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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 381
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 20 Avril 2006
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Egalement dans ce numéro
TIC
Le passage aux écrans plats accélère la mutation vers la télévision haute définition
Un logiciel gratuit pour tout contrôler chez soi avec son ordinateur
Sony teste le boîtier sans fil universel
Avenir
Des serpents-robots pour sauver des sinistrés
Matière
Un laser miniaturisé mis au point par des chercheurs français
Des semi-conducteurs intégrés aux fibres optiques
Une molécule spatiale synthétisée en laboratoire
Terre
Réchauffement climatique : rapport alarmant de parlementaires français
France : une communauté rurale fait le pari de l'autonomie énergétique
Faire tomber la pluie du bout des ailes d'un avion
Vivant
Chorée de Huntington, un espoir thérapeutique
Régime méditerranéen : il prévient aussi la maladie d'Alzheimer
Les robes du futur seront en maïs
Des neurothérapies pour réparer le cerveau
Homme
La VOD s'installe en Europe
L'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives
Edito
Société de l'information : la France doit se réveiller !



Alors que notre pays se complaît volontiers dans l'autosatisfaction et pense être à la pointe des technologies de l'information, il est indispensable de lire les dernières et éclairantes études portant sur la comparaison internationale en matière de TIC.

Le dernier classement du World Economic Forum concernant les pays les plus avancés en matière de TIC confirme la suprématie des Etats Unis, qui retrouvent leur première place. En seconde position, on retrouve sans surprise Singapour et on trouve ensuite cinq pays du Nord de l'Europe, parmi les 10 pays en tête de ce classement : le Danemark, l'Islande, la Finlande, la Suède et le Royaume Uni. La Corée du Sud fait un bond de 10 places, passant de la 24ème à la 14ème place et devançant pour la première fois la France, qui occupe une lointaine 22ème place et le Japon qui passe de la 8ème à la 16ème place. Dans ce classement, notre pays régresse donc de la 20ème à la 22ème place et il est à présent talonné par l'Estonie, la Malaisie et le Portugal, qui poursuivent leur progression.

Le rapport de l'ONU, classe, pour sa part, 191 pays en fonction de différents critères tels que les services administratifs en ligne, sites gouvernementaux, monnaie électronique ou paiement en ligne. Ce rapport mesure pour chaque État l'avancement des technologies de l'information et leur utilisation pour améliorer l'accès aux services publics. Les Etats-Unis arrivent en tête du classement, suivis par le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni et la Corée du Sud, qui devance les autres États asiatiques. À la 23e place mondiale, la France ne gagne qu'une place par rapport à 2004 et a encore de sérieux efforts à faire.

Il faut également évoquer le récent rapport Taubman du Taubman Center for Public Policy de Brown University. Ce rapport très complet a, pour sa part, analysé 1 797 sites gouvernementaux de 198 pays, et ce, durant les mois de juin et juillet 2005. Dans la cinquième édition de ce rapport annuel, on a attribué une note sur 100 points à chacun des pays en rapport à la présence de leur gouvernement en ligne. Plus de deux douzaines de critères différents incluent la disponibilité des coordonnées, des publications, des bases de données, les politiques de confidentialité, la sécurité et le nombre de services en ligne. Dans le palmarès mondial, les chercheurs ont attribué encore cette année les trois premières places à Taïwan (57,2 points), à Singapour (54,5) et aux États-Unis (50,5). Par contre, Hong Kong (46,2) a délogé le Canada (43,3) de sa quatrième position, soit un gain de sept rangs par rapport à 2004. La Chine, le Canada, l'Allemagne, l'Australie, l'Irlande (34e en 2004) et le Vatican (86e en 2004) figurent ensuite de la cinquième à la dixième position. Quant à la France, elle n'arrive qu'en 48ème position de ce classement, derrière le Portugal, la Bosnie et la République tchèque !

La société d'études IDC, réputée pour son sérieux, a passé, quant à elle, au crible, fin 2004, 53 pays pour déterminer leur taux d'équipement informatique, le développement de l'internet haut débit ou encore la pénétration des téléphones mobiles. Selon le classement 2004 établi par la société d'études IDC, baptisé Information Society Index (ISI), la Suède a perdu la première place qu'elle occupait depuis quatre ans. Elle est devancée cette année par un pays voisin, le Danemark. Ensuite, les Pays-Bas, la Finlande et la Norvège, qui avaient l'habitude de compléter le palmarès des cinq meilleures nations, se trouvent relégués respectivement à la sixième, septième et neuvième place. Ils ont été dépassés dans l'ordre par les États-Unis, la Suisse et le Canada. La Corée du Sud est huitième et le Royaume-Uni dixième, tandis que la France occupe une lointaine dix-neuvième place.

Enfin, il faut bien sûr évoquer le dernier rapport annuel de l'Idate révélé le 6 avril. Selon cette étude, la France, où le développement du haut débit a été parmi les plus importants ces dernières années, verra la progression du haut débit limitée à 70 % dans les cinq ans à venir, pour atteindre 17 millions d'abonnés en 2009 (27 % de la population). A cette échéance, l'Allemagne aura rattrapé la France en pourcentage de foyers abonnés et le Royaume-Uni sera loin devant la France puisque 22 millions de Britanniques (35 % de la population) seront abonnés au haut débit en 2009. En revanche, si les opérateurs misent d'abord sur la fibre optique directement jusqu'à l'abonné (FTTH), la France dépasserait des pays comparables comme le Royaume-Uni et l'Italie, déjà très avancée dans ce domaine, dans trois ans, avec 663.000 accès.

Ces rapports, même si les résultats et le classement des pays varient quelque peu à cause des différences de méthodologie et de critères, n'en restent pas moins remarquablement convergents sur trois points essentiels : en premier lieu, les Etats Unis n'ont plus le leadership absolu en matière de TIC. En second lieu, outre les USA, deux groupes de pays se disputent à présent les premières places en matière de compétitivité numérique mondiale : la triade asiatique Japon, Corée du Sud et Singapour et, dans le Nord de l'Europe, le Danemark, la Suède et la Finlande. Enfin, dernier enseignement, mais non le moindre, selon toutes ces études, la France stagne, ou même régresse, depuis plusieurs années dans cette implacable compétition numérique mondiale, se maintenant péniblement autour de la 20ème place !

