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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 965
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 07 Septembre 2018
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Egalement dans ce numéro
Avenir
Des chercheurs du MIT créent des puces RFID avec des capteurs chimiques
Matière
Quand Dunkerque injecte de l’hydrogène dans son réseau de gaz
Stocker l’énergie solaire grâce au béton
Terre
Le génome du chêne lève un voile sur la longévité des arbres
Un nouveau matériau pour piéger le dioxyde d'azote
Vivant
Vers une révolution dans la recherche de nouvelles molécules thérapeutiques ?
Pour la première fois, un robot a opéré un œil humain
Découverte d' une nouvelle interaction entre cellules immunitaires et cancéreuses
Un vaccin contre le pneumocoque prévient les otites chez les jeunes enfants
Beurre ou huile d'olive, un impact opposé sur la mortalité…
Une double thérapie pour booster la mobilité suite à un AVC
Comprendre la neuroinflammation pour mieux traiter les maladies du cerveau
Une nouvelle voie dans le traitement de la schizophrénie
Des nanoparticules pour une stimulation neuronale photothermique de précision
Un cancer du sein avancé guéri par immunothérapie
Edito
La musique doit enfin devenir une discipline scolaire à part entière



La musique est présente depuis la nuit des temps dans toutes les sociétés humaines et le plus ancien instrument connu date d’au moins 35000 ans ; il a été découvert dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne ; Il s’agit d’une flûte réalisée à partir d’un os de vautour soigneusement perforé. Sous l’Antiquité, le génial Pythagore développa sa célèbre théorie de « L’harmonie des sphères » et théorisa de manière remarquable les rapports conceptuels étroits entre nombres et musique ». Un siècle plus tard, Platon disait déjà que « Si la musique est la partie maîtresse de l’éducation, c’est parce que le rythme et l’harmonie sont particulièrement propres à pénétrer dans l’âme et à la toucher fortement ». Il est vrai que, chez les Grecs, la musique était non seulement considérée comme le plus beau des arts, mais également comme une science à part entière et comme un objet de philosophie inépuisable. Plus loin encore dans le temps, les brillantes civilisations de Mésopotamie et d’Egypte avaient, elles aussi, accordé à la musique un rôle central en matière culturelle, sociale et religieuse. Il faut par ailleurs rappeler que les plus anciennes partitions musicales connues datent d’au moins 3400 ans avant notre ère, et sont donc contemporaines de l’invention de l’écriture. Elles ont récemment été découvertes à Ougarit (Syrie) qui faisait à l'époque partie de la civilisation assyrienne.

Au-delà de ses différentes dimensions, esthétique, culturelle ou sacrée, les grands penseurs, de Platon à Nietzsche, en passant par Kant, avaient bien perçu que la musique, en tant que telle, nous révèle la beauté et l’harmonie du monde et pouvait être également un moyen irremplaçable de développement cognitif.

Depuis quelques décennies, l’essor extraordinaire des sciences cognitives est venu confirmer ces intuitions philosophiques et de nombreuses études ont montré que la musique modifiait, dès avant la naissance, à la fois la structure et le fonctionnement du cerveau humain. Selon une étude menée par Glenn Schellenberg de l'Université de Toronto au Canada et rendue publique en 2004, les enfants qui suivent des leçons de musique ont de meilleurs résultats à des tests d'intelligence. Pour son enquête, ce professeur de psychologie a sélectionné environ 150 enfants avant leur entrée en primaire. Ces enfants se sont vu répartis en quatre groupes, le premier recevait des leçons de clavier, le deuxième, de chant, le troisième, d’art dramatique et le quatrième ne bénéficiait d’aucun enseignement artistique.

Les résultats de cette étude ont été édifiants : les élèves qui ont suivi les cours de musique ont vu leur résultat au test de QI augmenter de 7 points, contre seulement 4 points en moyenne pour les autres groupes. Les enfants qui pratiquaient la musique avaient à la fois de meilleurs résultats scolaires et une meilleure capacité à communiquer et à coopérer avec leurs camarades.

Une autre étude, présentée en 2016, à l’occasion au Congrès annuel de la Société Américaine de Radiologie, a montré que la pratique régulière d’un instrument accélérait la création de nouvelles interconnexions entre les neurones, dans le cerveau des enfants. En outre, ces travaux ont montré que la musique pouvait également être bénéfique au développement des enfants souffrant de trouble du spectre autistisque (TSA) ou du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) (Voir EurekAlert).

Ces chercheurs ont suivi 23 enfants en bonne santé entre les âges de 5 et 6 ans. Tous les enfants étaient droitiers et n'avaient aucun antécédent de troubles sensoriels, perceptifs ou neurologiques. Aucun de ces enfants n'avait bénéficié d'une éducation artistique dans le passé. Les participants ont été soumis à une évaluation cérébrale par IRM du tenseur de diffusion, une technique de pointe qui permet d'identifier de micro changements de structure dans la substance blanche du cerveau. L'étude a montré qu’après neuf mois de formation musicale, on observait une augmentation significative de la substance blanche du corps calleux, un faisceau de fibres nerveuses qui relie les régions motrices droite et gauche du cerveau. On pouvait également constater une augmentation des axones dans différentes zones du cerveau, dont le cortex frontal.

Ces travaux confirment des recherches menées par des chercheurs de l'Université du Vermont, et publiés en décembre 2014, qui ont montré, en s’appuyant sur des images d’IRM, les bénéfices de la musique sur le cortex des enfants. Cette étude, portant sur 132 enfants âgés de 6 à 18 ans, a montré que la pratique d’un instrument de musique pouvait inverser le processus d’épaississement de certaines parties du cortex cérébral que l’on observait en période d'anxiété et de dépression, même chez les enfants en pleine santé. Ces travaux ont également montré que l’exercice musical pouvait favoriser le contrôle et la stabilisation des émotions.

En France, parmi les nombreuses études réalisées sur l’influence positive de la musique sur l’éducation des enfants, on peut citer par exemple celle réalisée en 2012 par l’Université de Bourgogne et le CNRS sur près de 500 élèves. Les chercheurs arrivaient à la conclusion que les élèves du CP ayant un programme musical continu obtiennent des notes plus élevées de 20 % en lecture, 25 % en maths et 75 % en exercice de mémorisation par rapport à la moyenne (Voir CRDP).

