue, qu’elles soient ou non sous traitement hormonal substitutif, réduisent de 38 % leurs risques de cancer du sein, par rapport aux femmes inactives.

Si l’on considère l’ensemble des études scientifiques sur cette question, on constate qu’une activité physique régulière peut permettre de réduire jusqu’à 40 % le risque de développer certains cancers parmi les plus fréquents, comme le cancer du sein ou du côlon ou d’être victime d’une récidive de cette maladie. Une méta-analyse a ainsi fait état d’un risque de mortalité réduit de 34 % chez les femmes atteintes d’un cancer du sein localisé et pratiquant une activité physique intense et régulière (150 minutes par semaine en trois séances).  

Cette action protectrice très puissante de l'exercice physique vient encore d'être confirmée il y a quelques jours par une étude épidémiologique d'une ampleur sans précédent, publiée le 19 avril dernier dans le très sérieux British Medical Journal. Ce travail, réalisé par des chercheurs anglais, a porté sur les effets d'une pratique quotidienne du vélo sur la santé. En analysant les habitudes et pratiques sportives de 250.000 Britanniques pendant 5 ans, ces scientifiques de Glasgow ont constaté que le pouvoir protecteur du sport était encore plus important qu'on ne l'imaginait jusqu'à présent (Voir BMJ).

Au cours de cette vaste étude, 2.430 participants sont décédés, 3.748 ont développé un cancer et 1.110 ont eu un problème cardiaque. Après analyse des habitudes de vie des participants, les chercheurs ont calculé que le fait de faire régulièrement du vélo, à raison de 7 km par jour en moyenne, diminuait les risques de cancer de 45 %, ceux de pathologies cardiaques de 46 % et les risques globaux de mortalité de 41 %. Ces recherches montrent également que les personnes qui marchent au moins 10 km par semaine diminuent sensiblement leurs risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires. 

Ces travaux soulignent de manière très intéressante que ces effets bénéfiques pour la santé persistent dans le temps et semblent intrinsèques, ce qui signifie qu’ils se manifestent indépendamment des autres facteurs de risque pris en compte chez les patients étudiés (surpoids, tabagisme, hypertension, etc.). 

En novembre 2016, une autre étude australienne a montré que les sports de raquette sont parmi les plus efficaces pour diminuer les risques de mortalité. En tenant compte du profil de risque personnel des personnes participantes (âge, poids, alimentation, consommation d’alcool et tabac), les chercheurs australiens ont essayé de déterminer, sur une cohorte de 80 000 adultes suivis pendant neuf ans et dont la moyenne d'âge était de 52 ans, quelles étaient les activités sportives les plus efficaces pour réduire les risques de mortalité, notamment à cause de maladie cardiovasculaire (Voir BMJ Journals). Selon ces travaux, les adeptes du tennis, du badminton ou du squash qui avaient des risques de décès - toutes causes confondues - les ont réduits de 47 %, par rapport à ceux qui n’avaient aucune activité physique… Cette étude montre en outre que l’effet protecteur du sport n'est pas seulement dû à l'intensité et à la  fréquence des séances, mais également au  type d'exercice pratiqué.  

Si l’activité physique a une action préventive puissante contre les pathologies les plus graves, elle est également très utile quand la maladie est malheureusement déjà présente. Il y a quelques semaines, une autre étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Goethe Francfort en Allemagne a ainsi montré que la pratique régulière d'un sport permettait aux malades atteints d'un cancer gastrique ou intestinal de mieux supporter la chimiothérapie et de réduire les effets secondaires de la pathologie. « Nous devons pouvoir proposer, à l'avenir, aux patients atteints de cancer gastro-intestinal, même avancé, des programmes d'exercice physique pendant leur chimiothérapie. Il faut donc ouvrir des salles d'exercice dans les hôpitaux », conclut le professeur Winfried Banzer, chef du département de médecine du sport à l'Université Goethe de Francfort.   

Plusieurs autres études épidémiologiques solides ont par ailleurs montré que la pratique régulière d’un sport pouvait diminuer s’au moins 17 % le risque de récidive d’un cancer du côlon et d’au moins 20 % le même risque de rechute, pour un cancer du sein. Une étude américaine portant sur 121 700 infirmières a montré que le risque de décès par cancer du sein ou de récidive de ce type de cancer est réduit de 20 à 50 % chez les femmes qui pratiquent une activité physique au moins cinq heures par semaine, par rapport à celles qui marchent moins de 3h par semaine. Ces résultats ont été confirmés par l’étude WHEL (Women’s Healthy Eating and Living Study) qui estime que le risque de rechute d’un cancer du sein pour les femmes qui marchent 30 minutes par jour 6 fois par semaine est réduit de 44 %. 

En juillet 2012, une étude publiée dans le "Lancet" avait déjà fait grand bruit en montrant que le manque d'activité physique était responsable d'un décès sur dix dans le monde et que la sédentarité entraînait autant de morts prématurées que l’obésité ou le tabac…

Selon l’OMS, le manque d’activité physique concernerait deux adultes sur trois et serait responsable de 5,3 millions des 57 millions de décès répertoriés à travers le monde. Le docteur I-Min Lee (Harvard Medical School de Boston) souligne pour sa part que 10 % des quatre grandes maladies non transmissibles (maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, cancers du sein et du côlon) seraient liées au fait de pratiquer moins de 150 minutes d'activité modérée par semaine. Une autre étude réalisée dans 122 pays et dirigée par le docteur Pedro C. Hallal (Université de Pelotas, au Brésil), montre qu’un tiers des adultes et quatre adolescents sur cinq dans le monde ne font pas suffisamment d'exercice physique, ce qui accroît de 20 % à 30 % leur risque d'avoir des maladies cardio-vasculaires, du diabète et certains cancers. Selon le docteur Hallal, « Une généralisation de l'activité physique permettrait un gain de 0,68 ans de l'espérance de vie de la population mondiale, ce qui est loin d’être négligeable ».

Une étude de l’Inserm, publiée en novembre 2009, a montré, sur une population de sujets de plus de 65 ans, en bonne santé et suivis durant 5 ans, que les personnes qui marchent le plus lentement ont un risque de décès supérieur de 44 % à celles qui marchent le plus rapidement.