Bien sûr, vu de l'intérieur de notre hexagone, nous pouvons avoir le sentiment, nous appuyant sur des données objectives, que notre pays a accompli depuis une dizaine d'années de gros efforts, tant en matière d'infrastructures que de développement public et privé des usages des technologies de l'information. Mais ce que nous n'avons pas vu c'est que, pendant le même temps, d'autres pays et notamment les pays asiatiques et scandinaves ont accompli un effort beaucoup plus important que nous pour accélérer leur mutation vers la société de l'information. Le résultat de cette évolution est qu'en dépit d'une progression réelle des TIC dans notre pays, le fossé numérique ne cesse de se creuser entre la France et ses voisins du nord de l'Europe et que, selon le dernier classement de l'ONU, notre pays n'arrive qu'au 10ème rang, parmi les 25 pays de l'UE.

Les causes de ce retard numérique français persistant sont multiples : absence de vision prospective et stratégique à long terme, insuffisance dramatique et croissante des investissements privés en matière de TIC, freins socio-culturels puissants qui ont été longtemps sous-estimés, etc... Je le dis avec force, si nous ne réagissons pas très vite à cette situation, nous serons, à la fin de cette décennie, définitivement exclus de la compétition numérique planétaire qui est à présent le moteur du développement économique.

C'est pourquoi je souhaite que le passage vers la société de l'information devienne un enjeu politique et démocratique majeur et soit au coeur du débat et des programmes politiques à l'occasion des prochaines échéances électorales capitales de 2007. Nous devons, au cours de ces cinq prochaines années, faire un effort sans précédent pour que la France se hisse dans le "Top Ten" des pays champions de l'économie et de l'administration numériques. Si nous ne prenons pas immédiatement conscience de cet enjeu, et si nous ne nous donnons pas les moyens de relever ce défi de société, la France connaîtra un inexorable et fatal déclin économique, social et politique.

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


TIC
Information et Communication
Le passage aux écrans plats accélère la mutation vers la télévision haute définition
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Constructeurs, diffuseurs et réalisateurs s'accordent pour affirmer que l'arrivée en France de la télévision haute définition (TVHD) marque une étape importante dans l'histoire du petit écran. "C'est pratiquement comparable au passage de la télévision en noir et blanc à la couleur", estime ainsi Philippe Citroën, directeur général de Sony France. Après la télévision analogique, après le numérique, reçu par le biais de la TNT, du câble, du satellite ou de l'Internet haut débit (ADSL), la haute définition représente un saut qualitatif, avec des images plus riches en détails, une définition plus soignée et des couleurs éclatantes.

Présente depuis 1998 aux Etats-Unis, où 16 à 19 millions de foyers sont équipés (7 millions au Japon), la diffusion HD arrive seulement en Europe. Ce retard s'explique, en partie, par la tentative avortée des pouvoirs publics d'imposer le standard HDMAC au début des années 1990, alors que personne n'était encore équipé de téléviseurs compatibles avec la haute définition. Après cet échec, les diffuseurs se sont concentrés sur l'analogique puis sur le numérique, laissant de côté la haute définition. Aujourd'hui, l'engouement des téléspectateurs pour les écrans plats de grande taille favorise la demande d'images de meilleure qualité. En 2006, 3 millions d'écrans plats, dont 50 % prêts à recevoir la haute définition, devraient être vendus en France. L'instauration d'un label européen "HD Ready", qui garantit que le téléviseur acheté peut recevoir des images haute définition, contribue à dynamiser le marché. L'institut d'études GFK estime que 8 % des foyers français pourront recevoir la TVHD, d'ici à fin 2006.

"Tous les maillons de la chaîne sont désormais réunis", analyse Christian de Pennart, président de la commission communication et marchés du HD Forum, une association qui regroupe 51 industriels. "Il y a les téléviseurs compatibles et surtout des programmes tournés en HD pour les alimenter."

Les grandes chaînes suivent en effet le mouvement. Fictions, documentaires, événements sportifs sont tournés en haute définition. La Coupe du monde de football, qui se tiendra du 9 juin au 9 juillet en Allemagne, est le véritable atout de la TVHD. L'événement sera entièrement filmé en haute définition, et les industriels misent sur cette compétition, propice aux ventes de téléviseurs, pour familiariser le public avec ce format.

LM

Un logiciel gratuit pour tout contrôler chez soi avec son ordinateur
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Annoncée régulièrement depuis 20 ans, la domotique, qui consiste à piloter par informatique tous les appareils électriques ou électroniques d'une maison va-t-elle enfin conquérir le grand public ? Une jeune entreprise bordelaise du domaine, Digital Concept Home (DHC), lance le 13 avril un logiciel, « Ex-Domus », destiné à un PC fonctionnant sous Windows XP Media Center. Pour Frédéric Favre, directeur de la stratégie grand public chez Microsoft, l'outil constitue une première en matière de simplicité d'usage. Le géant de l'informatique n'a pas participé à la conception du produit, mais indique soutenir fortement l'entreprise dans sa démarche.

Jusqu'ici, la domotique est plutôt cantonnée à des systèmes, souvent propriétaires, installés par des spécialistes ou réservée à des bidouilleurs. Pour attirer les curieux, DHC proposera une version gratuite. Il y aura également deux versions payantes : la « Premium » (39,90 euros) disponible à la fin du mois, et la « Professionnelle », réservée aux installateurs électriques, qui arrivera en juin (199 euros).

Le logiciel, une fois installé, permettra de piloter, depuis l'écran de son ordinateur (ou depuis une XBox 360) et depuis le menu MediaCenter, des appareils électriques, comme un ventilateur, une lampe, un variateur de lumière, une cafetière, des volets, une caméra de vidéosurveillance, etc. Dans le menu, l'utilisateur représente lui-même les pièces de sa maison et les objets qui doivent être contrôlés. Pour que l'ensemble fonctionne, il faut bien entendu que les « objets » puissent dialoguer avec le PC. La chose se fait en les raccordant à une prise spéciale, elle-même branchée sur la prise de courant classique. Il faut également un boîtier spécial pour piloter le tout, relié, lui, au PC.