Enfin, il y a quelques semaines, des chercheurs de l'Université d'Amsterdam aux Pays-Bas ont publié une étude qui confirme pleinement l’effet très bénéfique de la pratique musicale sur les performances cognitives des enfants et leurs résultats scolaires. Cette étude, qui portait sur 147 enfants, a été réalisée dans certaines écoles-pilotes ou ont été introduits depuis deux ans des cours de musique (chant, danse, instruments) et d'arts visuels dans des écoles primaires, à raison d'une à deux heures par semaine (Voir Frontiers in Neuroscience).

Ces chercheurs ont examiné les résultats scolaires des élèves et évalué leurs capacités différentes cognitives (mémorisation, concentration, synthèse). L’étude a montré que les enfants pratiquant régulièrement le chant ou un instrument avaient de meilleurs résultats scolaires et avaient également augmenté leurs capacités de concentration et de sociabilité, par rapport au groupe-témoin. "Cela suggère que les compétences cognitives développées lors des leçons de musique puissent influencer des capacités cognitives dans des domaines complètement sans rapport, menant à l'amélioration des performances scolaires en général", explique le Docteur Jaschke, auteur de l'étude, qui se réjouit que le gouvernement des Pays-Bas ait décidé d’appliquer ce protocole d'éducation artistique dans toutes les écoles primaires hollandaises d'ici 2020.

Mais depuis quelques années, la musique se révèle aussi un instrument précieux pour réduire les troubles consécutifs à une lésion cérébrale. Selon de nombreux médecins et chercheurs, il semblerait que l'écoute de la musique favorise la récupération du langage chez les victimes d'accident vasculaire cérébral (AVC). « Les patients qui avaient perdu la fonction du langage sont capables de fredonner en entendant une mélodie connue », explique le Docteur Pierre Lemarquis. Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l'Université de Caen, souligne pour sa part que, de manière très surprenante, les patients atteints de la maladie d'Alzheimer qui suivent des ateliers de chant restent capables, même à un stade avancé de la maladie, d'apprendre de nouvelles chansons, alors qu'on pensait leurs capacités de mémorisation perdues. Pour cet éminent spécialiste, il est également probable que la pratique musicale soit en mesure de ralentir le déclin cognitif lié au vieillissement. Ce chercheur souligne en effet qu’il a été démontré que les musiciens assidus produisent davantage de neurones dans les aires cérébrales sollicitées et ont également un cortex plus épais au niveau de l'hippocampe, une région du cerveau qui joue un rôle-clé dans la mémorisation.

Emmanuel Bigand, Professeur de psychologie cognitive à l’Université de Bourgogne, travaille quant à lui depuis de nombreuses années sur les effets de la pratique musicale en matière d’apprentissage et d’éducation. Ce chercheur souligne également que le bébé est capable de mémoriser des œuvres musicales in utero et peut même les reconnaître un an après sa naissance. Selon lui, les effets bénéfiques de la musique chez les enfants ne font plus de doute et sont très importants : « La musique active tous les processus mentaux, dès le plus jeune âge, elle facilite l’acquisition du langage, l’apprentissage de la lecture, mais également la capacité de nouer des liens et de coopérer avec les autres enfants, ce qui en fait un outil précieux pour prévenir le retard scolaire », précise cet enseignant-scientifique.

En France, le projet pédagogique « Orchestre à l’école » déployé en Mayenne, a montré des retombées très positives pour les élèves, non seulement en améliorant leurs capacités cognitives, mais aussi en les rendant plus sociables et plus autonomes. En s’appuyant sur ces nombreuses expérimentations positives, Emmanuel Bigand plaide pour la généralisation de l’éducation musicale à l’école, dès la maternelle, « de façon stable et non ponctuelle, avec une vraie réflexion disciplinaire », précise-t-il.

Conscient de la nécessité de développer l’accès et initiation de tous les enfants à la pratique musicale, la ministre de la Culture a annoncé, avant les vacances, le renouvellement de l’opération Rentrée scolaire en musique pour 2018-2019. Elle a également rappelé l’existence de son Plan Chorale, qui prévoit l’installation d’un chœur dans chaque école à la rentrée 2019. Le Ministre de l’Education a pour sa part souligné qu’il n’y a aujourd'hui que 300.000 collégiens, sur 3,7 millions qui pratiquent le chant. Il souhaite multiplier ce chiffre au moins par trois pour tendre, dès cette année, vers le million.

On ne peut que se réjouir des décisions des pouvoirs publics mais il faudrait aller encore plus loin et permettre par exemple la généralisation des partenariats contractuels entre l’état, les collectivités locales, les établissements scolaires et  les établissements musicaux et culturels, de manière à ce que tous les enfants puissent assister régulièrement, dès la maternelle, à des concerts présentant les différents types de musique, que ce soit à l’intérieur de l’école ou « hors les murs ». Il faudrait également favoriser tout au long du parcours scolaire la pratique d’un instrument en mettant gratuitement à disposition de tous les enfants issus de familles modestes des instruments de musique. L’histoire de la musique, dans la mesure où elle revêt un caractère universel et une dimension anthropologique d’une richesse inépuisable, devrait devenir une matière à part entière, enseignée comme telle dès l’école primaire. Et pourquoi pas imaginer que tous les enfants entrant au collège se voient remettre un accès gratuit en ligne, complété par un support numérique, du type clé USB ou carte mémoire, permettant la découverte et l’écoute des grands chefs d’œuvre universellement reconnus des grandes traditions musicales : musique classique, opéra, mais également jazz, rock, chansons populaires, musiques orientales, musiques africaines, musiques asiatiques…

Ce n’est pas par hasard si les idéologies et régimes totalitaires, quelles que soient leurs inspirations, se sont toujours attaqués aux arts et à la musique, soit pour n’autoriser qu’un seule forme de musique, dite « officielle » et glorifiant le régime, comme sous le nazisme et le stalinisme, soit pour interdire et réprimer toute pratique, et même toute écoute musicale, comme cela est malheureusement le cas de certains courants de pensée obscurantistes actuels qui ne supportent pas la diversité d’expression artistique et culturelle, pourtant inscrite au cœur de l’aventure humaine.