Citons également une autre étude réalisée par des chercheurs des Universités Jean Monnet (Saint-Etienne), de Lyon, de Dijon et du Centre Régional de Prévention du Cancer de Saint-Priest-en-Jarez. Ce vaste travail d’analyse épidémiologique montre, sur plus de 122 000 participants, suivis pendant une moyenne de 10 ans, qu’une simple activité physique correspondant à environ 15 minutes de marche active par jour, ce qui est à la portée de neuf personnes sur dix, suffit pour réduire de 22 % le risque de décès par rapport l’inactivité totale (Voir BMJ Journals). 

Mais si on sait à présent avec certitude qu' une activité physique régulière peut avoir des effets bénéfiques tout à fait remarquables dans la prévention et le traitement de maladies graves, comme le diabète, l'hypertension, les maladies cardio-vasculaires ou certains cancers, on commence également à découvrir que le sport peut également permettre de prévenir ou de retarder l'apparition du déclin cognitif lié au vieillissement et de certaines pathologies neurodégénératives, comme la si redoutée maladie d'Alzheimer.

Il y a deux ans, trois études scientifiques très solides ont montré que les bénéfices de l’activité physique pour les personnes atteintes d’Alzheimer étaient bien réels et plus importants que prévus. La première de ces études, réalisée par des chercheurs de la Wake Forest University Health Sciences, à Winston Salemn (États-Unis) a montré, sur 65 patients âgés de 55 à 89 ans et atteints de troubles légers, que la pratique régulière d’exercices d’étirement entraînait une diminution significative de la protéine "Tau", un des marqueurs biologiques de la maladie d'Alzheimer.

La deuxième étude, réalisée par l'Université de Colombie Britannique, a montré, sur 62 patients atteints de troubles vasculaires cérébraux suite à un AVC léger, qu’un programme régulier d’exercices physiques améliorait leurs fonctions cognitives, notamment l’attention et la mémoire.

Enfin, la troisième étude, réalisée au Danemark par des chercheurs du Centre Danois pour la Recherche sur les Démences, a montré, sur 200 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, que les malades ayant pratiqué des exercices physiques au moins trois fois par semaine présentaient beaucoup moins de symptômes tels que la dépression, l’anxiété ou l’irritabilité.

D'une manière encore plus générale, il est également démontré que l'activité physique a un effet neuroprotecteur remarquable. C'est ainsi qu'en 2016, des chercheurs ont réussi, pour la première fois, à observer l'évolution du fonctionnement du cerveau de 55 volontaires âgés de 56 à 79 ans. Utilisant des images tridimensionnelles à haute résolution obtenues par la résonance magnétique, ils ont découvert que l’exercice retardait l’atrophie du cerveau associée au vieillissement. Les personnes actives physiquement avaient perdu, en effet, beaucoup moins de matière grise et de matière blanche que les sédentaires.  

Rappelons enfin qu'en 2007, une vaste étude réalisée par l'Université de Californie a permis de montrer, sur plus de 6 000 femmes de plus de 65 ans, suivies pendant huit ans, que celles qui marchaient le plus pouvaient réduire jusqu'à 40 % leurs risques de déclin cognitif...

Une estimation scientifique prudente montre que la généralisation, dès le plus jeune âge, d’une activité physique régulière qui serait bien entendu poursuivie tout au long de la vie et adaptée au vieillissement des individus, permettrait non seulement d’éviter au moins 100 000 morts par an dans notre pays mais retarderait de plusieurs années la perte d’autonomie due à l’âge, un gain d’autant plus important que, depuis 10 ans, l’espérance de vie sans incapacité à 60 ans ne progresse plus, contrairement à l’espérance de vie globale à la naissance qui continue à augmenter régulièrement.

L’efficacité préventive et thérapeutique du sport pourrait en outre être encore amplifiée en proposant à chacun, en fonction de son profil génétique et des prédispositions à développer certaines pathologies, une « feuille de route », personnalisée, préconisant la combinaison d’activités les plus adaptées aux besoins de chaque personne.

On ne peut que se féliciter du fait que, depuis peu, les médecins peuvent prescrire sur ordonnance à leurs patients la pratique d’une activité physique, au même titre que des médicaments ou un régime. Mais il faudrait aller plus loin et dégager les moyens financiers, en réduisant par exemple certains gaspillages dans notre système de santé, qui permettraient de rembourser ces prescriptions sportives, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Les extraordinaires progrès accomplis par la biologie et les sciences de la vie depuis un siècle ont fini par nous persuader, non sans raison, que la panoplie chimique et pharmaceutique toujours plus puissante et diversifiée dont nous disposions pour nous soigner, suffirait à venir à bout des maladies les plus graves et les plus meurtrières.

Mais nous savons aujourd’hui que les choses ne sont pas si simples et que la médecine allopathique à elle seule ne peut tout résoudre ; celle-ci sera d’autant plus efficace qu’elle sera utilisée en synergie avec les deux autres médecines qui se sont affirmées avec force au cours de ces dernières années, celle qui concerne l’ensemble de nos habitudes alimentaires et celle qui a trait aux activités physiques variées que nous pratiquons. Si nous parvenons à élargir notre conception de la santé et du bien-être en y intégrant de façon harmonieuse ces trois médecines, nos sociétés accompliront, j’en suis convaincu, un saut décisif en terme de qualité de vie et d’épanouissement individuel et collectif.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


Matière
Matière et Energie
Le nanoconfinement booste la performance du stockage de l’hydrogène
Jeudi, 11/05/2017 - 10:56

Une équipe internationale de scientifiques est parvenue à utiliser du nitrure de lithium (Li3N) nanoconfiné pour stocker de l’hydrogène. Ce matériau permet de stocker plus de gaz, d’accélérer les cycles d’absorption et de libération de l’hydrogène, et d’économiser de l’énergie par rapport aux méthodes actuelles.

Le Li3N est un matériau solide qui existe sous trois formes cristallines (α, la plus stable sous conditions normales de température et pression, β et γ). Il agit comme une éponge pour l’absorption (hydrogénation) et la libération (déshydrogénation) d’hydrogène. Mais il absorbe une quantité limitée de gaz, et l’absorption et la libération sont lentes.

Pour améliorer ses propriétés de stockage, les scientifiques ont encapsulé Li3N dans des nanoparticules de carbone. Ils ont mis du lithium métallique en contact des nanoparticules de carbone. Puis par condensation d’ammoniac, ils ont recouvert le mélange d’ammoniaque liquide. Le lithium métallique s’est dissous, puis s'est infiltré dans le carbone. Les nanoparticules obtenues contiennent près de 40 % de Li3N.