Exdomus

Sony teste le boîtier sans fil universel
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Le 30 mars dernier, la firme japonaise présentait un curieux petit prototype, un boîtier d'une quinzaine de centimètres à peine, destiné à être raccordé à un téléviseur et/ou à une chaîne hi-fi. Sa particularité ? Aucun câble supplémentaire à brancher : il suffit en effet de poser son appareil photo numérique sur le boîtier pour que les photos s'affichent immédiatement sur l'écran de la télévision ! Même chose dans le cas du baladeur MP3, qu'il suffit de poser sur le boîtier pour que retentisse la musique dans les enceintes de la chaîne hi-fi. En fait, il suffit même de se tenir à trois mètres - ou moins - du boîtier pour que le transfert soit possible. Et pourtant, pas de Bluetooth ni de Wi-Fi dans ce boîtier, Sony leur ayant préféré une version améliorée par ses soins du RFID qu'il a baptisée « Reflex System ». Les puces de Sony offrent un débit de 16 Mbit/s, contre 0,75 Mbit/s pour le Bluetooth, et se révèlent nettement moins gourmandes en énergie que le Wi-Fi. Elles sont donc tout à fait adaptées aux appareils nomades et pourraient même, selon Sony, être intégrées non pas dans l'appareil lui-même, mais dans... les cartes mémoire !

OINet

^ Haut
Avenir
Nanotechnologies et Robotique
Des serpents-robots pour sauver des sinistrés
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Un chercheur de l'Université Carnegie Mellon en Pennsylvanie a mis au point des robots rampants capables de se déplacer facilement dans les débris d'un bâtiment effondré. Cette découverte pourrait aider les sauveteurs à localiser les victimes piégées sous des décombres. Le professeur Howie Choset développe depuis plusieurs années des robots en forme de serpents en espérant un jour sauver des vies en trouvant les survivants piégés dans l'effondrement de bâtiments. Le chercheur dit avoir réussi une percée ces dernières semaines : un de ses robots manipulé à distance s'est introduit dans un tuyau et s'est déplacé avec succès à l'intérieur.

L'équipement moderne s'avère particulièrement impuissant devant les bâtiments effondrés, selon Howie Choset. "A l'heure actuelle, la seule façon de trouver les survivants est de retirer les gravats un à un. Notre rêve est de développer un robot qui pourrait s'infiltrer et se rendre auprès des victimes beaucoup plus rapidement", explique ce professeur âgé de 37 ans. Les robots-serpents munis de caméras et capteurs ont la longueur d'un bras humain. Ils peuvent être manipulés à distance. "Les sauveteurs demeurent les héros", reconnaît Howie Choset. "Ce sont seulement de meilleurs outils."

Sam Stover, responsable d'une équipe de sauvetage en Indiana, estime que de tels robots faciliteraient sa tâche grâce à leur plus grande mobilité. "Ça va nous permettre de faire ce que nous ne pouvions pas faire jusqu'à présent." Il estime que de telles machines auraient été très utiles après le passage de l'ouragan Katrina. Les chiens demeurent le meilleur outil de recherche des sauveteurs, selon Sam Stover mais leur efficacité dépend en grande partie sur l'accessibilité aux zones sinistrées. Howie Choset prévoit de commercialiser ses robots d'ici cinq à dix ans, selon le financement qu'il recevra.

SR

^ Haut
Matière
Matière et Energie
Un laser miniaturisé mis au point par des chercheurs français
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Des chercheurs français ont mis au point une sorte de laser miniaturisé, appelé "micro-OPO", qui pourrait à terme permettre de développer des systèmes de transmission de l'information inviolables, notamment sur l'Internet, selon une étude publiée dans la revue "Nature". A côté du laser, il existe un autre type de source de lumière, l'oscillateur paramétique optique (OPO), explique Jérôme Tignon, du Laboratoire Pierre Aigrain (Ecole normale supérieure/Centre national de la recherche scientifique, CNRS), interrogé par l'agence Associated Press (AP). "Petit frère" du laser, l'OPO fonctionne selon un principe différent et permet d'atteindre un éventail de longueurs d'onde plus large. Ces oscillateurs existent depuis les années soixante mais restent de gros appareils de laboratoires, ce qui empêche leur utilisation pour des applications grand public.

D'où la percée des chercheurs français qui ont réussi à miniaturiser le système, chose qui a déjà été faite depuis longtemps avec le laser, souligne M. Tignon, responsable du projet "micro-OPO" au Laboratoire Pierre Aigrain. "Le système n'est pas commercialisable en l'état mais on pense avoir brisé les verrous qui jusqu'à présent empêchaient de faire un système efficace et miniaturisé", explique le physicien. Les travaux ont fait l'objet d'une demande de brevet soutenue par le CNRS. Le micro-OPO mesure huit micromètres d'épaisseur, une taille minuscule qui en fait un objet beaucoup plus petit qu'une tête d'épingle. Le prototype a été fabriqué au laboratoire de photonique et nanostructures de Marcoussis (CNRS) à l'aide d'une technique qui permet de déposer des couches d'atomes les unes après les autres. Par rapport au laser, l'OPO peut émettre dans les mêmes types de couleurs et longueurs d'onde mais aussi dans d'autres. En outre, alors que le laser diffuse un seul faisceau, des photons qui sont tous les mêmes, l'OPO en projette toujours deux (des paires de photons).

La technologie pourrait trouver des applications dans le domaine des télécommunications et de la transmission de données en général. Elle pourrait également servir à sécuriser la transmission d'information. Avec l'OPO, "on peut transmettre une information qui sera par nature inviolable", souligne Jérôme Tignon. Cette "cryptographie quantique" pourrait intéresser les militaires, les particuliers et les entreprises, et concerner par exemple la transmission de données bancaires, notamment lorsqu'on fait des achats sur Internet.

Le micro-OPO mis au point par les chercheurs français "pourrait commencer à permettre d'appliquer les principes de cryptographie quantique pour un usage beaucoup plus répandu", explique Jérôme Tignon. Le système, qui pourrait aussi trouver des applications dans le domaine de l'opto-électronique, ne devrait toutefois pas connaître d'utilisation grand public avant dix ou vingt ans, ajoute le chercheur.

CNRS

Des semi-conducteurs intégrés aux fibres optiques
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Une équipe de Penn State University en collaboration avec l'université de Southampton en Grande Bretagne a récemment publié ses travaux sur l'intégration de semi-conducteurs dans des fibres optiques micro structurées (MOFs). Les chercheurs ont utilisé une méthode de dépôt chimique micro fluidique à haute pression pour déposer du germanium ou du silicium sur les parois internes des MFOs. Un MFO est constitué d'un réseau de capillaires en silicate accolés les uns aux autres de manière régulière. Leur agglomération forme une structure alvéolaire avec des pores d'environ 1µm de diamètre et une profondeur pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres. Les techniques de dépôt chimique en phase gazeuse (CVD) précédemment employées étaient handicapées par des problèmes de transport de masse qui empêchaient le dépôt régulier du semi-conducteur sur une longue distance le long de la paroi.