Parce qu’elle éveille en nous ce qu’il y a de plus de subjectif, mais également de plus universel et parce qu’elle nous rend plus fraternels et plus humains, la musique doit être enfin reconnue comme savoir indispensable, au même titre que les mathématiques, les sciences ou les lettres, et comme discipline scolaire fondamentale, participant activement à l’épanouissement personnel, intellectuel et civique de nos enfants. Einstein, qui était un très bon musicien, disait que la pratique du violon et l’écoute de la musique, loin d’être des simples passe-temps, étaient pour lui aussi importantes que la réflexion scientifique et qu’il avait besoin de la musique pour nourrir sa prodigieuse imagination théorique. Cet immense scientifique et ce grand humaniste avait bien sûr raison et nous devrions nous inspirer de ses réflexions et de sa sagesse pour donner enfin à la musique dans notre éducation et notre société toute la place qu’elle mérite.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


Avenir
Nanotechnologies et Robotique
Des chercheurs du MIT créent des puces RFID avec des capteurs chimiques
Mercredi, 05/09/2018 - 04:53

Une équipe de chercheurs travaillant à l’Auto-ID Lab du MIT a conçu des puces RFID équipées de capteurs pouvant détecter les variations d’une substance chimique. Cette innovation permettrait d’ajouter de nouvelles fonctions aux nombreuses capacités de ces puces.

À l’heure actuelle, le RFID est très utilisé dans un dessein logistique chez les fabricants et les enseignes de distribution. Ces puces permettent de suivre la production et le transport d’un produit, jusqu’à sa mise en rayon. Quelques projets tendent également à les utiliser pour remplacer le code-barres et ainsi permettre d’avoir des caisses automatiques qui vont scanner les produits d’un panier ou d’un caddie.

Pour ce qui est d’ajouter le suivi d’une substance chimique, il s’agit là d’une puce RFID à Ultra Haute Fréquence (UHF) qui peut détecter des pics de glucose et ensuite transmettre cette information (sans-fil). Si pour l’instant les puces des chercheurs ne peuvent identifier que le glucose, dans un futur proche on pourrait très bien suivre la présence de produits chimiques dans l’environnement, comme du monoxyde de carbone par exemple.

Comme le précise Sai Nithin Reddy Kantareddy, co-auteur de l’étude, « Imaginez créer des milliers de ces capteurs d’étiquettes RFID bon marché que vous pouvez installer sur les murs d’une infrastructure ou sur les objets environnants pour détecter des gaz communs comme le monoxyde de carbone ou l’ammoniac, sans avoir besoin d’une batterie supplémentaire. Vous pourriez les déployer à peu de frais, sur un énorme réseau ».

En effet, de nombreuses infrastructures ont besoin de technologies parfois lourdes pour rester constamment en alerte. L’industrie pharmaceutique, la pétrochimie et bien d’autres pourraient installer de nombreuses puces un peu partout et ainsi réduire les coûts liés à la sécurité, tout en augmentant son efficacité. Ces puces pourraient même être reliées à des écrans qui retranscriraient automatiquement la présence (ou non) d’une substance. Cette même idée pourrait également se voir appliquée en ville pour informer les citoyens du niveau de pollution actuelle.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

IEEE

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Matière
Matière et Energie
Quand Dunkerque injecte de l’hydrogène dans son réseau de gaz
Mercredi, 05/09/2018 - 05:23

La valorisation des énergies renouvelables dans les réseaux de gaz existants représente un enjeu économique majeur pour accélérer la transition énergétique. Après deux ans d’études et deux ans d’attente d’autorisations, la petite ville de Cappelle-la-Grande, 8 000 habitants et membre de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD), vient d'inaugurer son « GRHYD » (Gestion des réseaux par l’injection d’hydrogène) et le premier démonstrateur « Power-to-gas » de France.

Le principe : récupérer l’énergie non consommée issue des énergies renouvelables pour la transformer en hydrogène sous forme solide. L’hydrogène est conservé puis injecté, à hauteur de 6 % à 20 % maximum, dans le réseau de gaz naturel. Un projet à 15 millions d’euros. La centaine d’habitants du tout nouveau quartier « Le Petit village » découvre depuis quelques jours ce gaz un peu plus propre utilisé pour le chauffage, la cuisine et l’eau chaude.

Trois containers installés à quelques centaines de mètres des habitations abritent les trois technologies testées : l’électrolyse, le stockage d’hydrogène et le poste d’injection. Ce mélange de gaz naturel et d’hydrogène, appelé Hythane, a d’abord été testé en laboratoire au Cetiat (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) de Villeurbanne. Les mesures récoltées pendant deux ans dans la banlieue dunkerquoise serviront à évaluer les avantages du Power-to-Gas en termes de fonctionnement technique des matériels, d’économie mais aussi d’acceptation sociétale.

Les Cappellois dotés de cette nouvelle innovation technologique capable de réduire les émissions de gaz à effet de serre ne devraient pas voir de différence avec le gaz de ville traditionnel. Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) de l’Hythane est légèrement plus faible du fait de la présence d’hydrogène mais ce facteur est compensé par le meilleur rendement des chaudières installées chez les habitants.

Comme l'explique Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie, "On peut utiliser des batteries pour le stockage mais cela reste cher. L’hydrogène est donc la meilleure façon de stocker l’énergie, indéfiniment, et sous forme solide ». La patronne d’Engie est convaincue que l’hydrogène renouvelable est le chaînon manquant dans la révolution énergétique.