Le nanoconfinement entraîne une modification des phases du matériau au cours d’un cycle hydrogénation/déshydrogénation. Il élimine notamment la phase α du Li3N au profit de la phase β, moins stable et donc plus réactive. Il supprime aussi une phase intermédiaire de réaction qui limitait la performance du Li3N seul. A 250°C, les nanoparticules absorbent et libèrent l’hydrogène en une seule étape, et plus rapidement que le nitrure de lithium seul.

Ces recherches pourraient apporter une alternative au stockage d’hydrogène haute pression utilisé actuellement dans les véhicules électriques équipés de piles à combustible à l’hydrogène. Grâce à un stockage dense et basse pression, les réservoirs seraient plus compacts et nécessiteraient moins d’énergie au remplissage. « Pour en arriver là, nous devons encore abaisser la température de libération de l’hydrogène. Et nous travaillons aussi à diminuer la quantité de carbone dans les nanoparticules puisque le carbone ajoute du poids qui pourrait contrebalancer les bénéfices économiques », précise Brandon Wood, l’auteur principal de l’étude. 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Phys org

Un capteur de rayons X miniature pour une médecine de haute précision
Mercredi, 10/05/2017 - 20:52

Le rayonnement X permet de scruter la matière, que ce soit pour des applications médicales ou pour contrôler des pièces industrielles. Mais les détecteurs de rayons X sont encombrants, ce qui limite leur usage médical, spécialement pour des endoscopies.

Les scientifiques cherchent donc à les miniaturiser, ce qui est loin d'être évident. En effet, la détection est indirecte : les rayons X sont d'abord absorbés par un matériau luminescent (un scintillateur), qui lui-même émet alors des photons de lumière visible, détectés par une caméra ou un photodétecteur. Or, à petite échelle, un scintillateur n'émet que très peu de photons.

Des chercheurs ont pourtant trouvé une solution, fondée sur l'utilisation d'une antenne optique qui redirige et canalise les photons émis par un scintillateur miniature. Ce dispositif ultra-compact rend possible la détection de rayonnements X dans des volumes de seulement quelques micromètres cubes.

Inventé par une équipe du laboratoire Femto-ST (CNRS/Université de Franche-Comté/UTBM/ENSMM) en collaboration avec des chercheurs du CiNaM (CNRS/AMU) et de l'Institut Utinam (CNRS/Université de Franche-Comté), il est construit sur une fibre optique de quelques dizaines de micromètres de diamètre. A une extrémité de la fibre, les chercheurs ont fait croître une micro pointe de polymère.

Par-dessus cette structure, ils ont greffé un fragment minuscule de scintillateur, puis ont recouvert le tout d'une fine couche de métal afin de finaliser l'antenne optique dont le rôle est de canaliser la lumière, comme le font les antennes cornets pour les micro-ondes.

Quand le fragment de scintillateur reçoit des rayons X, il émet alors de la lumière que l'antenne redirige vers la fibre. Il ne reste plus qu'à placer un détecteur de lumière à l'autre extrémité de la fibre. L'idée était d'aboutir à un dispositif industrialisable : la réalisation de l'antenne optique sur la fibre par photo polymérisation, tout comme le greffage du scintillateur, sont des procédés qui permettraient de produire en série et à bas coût.

La démonstration a été effectuée avec des rayons X de basse énergie (10keV2). Pour envisager des applications médicales, l'équipe veut maintenant passer le cap des hautes énergies : quelques dizaines de keV pour la radioscopie, et plusieurs centaines de keV pour des applications thérapeutiques.

A plus long terme, les chercheurs ont d'autres idées. Ainsi, les antennes optiques pourraient permettre de réduire le délai entre l'absorption des rayons X et l'émission de lumière par le scintillateur, et déboucher sur des détecteurs de rayons X beaucoup plus rapides.

Par ailleurs, alors que sa résolution spatiale est aujourd'hui de l'ordre du micromètre, de nouvelles procédures permettraient de descendre jusqu'à 100 nanomètres. Une perspective serait alors d'utiliser le détecteur comme une sonde de microscopie à balayage, pour analyser localement, par exemple, la composition chimique de matériaux composites.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CNRS

L’hélium se lie au sodium à haute pression
Mercredi, 10/05/2017 - 20:47

Dans le tableau périodique des éléments, l’hélium occupe la dernière colonne, celle des éléments nobles. À ce titre, il est chimiquement inerte : il ne se lie pas aux autres éléments. Il est même le plus inerte des gaz nobles du fait de la très grande stabilité de son cortège électronique. Pourtant, une équipe internationale menée par Artem Oganov, de l’Université Stony Brook, aux États-Unis, aurait mis en évidence deux molécules stables comprenant un atome d’hélium et des atomes de sodium.

Ces dernières décennies, les physiciens et les chimistes ont mis en évidence plusieurs molécules contenant de l’hélium. Le composé HeH+ est stable, mais seulement lorsqu'il est ionisé. D’autres sont métastables : HHeF, (HeO)(CsF) ou LiHe. Il existe aussi des composés dit de van der Waals, dont les atomes sont reliés par des interactions très faibles, qui sont stables à basse température, tel NeHe2. Il existe aussi des complexes d’inclusion où un système hôte accueille un atome d’hélium, mais comme ce dernier n’a pas d’effet sur la structure électronique de l’hôte, il ne s’agit pas exactement d’une molécule.

Une façon d’obtenir des composés stables est d’augmenter la pression. En 2002, Benny Gerber, de l’université hébraïque à Jérusalem, et ses collègues ont montré théoriquement que la molécule HHeF pourrait être stable à des pressions supérieures à 23 gigapascals. Avec la même approche, Artem Oganov et ses collègues ont donc étudié la possibilité de former des composés stables d’hélium avec d’autres éléments (H, O, F, Na, K, Mg, Li, Rb, Cs, etc.).

Ils ont montré que le sodium semble pouvoir s’y lier de façon stable. À partir d’une analyse numérique, les chercheurs ont trouvé que le composé Na2He se formerait au-dessus de 160 gigapascals. Sa structure serait semblable à celle de la fluorine (CaF2) : elle ressemble à un échiquier tridimensionnel où chaque intersection est occupée par un atome de sodium et chaque case est alternativement occupée par un atome d’hélium ou une paire d’électrons.