Les chercheurs ont contourné ces difficultés en injectant un flux haute pression d'un gaz précurseur du semi-conducteur (GeH4 ou SiH4) a l'intérieur des MFOs en chauffant progressivement le matériau. Dans la chambre de réaction que constitue l'intérieur des fibres, le germanium ou le silicium nucléé se cristallise sur la paroi. Le dépôt s'effectue de manière régulière sur plusieurs dizaines de centimètres. Le diamètre d'un pore qui est initialement de 1µm, est réduit à quelques dizaines de nm après dépôt du 'coeur' en semi-conducteur.

Pour confirmer l'incorporation du semi-conducteur dans la fibre optique, les chercheurs ont fabriqué un transistor à effet de champ de 11mm de long et 5µm de large dans le coeur de germanium. Ils ont aussi démontré que leur procédé permettait de déposer relativement facilement des contacts métalliques. D'autre part, leurs mesures montrent que la propagation de la lumière infrarouge subit une atténuation de 7dB dans un coeur de silicium. Ces avancées ouvrent la voie à une optoélectronique intégrée dans des fibres optiques. De telles fibres permettraient de s'affranchir des convertisseurs optoélectroniques, chers et limitant la bande passante, qui sont actuellement utilisés dans les réseaux de communication modernes comme Internet.

BE USA

Une molécule spatiale synthétisée en laboratoire
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Des chercheurs en chimie, de l'Université de Californie, ont réussi à synthétiser une molécule de carbone dont on pensait qu'elle ne pouvait exister que dans l'espace. Cette découverte pourrait avoir de nombreuses retombées dans l'industrie chimique. La molécule en question appartient à une famille de composés connus sous le nom de carbènes, dont très peu sont stables. La nouvelle molécule appelée cyclopropénylidène est composée de trois atomes de carbone disposés en triangle auxquels sont unis deux atomes d'hydrogène.

Le cyclopropénylidène existe naturellement et en grande quantité dans l'espace mais était trop instable pour être synthétisé en laboratoire. Les scientifiques ont canalisé cette instabilité en remplaçant les atomes d'hydrogène par deux atomes d'azote et en ajoutant des groupes d'acides aminés au squelette en carbone triangulaire. Les acides aminés additionnels n'ont pas perturbé la structure fondamentale de la molécule. Les carbènes sont utilisés dans l'industrie comme catalyseurs, on les retrouve entre autres dans l'industrie pharmaceutique et pétrochimique. Cette nouvelle molécule en raison de sa forme et de sa taille unique, pourrait constituer un catalyseur beaucoup plus puissant. D'autres molécules spatiales pourraient également être fabriquées en employant la technique des chercheurs de l'Université de Californie.

Sciences

^ Haut
Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Réchauffement climatique : rapport alarmant de parlementaires français
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Un rapport parlementaire tire la sonnette d'alarme sur les conséquences du réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre et propose notamment une révolution de la fiscalité verte. "Si l'on n'est pas capable, à l'avenir (...), de modifier radicalement nos modes de production et de consommation (...), on ira droit dans le mur", a averti Jean-Yves Le Déaut, député socialiste (Meurthe-et-Moselle), président de la mission d'information parlementaire sur l'effet de serre. Car "le changement climatique porte en germe la menace de catastrophes majeures (...) c'est, sans alarmisme excessif, le devenir même de l'humanité qui est en cause", a-t-il déclaré. "Pour la première fois, trente parlementaires de tous les horizons politiques ont travaillé ensemble sur le sujet, et ils s'accordent sur le constat que le changement climatique est le défi majeur du XXIe siècle", a renchéri Nathalie Kosciusko-Morizet, député UMP (Essonne), rapporteur.

Les prévisions des scientifiques tablent pour la fin du XXIe siècle sur une hausse des températures de 2 à 6 degrés, voire plus. Or, pour maintenir la hausse des températures à 2°C, ce qui serait vivable mais déjà pénible, il serait nécessaire de diviser par deux au niveau mondial les émissions de gaz à effet de serre (GES), essentiellement le gaz carbonique (CO2), ce qui implique une division par quatre pour les pays industrialisés, principaux pollueurs. Cela reviendrait à ramener les émissions moyennes de CO2 par individu aux émissions actuelles d'un Indien.

Les pays signataires du protocole de Kyoto se sont engagés à limiter leurs émissions de GES pour revenir d'ici 2012 à un niveau inférieur de 5,2 % à celui de 1990. Mais il faut aller plus loin, estiment les auteurs du rapport qui proposent pour la France un objectif de réduction de 25 % des émissions à échéance de 2020. Ils recommandent notamment "une réforme fiscale, globale et progressive", visant à dissuader les atteintes à l'environnement, et qui serait accompagnée d'un allègement des charges sur le travail. Certaines situations fiscales constituent "un encouragement" aux émissions de GES, notamment dans le transport aérien avec l'exonération de TVA pour le kérosène et les billets internationaux, et le transport routier avec le remboursement partiel de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

Dans les transports, "une taxe carbone pour taxer les véhicules qui polluent le plus, ça me paraît justifié", a indiqué M. Le Déaut. "Si tous les habitants de la planète utilisaient une automobile dans les mêmes conditions qu'en France - soit en moyenne 15.000 km par an, 7 litres aux 100 km - il y aurait 6 milliards de tonnes de CO2 en plus rejetées chaque année dans l'atmosphère, le tiers de ce qu'on rejette aujourd'hui", a-t-il observé.

Dans le bâtiment, la création d'une taxe sur les droits de mutation "pourrait servir à financer les travaux d'amélioration de la qualité énergétique de l'habitat". Un "important effort d'explication auprès du contribuable" serait nécessaire pour accompagner cette "véritable révolution fiscale", reconnait le rapport. Les parlementaires préconisent également de renforcer la recherche sur les sujets-clés, comme la filière hydrogène, la biomasse et les véhicules propres.

AN

France : une communauté rurale fait le pari de l'autonomie énergétique
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Tendre vers l'autonomie énergétique est le pari d'une communauté de communes rurales de Bretagne qui va produire de l'huile de colza d'ici la fin de l'année et concrétiser en 2007 un projet de méthanisation actuellement sans équivalent en France. Une soixantaine d'agriculteurs ont déjà adhéré à la Cuma (Coopérative d'utilisation de matériel agricole) Menergol qui va acquérir la presse à colza, un investissement de 400 à 450.000 euros, couvert pour moitié par les collectivités. "Cette année, on espère avoir 200 à 300.000 litres d'huile mais l'objectif à terme est d'arriver à 1,5 million de litres par an. C'est un projet à la dimension d'un canton", commente Pierre-Marie Launay, président de la Cuma.