Déjà engagée dans la transition industrielle, économique et sociale, la communauté urbaine de Dunkerque a accepté d’être un territoire pilote car son ambition est de devenir la première agglomération européenne à expérimenter des projets d’énergie renouvelables.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Le Monde

Stocker l’énergie solaire grâce au béton
Mercredi, 05/09/2018 - 05:17

Les solutions pour produire de l’énergie à partir de ressources renouvelables se développent : solaire, éolienne, biomasse, hydromotrice. Mais comment stocker cette énergie dès lors qu’elle est produite ? La question intéresse les industriels, notamment ceux du BTP, impliqués depuis plusieurs années dans une démarche écoresponsable. Des efforts de R&D ont ainsi permis des avancées considérables en ce qui concerne les isolants thermiques par exemple. Et s’ils savent désormais construire des bâtiments passifs, les acteurs de la filière se penchent aussi sur les possibilités de production et de stockage de l’énergie, à l’image du projet Voss d’Energiestro.

Voss (pour «volant de stockage solaire») permet de stocker l’énergie à l’aide d’un volant tournant autour d’un axe. En pratique, l’énergie produite par des panneaux photovoltaïques met en rotation une sorte de toupie assistée par des roulements à billes pour limiter les frottements.

L’innovation apportée par le concept d’Energiestro réside dans la nature des matériaux employés. Si d’ordinaire, les volants de stockage solaire exploitent des matériaux onéreux – la fibre de carbone par exemple –, ils sont ici remplacés par du béton, ce qui rend les Voss bien plus abordables et donc rentables. Le système Energiestro revendique une durée de vie quasi illimitée, contrairement aux batteries traditionnelles.

Le projet lancé en 2014 accumule les récompenses. Le concept vient ainsi de recevoir le soutien du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne. L’IUT de Roubaix, dans le Nord de la France, testera le système Energiestro en grandeur nature dès cette année, avec la mise en place d’un volant béton capable de stocker 10kWh.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Paperjam

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Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Le génome du chêne lève un voile sur la longévité des arbres
Mercredi, 05/09/2018 - 19:19

Un consortium national mené par l’Inra et le CEA a séquencé le génome du chêne pédonculé. Leurs travaux révèlent deux facettes de la longévité de cette espèce emblématique.

La première concerne la mise en place d’un arsenal de gènes de résistance particulièrement riche et diversifié, permettant aux arbres de faire face tout au long de leur vie à leurs grands prédateurs (champignons pathogènes, oomycètes, insectes, bactéries et virus). La seconde révèle la présence de mutations somatiques qui peuvent être transmises à la génération suivante, un résultat qui soulève des questions sur l’importance évolutive de ce moteur de diversité.

​Les arbres constituent une part importante de notre patrimoine naturel et culturel. Omniprésents dans nos paysages les plus communs, ils fournissent aussi aux sociétés humaines des services inestimables. Leurs longévité et résilience face à des variations environnementales hétérogènes ont contribué à leur attribuer des représentations symboliques dans toutes les sociétés humaines passées et actuelles. Ces représentations, allant du sacré, mystique jusqu’au domaine populaire, invoquent stabilité, résistance et permanence de la vie.

Des scientifiques de l’Inra et du CEA ont cherché à savoir si la longévité des arbres, dont les chênes sont emblématiques, reposait sur des bases génétiques. Ils ont commencé leur enquête en s’attaquant au génome du chêne pédonculé. Des technologies de séquençage à haut débit leur ont permis de séquencer et d’assembler les 750 millions de nucléotides de cette espèce largement répandue en Europe, dont la diversité génétique est dix fois plus importante que celle de l’Homme.

L’annotation de ce génome révèle qu’il contient 51 % d’éléments transposables (séquences d’ADN capables de se déplacer dans un génome) et 26 000 gènes dont 36 % sont organisés en groupes de gènes contigus, alors qu’en moyenne cette proportion n’est que de 15 % chez les plantes.

Les chercheurs ont montré que les gènes de résistance du chêne avaient particulièrement bénéficié de ces duplications en tandem. La comparaison des génomes d’espèces herbacées annuelles (Arabidopsis, soja, pomme de terre, pastèque…) et ligneuses pérennes (chêne, peuplier, eucalyptus, pêcher…) a mis en évidence que ce mécanisme d’expansion des gènes de résistance n’était pas spécifique au chêne mais partagée avec l’ensemble des arbres de l’étude.

Les arbres sont continuellement exposés à des bioagresseurs qui peuvent évoluer rapidement par rapport à ces organismes à longue durée de génération. Dans ces conditions, cette richesse en gènes du système immunitaire des plantes leur permettrait de faire face à un large éventail d’interactions biotiques avec les micro-organismes (notamment pathogènes) tout au long de leur existence.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CEA

Un nouveau matériau pour piéger le dioxyde d'azote
Mercredi, 05/09/2018 - 05:30

Des chercheurs de l'Université de Manchester (Grande Bretagne) ont découvert un nouveau matériau poreux, dit "metal-organic framework material" ou MOF ("matériau-cadre organométallique"), qui absorbe l'un des gaz à effet de serre, le dioxyde d'azote (NO2), et qui peut être recyclé (dégazé) un grand nombre de fois sans perdre un gramme de son efficacité.

Baptisé MFM-300, ce matériau pourrait permettre de piéger le NO2, l'une des molécules les plus polluantes de la famille NOx, rejetée par les transports et l'industrie : elle est responsable de l'acidification de l'atmosphère et de l'eau (pluie acide) et contributrice à l'effet de serre.

L'avantage décisif de ce MOF est qu'il permet de réaliser une capture "sélective réversible" du NO2 à des pressions et des températures ambiantes en présence d'humidité (eau), de dioxyde de soufre, de dioxyde de carbone. Et son faible coût de production et de dégazage le rend très attractif économiquement, même si pour l'heure c'est un résultat de laboratoire.

Les étonnantes propriétés de ce MOF tiennent à sa nature hybride mélangeant atomes métalliques chargés (ions) et molécules organiques (hydrogène, oxygène, carbone, azote, etc.) jouant le rôle de liants, telle une résine dans laquelle les ions métalliques prennent des positions précises et répétitives. Les MOF présentent ainsi un certain degré d'ordre qui confère à la structure une porosité déterminée.