Les atomes d’hélium ne se lient pas vraiment avec les autres, mais leur présence influe de façon importante sur les atomes de sodium et conduit à cette forte localisation des paires d’électrons. Cette configuration particulière fait que le composé est un isolant électrique. C'est aussi un composé ionique qualifié d’électride, dans lequel le sodium est le cation et les paires d’électron forment l’anion.

Sous la direction d’Alexander Goncharov, de l’institut Carnegie pour la science, à Washington, les chercheurs ont utilisé une presse de diamant pour synthétiser Na2He. Celui-ci se serait formé à partir de 113 gigapascals. La difficulté des mesures de diffraction aux rayons X rend cependant d'autres expériences nécessaires pour confirmer définitivement la formation de ce composé.

Par ailleurs, les chercheurs ont introduit des atomes d’oxygène dans le milieu pour créer un autre composé. L’oxygène étant un accepteur d’électrons, il prend ainsi la place des paires d’électrons dans le réseau. Ce système serait stable pour des pressions comprises entre 15 et 106 gigapascals.

L’hélium est le deuxième élément le plus abondant dans l’Univers. Il est présent en quantité dans les planètes géantes gazeuses telles Jupiter ou Saturne, au cœur desquelles la pression peut atteindre plusieurs milliers de gigapascals. La découverte de ces molécules contenant de l’hélium pourrait aider à comprendre la structure interne de ces planètes.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash 

Chemistry World

Intel prépare l'avenir de l'électronique avec ses processeurs multipuces
Mercredi, 10/05/2017 - 19:29

Les processeurs actuels tiennent tous sur une même plaque de silicium. Mais, selon Intel, ce mode de fabrication pourrait changer et il sera bientôt possible d’assembler plusieurs puces en créant entre elles une interconnexion haute vitesse. Selon le fabricant, sa technologie Embedded Multi-die Interconnect Bridge, ou EMIB, permettra bientôt de connecter une puce de 22 nm à une puce de 10 nm et à une puce de 14 nm, pour créer un processeur.

« Par exemple, nous pouvons mélanger des blocs de silicium haute performance avec des blocs de Silicium IP comportant des éléments basse consommation fabriqués à partir de cœurs différents, pour une optimisation maximale », a déclaré Murthy Renduchintala, président du Client, IoT, Businesses and Systems Architecture Group d’Intel.

Le fondeur modifie radicalement le mode de production de la plupart de ses CPU et SoC, dont les composants sont habituellement fabriqués selon le même processus. Pour l’instant, Murthy Renduchintala n'a pas évoqué de prochaine puce SoC ou CPU utilisant la technologie EMIB. Il a simplement déclaré que cette technologie serait certainement appelée à jouer un rôle important dans les produits d’Intel à court et long terme.

Ce dernier a également précisé que la technologie EMIB pouvait permettre d’atteindre des vitesses de « plusieurs centaines de gigaoctets », tout en réduisant par quatre la latence des techniques multi-puces traditionnelles. « L’EMIB représente vraiment une technologie de transformation pour Intel », a-t-il ajouté.

Avec la technologie EMIB, Intel pourrait produire un processeur et des cœurs graphiques sur la base d’un processus de pointe à 10 nm et l’assembler avec des composants basse consommation construits selon un processus à 14 nm. D'autres éléments pourraient bénéficier de la technologie. Par exemple, les circuits d’alimentation des designs à 22 nm pourraient s’ajuster avec d’autres circuits.

À une époque, Intel voulait intégrer la régulation de tension dans ses puces Haswell de 4e génération et ses puces Broadwell de 5e génération. Mais le fondeur a abandonné l’idée pour ses puces Skylake de 6e génération et Kaby Lake de 7e génération. Selon certains, la mise à l'échelle du régulateur de tension à 14nm posait des problèmes. Mais l’EMIB pourrait réussir à maintenir le FIVR (Fully Integrated Voltage Regulators) à 22nm.

La technologie EMIB constitue une rupture car elle intervient au niveau du silicium lui-même. Dans un design multipuces traditionnel, les connexions sont gravées dans le substrat sur lequel sont montées les puces. Cette conception limite la quantité de fils et la vitesse des connexions. Un autre procédé consiste à utiliser un interposeur en silicium pour relier les substrats, ce qui permet des densités et des performances plus élevées. Mais ce processus coûte cher. L’EMIB permet de combiner plus facilement les puces sans renoncer aux performances.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

PCW

Une turbine qui met l'hydroélectricité à la portée de tous
Mercredi, 10/05/2017 - 19:26

Il a fallu trois ans de recherche à Jean-Christophe Maillard, ingénieur chez Turbiwatt, pour concevoir le premier prototype de turbine de la startup bretonne. À l'époque, l'enjeu est de réinventer une technologie vieille d'un siècle en créant une machine performante et efficace. « Dans l'hydroélectricité de basse chute, on considère souvent qu'au-dessous de 10 mètres, l'exploitation n'est pas rentable. Pourtant, entre les moulins, les cours d'eau et les écluses, le potentiel est énorme », analyse Didier Greggory, PDG de Turbiwatt. L'Europe compte près de 600 000 moulins, dont les deux tiers, au moins, sont susceptibles d'être équipés par ces turbines.

La gamme Turbiwatt s'adapte aux très basses chutes, de 1,2 à 8 mètres, avec un débit entre 70 et 100 L/s. Chacun des trois modèles commercialisés délivre une énergie basse tension injectable à 100 %, directement dans le réseau. « C'est une des spécificités de nos machines : elles turbinent à débit constant. Nous n'avons pas besoin de transformer le courant, ce qui ne génère aucune perte d'énergie », explique Didier Greggory. L'innovation passe donc par une technologie simple mais redoutable. La plus grosse turbine (Lion, 36 kW) peut délivrer 300 000 kW/h par an, soit l'équivalent de 3 000 m² de panneaux solaires.