Au total, environ 10 % des terres de cette communauté de communes de 6.200 habitants seront consacrées au colza. "Il y a la place dans chaque canton pour une huilerie comme ça", souligne M. Launay, lui-même agriculteur. Un kilo de colza donne 0,4 l d'huile. Le reste, ce qu'on appelle le tourteau de colza, sera utilisé pour l'alimentation des bovins. "Le colza a une valeur protéinique et énergétique qui remplace avantageusement les tourteaux de soja", importés principalement des Etats-Unis et du Brésil et de plus en plus difficiles à trouver exempts d'OGM, relève le maire de Saint-Gouéno, Jacky Aignel, éleveur de bovins.

"Pas de déchets, pas de solvants, pas de produits chimiques" : après adaptation des véhicules, l'huile sera utilisable directement pour les tracteurs et autre matériel agricole, résume M. Launay. Le prix de revient d'un litre d'huile de colza est évalué à 0,40 euro, contre plus de 0,60 euro pour le fuel, en constante augmentation. Or "cette pression économique devient angoissante et primordiale pour les exploitants agricoles", relève M. Aignel.

Lancé en 1999, le projet d'une usine de méthanisation, qui produira du gaz à partir de lisier -un problème majeur pour les exploitations hors sol- et de boues industrielles et urbaines, devrait aussi voir le jour courant 2007. Il s'agira d'une première car tous les projets de méthanisation dans la région ont jusqu'à présent échoué face au barrage des opposants, inquiets des nuisances. La mairie de Saint-Gouéno a également entériné un projet de chauffage au bois : dès février 2007, 11 logements situés dans le bourg en bénéficieront, avant la salle de fête.

Trois sites ont également été retenus pour l'implantation de 17 éoliennes et d'autres pistes sont à l'étude. Avec une constante: ces énergies alternatives doivent être compétitives. Outre la réduction des coûts, il s'agit, pour M. Aignel, également vice-président de la communauté de communes, de maintenir l'emploi agricole et la santé économique de la région où prévaut la "mono industrie" de l'agro-alimentaire -l'unique usine emploie 2.000 salariés-. Tout en créant de nouveaux emplois.

A terme, le territoire, usine comprise, "pourrait complètement devenir autonome" en énergie, assure M. Théry. Pour le maire, ces initiatives ont déjà un effet positif : "le monde agricole a besoin de projets. Il faut redonner un peu d'espoir à un milieu qui en a vraiment besoin".

Yahoo

Faire tomber la pluie du bout des ailes d'un avion
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Le regard vif, Takeshi Imai captive son auditoire lorsqu'il détaille son expérience. Cet ingénieur sexagénaire a inventé un procédé pour provoquer des pluies naturellement, sans recourir aux produits chimiques testés depuis 1938, comme la neige carbonique ou l'iodure d'argent. Il ensemence d'eau pure un nuage, et la pluie tombe entre quinze et quarante minutes plus tard.

Pour cela, il faut un nuage : chaud, généralement un cumulocongestus, en formation sur l'horizon ou signalé par un radar météorologique adapté. Il doit également comporter au moins 2 grammes d'eau par mètre cube. Si ces conditions sont réunies, Takeshi Imai fait décoller son bimoteur, un Piper Navajo. A l'extrémité de chaque aile, des ailettes fixées sur un axe giratoire vont semer des gouttes à taille contrôlée (de 2 à 6 mm) dans le nuage. Chaque "goutte collectrice" va ensuite grossir, de 100 à 250 fois, en rassemblant, par collision, entre 1 et 10 millions de gouttelettes prisonnières de la masse nuageuse. Alourdies, elles se transforment en précipitations. Un litre d'eau semée produit 6 milliards de gouttes, l'avion sème 120 milliards de gouttes par minute : un quart d'heure de vol suffit pour obtenir l'effet escompté.

"On m'appelait le Japonais fou", avoue cet ingénieur descendant d'immigrés asiatiques et formé à l'Institut de technologie aéronautique militaire de Sao José dos Campos (Etat de Sao Paulo). Mais depuis 2001, année où son système est breveté, Takeshi Imai a provoqué 250 pluies artificielles. Notamment au-dessus des immenses réservoirs Cantareira, de la compagnie Sabesp, qui alimentent en eau les 10 millions d'habitants de Sao Paulo. La région souffrait, en 2003, d'une terrible sécheresse : "Alors que nous étions angoissés, les pluies localisées ont apporté une solution immédiate à un problème momentané", reconnaît le chef de la planification hydrologique de la Sabesp, Rodolfo Baroncelli.

Ces travaux ont enthousiasmé les participants du symposium international de l'eau en 2005 à Cannes, et Takeshi Imai a reçu la médaille d'or. En juin, l'ingénieur brésilien promet d'être à Cannes, et de faire pleuvoir, si le temps s'y prête.

LM

^ Haut
Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Chorée de Huntington, un espoir thérapeutique
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Une équipe conjointe de chercheurs du CNRS et de l'INSERM vient de découvrir qu'une molécule, la cystéamine, pourrait contrecarrer la mort des neurones dans la maladie de Huntington. Cette pathologie héréditaire provoque une dégénérescence des cellules nerveuses du striatum, une région du cerveau impliquée dans le contrôle des mouvements. La chorée de Huntington se manifeste par des mouvements anormaux et incontrôlables de membres de la tête et du cou, des troubles cognitifs pouvant évoluer jusqu'à la démence associés à des troubles de l'humeur (dépression le plus souvent). La maladie apparaît autour de la quarantaine et évolue péjorativement jusqu'au décès en une vingtaine d'années.

Le gène responsable de la maladie se situe sur le chromosome 4 et entraîne la synthèse d'une protéine mutante, la huntingtine. C'est cette molécule qui est responsable de l'apoptose neuronale dans le striatum. Les chercheurs ont montré qu'une autre protéine appelée BDNF, lorsqu'elle est présente en quantité suffisante dans les neurones du striatum, bloque l'effet de la huntingtine mutée. A l'inverse, dès que sa quantité diminue, la maladie progresse. La cystéamine, déjà utilisée dans le traitement d'une maladie orpheline de l'enfant, permet d'augmenter la quantité de BDNF dans les neurones ce qui entraîne donc un effet neuroprotecteur. Cette propriété n'a été testée, à ce jour, que chez les souris de laboratoire. En outre, la quantité de BDNF dans le sang pourrait servir de marqueur, diminuée chez les animaux malades elle est augmentée par la cystéamine.

