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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 1010
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 19 Juillet 2019
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Egalement dans ce numéro
Matière
Vers une industrialisation à bas coût des supercondensateurs à ions lithium
Un matériau écologique pour remplacer les fluides frigorigènes polluants
Une nouvelle étape vers le recyclage du CO2 en de nouveaux carburants
L'hydrogène : un élément prometteur de la transition énergétique
Vivant
Le vaccin contre la varicelle protège aussi contre le zona
Un pansement électroceutique pour combattre les plaies infectées
Découverte d'une molécule qui ralentit les effets du vieillissement
Un vaccin prometteur contre le Sida à l'essai
Des chercheurs français mesurent pour la première fois l’hypercholestérolémie génétique
Meilleure qualité de l’air : quelle valeur viser pour améliorer la santé ?
Le miel d’arbousier inhibe la prolifération tumorale
Détecter précocement le cancer du poumon grâce à l'IA…
Des lipides laitiers pourraient contribuer à diminuer le risque cardiovasculaire chez des populations à risque
La Pipac, une nouvelle chimiothérapie par aérosol sans effets secondaires
Le plus vieil Homo sapiens « non africain » serait grec et vieux de plus de 200 000 ans...
Edito
L’éolien marin en France décolle enfin !



Le 14 juin dernier, François de Rugy, qui était était encore, alors, Ministre de la transition écologique et solidaire a officiellement lancé, après le feu vert du Conseil d’Etat le projet tant attendu du premier parc éolien en mer en France. Ce sont donc 45 éoliennes, construites dans la région par General Electric, qui seront implantées, dans un premier temps, en mer, au large de Dunkerque.

Au terme d’un appel d’offres très compétitif qui a vu s’affronter sept offres d’envergure, c’est EDF Renouvelables, Innogy et Enbridge qui assureront la construction et l’exploitation de ce premier parc éolien français en Mer du nord. Ces machines représentent une puissance installée proche de 600 MW, et ce parc permettra d’alimenter 500 000 foyers français à partir de 2026.

Entre les recours juridiques et les démarches administratives complexes, il aura fallu plus de sept ans, contre trois en moyenne pour nos voisins allemands, pour que ce premier parc éolien marin français voit le jour. Les cinq autres parcs, développés par EDF, Engie et Iberdrola, sont toujours dans l’attente de l’examen des recours et ne devraient pas voir le jour avant 2023.

Selon le ministère de la transition écologique et solidaire, le tarif proposé par EDF est inférieur à 50 euros le mégawattheure, soit trois fois moins que les prix négociés avec le gouvernement en 2012 sur les précédents projets. « Il s’agit ainsi d’un tarif comparable aux meilleurs résultats européens, qui démontre la compétitivité de la filière française de l’éolien marin », note le ministère dans un communiqué, en précisant que le parc devrait être opérationnel en 2024.

Enfin, François de Rugy a confirmé les annonces faites par Edouard Philippe lors de son discours de politique générale du 12 juin. Le Ministre de l’Environnement a notamment promis une augmentation significative du volume des appels d’offres pour l’éolien en mer dans les dix prochaines années. Il a annoncé que l’objectif fixé dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en janvier 2019 pour les énergies marines renouvelables serait revu à la hausse, de manière à atteindre au moins 1 GW par an d'ici 2024. Le Gouvernement répond ainsi de manière positive à la demande forte exprimée par la filière éolienne en mars dernier, visant à pouvoir disposer d’appels d’offres sur l’éolien marin d’au moins 1 GW par an jusqu’en 2023, puis de 1,5 GW par an jusqu’en 2028.

Dans ce nouveau cadre plus ambitieux, le ministère a révélé le lancement de trois nouveaux appels d’offres pour des parcs éoliens flottants : un parc de 250 MW pour une vingtaine d’éoliennes au sud de la Bretagne sera attribué en 2021 “avec une participation du public à venir en association avec le Conseil Régional de Bretagne” ; deux parcs de 250 MW dans les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un nouveau projet d’éolien en mer sera également lancé au large de l’île d’Oléron (Charente-Maritime) pour une puissance située entre 500 et 1000 MW.

Pendant qu’en France l’éolien marin en est encore à ses balbutiements, l'Europe comptait au total, fin 2018, 105 parcs éoliens offshore (4 543 éoliennes) répartis entre 11 pays et d’une puissance cumulée de 18,5 GW. Deux pays se taillent la part du lion dans ce domaine d’avenir, le Royaume-Uni (1 975 éoliennes offshore d’une puissance cumulée de 8,2 GW) et l’Allemagne (1 305 éoliennes et 6,4 GW). En 2018, plus de 400 nouvelles éoliennes offshore ont été raccordées au réseau électrique en Europe, ce qui représente un investissement global de plus de 10 milliards d’euros.

La production totale du parc éolien offshore en Europe aurait atteint 56 TWh en 2018, ce représente 10 % de la production électrique française (550 TWh) et correspond à 2 % de la consommation électrique de l’UE. Autre élément important à souligner, en raison de vents plus forts et plus réguliers, les éoliennes marines ont une efficacité supérieure, en moyenne, de 75 % à leurs homologues terrestres, une spécificité qui compense en partie le surcoût lié à l’entretien et de ces machines et à l’acheminement de l’électricité vers les régions de consommation.

L’année dernière, l’AIE a souligné, dans son rapport annuel, que l’énergie éolienne devrait dépasser le charbon, le nucléaire et le gaz pour devenir la principale source d’énergie de l’Union Européenne (UE) bien avant 2030. Selon les projections de l’AIE, la production d’électricité éolienne dans l’UE fera plus que tripler pour atteindre 1 100 TWh en 2040, le double de la production française actuelle d’électricité. L’énergie éolienne deviendrait à cet horizon la principale source d’énergie de l’UE en 2027, devançant ainsi le charbon, le nucléaire puis le gaz.

Parmi les pays qui parient sur l'éolien marin, la Grande Bretagne compte bien s'affirmer comme leader et termine les travaux de son gigantesque parc marin d'East Anglia One, situé à cinquante km des côtes britanniques. D’une capacité installée de 714 mégawatts, ce parc – qui sera, à la fin des travaux, le deuxième parc le plus puissant au monde derrière celui de Walney, en mer d’Irlande – est construit par une filiale du groupe espagnol Iberdrola. East Anglia One sera raccordé au réseau en 2020. Il viendra s’ajouter aux 8 400 mégawatts d’éolien offshore déjà installés au Royaume-Uni, la capacité cumulée la plus importante au monde.

La Grande Bretagne produit déjà 9 % de son électricité grâce à ses parcs éoliens en mer, et le gouvernement britannique a fixé un objectif de 30 % en 2030. En mars dernier, la ministre de l’énergie, Claire Perry, s’est engagée à encourager un développement massif de la filière britannique de l’éolien marin, avec l’objectif clair de conforter sa place de leader européen et mondial dans l’éolien des mers. Au large du Suffolk, les machines en cours d’installation du futur parc géant d'East Anglia One ont plus de 100 mètres de haut, avec des pales de 75 mètres, chacune longue comme un Airbus A380. Cette ferme marine gigantesque comporte également une station électrique de 3 900 tonnes, qui doit assurer la transmission de l’électricité au continent.

Bien que plus coûteuses à installer et à entretenir, les éoliennes en mer possèdent un avantage décisif par rapport à leurs homologues terrestres : grâce à des vents plus puissants et plus réguliers, elles fonctionnent 90 % du temps et tournent à pleine puissance 44 % du temps. C’est pourquoi ce parc d’East Anglia One sera en mesure de fournir l’équivalent de la consommation électrique de 630 000 foyers britanniques.