Cette ressource est particulièrement utile en boucle locale. Actuellement, 40 turbines sont installées, principalement sur des moulins, mais aussi dans les infrastructures d'énergéticiens, comme le Suisse Romande Énergie. Robuste, silencieuse et invisible (les turbines sont immergées), l'hydroélectricité selon Turbiwatt devient rentable. Avec un coût entre 9 000 € et 150 000 € (hors travaux de génie civil), les turbines peuvent être amorties en moins de 2 ans. 300 projets sont à l'étude en Europe et des collectivités locales s'intéressent à cette technique.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Turbiwatt

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Un médicament anti-cancer -boosté- par un antirhumatismal
Jeudi, 11/05/2017 - 13:44

L'un des objectifs de la pharmacologie est d'accroître l'efficacité des médicaments, tout en diminuant leurs effets secondaires. Cet effort a récemment conduit à combiner des médicaments sans lien entre eux pour exploiter leurs effets synergiques. Cette "synergie médicament-médicament" repose sur des interactions entre les canaux biologiques individuels par lesquels chaque médicament agit. Des scientifiques de l'EPFL et de l'Université de technologie de Nanyang (NTU, Singapour) viennent de découvrir un effet synergique entre un médicament anti-cancer et un antirhumatismal, améliorant ainsi les capacités du premier à tuer les cellules cancéreuses.

Le laboratoire de Paul Dyson et Ursula Röthlisberger à l'EPFL, en collaboration avec le laboratoire de Curtis Davey à la NTU, ont exploré les effets de synergie de deux médicaments sans lien entre eux : l'auranofine (Ridaura), un médicament contenant de l'or utilisé pour soulager les symptômes de l'arthrite rhumatoïde, et le RAPTA-T, un médicament anti-cancer contenant du ruthénium qui entrave la croissance des tumeurs comme des métastases, tout en réduisant aussi les effets secondaires de la chimiothérapie en raison de sa faible toxicité.

Bien que ces deux médicaments soient utilisés dans des conditions différentes, on a récemment découvert que l'auranofine agissait également contre le cancer. La raison en est que, souvent, les médicaments ne se lient pas seulement en un seul site sur une molécule spécifique, mais peuvent aussi se lier à d'autres sites sans relation avec le premier et les affecter – sur la même molécule ou sur une autre.

Par exemple, un médicament conçu pour se lier et activer un récepteur donné pourrait aussi se lier à une enzyme et la bloquer. Cette activité hors-site suscite fréquemment l'émergence d'effets secondaires, mais des sites de fixation médicamenteux séparés peuvent aussi agir ensemble de manière synergique d'une manière productive.

Les chercheurs ont exploré les effets synergiques des deux médicaments sur l'ADN encapsulé dans les cellules cancéreuses. En dépit des représentations courantes, les longs brins d'ADN dans la cellule passent l'essentiel de leur temps étroitement liés autour de protéines spécialisées appelées histones. Chaque fois qu'une séquence particulière, par exemple un gène, est appelée, cette section de l'ADN est déroulée et lue par la machinerie biologique appropriée.

L'étude a découvert que la combinaison des deux médicaments avait une efficacité accrue pour tuer les cellules cancéreuses, tandis qu'individuellement, les médicaments avaient un impact considérablement réduit sur la viabilité de la cellule. Lorsque le RAPTA-T est administré, il forme ce que l'on appelle des "adduits" avec les protéines histones qui encapsulent l'ADN. Ces adduits contrarient le fonctionnement normal de l'ADN et provoquent la mort de la cellule malade. L'auranofine a beaucoup moins tendance à former des adduits avec les protéines histones, sauf si les deux médicaments sont administrés ensemble.

Les chercheurs ont découvert que la liaison de l'auranofine se produit à distance, au travers d'un mécanisme allostérique à l'intérieur du nucléosome, qui contient l'ADN encapsulé de la cellule. Là, les chercheurs ont découvert que le RAPTA-T renforçait la capacité des autres médicaments à former des adduits avec les histones en se liant sur les sites d'histones distants. Les auteurs concluent que ce mécanisme allostérique nouvellement découvert « suggère que la modulation allostérique dans les nucléosomes peut avoir une pertinence biologique et un potentiel pour des interventions thérapeutiques ».

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

EPFL

Une carence en vitamine A impliquée dans le déclin cognitif et la maladie d’Alzheimer
Jeudi, 11/05/2017 - 13:03

Des recherches menées conjointement par des chercheurs chinois (Université de Chongqing) et canadiens (Université de la Colombie-Britannique) ont montré, sur l'animal, qu’en cas de carence en vitamine A, les rongeurs sont davantage affectés par la formation de plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, et par des troubles cognitifs, concernant en particulier la mémoire.

Ces chercheurs ont ensuite procédé à des prélèvements de sang sur des seniors résidant en maison de repos et de soins. Le taux de vitamine A a été croisé avec les résultats à des tests cognitifs (mémoire, raisonnement, attention, résolution de problèmes…). Un quart de ces personnes (26 %) affichaient une carence marginale en vitamine A et environ une sur dix (13 %) un déficit marqué. L'analyse montre que les performances aux tests cognitifs sont moins bonnes lors d'une insuffisance en vitamine A, ce qui revient à dire que « le déclin cognitif est plus important en cas de taux faibles de vitamine A ».

Ces recherches suggèrent qu’une supplémentation de vitamine A, sous strict contrôle médical, pourrait constituer une approche potentielle pour la prévention et le traitement de la déficience cognitive, singulièrement de la maladie d’Alzheimer.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

passion Santé

La vitamine C bonne pour le cerveau
Jeudi, 11/05/2017 - 12:56

Selon une étude internationale associant l’Université de Porto (Portugal) et des équipes du Brésil, d’Allemagne et des Etats-Unis, la vitamine C pourrait permettre de lutter contre l’inflammation du cerveau et jouer ainsi un rôle protecteur vis-à-vis de certaines affections qui, on le sait, sont associées à cette inflammation : la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

Ces recherches ont révélé un mode d’action inédit de la vitamine C. Celle-ci agirait sur une catégorie méconnue de cellules du cerveau : les cellules microgliales. Aussi petites qu’étonnantes, ces cellules sont des acteurs cruciaux, sur le théâtre des opérations ultracomplexes du cerveau. Mais ce sont des acteurs à part. Il s’agit de cellules immunitaires et non de cellules nerveuses, contrairement aux neurones.

Plus précisément, ce sont des macrophages, ces "éboueurs" de l’organisme. Elles détectent, détruisent et digèrent les envahisseurs, formant la première ligne de défense du cerveau contre les infections et diverses maladies.