Les micro-cavités de la structure possèdent une taille et une configuration électrique précises qui, dans le cas du NO2, attrapent proprement cette molécule sans agir sur les autres présentes dans l'air. Le dégazage se fait par chauffage du matériau (à 120°C). Selon les chercheurs, il est tout à fait envisageable d'obtenir des résultats similaires pour d'autres gaz à effet de serre, en particulier le CO2. Le défi est lancé. La dépollution de l'atmosphère sera peut-être l'une des armes du combat du futur.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Vers une révolution dans la recherche de nouvelles molécules thérapeutiques ?
Jeudi, 06/09/2018 - 06:39

BiocellVia développe et commercialise des tests de validation de l’efficacité des molécules cibles pour les futurs médicaments, lors de la phase préclinique (début du cycle de développement) pour l’industrie pharmaceutique. Ces tests apportent un nouveau process face aux méthodes conventionnelles, dites d’évaluation visuelle (scoring), qui souffrent d’un manque de précision et d’une variabilité importante des résultats d’un expérimentateur à l’autre.

Tout d’abord, on découvre une nouvelle molécule. Des études précliniques sur des tissus et des animaux sont effectués pour évaluer ses vertus. Des essais cliniques (sur l’homme) sont ensuite réalisés et, si la molécule se révèle utile pour soigner ou prévenir une maladie, un médicament est fabriqué puis arrive sur le marché pharmaceutique. Ce développement est très coûteux pour l’industrie pharmaceutique (près d’un milliard d’euros) et très long (plus de 10 ans en moyenne).

Jusqu’à présent, la méthode classique d’évaluation des molécules reposait sur une analyse visuelle réalisée par des “anapathes” (analystes en biologie). Elle fournissait des données qualitatives sur ces molécules. Mais ces résultats étaient le fruit d’une observation à l’œil, au travers d’un microscope, et les données obtenues variaient d’un scientifique à l’autre. Les résultats perdaient donc en efficacité et en fiabilité. Les laboratoires pouvaient passer à côté de molécules efficaces ou bien valider des molécules inefficaces et ce, du seul fait d’une mauvaise interprétation de l’œil humain.

En 2011, un père, Yvon Julé, et son fils, Olivier Julé, créent Biocellvia. Le premier était professeur de biologie à l’Université Saint-Charles à Marseille. Le second a suivi des études de commerce, avant de travailler dans la finance. “Tout au long de sa carrière, mon père a été témoin de nombreux échecs dans le processus de développement de médicaments, et malheureusement de nombreuses molécules inactives passent au stade clinique sur la base de données inadéquates. Il a alors compris dans les années 1990 l’intérêt et le potentiel immenses de l’imagerie numérique, notamment son application en phase préclinique pour mieux évaluer l’efficacité des molécules”.

La même année, la startup marseillaise Biocellvia et la Big Pharma allemande Boehringer Ingelheim co-écrivent un article qui leur assura une crédibilité et une reconnaissance de leurs pairs. Dans cet article, la jeune MedTech y expose une technologie de lecture numérique des molécules au stade préclinique, véritable innovation de rupture, qui élimine toute variabilité des résultats et apporte une précision optimale avec des données quantitatives.

Son programme foudroie le temps de décision des laboratoires et permet à ses clients de gagner des mois de développement. Lorsqu’une étude de 100 images est réalisée en 2 semaines à l’œil humain, leur logiciel exploite les informations en seulement 2 heures. L’objectivité de l’étude et la précision numérique au pixel permettent également un gain en fiabilité : “Nous avons décidé de créer ensemble Biocellvia pour développer l’analyse numérique d’images avec des programmes entièrement automatiques sans intervention humaine, qui fournissent des données quantitatives plus fiables et plus précises que celles obtenues par des méthodes traditionnelles et dans un temps beaucoup plus court”.

La start-up s’est récemment distinguée par sa collaboration avec l’Institut Gustave Roussy. Le premier centre anticancer de France l’a sollicitée pour certains cas d’analyses dans l’étude de la fibrose-pulmonaire par radiothérapie. Elle s’est également rendue début juin à Boston pour le plus grand rassemblement des industries biotechnologiques, le Salon “BIO International Convention”. L’occasion de présenter ses technologies et d’engager de nouveaux partenariats outre-Atlantique, étant déjà forte d’une clientèle à 70 % américaine.

Du côté français, l’entreprise travaille sur le développement de deux nouveaux tests. Un test contre la Nash, ou la maladie du soda (une maladie hépatique liée à une mauvaise alimentation), et l’autre sur l’oncologie du poumon.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Made In Marseille

Pour la première fois, un robot a opéré un œil humain
Jeudi, 06/09/2018 - 06:26

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’utilisation du robot à des fins chirurgicales : à l’hôpital John Radcliffe d’Oxford, douze patients ont été admis pour une opération bénigne de la rétine. Six d’entre eux ont été soignés par des robots chirurgiens.

Comme leurs homologues humains, ces robots, conçus par l’entreprise néerlandaise Preceyes, ont eu pour mission de retirer une membrane de la rétine (la membrane épirétinienne) afin d’améliorer la vue de leurs patients. Une opération extrêmement courante pour les ophtalmologues lorsqu’ils la réalisent "en direct". Cette fois-ci, les chirurgiens étaient placés devant un tableau de contrôle, d’où ils pilotaient un bras articulé à l’aide d’un joystick. En théorie, le dispositif permettrait des mouvements plus fluides que ceux d’un bras humain et réduirait donc le risque d’erreur ou de complication.

Le taux d’efficacité des robots a été sensiblement le même que celui des chirurgiens, certaines opérations étant même "plus efficacement réalisées" par les machines. Lesquelles ont même su s’adapter aux complications mineures survenues pendant l’opération, notamment en stoppant des hémorragies sous-rétiniennes chez trois patients via l’injection d’un produit coagulant.

Seule différence majeure entre l’homme et la machine : le temps requis pour opérer les patients. Il a ainsi fallu en moyenne 295 secondes aux bras robotiques pour mener à bien l’opération, quand les chirurgiens humains n’ont mis que 80 secondes pour réaliser la même intervention…

Reste que ce premier résultat officiel s’avère excellent, et donne aux auteurs de l’étude de grands espoirs quant à l’avenir de la chirurgie robotique : selon Robert MacLaren, l’un des responsables de l’étude, "nous serons bientôt capables de débloquer des vaisseaux sanguins ou d’injecter des choses dans le nerf optique", deux opérations trop précises pour l’être humain.