Certes, l’investissement nécessaire pour un tel parc est colossal : 2,8 milliards d’euros. Mais s’il est quand même considéré comme attractif par le consortium qui réalise East Anglia, c’est parce qu’il bénéficie d’un mécanisme de soutien unique du gouvernement britannique. Celui-ci s’engage en effet à compléter pendant 15 ans la rémunération des producteurs d’électricité à un niveau déterminé à l’avance, au-delà du prix du marché de l’électricité. Le développement de l’éolien marin en Grande Bretagne est également servi par l’engagement que vient de prendre le gouvernement anglais d’inscrire dans la loi l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

En France, cet objectif sera inscrit dans la loi sur l’énergie et le climat, qui est actuellement examinée à l’Assemblée, et l’on peut également espérer qu’il contribuera, avec une simplification du cadre réglementaire, au développement massif de l’éolien  marin en France. Mais si l’avenir de l’éolien en mer s’annonce radieux, ce n’est pas seulement à cause des progrès accomplis sur la puissance intrinsèque des éoliennes, ni même parce que les mers offrent un immense potentiel en terme d’espace disponible, mais parce qu’une nouvelle technologie tout à fait remarquable est à présent maitrisée, celle des éoliennes flottantes.

Il y a un an, l’Écosse, leader européen en matière d’exploitation des énergies marines et éoliennes, a inauguré son premier champ de cinq éoliennes flottantes d’une capacité totale de 30 mégawatts. ­Baptisée Hywind, cette ferme marine a commencé à produire de l’électricité pour plus de 22 000 foyers. Mais le plus étonnant est que cette installation hors norme a été réalisée à plus de 25 kilomètres au large des côtes nord-est de l’Ecosse. En effet, grâce à la mise au point d’un nouveau type de flotteur en béton de la taille d’un immeuble, relié à trois ancres plantées dans le fond marin, ces éoliennes géantes de 12000 tonnes et d’une hauteur record de 253 mètres restent parfaitement en équilibre sur les flots et résistent sans problèmes à des vagues de plus de 20 mètres.

Le 25 février dernier, la Commission européenne a autorisé l’aide accordée à quatre fermes pilotes d’éoliennes flottantes en mer en France : les projets « Groix Belle Île » dans l’océan Atlantique, « Golfe du Lion », « Eolmed » et « Provence Grand Large » en mer Méditerranée. L’Atlas éolien européen des vents montre que la portion du littoral méditerranéen choisie par la Commission est la plus pourvue en vent de France. Ces fermes pilotes d’éoliennes flottantes seront composées chacune de trois à quatre turbines et auront chacune une puissance installée totale de 24 mégawatts. Les turbines seront installées en mer sur des flotteurs. Les turbines seront interconnectées entre elles et reliées à la terre par un câble sous-marin. Mais chacune de ces fermes utilisera une combinaison différente de turbines, de flotteurs et de câbles, ce qui permettra de tester ces différentes solutions technologiques, avant un déploiement à grande échelle. Selon la Commission européenne, « les projets français favoriseront le développement d’un nouveau type d’énergie en mer et la croissance potentielle d’une technologie innovante dans le domaine des énergies renouvelables ».

S’agissant du projet flottant pilote Provence Grand Large, qui sera réalisé au large de Fos-sur-Mer, et dont la valeur totale s’élève à environ 200 millions d’euros, il devrait regrouper quatre éoliennes de 8 mégawatts chacune. De quoi alimenter en électricité une ville comme Martigues (près de 50 000 habitants).

Et cette compétitivité de l’éolien marin ne va pas seulement s’appuyer sur le renchérissement inexorable, à terme, des énergies fossiles, et l’immense potentiel ouvert par les machines flottantes. Elle va également être portée par une nouvelle génération de machines gigantesques, actuellement en test. Ces géants des mers, qui seront fabriqués en France par General Electric, feront 260 m de haut et 220 m de diamètre, et seront équipés de trois pales de 107 mètres de long. Cette machine, qui sera disponible en 2021, a été baptisée « Haliade-X »; elle aura une puissance maximale de 12 mégawatts et devrait disposer du facteur de charge le plus élevé du marché (63 %) grâce à un générateur à entraînement direct. Chaque Haliade-X pourra produire en moyenne 67 GWh d’électricité par an dans le réseau, assez pour alimenter 16.000 foyers selon GE.

Le constructeur précise, qu’avec des machines d’une telle puissance, installées dans des zones marines favorables, on pourrait approvisionner un million de logements à l’aide d’un parc de 750 MW (environ 63 Haliade-X). Installé au large, sur la côte méditerranéenne, un tel parc pourrait par exemple suffire à l’alimentation d’une ville comme Marseille. Autre élément de comparaison, une centaine de ces Haliade peuvent fournir, en moyenne annuelle, autant d’électricité qu’un réacteur nucléaire (6,5 TWh par an), et 1000 de ces éoliennes surpuissantes suffiraient à produire autant d’électricité que l’ensemble de nos barrages qui assurent 12 % de notre production nationale, soit 68 TWh par an…

La montée en puissance de la France dans l’éolien marin est d’autant plus cruciale que l’objectif européen fixé en 2009 prévoit de porter pour l’UE la part globale des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie à 20 % d’ici 2020 et à au moins 32 % d’ici 2030. Concernant la France, celle-ci prévoyait de porter la part des énergies renouvelables à au moins 23 % de la consommation d’énergie finale du pays d’ici à 2020. Mais avec 16,3 % d’énergies renouvelables, la France va avoir bien du mal à remplir ses engagements européens...

C’est dans ce contexte qu’une étude conduite par le cabinet Artelys, qui réalise des scénarios pour la Commission européenne, et le think tank européen E3G, à la demande de la Fondation européenne pour le climat, vient de montrer que la France est en mesure d’assurer, à l’aide des énergies renouvelables, 51 % de sa production électrique en 2030, soit trois fois la part constatée en 2017, avec 37 % de solaire et d'éolien tandis que la part du nucléaire serait réduite à un peu moins de 50 % du mix électrique.

Pourtant, le scénario de référence qui prévaut pour l’instant prévoit que la production d'électricité d'origine nucléaire reste la source d'électricité principale en France en 2030 (65 % de la production globale), devant l'hydroélectricité (10 %), l'énergie éolienne (10 %) et l'énergie solaire photovoltaïque (7%). Dans ce scenario, l’ensemble des énergies renouvelables n'apporteraient que 31 % de l'électricité produite, et la France ne serait pas en mesure de remplir son engagement européen qui vise les 40 % d'électricité d'origine renouvelable à l'horizon 2030.

Pourtant, les coûts actuels des énergies renouvelables sont déjà inférieurs à ceux projetés pour 2030 par la Commission européenne. Par exemple, le prix d'achat garanti moyen en Europe pour l'électricité solaire photovoltaïque se situait récemment autour de 55€/MWh, alors que le scénario de référence EUCO30 prévoyait un niveau de 65€/MWh en 2030. Pour l'éolien terrestre, la même comparaison aboutit à une différence du même ordre : 65€ contre 80€/MWh. Les résultats des appels d'offres pour l'éolien en mer dans d'autres pays de l'UE sont compris entre 50 et 100€/MWh, contre 105€/MWh dans le scénario EUCO30 à l'horizon 2030.