« Les cellules microgliales sont activées dans toutes les maladies neurodégénératives ou psychiatriques », relève Alain Bessis, directeur de recherche au CNRS et professeur attaché à l’Ecole normale supérieure à Paris. Leur dysfonctionnement est-il la cause ou la conséquence de ces maladies ? « On l’ignore », admet ce chercheur.

Ils se sont d’abord intéressés à une souris mutante, qui présente une quantité réduite d’un récepteur présent à la surface des cellules gliales. Ce récepteur, nommé SVCT2, est un transporteur de la vitamine C : il permet à cette vitamine d’entrer dans les cellules. Eh bien, chez ces souris mutantes, les cellules microgliales captent moins de vitamine C : elles sont alors activées et produisent une forte réaction inflammatoire, révèle l’étude.

Ensuite, les auteurs ont étudié des cellules gliales en culture, provenant de souris, de rats ou d’humains. Résultats : quand les chercheurs provoquent une internalisation du récepteur SVCT2, les cellules gliales captent moins de vitamine C. Là encore, elles sont activées et induisent une forte réaction inflammatoire. A l’inverse, la surexpression de ce récepteur empêche l’activation de ces cellules. Tout comme le fait un traitement par de l’ascorbate, la forme réduite de la vitamine C.

« Globalement, nos travaux montrent l’importance du système de transport de la vitamine C pour l’équilibre des cellules microgliales. Ils suggèrent qu’une dérégulation de ce système pourrait jouer un rôle dans divers troubles neurologiques », concluent les auteurs. Présente en assez grandes quantités dans le système nerveux central, la vitamine C participe au fonctionnement des cellules du cerveau.

En particulier, elle intervient dans la transmission du message nerveux entre les neurones. « Ce qui est neuf, dans cette étude, c’est de montrer comment la vitamine C empêche l’activation de la microglie et calme l’inflammation. Tous les traitements calmant cette inflammation pourraient potentiellement être utiles », estime Alain Bessis. Cette publication « pourrait être la première d’une série sur le rôle de cette vitamine dans les cellules gliales, dans des conditions plus proches de la physiologie ou de la pathologie. »

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science

Cancer : Identification d'un mécanisme d’autodestruction des cellules cancéreuses
Jeudi, 11/05/2017 - 10:51

Des chercheurs du Département de physiologie et pharmacologie de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec l’Institut d’oncologie du Centre Hadassah à Ein Kerem et avec le Centre de recherche sur le cancer de l’Hôpital Sheba à Tel-Hashomer, ont découvert une nouvelle méthode de destruction ciblée des cellules cancéreuses agressives exploitant un mécanisme naturel de suicide cellulaire qui existe dans toutes les cellules. Ces recherches ouvrent un nouvel espoir pour le développement de médicaments particulièrement efficaces adaptés à une variété de tumeurs malignes résistantes aux traitements actuels.

“Nous avions découvert dès 2009 que des molécules dérivées du phénanthrène (hydrocarbure aromatique dit tricyclique) tuent efficacement les métastases du cancer du sein qui ne réagissent pas aux thérapies traditionnelles”, explique le Professeur Cohen-Armon. “Nous avons ensuite examiné l’effet de ces molécules sur d’autres types de tumeurs malignes résistantes aux traitements, comme le cancer de l’ovaire, le cancer du côlon, le cancer du pancréas, une forme rare du cancer du cerveau et de celui du poumon, et constaté que ces molécules parvenaient à les détruire dans les 48 à 96 heures. En parallèle, nous avons constaté que la procédure ne cause aucun dommage aux cellules saines, et que la lésion des cellules cancéreuses se produisait pendant la division cellulaire (mitose). Suite à ces résultats, nous avons cherché à étudier ce processus de destruction”.

Pour révéler ce mécanisme, les chercheurs ont passé en revue la réaction au phénanthrène de toutes les protéines des cellules connues pour être associées au processus de la division cellulaire. Ils sont ainsi parvenus à identifier un certain nombre de protéines spécifiques qui subissaient des modifications sous l’influence du phénanthrène dans les cellules cancéreuses, alors qu’elles ne lui réagissaient pas du tout dans les cellules saines.

Le Professeur Cohen-Armon explique : "Les protéines que nous avons identifiées sont responsables de la construction et de l’agencement des chromosomes lors de la division. Dans les cellules cancéreuses, le phénanthrène perturbe leur activité, entraînant la formation d’une petite poche appauvrie et déformée avec des chromosomes dispersés.

Pour éviter la division cellulaire anormale, la cellule va alors se “suicider” : un mécanisme naturel d’autodestruction, qui se déclenche dans toute cellule qui ne se divise pas normalement, se met alors en œuvre dans la tumeur maligne, et c’est ainsi que les cellules cancéreuses périront par le traitement.

De plus, dans la mesure où la lésion se produit dans la phase de division cellulaire, l’efficacité du traitement augmentera, car les cellules cancéreuses, surtout les tumeurs malignes les plus agressives, se divisent à un taux élevé”. Après avoir examiné ce mécanisme dans des cultures cellulaires, les chercheurs l’ont testé sur des souris de laboratoire. Les résultats ont été prometteurs : suite au traitement par le phénanthrène, la croissance tumorale a été interrompue et deux semaines plus tard, les tumeurs des souris traitées étaient beaucoup plus réduites que celles du groupe témoin resté sans traitement.

“Nous pensons avoir identifié un nouveau mécanisme particulièrement efficace pour le traitement du cancer, qui pourrait convenir à une variété de tumeurs malignes”, a conclu le Professeur Cohen-Armon. “Nous avons l’intention de développer des molécules qui interfèrent avec l’activité des protéines que nous avons identifiées, exploitant ainsi un mécanisme naturel d’autodestruction qui intervient en cas de division cellulaire anormal pour détruire les cellules cancéreuses agressives. Par la suite, nous examinerons comment utiliser ces molécules comme médicament pour les humains”.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Siliconwadi

Viktor : un coussin intelligent pour personnes âgées
Mercredi, 10/05/2017 - 20:49

La société Fingerprints vient de remporter un prix lors de la Silver Night. Cette entreprise installée dans la région Paca a mis au point un coussin connecté et intelligent. Baptisé Viktor, il permet -depuis son « tableau de bord (avec pictogrammes) » situé sur le dessus- aux seniors de garder le contact avec leurs proches, mais aussi de contrôler les objets connectés intégrés dans leur logement.