Car c’est là le véritable enjeu de cette intervention : prouver qu’il est possible d’utiliser la robotique pour effectuer des opérations chirurgicales jusqu’alors infaisables. L’une d’entre elles consisterait en une thérapie génique de la rétine, une technique qui a déjà rendu la vue à des personnes non-voyantes.

Le problème majeur de cette procédure réside dans la précision des opérations : même si les meilleurs chirurgiens parviennent à restreindre la vibration de leur instrument chirurgical à 0,1 millimètre, certaines parties de la rétine ne mesurent que 0,02 millimètre d’épaisseur. Le degré de précision nécessaire est alors inatteignable par l’homme.

À l’inverse, un bras robotique peut être programmé pour se déplacer de 0,01 millimètre à la fois, ce qui permettrait de généraliser de telles opérations. L’objectif, à terme : les réaliser de manière plus sûre, plus régulière et moins coûteuse.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Découverte d' une nouvelle interaction entre cellules immunitaires et cancéreuses
Jeudi, 06/09/2018 - 06:20

Une équipe de chercheurs de l'ULB et de l'ULg, sous la direction du professeur François Fuks (ULB) et du professeur Agnès Noël (ULg), a récemment abouti à une avancée intéressante dans la compréhension de l'interaction entre les cellules immunitaires et les cellules cancéreuses. Ces travaux renforcent l'idée qu'il serait intéressant de combiner immunothérapie et médicaments épigénétiques dans le traitement de certains cancers.

L'équipe ULB-ULg s'était a priori concentrée sur les cancers du sein, dont certaines formes restent actuellement très difficiles à traiter. Mais le mécanisme mis au jour, impliquant cellules immunitaires et enzymes jouant un rôle clé dans le développement des tumeurs, est également valable pour "plus d'une dizaine de cancers supplémentaires, tels que les cancers des ovaires, des poumons, de la thyroïde, ou encore le mélanome", communique l'ULB.

"Comme on le sait déjà, le système immunitaire est une arme à double tranchant, qui peut être détournée par les cellules cancéreuses pour proliférer", explique François Fuks, Directeur du Centre de Recherche sur le Cancer et du Laboratoire d'Epigénétique du Cancer à l'ULB. Or, son équipe a démontré qu'il y a une corrélation entre l'expression d'une protéine particulière, l'enzyme Tet1, et l'infiltration immunitaire dans les cellules cancéreuses.

En présence de certaines cellules immunitaires dans la tumeur, l'enzyme Tet1 se voit dérégulée. Son expression est diminuée et cette évolution affecte, dans les cas étudiés, le pronostic de survie des patientes. L'explication de ce nouveau lien entre immunité et cancer permet de renforcer une piste déjà évoquée : celle "d'améliorer l'immunothérapie en jouant sur l'épigénétique", c'est-à-dire l'activité des gènes en dehors de toute modification de la séquence d'ADN. Spécificité de cette activité épigénétique : ces altérations sont réversibles.

"Nous pouvons tenter de rétablir l'expression de Tet1, avec des traitements épigénétiques", suggère concrètement François Fuks. En combinaison avec l'immunothérapie, cette piste semble particulièrement intéressante "pour certains sous-groupes de cancers du sein, dont les plus agressifs", dans lesquels le mécanisme d'interaction entre immunitaire et expression de l'enzyme a été clairement observé, précise-t-il.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Le Vif

Un vaccin contre le pneumocoque prévient les otites chez les jeunes enfants
Jeudi, 06/09/2018 - 06:14

On estime qu'un enfant de moins de deux ans sur trois aura au moins une otite. 90 % des otites sont causées par des virus, mais les otites aiguës sont, dans 100 % des cas dues à une infection bactérienne. Dans 40 % des cas, un pneumocoque est à l’origine de la maladie. Des vaccins protègent les enfants de l’otite à pneumocoque comme le vaccin conjugué heptavalent, appelé PCV7. Depuis quelques années, le PCV13 l’a remplacé et des chercheurs américains ont démontré l’efficacité de ce nouveau vaccin.

Les chercheurs ont étudié les cas de 348 enfants âgées de 30 mois au maximum. Une partie d’entre eux a reçu toutes les injections de PCV13, l’autre a reçu uniquement le PCV7. La différence entre ces deux vaccins est le nombre de sérotypes qu’ils contiennent. Les sérotypes sont des catégories de virus ou de bactérie : le PCV13 en contient six de plus que le PCV7.

Après 3 ans de recherche, les chercheurs américains ont constaté que le PCV13 était plus efficace que le PCV7 pour tous les types de virus testés. Pour le sérotype 19A, ce vaccin est même 91 % plus efficace. Selon les scientifiques, il permet donc de prévenir les otites causées par le pneumocoque. En France, chaque année, entre 5000 et 6000 cas d’infections par pneumocoques sont comptabilisés.

Depuis 2006, le PCV7 fait partie du calendrier vaccinal pour tous les enfants de moins de deux ans. Il a été remplacé par le PCV13, commercialisé sous le nom Prévenar 13. Il fait partie des 11 vaccins désormais obligatoires après la mise à jour de janvier dernier.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

The Lancet

Beurre ou huile d'olive, un impact opposé sur la mortalité…
Mercredi, 05/09/2018 - 19:38

Selon une étude américaine, un régime alimentaire riche en acides gras monoinsaturés végétaux diminue les risques de mortalité et de maladies cardiovasculaires, notamment quand ces lipides remplacent les acides gras saturés et trans, et les glucides raffinés.

« Notre étude est la première grande étude prospective avec un suivi de plus de vingt ans, sur plus de 90 000 participants et avec plus de 20 000 décès, qui s'intéresse aux acides gras monoinsaturés provenant de sources animale et végétale » a rappelé la chercheuse Marta Guasch-Ferré de la Harvard School of Medicine (Boston, Etats-Unis).