Selon cette étude, la production d'électricité photovoltaïque apparaît, à l’horizon 2030, comme la source d'énergie renouvelable la moins chère, avec un coût de 34€/MWh. Les productions d'énergie éolienne et terrestre et en mer présenteraient respectivement des coûts actualisés de l'énergie de 42 et 49€/MWh. Comparativement, les coûts variables de production d'électricité par le charbon sont estimés à 55€/MWh, ceux des installations au gaz à 65/MWh, et ceux du nucléaire, après remise à niveau et modernisation, de 60 à 70 MWh. Mais contrairement à la filière photovoltaïque, massivement dominée par la Chine (qui compte neuf producteurs parmi les dix premiers), l’industrie éolienne reste, pour l’instant légèrement dominé par les fabricants européens qui représentent un peu plus de 30 % du marché mondial, contre 28 % pour la Chine.

Compte tenu de ce contexte technologique et industriel, il est donc vital que la France et l’Europe, qui possèdent un niveau d'excellence technologique incontestable dans ce domaine, ne se laissent pas distancer par les américains et les chinois et se donnent les moyens de mettre au point et de développer les éoliennes marines de prochaines générations, qui feront 15 à 20 MW de puissance et nécessiteront des ruptures technologiques dans l’emploi des matériaux, l’assemblage et la maintenance robotisée et la gestion informatique intelligente. Pour notre pays, cet enjeu est d'autant plus important que la France possède la plus grande façade maritime d'Europe et l'un des plus grands domaines maritimes du monde, avec plus de 11 millions de kilomètres carrés.

En outre, il faut être bien conscient du fait que le développement des éoliennes terrestres va rapidement atteindre ses limites en France car, ni les riverains, ni les collectivités locales concernées n'accepteront de remplacer les machines existantes ou de créer de nouveaux parcs éoliens, en recourant à des machines de taille gigantesque (plus de 200 m de haut), dont l'impact environnemental et esthétique n'a plus rien à voir avec la plupart des éoliennes qui peuplent actuellement nos campagnes....

Si, nous l'avons vu, l'essor de l'éolien marin va être considérablement accéléré par l'arrivée d'éoliennes flottantes de grande puissance, l'éolien en mer va également  bénéficier de deux autres ruptures technologiques majeures dont on ne parle pas assez. La première concerne le transport de l'électricité sur de longues distances grâce à la technologie dite CCUHT (courant continu ultra haute tension ou UHVDC en anglais), dont la tension dépasse les 800.000 V (800 kV). Cette technologie a fait des progrès considérables depuis 10 ans ; elle est à présent en mesure de transporter de grandes quantités d'électricité sur plusieurs milliers de kilomètres, comme le montre la ligne à courant continu mise en service par la Chine à la fin de l'année dernière, qui est capable d'acheminer, en courant continu de 1 100 kV,  grâce à une technologie européenne, 12 GW sur plus de 3 000 km entre le Nord-Ouest et l’Est de la Chine, avec seulement 7 % de pertes en ligne. Cette nouvelle technologie du courant continu ultra haute tension devrait contribuer à réduire les coûts d'infrastructures nécessaires à l'acheminement de l'électricité produite par les éoliennes marines.

L'autre innovation remarquable qui va faire changer de dimension l'éolien marin a été réalisée récemment par des chercheurs de l'Université de Stanford, qui ont réussi à produire de l'hydrogène propre, directement à partir d'eau de mer, dans la Baie de San Francisco. Ces scientifiques sont parvenus à éviter que l'eau de mer ne corrode l'anode nécessaire pour produire de l'hydrogène ; les chercheurs indiquent avoir utilisé des « couches chargées négativement sur l'anode pour repousser le chlorure et développer une résistance à la corrosion très élevée » (Voir Stanford).

Cette nouvelle avancée technique ouvre d'immenses perspectives en permettant la production massive d'hydrogène à partir des énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien. Une récente étude montre (Voir Electrek) qu'il est possible d'envisager, grâce à ces ruptures technologiques, que l'hydrogène rivalise avec le gaz naturel, comme vecteur énergétique, à l'horizon 2035.

Souhaitons que la France, avec son immense domaine maritime et son excellent niveau technologique et industriel dans ce domaine des éoliennes marines, se donne les moyens, dans la cadre d’une coopération européenne renforcée, de rester dans cette compétition mondiale majeure et soit en mesure de concevoir, de produire et de vendre au reste du monde les éoliennes marines de prochaines générations, qui pourraient atteindre, à l’horizon 2030, 20 MW de puissance et fournir, par machine, assez d’électricité pour alimenter une ville de 20 000 habitants…

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

e-mail : tregouet@gmail.com


Matière
Matière et Energie
Vers une industrialisation à bas coût des supercondensateurs à ions lithium
Mercredi, 17/07/2019 - 00:30

Des chercheurs de l’Institut des matériaux Jean Rouxel (CNRS/Université de Nantes) en collaboration avec le Münster Electrochemical Energy Technology (Université de Münster, Allemagne) ont mis au point un nouveau procédé qui permet le développement à bas coût, simple et efficace, de supercondensateurs à ions lithium.

Les systèmes de stockage électrochimique de l’électricité jouent un rôle central dans l'intégration des sources d'énergie renouvelables et sont en passe d’envahir le domaine de la mobilité électrique. Deux solutions existent pour stocker cette énergie : les batteries à ions lithium, qui ont l’avantage d’avoir une grande capacité de stockage, et les supercondensateurs, qui, avec une capacité moindre, ont en contrepartie la particularité de pouvoir se charger et de se décharger très rapidement et un très grand nombre de fois. Les supercondensateurs à ions lithium (lithium-ion capacitors ou LIC) combinent le meilleur des deux mondes.

Les matériaux constitutifs des supercondensateurs à ions lithium ne contiennent cependant pas d’ions lithium (ni d’électrons), à la différence des batteries. Il est donc nécessaire de passer par une étape dite de pré-lithiation afin d’en ajouter pour que le dispositif puisse fonctionner. Aujourd’hui, deux grandes stratégies sont envisagées : soit l’un des matériaux constitutifs du supercondensateur est pré-lithié avant son intégration, soit un additif riche en ions lithium est ajouté et les redistribuera aux matériaux du supercondensateur lors de la première charge.

Ces méthodes sont cependant onéreuses et complexes et peuvent diminuer la capacité du dispositif. De plus, la majorité des additifs disponibles de pré-lithiation se dégradent à l’air et/ou au contact des solvants utilisés pour fabriquer le supercondensateur à ions lithium. En somme, même si certaines solutions proposées fonctionnent aujourd’hui, il n’existe pas de « recette miracle » qui soit à la fois performante, robuste, simple et à bas coût.

Des chercheurs de l’Institut des matériaux Jean Rouxel (CNRS/Université de Nantes) en collaboration avec le Münster Electrochemical Energy Technology (Université de Münster), ont relevé le défi en utilisant non pas un mais deux additifs couplés par une réaction chimique séquentielle.

En effet, leur analyse montre que le verrou principal des approches précédentes repose sur l’utilisation d’un seul et unique additif qui doit donc non seulement fournir les ions lithium et les électrons, mais également remplir simultanément toutes les conditions de prix, de stabilité chimique et de performance.

L’utilisation de deux additifs ayant chacun un rôle propre, l’un apportant les ions lithium et l’autre les électrons, offre donc beaucoup plus de latitude puisqu’ils peuvent être sélectionnés indépendamment pour leur prix, leurs propriétés chimiques et leurs performances.