Cette étude doit être suivie par un essai clinique chez l'homme qui devrait débuter avant la fin de l'année. Il permettra de tester sur une centaine de patients l'effet de la cystéamine et l'intérêt du BDNF en tant que biomarqueur.

NO

Régime méditerranéen : il prévient aussi la maladie d'Alzheimer
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Le fameux régime méditerranéen, déjà connu pour de nombreuses qualités pour la santé, diminuerait les risques de maladie d'Alzheimer. Selon une étude américaine publiée ce mois-ci dans le journal « Annals of Neurology » les personnes qui suivent un régime méditerranéen auraient moins de risques d'être atteintes un jour de la maladie d'Alzheimer que les autres.

On savait que l'alimentation jouait un rôle dans l'apparition de la maladie d'Alzheimer. Jusqu'à aujourd'hui, les études menées sur le sujet ont tenté de clarifier le rôle isolé d'aliments ou de nutriments. Cette étude s'est focalisée non pas sur les rôles éventuels d'un aliment sur la maladie d'Alzheimer mais sur le rôle combiné de l'ensemble des nutriments composant le régime méditerranéen. Ainsi, les chercheurs du Centre médical de l'Université de Columbia, en étudiant 2.258 personnes vivant à New York, ont pu mettre en évidence le rôle protecteur du régime méditerranéen contre la maladie d'Alzheimer. Selon les chercheurs, plus le régime méditerranéen était suivi par les patients et plus le risque de développer Alzheimer était réduit. Les patients les plus accrocs avaient un risque diminué de 39 à 40 %.

La maladie d'Alzheimer est une maladie qui se déclare chez les personnes âgées. C'est une maladie dite dégénérative du cerveau qui affecte la mémoire, la pensée et le comportement des personnes qui en sont atteintes. La maladie d'Alzheimer a toujours existé, mais elle n'est connue sous ce nom que depuis 1907, date à laquelle elle a été nommée ainsi par le Dr Alois Alzheimer. Elle est irréversible et touche aussi bien les hommes que les femmes. C'est la cause la plus fréquente de démence, un état médical qui bouleverse le fonctionnement du cerveau, parmi les personnes âgées de 65 ans et plus. On estime que 3 % des personnes âgées de 65 à 74 ans sont affectées par la maladie d'Alzheimer, et que près de 25 % des personnes âgées de 85 ans et plus le sont. Même si la maladie est moins fréquente chez les personnes âgées de moins de 65 ans, elle n'est pas une conséquence normale du vieillissement. Cette maladie n'est pas non plus considérée comme une maladie mentale, et précisons qu'elle n'est pas contagieuse. Elle touche 600.000 personnes de plus de 75 ans en France et 200.000 nouveaux cas sont déclarés chaque année.

Le régime méditerranéen vient de la découverte faite par des scientifiques qui se sont aperçus dans les années soixante que les habitants de certaines régions (Grèce, Crète, Italie du sud) avaient une longévité supérieure à la moyenne avec des taux de cancers et de maladies cardio-vasculaires faibles. Cette longévité serait le résultat d'un mode de vie et d'une alimentation particulière. On retrouve le régime méditerranéen dans d'autres pays de la Méditerranée et l'un des points communs est la culture de l'olive. Grandes lignes du régime méditerranéen : consommation de grande quantité de fruits, de légumes, de pain,... ; Utilisation principalement de l'huile d'olive en cuisine ; consommation de produits laitiers (fromages et yaourts), de pâtes, de semoule en quantités modérées, de poisson et volailles en quantités modérées, ..., et consommation modérée de vin avec 2 verres, de préférence pendant les repas. Le secret de ce régime est qu'il est riche en antioxydants qui protègent les artères et plus généralement ralentissent le vieillissement de l'organisme.

ANE

Les robes du futur seront en maïs
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Les vêtements du futur seront-ils faits à partir de... maïs ? Lors du Salon Bio 2006, qui s'est tenu à Chicago, trois élégantes créations signées Oscar de La Renta, Halston et Elisa Jimenez, ont été présentées à la presse lors d'un défilé de mode hors du commun. En même temps que des vestes, des chemises, des tee-shirts, des bonnets, des écharpes et des chaussettes, tous confectionnés en Ingeo. Cette fibre textile, comparable au polyester dérivé du pétrole, a été mise au point par NatureWorks, filiale du géant céréalier américain Cargill, en partant de l'amidon contenu dans la graine de maïs. Après fermentation lactique, puis polymérisation, ce dernier est transformé en acide polylactique (PLA) puis en Ingeo. Lequel entre aussi dans la fabrication de draps, d'enveloppes de matelas, de taies d'oreiller ou encore de serviettes hygiéniques et d'essuie-fesses pour bébés !

Et comme si cela ne suffisait pas, le PLA permet également d'obtenir toute une gamme de matières plastiques 100 % biodégradables et renouvelables : bouteilles, assiettes, couverts de table, films, sacs ou barquettes ! «En quatre-vingts jours, nos produits sont entièrement dégradés : ils proviennent de la nature et ils retournent à la nature» assure, non sans lyrisme, Dennis Mac Grew, le PDG de NatureWorks.

L'initiative est loin d'être isolée. Metabolix, autre société américaine de biotechnologie, vient de créer des bactéries transgéniques capables de transformer les sucres de maïs en microbilles de plastique qu'elles stockent dans leur cytoplasme. Pour Jim Barber, le directeur général de Metabolix, il y a moyen de produire à terme «plus de la moitié des matières plastiques actuellement consommées». Et d'annoncer la construction prochaine, dans l'Iowa, en partenariat avec la société ADM, d'une usine capable de produire 50 000 tonnes de «bioplastiques» par an.

DuPont voit aussi les choses en grand. La multinationale américaine est parvenue à faire synthétiser, par des bactéries Escherichia coli génétiquement modifiées, du 1,3-propanediol, un composé à partir duquel est fabriquée une fibre textile, le Sorona, comparable au Tergal. Le tout en consommant 30 à 40% d'énergie en moins qu'avec la filière pétrochimique classique. L'usine que DuPont ouvrira cette année à Loudon, dans le Tennessee, produira 50 000 tonnes de propanediol «bio» par an. Une chose est certaine : le foisonnement récent de ces biomatériaux que les spécialistes appellent la troisième vague des biotechnologies - après celle de l'énergie (biocarburants) et de l'alimentation - démontre que l'ère de «l'après-pétrole» n'est plus du domaine de la fiction ou du fantasme.