Cette étude, qui a inclus plus de 63 000 femmes et presque 30 000 hommes, avec un suivi moyen de 22 ans, montre, en outre, que tous les acides gras monoinsaturés ne se valent pas. En effet, qu'une alimentation riche en acides gras monoinsaturés d'origine végétale est associée à une diminution de 16 % du risque de mortalité de toutes causes. Alors qu’une prise alimentaire qui fait la part belle aux acides gras monoinsaturés d'origine animale est associée à une augmentation du risque de mortalité toutes causes de 21 %.

Si on considère généralement que les acides gras monoinsaturés (AGM) améliorent le profil lipidique et réduisent les facteurs de risque CV, notamment l'hypertension et l'obésité, en particulier si on les compare aux acides gras saturés ou trans, les preuves prospectives de cette association sont limitées et pas concluantes. « Cela tient au fait que les acides gras monoinsaturés de notre alimentation viennent à la fois de sources variées, animales et végétales, ce qui peut brouiller les interprétations qui portent sur l’ensemble des AGM » considère Marta Guasch-Ferré.

Pour y voir plus clair, la chercheuse et ses collègues se sont penchés sur les données de la Nurses' Health Study, soit 63 412 femmes suivies entre 1990 et 2012, et celles de la Health Professionals Follow-up Study qui a, elle, inclus 29 966 hommes entre 1990 et 2010.

Les quantités d'acides gras monoinsaturés consommées par les participants ont été calculées grâce à des questionnaires collectés tous les quatre ans et une base de données sur la composition des aliments. Les changements au cours du temps ont pu être évalués.

Les principales sources d'acides gras monoinsaturés d'origine végétale étaient : l'huile d'olive, la vinaigrette « italienne » (huile d'olive + vinaigre balsamique), les cacahouètes, le beurre de cacahouète, et autres fruits à coque. Les principales sources d'acides gras monoinsaturés d'origine animale étaient : la viande de bœuf, le cheddar, le beurre, les sauces comprenant de la viande (comme la sauce bolognaise), et la viande de porc.

En tout, au cours de l’étude, 20 672 décès sont survenus, dont 4599 de cause CV. Les chercheurs ont pris le soin d'ajuster leurs résultats sur différents paramètres démographiques, de mode de vie et de régime alimentaire (âge, origine ethnique, consommation de tabac, et / ou d'alcool, antécédents familiaux, ménopause, activité physique, consommation d'aspirine, prise de vitamines, hypertension, hypercholestérolémie, indice de masse corporelle, prise calorique totale, consommation de fruits et légumes).

Après ajustements, ils ont trouvé qu'une prise alimentaire riche en acides gras monoinsaturés d'origine végétale est associée à une réduction de la mortalité, alors qu'une consommation qui fait la part belle aux AG monoinsaturés d'origine animale est associée à un risque plus important de décès.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science Daily

Une double thérapie pour booster la mobilité suite à un AVC
Mercredi, 05/09/2018 - 15:55

Après un AVC, les paralysies d’un membre comptent parmi les séquelles les plus fréquentes. Mais, grâce à l’association de deux méthodes - l’interface cerveau-machine (BCI) et la stimulation électrique fonctionnelle (FES) - des patients ont pu récupérer davantage de mobilité. C’est le résultat d’une étude menée par des chercheurs de la Chaire Fondation Defitech en interface de cerveau-machine de l’EPFL, en collaboration avec d’autres membres du Centre de Neuroprothèses de l’EPFL, des collaborateurs de la Clinique Romande de Réadaptation à Sion et les Hôpitaux Universitaires de Genève.

"La clé de cette réussite, c’est de stimuler les nerfs du bras paralysé uniquement au moment où la partie affectée du cerveau est également sollicitée pour effectuer le mouvement, même si le patient ne peux pas l’exécuter concrètement", explique José Millán, directeur de la chaire Defitech. "Il s’agit ainsi de refaire le lien entre ces deux voies nerveuses naturelles d’entrée et de sortie du signal".

Vingt-sept patients, âgés de 36 à 76 ans, ont participé à l’étude clinique. Tous présentaient une lésion similaire, soit une paralysie du bras modérée à sévère, apparue suite à une attaque ayant eu lieu au minimum 10 mois auparavant. La moitié d’entre eux a reporté des améliorations cliniquement importantes dans la mobilité du bras paralysé suite à un traitement utilisant simultanément les deux techniques - BCI et FES - tandis que l’autre n’était traitée qu’avec la stimulation électrique, servant ainsi de groupe « témoin ».

Pour le premier groupe, un dispositif BCI - par lequel le cerveau est directement relié à un ordinateur par des électrodes - a été utilisé afin de détecter avec précision, au sein même des tissus neuronaux, l’activité électrique correspondant aux tentatives du patient d’étendre la main. A chaque fois que celle-ci était repérée, une stimulation était dans le même temps envoyée au muscle du bras commandant l’extension du poignet et des doigts. Les participants du deuxième groupe avaient les mêmes instructions, mais les stimulations étaient envoyées au hasard. Ce modèle d'étude clinique a permis aux chercheurs d'identifier la contribution exacte de la BCI à la récupération motrice.

Après seulement dix séances d’une heure, les chercheurs ont constaté une amélioration significative de la mobilité chez les patients du premier groupe. Au terme du traitement, certains d’entre eux avaient gagné plus du double des points obtenus par ceux du deuxième groupe au Fugl-Meyer Assessment (FMA), un test précisément destiné à mesurer les progrès de récupération des facultés motrices chez les personnes devenues hémiplégiques suite à une attaque.

« Chez ceux bénéficiant de la BCI, nous avons constaté que les tissus neuronaux entourant la zone affectée étaient bien plus actifs et qu’ils pouvaient, grâce à leur plasticité, suppléer en partie aux fonctions des tissus endommagés », relève le chercheur. Les analyses électro-encéphalographiques (EEG) ont clairement fait état d’une augmentation des connexions entre les régions corticales motrices de l’hémisphère affecté, qui correspondait à l’amélioration de l’aisance ressentie par le patient dans ses mouvements. De plus, ce gain de fonctionnalité a prouvé sa persistance dans le temps. Revus entre six et douze mois après le traitement initial, les patients n’avaient rien perdu de leur gain de mobilité.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

EPFL

Comprendre la neuroinflammation pour mieux traiter les maladies du cerveau
Mercredi, 05/09/2018 - 15:47

Plusieurs travaux récents ont montré que la neuroinflammation joue un rôle dans le développement et l’évolution de plusieurs maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer et le Parkinson. Cette fois, une étude réalisée conjointement par Pfizer et la société canadienne Imeka, et présentée à l'occasion de la rencontre annuelle de l’International Society for Magnetic Resonance in Medecine de Paris, a montré qu'il était possible de mesurer le degré de neuroinflammation en évaluant la quantité d’eau libre dans la matière blanche du cerveau, qui est presque nulle en temps normal.