C'est la perte d'autonomie de sa maman qui a donné l'idée à son fondateur, Alain Tixier, de concevoir cet appareil qui se veut « ludique et pratique ». Pour s’en servir, il suffit de poser Viktor sur ses genoux. Ensuite, telle une « grosse » télécommande moelleuse, il permet de contrôler d'un simple effleurement sur l’un des pictogrammes bien visible et bien identifiable, n'importe quel appareil connecté en Bluetooth au téléviseur : domotique, box, services d'e-santé, téléphonie...

La personne âgée peut ainsi accéder aux programmes préinstallés comme Skype pour communiquer avec son petit-fils, ou contacter un service d'urgence en cas de besoin, ou faire des achats en ligne, consulter Internet, ou encore accéder à des soins à distance. Chacun des programmes est personnalisable en fonction du handicap, des besoins et des envies de son utilisateur.

La pile embarquée assure une autonomie de 6 mois. Il est lavable, incassable, étanche et stérilisable. Le mois prochain, cette jeune pousse de la Silver Economie devrait lancer la pré-commercialisation de ce coussin connecté. Son prix devrait se situer dans les 500 euros plus un abonnement téléphonique. Reste à savoir si le marché répondra favorablement à ce type de produit.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Senior Actu

L'allaitement maternel n'aurait pas un impact significatif sur le développement cognitif de l'enfant
Mercredi, 10/05/2017 - 20:44

Selon une étude réalisée par des chercheurs irlandais et canadiens, l’allaitement maternel, s’il apporte de multiples bénéfices pour la santé physique et mentale de l’Enfant, pour le lien mère-enfant et la construction de la parentalité, ne semble pas avoir un impact significatif sur les capacités cognitives de l’Enfant. En effet ces scientifiques constatent que les enfants, allaités par leur mère ou pas, ont tous le même Q.I. à l’âge de 3 et 5 ans. Alors que dans les pays occidentaux, les mères qui allaitent ont tendance à avoir des niveaux d’études et socio-professionnels plus élevés, sont moins susceptibles de fumer, ces données peuvent laisser présumer un environnement plus bénéfique au développement cognitif de l’enfant.

Les chercheurs de l’University College Dublin (Irlande) avec des collègues de l’Université de Montréal (UdeM – Canada) ont suivi environ 8 000 bébés en Irlande pendant 5 ans afin de mesurer l’impact de l’allaitement maternel sur les capacités cognitives de l’enfant, précisément évaluées par la résolution de problèmes et le vocabulaire ainsi que sur le risque de troubles du comportement. Pour cette analyse, les chercheurs ont utilisé une approche statistique complexe qui permet de faire correspondre ou d’"apparier" les enfants allaités et non-allaités exposés à des combinaisons similaires de facteurs de développement cognitif.

L’approche en question a permis de réduire l’impact de ces facteurs de confusion possible dans l’analyse globale. Les chercheurs sont partis des données de la cohorte « Growing Up in Ireland » qui a suivi ces bébés irlandais de la naissance à l’âge de 5 ans. La sélection des familles, 11.000 au total, s’est effectuée de manière aléatoire entre 2007 et 2008. N’ont été analysées que les données d’enfants nés à terme et dont les familles avaient fourni toutes les informations requises à l’âge de neuf mois.

Finalement, 8.000 bébés ont été suivis jusqu’à l’âge de 5 ans. Les chercheurs ont testé leurs aptitudes, leur vocabulaire et leur capacité de résolution de problèmes aux âges de 3 et 5 ans. Ils ont également pris en compte les éventuels troubles du comportement. L’analyse ne constate aucune différence cognitive significative ou de comportement, entre les bébés allaités par leur mère jusqu’à 6 mois et les bébés non-allaités, aux âges de 3 ou 5 ans.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Pediatrics

La stimulation cérébrale profonde est efficace contre certaines formes de dépression
Mercredi, 10/05/2017 - 20:41

Environ 30 % des patients souffrant d'une dépression majeure résistent aux différents traitements. Mais des chercheurs de l'hôpital universitaire de Fribourg, de l'université de Bonn (Allemagne) et de l'université John Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) ont montré que la stimulation cérébrale profonde (SCP), qui consiste à implanter une électrode de stimulation dans le cerveau du patient pour en activer certaines zones, peut avoir une efficacité thérapeutique pour ces patients réfractaires aux autres traitements.

La SCP est bien connue maintenant pour traiter certains patients atteints de la maladie de Parkinson et s'est révélée efficace aussi contre les TOC. Aujourd'hui, une nouvelle indication est désormais à l'essai : la dépression majeure résistante.

La dépression majeure ou sévère est un état de tristesse aux symptômes définis qui persiste dans le temps (des mois, des années), avec des conséquences graves sur la personne touchée, son comportement, son humeur et sa santé. Sans traitement, les symptômes tendent à s’aggraver, le risque premier étant le suicide.

Lorsque la dépression majeure persiste malgré au moins deux traitements antidépresseurs successifs et l'aide de psychothérapies, elle est dite « résistante ». La stimulation magnétique transcranienne (externe), voire la sismothérapie (électrochocs) peuvent aussi n'avoir aucun effet. C’est pourquoi, en dernier recours, les chercheurs tentent une nouvelle approche : stimuler électriquement le cerveau, de l'intérieur.

"250 patients au total ont été traités ainsi lors d’essais cliniques, avec des stimulations dans trois différentes zones cérébrales" (le girus cingulaire, la capsule interne ou le noyau accumbens), explique Thomas Schlaepfer, co-auteur de l'étude, chercheur à l'hôpital universitaire de Fribourg. Une réponse significative (réduction des symptômes de plus de 50 %) a été atteinte dans plus de la moitié des cas après un an de stimulation. Mais de plus larges essais en double aveugle contre placebo ont ensuite échoué à prouver l’efficacité du traitement.

Peu convaincue, l'équipe allemande a donc choisi une autre cible à stimuler, une zone impliquée dans le système de récompense et qui serait efficace pour réduire la dépression : les deux branches « du faisceau antérieur du cerveau médian » (slMFB). Huit patients, âgés entre 32 et 55 ans au début du traitement, ont ainsi été implantés avec deux électrodes de stimulation délivrant un courant de 2,86 mAmpères dans la zone du slMFB. Les cas étaient graves au départ.