Trois raisons à cela : la flambée durable des cours du brut, le besoin d'assurer l'approvisionnement énergétique des Etats-Unis sans plus dépendre d'Etats politiquement instables, voire ennemis, et la nécessité de réduire - même pour un pays non signataire du protocole de Kyoto - les émissions de gaz à effet de serre.

Alors que les cours des matières premières agricoles comme le maïs sont stables depuis dix ans, le prix moyen de l'essence à la pompe, même s'il reste encore bas comparé à l'Europe, a augmenté de plus de 1 dollar le gallon en trois ans (0,26 dollar par litre). Ce qui, pour le citoyen américain, est vécu comme une sorte de traumatisme. Du coup, les puissants Etats agricoles du Middle West se sont lancés à fond dans la production de biocarburants, principalement d'éthanol, issu de la fermentation d'amidon de maïs et destiné à être mélangé à l'essence jusqu'à 85% spécialement dans les 5 millions de véhicules adaptés à recevoir ce mélange déjà en circulation outre-Atlantique. Avec cette devise : «Plutôt que de forer le sol pour trouver du pétrole, mieux vaut le cultiver dans nos champs.»

L'an passé, 14 % de la production américaine de maïs ont servi à fabriquer de l'éthanol, soit 3 % de la consommation nationale d'essence automobile à un prix désormais compétitif avec le pétrole. L'Energy Policy Act de 2005 appelle à doubler ce pourcentage d'ici à 2012. Mais les producteurs de maïs et les industriels de la biotechnologie sont décidés à faire mieux en atteignant 10 % des besoins dès 2015. Selon certains experts, la production d'éthanol à partir de la cellulose présente en masse dans les pailles de blé et de maïs ou dans certaines cultures dédiées comme le peuplier ou le panic (une graminée buissonnante de l'espèce Panicum virgatum), pourrait remplacer plus de la moitié du pétrole consommé dans les transports d'ici à 2050. Les industriels viennent notamment de mettre au point de nouvelles enzymes capables de transformer la cellulose en sucres fermentescibles et donc en éthanol, à un coût 30 fois inférieur à ce qu'il était il y a encore trois ans. Pionnière dans ce domaine, la société canadienne Iogen a construit la première usine pilote d'éthanol-cellulose à Ottawa en 1997 et envisage d'ouvrir l'an prochain une unité commerciale.

Figaro

Des neurothérapies pour réparer le cerveau
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Depuis longtemps, on rêve d'une technologie qui permettrait d'établir un lien direct entre la pensée humaine et l'utilisation d'un ordinateur. Maintenant, grâce à l'esprit d'entreprise de certains chercheurs qui se sont longuement consacrés à ce domaine, des techniques susceptibles de redonner une certaine maîtrise de leur environnement à des personnes au système neurologique défaillant sont sur le point d'être commercialisées. Mais le fondateur de l'entreprise Cyberkinetics Neurotechnology Systems Inc., à Foxborough dans le Massachusetts, John Donoghue, responsable du Département de Neurosciences à Brown University, veut aller bien au-delà du diagnostic, et il prépare la société à s'attaquer de front à un des problèmes médicaux les plus difficiles : comment restaurer le fonctionnement du système nerveux chez l'humain, lorsqu'il a été endommagé.

Selon John Donoghue, les premiers travaux de recherche « s'intéressaient tout spécialement aux propriétés fondamentales du mouvement et à la manière dont le cerveau contrôle le mouvement -- tant pour comprendre les mouvements normaux que pour comprendre ce qui se passe au niveau du mouvement lorsque le système nerveux se détraque. » Les chercheurs ont commencé à se rendre compte que le cerveau est un processeur de type parallèle. Ainsi, le simple contact de neurones isolés pour en analyser le comportement n'aurait jamais réussi à révéler les secrets des systèmes de contrôle entre le cerveau et le corps humain.

« De nombreuses personnes travaillaient sur la question de savoir comment les neurones du cerveau codifient le mouvement. Il nous fallait un outil spécial, appelé matrice d'électrodes, capable d'enregistrer de nombreux neurones », évoque-t-il. « Pendant des années, nous avons travaillé sans relâche à développer une méthode pour enregistrer de nombreux neurones et pour en comprendre le langage, et, ce faisant, nous nous sommes rendu compte que ce que nous étions en train de développer était un capteur révolutionnaire dans le cerveau -- et que nous étions capables de comprendre le langage des neurones dans le cerveau. »

Les chercheurs se sont alors rendu compte que la capacité de contacter le cerveau et d'en décoder les signaux neuraux pouvait mener à des techniques qui permettraient à des personnes dont le système nerveux avait été endommagé de façon irrémédiable d'exercer un contrôle direct sur des objets mécaniques de leur environnement par le biais d'un ordinateur. Une stratégie relativement simple consisterait à montrer que quelqu'un peut maîtriser un curseur sur un écran d'ordinateur par le même mécanisme cognitif que nous utilisons sur nos membres. Une fois cet exploit réalisé, des systèmes de contrôle modernes et intégrés, avec ou sans fil, pourraient se déclencher pour donner à une personne sans la maîtrise motrice de son corps un certain contrôle sur son environnement.

Il y a environ deux ans, John Donoghue et ses collègues ont réalisé une expérience décisive qui démontra clairement que cet exploit était possible. « Nous avons d'abord fait un essai avec un singe et nous avons démontré que le capteur était capable d'obtenir suffisamment d'information provenant des neurones pour nous permettre de comprendre cette information. Le singe pouvait jouer à un jeu vidéo avec sa main, puis il nous suffisait de basculer sur le système de capteurs] et d'utiliser des commandes provenant directement de son cerveau pour jouer à ce jeu », dit-il.

L'expérience a permis d'accumuler des données sur l'efficacité, qui montrent que des personnes handicapées pourraient sans danger se passer des nerfs endommagés de la moelle épinière et réaliser directement des actions sur un ordinateur. Les données tirées de ces expériences ont permis à Cyberkinetics d'obtenir rapidement l'accord de la FDA sur un prototype à implanter qui permettrait à des personnes handicapées de réaliser une interface entre leur cerveau et l'ordinateur. La matrice d'électrodes qui contient 100 contacts en silicium du diamètre d'un cheveu est implantée chirurgicalement dans la zone du cerveau qui contrôle les bras et les mains. Un câble de liaison arrive à un endroit juste en dessous de la peau. Le contact se fait par la peau avec une unité d'acquisition de signaux qui est reliée aux supports d'ordinateurs. Enfin, les signaux traités sont envoyés à un moniteur d'ordinateur.