Pendant la charge du supercondensateur à ions lithium, le premier additif (du pyrène, naturellement présent dans certains types de charbon) libère des électrons et des protons. Le second additif, Li3PO4 (produit en masse dans l’industrie du verre par exemple), capte ces protons et libère, en échange, des ions lithium ensuite disponibles pour la pré-lithiation.

Un des autres avantages de cette approche réside dans le fait qu’après la pré-lithiation, le résidu de l’un des deux additifs utilisés, le pyrène, participe au stockage des charges et augmente ainsi la quantité d’énergie électrique stockée dans le dispositif. L'efficacité et la polyvalence offertes par cette nouvelle approche ouvrent donc la voie à une solution de pré-lithiation peu coûteuse conduisant à des supercondensateurs à ions lithium pouvant stocker plus d’énergie. La levée du verrou technologique devrait donc permettre une commercialisation plus rapide de ces dispositifs.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CNRS

Un matériau écologique pour remplacer les fluides frigorigènes polluants
Mardi, 16/07/2019 - 12:40

Les fluides frigorigènes sont un problème, car ils sont aussi utiles que néfastes. En effet, puisque leur rôle est de transférer des calories au sein d’un système thermodynamique, ils sont utilisés autant dans les systèmes de production de froid que dans les systèmes de production de chaleur. Par conséquent, on les retrouve partout : dans les climatiseurs, les congélateurs, les réfrigérateurs et les pompes à chaleur.

Comme souvent, les fluides frigorigènes qui présentent les meilleures propriétés sont aussi les plus néfastes pour l’environnement et les plus dangereux pour l’homme. Il est bon de rappeler que les premiers fluides frigorigènes utilisés au début du XXe siècle étaient hautement toxiques (SO2, CH3Cl, C2H5Cl, NH3) ou dangereux, car combustibles (CH3Cl, C2H5Cl, NH3). Ils furent peu à peu remplacés par des produits dérivés du pétrole peu nocifs pour l’homme, mais qui ont un impact non négligeable sur l’environnement car, soit ils contribuent à détruire la couche d’ozone (produits chlorés comme les CFC et HCFC), soit ce sont des gaz à effet de serre extrêmement puissants.

C’est donc pour ces raisons que les réglementations ont évolué de manière à interdire les fluides frigorigènes les plus problématiques, à contrôler leur utilisation et à « faire la chasse aux fuites ». Grâce aux travaux conduits par les équipes du docteur Xavier Moya de l’Université de Cambridge et du professeur Josep Lluís Tamarit de l’Université polytechnique de Catalogne, ce problème est en passe d’être résolu.

En effet, les résultats qu’ils viennent de publier dans la revue Nature remettent au-devant de la scène les matériaux à effet barocalorique, c’est-à-dire capables de produire un refroidissement lorsqu’ils sont mis sous pression. L’équipe de chercheurs a ainsi découvert que le neopentylglycol (NPG), un composé chimique organique facilement compressible, présente un fort effet barocalorique, à tel point qu’ils l’ont qualifié de matériau à effet barocalorique colossal (CBCE).

Les investigations menées démontrent que les propriétés exceptionnelles du NPG proviendraient d’une combinaison de trois facteurs : une orientation moléculaire extrêmement désordonnée, une très grande compressibilité et une dynamique du réseau non harmonique (anharmonic lattice dynamics). Plus simplement, les molécules de NPG, composées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, sont quasi-sphériques ; les liaisons entre molécules sont donc faibles, ce qui explique cette aptitude à la déformation.

Mais cette découverte présente également un autre intérêt non négligeable : en plus d’être écologique, ce matériau est aussi économique. En effet, le NPG n’est pas un matériau nouveau puisque sa grande plasticité fait qu’il est très utilisé pour la fabrication de peintures, de plastifiants, de polyesters et de lubrifiants. Il est donc déjà commercialisé à grande échelle et très économique, ce qui le rend très compétitif par rapport aux fluides frigorigènes conventionnels.

En outre, les résultats obtenus par les chercheurs indiquent que le NPG est aussi efficace que le réfrigérant R134a, l’un des plus employés pour les températures positives proches de l’ambiante. C’est donc le candidat idéal pour une utilisation dans les systèmes de climatisation. Une découverte qui tombe à point nommé alors que les systèmes de climatisation consomment près d’un cinquième de l’électricité produite dans le monde et que la demande ne cesse d’augmenter.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Techniques de l'Ingénieur

Une nouvelle étape vers le recyclage du CO2 en de nouveaux carburants
Mardi, 16/07/2019 - 00:10

Et si le CO2 émis en brûlant des produits pétroliers pouvait, au lieu d’être libéré dans l’atmosphère, être recyclé sous la forme de nouveaux carburants ? C’est l’objectif poursuivi par une branche de recherche liée au domaine des « carburants synthétiques ». A l’EPFL, ces efforts viennent de franchir une étape décisive. L’équipe de Xile Hu, professeur de chimie au Laboratoire de synthèse inorganique et de catalyse (LSCI), est en effet parvenue à développer un catalyseur particulièrement efficace pour transformer le CO2 contenu dans une solution en monoxyde de carbone (CO).

Cette molécule est à la base de tout carburant synthétique, mais aussi de divers matériaux tels que des plastiques. Grand avantage de ce nouveau catalyseur, « il est produit à base d’atomes de fer, alors que les dispositifs en usage actuellement utilisent des métaux précieux tels que de l’or », explique Xile Hu. Et ce, sans concession à l’efficacité : « Avec de très faibles courants, nous obtenons une transformation de l’ordre de 90 %, soit comparable à celle des catalyseurs basés sur des métaux précieux ».

Premier auteur de l’étude publiée dans Science, Jun Gu, PhD, précise : « Nous sommes parvenus à ce résultat en stabilisant des atomes de fer d’une manière telle qu’ils activent efficacement le CO2.

En conséquence, la transformation en CO se révèle particulièrement fructueuse ». Pour comprendre l’origine de l’efficacité de leur catalyseur, les scientifiques lausannois ont bénéficié de la collaboration des chercheurs du groupe de Hao Ming Chen, à l’Université nationale de Taïwan. Ceux-ci ont pu procéder à des mesures-clés au moyen de rayons X synchrotron.

Encore à un stade très fondamental, ces travaux ouvrent la voie à un tout nouveau champ d’application. De très nombreux produits synthétiques sont fabriqués à partir de monoxyde de carbone. A ce jour, celui-ci est principalement extrait du pétrole. Grâce au recyclage du CO2 émis lorsque l’on brûle un combustible ou un carburant, de précieuses ressources fossiles pourront être préservées, tout en limitant la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère – et l’effet de serre qui lui est associée.

Aux côtés du stockage par batteries ou de la production d’hydrogène, ce processus permettra également de convertir des surplus d’énergie renouvelable en des produits susceptible d’être utilisés lors des creux de production.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

EPFL

L'hydrogène : un élément prometteur de la transition énergétique
Lundi, 15/07/2019 - 13:56

L'hydrogène peut jouer un rôle clé dans la transition énergétique, à condition de prendre des mesures dès à présent pour augmenter les usages et réduire les coûts de ce vecteur d'énergie, selon une étude de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). « L'hydrogène profite aujourd'hui d'une dynamique sans précédent », souligne le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol. Ce mouvement est notamment tiré par les pouvoirs publics, mais aussi par les entreprises de différents secteurs, notamment de l'énergie, de l'automobile et de la technologie.

Le nombre de projets dans le monde s'accroît rapidement, observe le rapport réalisé à la demande du Japon, dans le cadre du G20. Pour poursuivre sur cette lancée, il est toutefois nécessaire de prendre des mesures afin de réduire les coûts de l'utilisation de l'hydrogène, souligne l'AIE.