Dépressifs depuis 6 ans en moyenne, ils présentaient un minimum de 21 points sur l’échelle de dépression MADRS (dont le maximum est 24), ce qui leur avait valu près de 14 mois d’hospitalisation psychiatrique associés à une multitude de traitements (anti psychotiques, anticonvulsion, somnifères...) sans compter les séances de sismographie ou de stimulation magnétique transcranienne (14 en moyenne), sans effet.

Résultats : « Sept jours après la stimulation cérébrale profonde, l'ensemble de la cohorte a réduit de moitié le score MADRS » rapporte Thomas Schlaepfer. Entre 12 et 33 semaines, six patients ont bien répondu au traitement et quatre sont entrés en rémission. « Les résultats à long terme révèlent un effet stable jusqu'à quatre ans », se félicitent les auteurs dans la nouvelle publication.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Brain

Un organe simulé sur une puce
Mercredi, 10/05/2017 - 19:31

Une équipe du département d’obstétrique et de gynécologie de l’Université Northwestern (Chicago) rapporte dans un article publié dans la revue « Nature Communications » avoir mis au point un dispositif de culture en 3D de cellules vivantes issues de plusieurs organes de l’appareil reproducteur féminin.

Un tel système, appelé « organes sur puce » (organs-on-a-chip), repose sur la microfluidique, une technologie reposant sur des écoulements liquides de très faibles volumes pour assurer la perfusion en continu de cellules logées dans de mini-compartiments. L’appareil reproducteur de la femme comprend divers organes et tissus (ovaire, trompe utérine, utérus) qui interagissent entre eux par l’intermédiaire des hormones sexuelles qu’ils sécrètent. Ils sont également soumis à l’influence de facteurs hormonaux produits de façon cyclique par une glande située à la base du cerveau: l’hypophyse.

L’équipe de Teresa Woodruff a développé une plate-forme microfluidique nommée EVATAR connectant plusieurs puces afin de reproduire le fonctionnement des cellules d’ovaire, de trompe de Fallope, de muqueuse utérine et de col de l’utérus. Pour reproduire les interactions complexes du cycle menstruel, les chercheurs ont incorporé les cellules dans des supports adaptés à leur survie et développement et les ont soumises à l’influence d’hormones produites par les autres cellules en culture ainsi qu’à des facteurs hormonaux sécrétés par l’hypophyse. 

Résultat, cette plate-forme microfluidique a permis de simuler sur le plan hormonal ce que l’on observe durant un cycle menstruel de 28 jours. L’équipe américaine a en outre observé que leur appareil permettait la croissance et la maturation de follicules ovariens de souris qui ont émis des ovocytes. Les chercheurs ont ensuite introduit de minuscules fragments d’ovaire de souris dans le dispositif, puis des cellules humaines de trompe utérine, de muqueuse utérine (ou endomètre), de col utérin.

A ces quatre compartiments, ils en ont ajouté un cinquième qui renferme des cellules de foie encapsulées dans un hydrogel. Ils se réservent ainsi la possibilité, dans le futur, d’étudier le métabolisme hépatique des hormones sexuelles. Un foie sur puce sera également utile pour détecter la toxicité d’une molécule, cet organe jouant un rôle majeur dans le métabolisme de la plupart des médicaments.

Enfin, les biologistes ont simulé un état de grossesse en maintenant un apport élevé en hCG et prolactine, hormones sécrétées par l’embryon et le placenta en développement. Ils ont alors observé l’apparition dans le tissu ovarien d’un corps jaune, structure temporaire résultant de la transformation du follicule après expulsion de l’ovocyte lors de l’ovulation. Le dispositif microfluidique permet donc de reproduire des phénomènes cellulaires associés au profil endocrinien observé en tout début de grossesse.

A terme, de tels organes sur puce devraient accélérer le développement de nouveaux médicaments en gynécologie/obstétrique. En effet, ils pourraient prédire la toxicité d’une molécule, identifier le meilleur produit parmi plusieurs en développement, mieux préciser les mécanismes d’action d’une substance, évaluer le devenir d’un médicament à travers l’appareil reproducteur afin de déterminer, avec une marge de sécurité, les doses à administrer avant les essais cliniques. Enfin, il permettrait de tester des toxiques environnementaux sans avoir recours aux expérimentations animales.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Un nouveau protocole anti-cancer expérimenté à Lyon, à Léon Bérard
Mercredi, 10/05/2017 - 19:23

Un nouveau protocole anti-cancer vient d'entrer en phase d'essai clinique expérimental chez l'homme à Lyon, au Centre Léon Bérard. 50 patients vont expérimenter ce traitement innovant qui résulte de longues recherches. Il y a 20 ans, Patrick Mehlen, responsable de la recherche à Léon Bérard faisait une découverte majeure : un récepteur qui ne reçoit aucun message n’est pas forcément silencieux et inactif.

Certaines serrures sont capables de fonctionner sans clé. Nommées « récepteurs à dépendance », elles enclenchent la mort cellulaire programmée, ou apoptose, en l’absence de message. Ces recherches montraient que certaines cellules cancéreuses sont capables de résister à l’apoptose et se multiplient hors du contrôle de leur environnement. Une aptitude née de la capacité à produire toutes seules les clés de leurs récepteurs à dépendance.

Patrick Mehlen proposa alors d’induire la mort des cellules tumorales en bloquant l’interaction entre le messager netrin-1, impliqué dans 70 % des cancers du sein métastatiques, et son récepteur à dépendance. Les recherches menées au sein même du centre Léon Bérard de Lyon depuis 8 ans ont permis de montrer l'efficacité de ce traitement sur certains types de cancer chez la souris. La question est de savoir si les résultats encourageants observés ici peuvent être transposés à l'homme.

La stratégie retenue est de tromper les cellules cancéreuses qui, contrairement aux cellules saines, se perpétuent et prolifèrent. Une molécule a donc été développée pour reprogrammer les cellules malignes et pour faire en sorte qu'elles s'auto-détruisent. Patrick Mehlen explique que la cible qui est visée par ce protocole concerne de nombreux cancers humains : 2/3 des cancers du sein et de l'ovaire chez la femme, la moitié des cancers du poumon mais aussi les cancers du pancréas dont le pronostic est généralement très réservé.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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