À l'heure actuelle, l'entreprise a l'agrément de la FDA pour développer le système pour cinq tétraplégiques, et des essais sont en cours pour trois d'entre eux. Le premier patient, qui est paralysé depuis le cou, est maintenant capable de déplacer un curseur sur un écran d'ordinateur, de dessiner des silhouettes à l'écran, d'ouvrir un programme de courrier électronique, d'en lire le contenu et de sortir du programme.

« Lorsque nous avons commencé ces essais, une des questions en suspens était de savoir si quelqu'un dont le handicap moteur remontait à plusieurs années aurait encore les fonctions neurales intactes nécessaires pour ce type de mouvement », explique John Donoghue. Les essais cliniques permettent de vérifier l'aspect pratique du contrôle entre le cerveau et l'ordinateur, et l'entreprise est en train d'élargir ses essais cliniques à d'autres secteurs relatifs aux nerfs endommagés.

« Un des aspects remarquables de cette technologie réside dans le fait qu'elle n'est pas associée à une maladie particulière. Elle peut être utile à toute personne dont le cerveau est normal mais qui n'est pas capable de mouvement », dit-il. Ce type de technologie de contournement en est à ses débuts, mais les résultats récents, selon lesquelles des électrodes implantées peuvent aussi stimuler la croissance des nerfs, pourraient mener à ce que les spécialistes en neurosciences ont longtemps cherché à réaliser, soit à rattraper les dégâts causés par des blessures à la moelle épinière.

[EET

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Homme
Anthropologie et Sciences de l'Homme
La VOD s'installe en Europe
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

La bataille de la vidéo à la demande (VOD) est lancée en Europe et les investisseurs se bousculent pour participer à ce nouveau mode de consommation à la carte des programmes, selon une étude du cabinet français NPA Conseil, commandée par le Centre national de la cinématographie (CNC). Les enjeux économiques sont de taille, car le développement de ces offres pourrait entraîner "des transformations majeures dans le mode d'accès aux programmes" et bouleverser l'économie du secteur ainsi que les organisations du cinéma et de l'audiovisuel français et européen.

Outre les agents traditionnels que sont les chaînes de télévision, les bouquets satellite et les câblo-opérateurs, la VOD suscite la convoitise de nouveaux acteurs : industriels de l'électronique grand public ou de l'informatique, spécialistes de la location vidéo, opérateurs télécoms ou encore moteurs de recherche et portails Internet sont attirés par cette nouvelle source de revenus. L'étude souligne que les opérateurs télécoms sont particulièrement actifs et que certains pourraient s'allier, à la faveur de la montée en puissance de la technologie.

Le Royaume-Uni a longtemps fait office de pionnier, mais les autres pays européens ont vite rattrapé leur retard. NPA Conseil a passé en revue l'état du marché dans une dizaine de pays européens dont l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne ou encore l'Italie. D'après l'agence, le nombre de fournisseurs de VOD a pratiquement été multiplié par dix en Europe, pour totaliser plus de quarante plates-formes entre 2002 et 2005. La France figure parmi les bons élèves depuis le second semestre 2005, notamment grâce à un taux de pénétration du haut débit parmi les plus élevés d'Europe et à des prix relativement bas dans un univers très concurrentiel, précise l'étude. Véronique Cayla, directrice générale du CNC, s'est d'ailleurs félicitée de la "richesse" de l'offre française.

L'étude souligne enfin que l'origine des contenus varie fortement selon les plates-formes : pour le cinéma, la part des films américains va d'un tiers à plus de 80 %, les contenus européens nationaux de 4 à 71 % et les films européens non nationaux de 5 à 25 %. D'autre part, le prix des programmes proposé en VOD tend à s'uniformiser. En moyenne, il faut compter 2,5/3 euros pour un programme de catalogue et 5 euros pour une nouveauté. Dans ce contexte, la différence devrait se faire sur les options comme la durée de location, le nombre de copies permises ou la possibilité de transférer les contenus sur des terminaux portables. Plus de 700 films étaient disponibles au début de l'année en cumulant les différents catalogues, là où un vidéo-club traditionnel propose quelque 400 références.

TF1

L'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives
Vendredi, 21/04/2006 - 00:00

Complétant la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique) et l'ordonnance 2005-674 du 16 juin 2005, l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 qui entre en vigueur est relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. Cette ordonnance est fondamentale car elle crée la première législation entièrement consacrée aux rapports électroniques entre les usagers et l'administration, dans le cadre de ce qu'on appelle l'administration électronique. L'administration peut répondre par voie électronique à toute demande d'information formulée par voie électronique par un usager ou une administration.

Dès lors qu'un usager a transmis par voie électronique une demande ou une information et que l'administration en a accusé réception, l'administration est régulièrement saisie. Elle ne peut pas demander à l'usager de doubler son envoi par un courrier papier. Tout envoi par voie électronique d'un usager à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception, et, le cas échéant d'un accusé d'enregistrement si l'accusé de réception ne peut être émis immédiatement. Ces documents, outre le fait qu'ils informent l'usager sur les coordonnés du service qui va traiter sa demande ou sur les voies de recours, donne date certaine à l'accomplissement de la démarche. L'émission des accusés de réception se fera dans les conditions prévues par le RGS (Référentiel Général de Sécurité).

Dès lors qu'une administration, en vertu d'un texte, demande à un usager la production d'une information ou d'un document émanant d'une autre administration, l'administration demanderesse peut se la voir directement communiquer par l'administration émettrice avec l'accord de l'usager.

L'ordonnance prévoit pour les usagers la possibilité de disposer d'un espace de stockage en ligne, personnalisé et personnalisable, qui aura pour vocation d'accueillir les documents administratifs les concernant, ainsi qu'un bloc-notes contenant des informations permettant de remplir des formulaires en ligne. Cet espace de stockage est placé sous le contrôle de l'usager ; il est ouvert et clos à sa demande. L'administration, avec l'accord de l'usager, pourra y déposer des documents.

L'ordonnance crée également les conditions permettant la signature électronique des actes des autorités administratives, dans les conditions prévues par le Référentiel Général de Sécurité.

Le Référentiel Général de Sécurité fixe les règles que doivent respecter les Systèmes d'Information pour assurer la sécurité des informations échangées par voie électronique. Ainsi, les autorités administratives mettant en place un système d'information détermineront les fonctions de sécurité nécessaires pour protéger le système et choisiront parmi le niveau de sécurité prévu pour ces fonctions dans le référentiel.

Lexinter

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