L'hydrogène produit à partir d'énergie verte reste onéreux. Cependant, les coûts de production pourraient diminuer de 30 % d'ici à 2030, grâce à la "baisse des prix des énergies renouvelables" et à "un changement d'échelle de la production d'hydrogène", estime l'agence.  Pour l'heure, l'hydrogène est presque intégralement produit à partir de gaz et de charbon, ce qui entraîne l'émission de 830 millions de tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent des émissions cumulées du Royaume-Uni et de l'Indonésie.

Autre difficulté : le "développement des infrastructures est lent et empêche une adoption généralisée" de l'hydrogène, principalement utilisé aujourd'hui dans l'industrie.

L'AIE recommande ainsi d'accélérer la création d'infrastructures, telles que des canalisations pour le gaz naturel. L’AIE propose aussi aux gouvernements quatre opportunités à saisir pour développer l’hydrogène dans le mix énergétique. Il incite à faire des ports industriels, qui concentrent déjà de grandes zones industrielles, les centres névralgiques de l'intensification de l'utilisation de l'hydrogène propre. L’AIE propose aussi de s’appuyer sur les infrastructures existantes du gaz naturel et ses millions de kilomètres de tuyaux et d’y injecter 5 % d’hydrogène. L’agence incite à multiplier les usages dans les transports. Elle propose enfin de développer des routes navales de l’hydrogène à l’image de celle du gaz naturel liquide.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

IAE

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Le vaccin contre la varicelle protège aussi contre le zona
Mercredi, 17/07/2019 - 00:40

Des chercheurs des Centres américains de recherche en santé Kaiser Permanente se sont intéressés à l’effet de ce vaccin contre le virus du zona. Dans l’étude qu’ils publient le 10 juin 2019 dans la revue Pediatrics, ils affirment que les enfants qui reçoivent le vaccin contre la varicelle ont moins de risque de contracter le zona.

L’idée de cette recherche leur est venue de deux constats. Tout d’abord, la varicelle et le zona sont provoqués par un seul et même virus : le virus varicelle-zona ou VZV pour varicella-zoster virus en anglais. Ensuite, comme pour une infection classique de varicelle, le virus de souche vaccinale peut causer une infection latente pouvant se réactiver, provoquant alors l’apparition du virus du zona. Il est donc paru important à ces scientifiques d’évaluer si les risques de réactivation du virus diminuaient ou augmentaient avec le vaccin.

Pour étudier cette question, les chercheurs ont amassé les données de santé de 6,3 millions d’enfants âgés de 0 à 17 ans entre 2003 et 2014, notamment grâce aux registres médicaux informatiques. Au cours de cette période de 12 ans, environ 50 % des enfants ont été vaccinés et le taux de zona pédiatrique chez les enfants de moins de 18 ans a diminué de 72 %. Mieux, "l’incidence du zona parmi les enfants vaccinés était significativement plus faible que parmi les enfants non vaccinés" écrivent les chercheurs dans leur publication, appuyant donc la thèse d’un double effet bénéfique du vaccin.

Seul bémol à leurs yeux : l’âge de la vaccination."Parmi le petit nombre d’enfants vaccinés à 11 mois (pour qui le vaccin n’est pas recommandé), l’incidence du zona était significativement plus élevée que chez les enfants vaccinés à plus d’un an. De même, les enfants qui ont contracté une varicelle avant un an présentaient aussi un risque plus élevé de zona" remarquent les scientifiques. Et pour cause : avant l’âge de un an, la réponse immunitaire de l'organisme face à un VZV – naturel ou de souche vaccinal – est encore immature.

Enfin, le meilleur schéma vaccinal semble comporter deux doses puisque "l’incidence du zona est plus faible chez les enfants qui ont reçu deux doses de vaccins plutôt qu’une" notent les chercheurs. Depuis 2007 aux États-Unis, la recommandation vaccinale compte bien deux doses : la première entre 12 et 15 mois et la seconde entre quatre et six ans.

En France aussi, le schéma vaccinal comporte deux doses espacées de quatre à huit semaines ou de six à dix semaines, selon le vaccin utilisé. Dans tous les cas, la vaccination contre la varicelle n’est actuellement pas recommandée de manière systématique en France pour le nourrisson et ne concerne que les personnes qui n’ont jamais eu la varicelle dans l’enfance.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

France Info

Un pansement électroceutique pour combattre les plaies infectées
Mercredi, 17/07/2019 - 00:20

Des chercheurs de l’École de médecine de l'Université d'Indiana ont développé un nouveau type de pansement, à champ électrique, pour lutter contre les infections de plaies et éliminer le biofilm. Cette alternative pourrait remplacer les antibiotiques pour le soin de 65 % des plaies infectées.

Les Centers for Disease Control and Prévention (CDC) estiment en effet que les deux tiers de toutes les infections de plaies sont causées par des bactéries formant un biofilm, les National Institutes of Health (NIH) estiment que ce pourcentage est plus proche de 80 %.

Ces biofilms bactériens sont des films minces et visqueux qui se forment sur certaines plaies, notamment les brûlures ou les plaies post-opératoires, ou encore autour d'un dispositif médical invasif, comme un cathéter. Ces bactéries génèrent leur propre électricité en utilisant leurs propres champs électriques pour communiquer et former le biofilm, ce qui les rend plus difficiles à traiter.

L’équipe est la première à étudier l'utilisation d'un dispositif de pansement doté d’un champ électrique, pour traiter les biofilms plutôt que les antibiotiques. Ce test montre que le pansement réussit non seulement à combattre les bactéries, mais aussi que combiné à d’autres médicaments, il les rend encore plus efficaces.

Cette découverte pourrait entraîner des changements importants dans les soins de plaies infectées résistantes aux antibiotiques. D’autant que ce dispositif peut également jouer un rôle préventif contre la formation de biofilm. Enfin, l'utilisation d'un pansement électroceutique permettant de perturber puis éliminer le biofilm bactérien pourrait avoir des avantages considérables en chirurgie car la formation de biofilm est à la base de nombreuses complications.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Ovid

Découverte d'une molécule qui ralentit les effets du vieillissement
Mercredi, 17/07/2019 - 00:10

Des chercheurs de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) ont découvert que l’urolithine A, une molécule dont des précurseurs se trouvent par exemple dans la grenade, pourrait permettre de ralentir certains effets du vieillissement. Cette recherche a été menée par le laboratoire de Johan Auwerx à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et par la start-up Amazentis, qui travaille depuis plusieurs années sur cette molécule.

Cette étude, intitulée "L'urolithine A, activateur de la mitophagie, induit une signature moléculaire d'amélioration de la santé cellulaire et mitochondriale chez l'homme", montre que le processus de vieillissement peut être ralenti en améliorant l’activité des mitochondries, les usines énergétiques des cellules. Tout comme d’autres fruits rouges, la peau de la grenade contient des molécules d’ellagitanine - un polyphénol - qui, une fois digérées par l’organisme, produisent de l’urolithine A. Les humains ne sont toutefois pas égaux devant ce processus et certaines personnes n’en produisent pas du tout.

Pour être certains de délivrer à toutes les personnes retenues pour cet essai la même dose d’urolithine A, les chercheurs ont isolé directement la molécule, puis l'ont administrée aux 60 participants de l’étude, des personnes âgées sédentaires en bonne santé.

L’urolithine A a été prise oralement à des doses allant de 250 à 2000 mg, sans observer aucun effet secondaire par rapport au groupe placebo. Puis les participants ont pris soit un placebo, soit de l’urolithine A à 250, 500 et 1000 mg une fois par jour pendant 28 jours. Ce traitement prolongé n’a lui non plus eu aucun effet secondaire.

L’impact de l’urolithine A a aussi été évalué sur les biomarqueurs de la santé des cellules et des mitochondries dans le sang et dans les muscles. Il en ressort que la molécule stimule la fabrication de nouvelles mitochondries, un phénomène observé lors de la pratique d’une activité physique régulière.

Dans une cellule de personne jeune, les mitochondries sont éliminées lorsque des signes de faiblesse apparaissent. L’âge aidant, ce processus, la mitophagie, s’altère. Conséquence : de nombreux tissus, dont les muscles, s'affaiblissent. C’est cette évolution, connue dans sa forme la plus grave sous le nom de sarcopénie, que les chercheurs souhaitent enrayer.

L'urolithine A est la première molécule connue qui permet de renouveler les mitochondries déficientes en stimulant la mitophagie. Forte de ces résultats, qui mettent également en évidence la sûreté du produit, Amazentis, basée au parc de l’innovation de l’EPFL et fondée par son ancien patron Patrick Aebischer, espère l’amener rapidement sur le marché.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Un vaccin prometteur contre le Sida à l'essai
Mercredi, 17/07/2019 - 00:00

La société pharmaceutique américaine Johnson & Johnson (J & J) a annoncé qu’elle allait lancer les essais cliniques d’un nouveau vaccin contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en Europe et aux Etats-Unis dans le courant de cette année.

Cet essai clinique se tiendra en Europe et aux USA sur 3800 hommes. Le vaccin serait constitué de quatre composants, ciblant différentes souches du virus. Ses auteurs ont conçu et optimisé des protéines dites “mosaïques” qui devraient augmenter les défenses immunitaires contre un grand nombre de souches différentes. Pour cela, le vaccin utilise un virus “froid” (c’est-à-dire débarrassé de son potentiel pathogène) modifié pour produire les protéines nécessaires à la mise en place d’une immunité.

Cette méthode a permis de protéger deux tiers des animaux testés, et s’est révélée “sans danger pour l’humain” d’après Dan Barouch, un professeur à Harvard faisant partie des pères de cette approche. Pour le moment, les études annoncent un taux de réussite supérieur à tous les autres vaccins testés jusqu’ici, d’après Bruce Walker, directeur d’un institut affilié au MIT. Reste à voir s’il sera efficace sur l’humain, dans quelles proportions et sur quelle durée.

Cette approche à base de protéines mosaïques est déjà testée en Afrique depuis 2017, dans le cadre d’une étude qui porte le nom d’Imbokodo. Ces deux études en parallèle pourraient permettre de raccourcir les délais nécessaires à l’autorisation du produit dans le cas où les résultats seraient concluants.

Le vaccin contre le VIH fait l'objet d'intenses recherches partout dans le monde depuis plus de 20 ans, mais il est particulièrement difficile à mettre au point, à cause de la nature très particulière de ce virus. En premier lieu, il existe un grand nombre de souches dont certaines sont hautement instables, ce qui rend d’autant plus difficile la mise au point d’un vaccin qui les couvre toutes. C’est pour cette raison que les mosaïques mises au point par l’équipe de Bette Korber  pourraient représenter un vrai pas en avant, car cela permettrait d’être efficace contre de nombreuses souches voire l’ensemble d’entre elles dans le meilleur des cas.

L’une des autres difficultés que pose le VIH, ce sont les réservoirs viraux. Dans les cellules d’un organisme infecté, le virus crée différents réservoirs dormants où il peut persister sur des durées très longues tout en échappant à la surveillance du système immunitaire.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Los Angeles times

Des chercheurs français mesurent pour la première fois l’hypercholestérolémie génétique
Mardi, 16/07/2019 - 12:36

L'équipe du département d'épidémiologie de Toulouse (UMR 1027, Inserm/Toulouse III Paul-Sabatier et fédération de cardiologie du CHU de Toulouse) a réussi pour la première fois à mesurer la fréquence de la forme génétique de l'hypercholestérolémie (hypercholestérolémie familiale, trop de mauvais cholestérol dans le sang) dans la population française, soit 8,5 personnes pour 1 000.

Les cardiologues témoignent souvent de familles de patients où les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux ont touché, avant eux, grand-père, père, frère ou sœur. « L'arbre généalogique » des antécédents est alors un indicateur fort des risques de maladies cardiovasculaires.

Pour autant, personne n'avait jamais établi en France la fréquence de l'hypercholestérolémie familiale, maladie génétique dont on supposait jusqu'ici qu'elle touchait une personne sur 200 (soit 5 pour 1000 selon des études norvégiennes et hollandaises). Il fallait l'évaluer en France pour distinguer clairement les patients pour qui un traitement est impératif dès le plus jeune âge de ceux pour qui une surveillance et de la nutrition peuvent suffire.

En observant les données sur 8 171 personnes de notre registre MONICA, ces chercheurs ont établi une prévalence de 8,5 pour 1 000. Ce chiffre place l'hypercholestérolémie familiale comme maladie génétique la plus fréquente, plus que la surdité congénitale (1 personne sur 1 000), la polykystose rénale (0,8 sur 1 000) ou la très connue mucoviscidose (0,4 pour 1 000).

L'hypercholestérolémie familiale est très différente de l'hypercholestérolémie classique. On peut la diagnostiquer très tôt, par simple prise de sang : un bébé de trois mois qui en est porteur affichera un taux de cholestérol total dans le sang de 3 g/l contre 1,5 g/l pour des analyses « normales » et on retrouvera ces valeurs à 2,8 g autour de l'âge de 35 ans ; elles peuvent même grimper à 6 g, 10 g ou 12 g ! Cette hypercholestérolémie résiste à toutes les mesures d'hygiène de vie (alimentation variée, arrêt du tabac, activité physique, etc.) et ses conséquences se manifestent très tôt, par des morts subites ou des infarctus avant l'âge de 30 ans. Mais un traitement pris tôt permet de retrouver la même espérance de vie que des sujets « normaux ».

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Université Toulouse III

Meilleure qualité de l’air : quelle valeur viser pour améliorer la santé ?
Mardi, 16/07/2019 - 12:32

L’exposition aux particules fines en suspension (les PM2,5) cause des effets importants et reconnus sur la santé en milieu urbain (mortalité et pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles de la grossesse et de la croissance du fœtus…), et il est possible de faire baisser cette exposition. Toutefois, les politiques publiques visant à réduire la pollution atmosphérique sont souvent conçues sans se fixer de bénéfice sanitaire à atteindre.

Alors, quelle valeur viser si on souhaite significativement améliorer la santé, faire baisser les coûts sanitaires et réduire les inégalités environnementales ? Une équipe multidisciplinaire de chercheurs (épidémiologistes de l’Inserm, biologistes ainsi que des économistes du CNRS et de l’INRA, spécialistes de la qualité de l’air d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes) a considéré différents scénarios théoriques d’amélioration de la qualité de l’air pour identifier les plus efficaces.

Dans un premier temps, l’exposition annuelle moyenne aux PM2,5 a été estimée à l’aide des outils de l’observatoire de la qualité de l’air et de données sur la localisation de l’habitat dans les agglomérations de Grenoble et de Lyon (0,4 et 1,4 million d’habitants respectivement). En s’appuyant sur des relations dose-réponse déjà établies, les chercheurs ont estimé les variations du nombre de décès et de cas de cancers du poumon, de l’espérance de vie, et les coûts économiques associés, pour dix scénarios différents de réduction des PM2,5.

En prenant la situation réelle sur la période 2015-2017 comme référence, avec une concentration moyenne d’environ 14 et 15 µg/m3 à Grenoble et Lyon, et en la comparant avec une situation théorique sans particules fines d’origine humaine (soit une concentration de 4,9 µg/m3), la pollution par les particules fines était considérée responsable de 145 décès par an à Grenoble (soit 5,6 % des décès, avec une marge d’erreur de plus ou moins 2 %) et de 16 cas de cancers du poumon. A Lyon, ces nombres étaient respectivement de 531 et de 65. Les coûts associés, qui incluaient les coûts tangibles liés aux traitements, mais aussi ceux dits « « intangibles » liés à la souffrance psychologique des proches, s’élevaient à près de 500 millions d’euros par an à Grenoble et 1,8 milliard/an à Lyon.

Les scénarios visant à obtenir une exposition spatialement homogène à la pollution dans l’ensemble de la zone d’étude étaient les plus efficaces. « Les mesures très limitées dans l’espace – tout comme celles limitées dans le temps, par exemple aux périodes de ‘pics’ de pollution – auraient en comparaison un impact beaucoup plus faible, que ce soit sur la mortalité ou sur la réduction des inégalités de santé. » explique Remy Slama, directeur de recherche à l’Inserm.

Concernant la mortalité, une réduction de l’exposition aux PM2,5 conforme à la valeur guide de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur la qualité de l’air (10 μg/m3) réduirait de moitié la mortalité attribuable aux PM2,5 d’origine anthropique, tandis qu’une réduction de 2,9 μg/m3 (Grenoble) et 3,3 μg/m3 (Lyon) serait nécessaire pour réduire d’un tiers la mortalité attribuable à ces particules. Il ne s’agirait pas que de décès évités chez des personnes fragiles : l’espérance de vie augmenterait simultanément d’environ 3 mois.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

Le miel d’arbousier inhibe la prolifération tumorale
Mardi, 16/07/2019 - 00:00

On le sait, la Nature recèle des trésors de bienfaits et de multiples remèdes aux maladies dont nous souffrons. Une équipe de recherche de l'Université de Vigo, en Espagne, vient ainsi de montrer que le miel d’arbousier était capable, in vitro, d'inhiber la prolifération de cellules tumorales de lignée d'adénocarcinome du côlon humain (HCT-116) et d’autres lignées cellulaires à caractéristiques métastatiques. Ce produit typique des régions méditerranéennes simplement ajouté aux cellules cancéreuses de côlon cultivées en laboratoire stoppe leur prolifération. Un potentiel antitumoral à confirmer dans des modèles in vivo.

Le miel extrait des fleurs de l'arbousier (Arbutus unedo) est apprécié dans le secteur de l'apiculture pour ses caractéristiques organoleptiques, en particulier pour son goût amer fort et sa couleur sombre. Ces scientifiques des universités de Vigo et de Grenade (Espagne) et de l'Université polytechnique des Marche (Italie) analysent pour la première fois son efficacité à lutter contre le cancer du côlon.

Ils en apportent ici la preuve sur des cellules tumorales cultivées dans des plaques de laboratoire : précisément sur des lignées cellulaires d’adénocarcinome du côlon humain (HCT-116) et de cellules à tendance métastatique (LoVo), largement utilisées pour étudier ce type de tumeur.

Le traitement au miel bloque le cycle cellulaire en régulant certains gènes (cycline D1, CDK2, p27Kip …) ; il inhibe la migration cellulaire, réduit la capacité de formation de colonies et induit l'apoptose (mort cellulaire programmée) par la modulation d'autres gènes clés (p53, caspase-3, c-PARP) et de divers facteurs apoptotiques. Enfin, le composé supprime également le récepteur du facteur de croissance épidermique appelé EGFR / HER2 et ses voies de signalisation, qui jouent un rôle clé dans les processus de survie et de prolifération cellulaires, ainsi que dans les processus de l'apoptose et de la métastase.

La cytotoxicité et les effets antitumoraux du miel d’arbousier sur les lignées de cellules de cancer du côlon augmentent avec la quantité et la durée du traitement. Cela a conduit à d'autres résultats pertinents, tels que la réduction de certains facteurs de transcription, l'inhibition de l'activité de certaines enzymes, la diminution de la respiration mitochondriale et la glycolyse des cellules tumorales. En revanche, aucun de ces effets n'est observé sur des lignées cellulaires saines. Ce produit naturel semble donc bien exercer un effet anticancéreux sélectif.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science Direct

Détecter précocement le cancer du poumon grâce à l'IA…
Lundi, 15/07/2019 - 13:51

Le cancer du poumon, avec une survie nette à 5 ans de 17 % (pour les patients diagnostiqués entre 2005 et 2010), reste aujourd’hui de mauvais pronostic. Il y a quelques semaines, une étude portant sur les données européennes du cancer, publiée dans les Annals of Oncology, confirmait un changement épidémiologique que les tabacologues prédisaient depuis des années : en Europe, le cancer le plus meurtrier pour les femmes n’est plus le cancer du sein, mais le cancer du poumon.

En France aussi, l’incidence du cancer du poumon, stable chez l’homme, ne cesse d’augmenter chez les femmes depuis 1990. En 2018, 46.363 nouveaux cas de cancer du poumon ont été détectés (15.132 chez des femmes) et 33.117 personnes (dont 10.356 femmes) en sont décédées, précise l’Inca.

Mais les nouveaux outils d'IA changent la donne et il est désormais possible de dépister des cancers du poumon à des stades précoces et surtout de réduire les risques d’en mourir ! Il suffit pour cela d’utiliser des scanners à faible dose, pour minimiser les irradiations, et de cibler soigneusement la population la plus à risque. C’est-à-dire, à en croire les résultats de l’étude européenne Nelson qui ont été dévoilés à la fin de l’année dernière et seront publiés dans les mois à venir, les personnes entre 50 et 74 ans qui ont fumé au moins 30 paquets-années (équivalent à 1 paquet par jour pendant 30 années ou 2 paquets par jour pendant 15 ans, par exemple).

Quatre scanners à faible dose ont suffi pour réduire de 26 % la mortalité pour les hommes et de 39 % pour les femmes. « En France, un tel dépistage pourrait sauver 7500 vies pour moins de 10 centimes par paquet de cigarettes », estimait le 12 novembre dernier, après avoir imaginé un financement basé sur les ventes de tabac, un groupe d’experts français dans un communiqué.

A Manchester (Royaume-Uni), Il a été proposé aux personnes à risque dans un quartier défavorisé de se rendre dans un camion équipé d’un scanner basse dose, garé sur le parking du centre commercial, pour bénéficier du dépistage. Résultat : 90 % des 1 323 personnes invitées sont venues, 19 cancers ont été détectés, dont 15 (80 %) à un stade précoce curable….

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Thorax

Des lipides laitiers pourraient contribuer à diminuer le risque cardiovasculaire chez des populations à risque
Lundi, 15/07/2019 - 13:47

Les produits laitiers sont riches en une variété de lipides : les triglycérides mais également les lipides polaires, des lipides particuliers qui stabilisent naturellement les gouttelettes de matière grasse et que l’on retrouve en particulier dans la crème et dans le babeurre. Les lipides polaires ont un rôle physiologique crucial car ils sont des constituants essentiels des membranes cellulaires.

Des expériences préalables menées sur des animaux avaient montré les effets bénéfiques des lipides polaires laitiers sur le métabolisme du foie et la régulation du taux de cholestérol sanguin. Néanmoins, jusqu’à présent, de tels effets n’avaient encore jamais été démontrés chez des volontaires humains à risque cardiovasculaire.

Une équipe de recherche associant des chercheurs de l'Inserm, des universités de Lyon 1 et de Clermont Auvergne, des Hospices Civils de Lyon et des Centres de Recherche en Nutrition Humaine Rhône-Alpes et Auvergne, s'est penchée sur les effets des lipides polaires laitiers sur le profil de risque cardiovasculaire de femmes ménopausées en surpoids, une population particulièrement vulnérable pour le risque coronaire. Pour cela, ils ont fait consommer quotidiennement à 58 volontaires des fromages à tartiner plus ou moins enrichis en lipides polaires laitiers, venant s’intégrer dans leur alimentation habituelle.

Après un mois de consommation de produits enrichis en lipides polaires laitiers grâce à un concentré de babeurre (coproduit issu de la fabrication du beurre), l’équipe a observé une réduction significative des taux de cholestérol LDL, de triglycérides et d’autres indicateurs importants de perturbations métaboliques. Les lipides polaires laitiers ont ainsi amélioré le profil de santé cardiovasculaire des femmes ménopausées.

Les scientifiques ont ensuite cherché à mettre en lumière le mécanisme à l’origine de cet effet. Leurs travaux complémentaires suggèrent que certains des lipides polaires laitiers et le cholestérol (aussi bien d’origine alimentaire qu’endogène) formeraient dans l’intestin grêle un complexe qui ne peut pas être absorbé par l’intestin, et qui est finalement excrété dans les selles.

Ces résultats pourraient être à la base de nouvelles stratégies nutritionnelles pour diminuer des facteurs de risque cardiovasculaire chez certaines populations exposées.

Par ailleurs, ces résultats devraient contribuer à diversifier les ingrédients utilisés par l’industrie agroalimentaire. En effet, les qualités des lipides polaires laitiers pour la texture des aliments, ajoutées à leur effet protecteur potentiel sur la santé, pourraient en faire une alternative de choix à la lécithine de soja utilisée dans de très nombreux produits alimentaires et présenteraient un intérêt dans la valorisation du babeurre.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

La Pipac, une nouvelle chimiothérapie par aérosol sans effets secondaires
Lundi, 15/07/2019 - 13:11

Une nouvelle façon d’administrer les chimiothérapies pourrait bientôt révolutionner ce traitement : la chimiothérapie IntraPéritonéale Pressurisée par Aérosols, aussi appelée Pipac. Créée en Allemagne en 2013 par le Professeur Marc-André Reymond, la Pipac consiste à vaporiser de la chimiothérapie directement dans l’abdomen d’un patient lors d’une laparoscopie (cœlioscopie de l’abdomen) sous forme d’aérosol.

Pour l'instant réservée aux cancers gynécologiques ou digestifs, cette technique est actuellement un "plus". Elle est proposée aux patients dont la maladie est stabilisée par l’administration régulière de chimiothérapie systémique (intraveineuse), et est répétée trois fois à six semaines d’intervalle.

Le principal avantage de cette légère opération est d'éviter les effets secondaires lourds "liés au passage du produit dans le sang", explique à RTL David Orry, responsable du département de chirurgie oncologique de l’hôpital Georges-François Leclerc (Dijon), un des sept établissements à la pratiquer en France. "On évite donc l'anorexie, l'atteinte des nerfs périphériques ou des globules blancs et rouges", qui nécessitent souvent de renoncer aux soins.

Par ailleurs, la Pipac n’a pas un coût trop élevé. Pour mieux évaluer cette technique prometteuse, le Centre de lutte contre le cancer de Nantes est en train de réaliser une étude, dont les premiers résultats seront disponibles d'ici cinq ans. "Demain, on pourrait appliquer cette technique à des patients moins atteints et obtenir de très bons résultats curatifs, voire même préventifs", poursuit le docteur Orry

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Pourquoi Docteur

Le plus vieil Homo sapiens « non africain » serait grec et vieux de plus de 200 000 ans...
Lundi, 15/07/2019 - 13:05

Selon une étude réalisée par des anthropologues de l'Université allemande de Tübingen, le plus vieil Homo sapiens « non africain » mis au jour serait grec et vieux de 210.000 ans. Ces résultats inédits avancent de plus de 150.000 ans l'arrivée de notre espèce en Europe. Apidima 1, comme l'ont baptisé les scientifiques, est "plus vieux que tous les autres spécimens d'Homo sapiens retrouvés hors d'Afrique".

Un fragment de mâchoire d'un Homo sapiens retrouvé dans une grotte en Israël remonterait à une période allant de 177.000 à 194 000 ans. Les autres "plus anciens" des hommes modernes trouvés hors d'Afrique avoisineraient plutôt les 90.000 à 120.000 ans. En Europe, 70.000 ans.

C'est une reconnaissance tardive pour Apidima 1, trouvé à la fin des années 70. Découvert par le Musée d'anthropologie de l'Université d'Athènes dans une cavité du massif d'Apidima dans le Péloponnèse, il avait été, à l'époque, catalogué comme pré-néandertalien. Mais les techniques modernes de datation et d'imagerie ont permis à Katerina Harvati et son équipe de mettre en évidence "un mélange de caractéristiques humaines modernes et archaïques" qui en font "un Homo sapiens précoce".

Reste que ces paléontologues n'ont retrouvé que la partie arrière de son crâne, et "certains pourraient soutenir que le spécimen est trop incomplet pour que son statut d'Homo sapiens soit sans équivoque", explique Eric Delson du Lehman College de New York dans un commentaire publié avec l'étude. "Apidima 1 prouve que la dispersion de l'Homo sapiens hors d'Afrique a non seulement eu lieu plus tôt qu'on ne le pensait, il y a plus de 200.000 ans, mais aussi qu'elle s'est étendue jusqu'en Europe", explique Katerina Harvati.

L'Homo sapiens, également appelé l'homme moderne, est apparu en Afrique. Les plus anciens représentants connus de notre espèce sont vieux de 300.000 ans et ont été mis au jour au Maroc, sur le site de Jbel Irhoud.

On a longtemps estimé qu'ils n'avaient quitté leur "berceau" que bien plus tard, il y a environ 70.000 ans, en une vague majeure. Mais depuis quelques années, les découvertes ne cessent de remettre en cause cette théorie, avançant toujours plus la date de leurs premières migrations et étendant la zone de leur dispersion. Avant d'être à leur tour remplacés par d'autres Homo sapiens, nouvellement arrivés, il y a environ 40.000 ans quand les hommes de Néandertal ont définitivement disparu. "Peut-être une ou plusieurs fois, les deux espèces se sont remplacées l'une l'autre", explique Eric Delson.

Cette nouvelle découverte renforce l'idée que de multiples dispersions d'êtres humains hors d'Afrique se sont produites, le mouvement migratoire et la colonisation de l'Eurasie étant sûrement beaucoup plus complexes qu'on ne le pensait. "Plutôt qu'une seule sortie d'hominiens d'Afrique pour peupler l'Europe et l'Asie, il doit y avoir eu plusieurs dispersions, certaines ne donnant pas lieu à des installations permanentes", juge Eric Delson. Même si tous les groupes qui se sont développés hors d'Afrique il y a plus de 60.000 ans ont totalement disparu, ne laissant aucune trace dans notre génome actuel.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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