Dans le cadre du projet de recherche dirigé par Matthieu Dumont, scientifique des données chez Imeka, l’entreprise sherbrookoise a quantifié l’eau libre dans les images provenant d’IRM de diffusion de 212 personnes âgées classées dans trois groupes. Dans le premier groupe, il n’y avait aucune perte de cognition. Dans la seconde, il y avait une perte modérée de cognition. Et finalement dans le troisième, il y avait la présence de la maladie d’Alzheimer.

L’imagerie par résonance magnétique permet à Imeka de mesurer la quantité d’eau libre dans la matière blanche du cerveau. Les résultats ont démontré que la quantité d’eau libre dans la matière blanche est la plus élevée chez les personnes souffrant d’Alzheimer, suivies de celles qui souffrent de perte modérée de cognition et enfin celles qui n’ont aucune perte de cognition.

« Ces résultats sont très prometteurs, car ils démontrent le potentiel de la technologie d’Imeka pour quantifier la neuroinflammation. Notre technologie pourra être utilisée à l’avenir pour aider au diagnostic et au développement de traitements pour une grande variété de maladies neurodégénératives », soutient Maxime Descoteaux, directeur scientifique chez Imeka et professeur-chercheur au département d’informatique à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche du CHUS.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

La Tribune

Une nouvelle voie dans le traitement de la schizophrénie
Mercredi, 05/09/2018 - 05:12

L’inflammation est une réaction normale de l’organisme face à une agression physique, biologique ou psychique. Mais dans certaines circonstances pathologiques, cette inflammation peut devenir chronique. Cette inflammation périphérique chronique a été associée de façon répétée au risque de déclenchement et d’entretien de troubles psychiatriques majeurs, comme la schizophrénie.

L'équipe du Docteur Guillaume Fond (Hôpital Sainte Marguerite de Marseille) a voulu savoir si l’inflammation de bas grade pouvait influencer la réponse au traitement antipsychotique chez les patients avec schizophrénie.

Cette étude a porté sur 609 patients consultant dans les centres experts en schizophrénie, âgés en moyenne de 32 ans. Environ un patient sur dix était identifié comme « ultra-résistant », c’est-à-dire qu’il présentait encore des symptômes significatifs de schizophrénie malgré un traitement par clozapine, considéré comme le traitement antipsychotique le plus efficace.

L’inflammation périphérique était mesurée par une protéine sanguine, la C-reactive protéine ultrasensible, utilisée en pratique courante. Ces travaux ont pu montrer une nette corrélation entre la résistance au traitement et le niveau d’inflammation périphérique de bas grade et la durée de la maladie, indépendamment de facteurs confondants comme l’âge, le sexe, le tabagisme et le surpoids.

Cette étude ouvre une nouvelle voie dans le traitement de la schizophrénie, par l’ajout au traitement de molécules ayant des propriétés anti-inflammatoires chez les patients présentant une résistance au traitement antipsychotique.

 Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

NCBI

Des nanoparticules pour une stimulation neuronale photothermique de précision
Mercredi, 05/09/2018 - 05:05

Une équipe du Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) a mis au point un outil d'impression à jet d'encre composée de nanoparticules thermo-plasmoniques pour obtenir un modèle personnalisé de stimulation neuronale nano-photothermique.

Cet outil va pouvoir servir de base à la thérapie de neuromodulation de précision pour les patients souffrant de troubles neurologiques. Cette technologie est facilement applicable à des dispositifs de traitement implantables et portables. Il permet d'appliquer aux zones cérébrales souhaitées une thérapie de neuromodulation photothermique ciblée et personnalisée.

La stimulation neuronale nano-photothermique utilise l'effet thermo-plasmonique des nanoparticules métalliques pour moduler les activités des réseaux neuronaux. Avec l'effet thermo-plasmonique, les nanoparticules métalliques peuvent absorber la longueur d'onde spécifique de la lumière pour générer efficacement une chaleur localisée.

La stimulation photothermique permet ainsi d’inhiber de manière hyperciblée l’activité de neurones localisés. La technologie permet donc de contrôler les comportements hyperactifs des neurones et des circuits neuronaux, caractéristiques de certains troubles neurologiques, dont l'épilepsie.

L’équipe confirme à ce stade in vitro que ses modèles de chaleur imprimés peuvent inhiber sélectivement et instantanément sous l’effet de la lumière proche de l’infrarouge, l’activité de neurones de l'hippocampe cultivés en laboratoire.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

ACSNano

Un cancer du sein avancé guéri par immunothérapie
Mercredi, 05/09/2018 - 04:59

Des chercheurs américains sont parvenus a soigner avec succès une femme atteinte d'un cancer du sein à un stade avancé, contre lequel la chimiothérapie était impuissante, grâce à un traitement expérimental ayant stimulé son système immunitaire.

Bénéficiant d'une première mondiale, la patiente est considérée comme rétablie depuis deux ans, a indiqué l'équipe de chercheurs qui a travaillé sur son cas à l'Institut national du cancer à Bethesda et à l'Université de Richmond (États-Unis). Son état de santé était critique, avec un cancer métastasé qui avait atteint d'autres organes, dont le foie. Au sujet de cette femme, l'étude publiée dans la revue Nature Medicine précise seulement qu'elle avait 49 ans quand a commencé à être testée sur elle cette "nouvelle approche en immunothérapie".

L'immunothérapie, traitement qui stimule les défenses immunitaires, a déjà fait ses preuves chez certains patients dans les cancers du poumon, du col de l'utérus, du sang (leucémies), de la peau (mélanome) et de la prostate. Dans ceux des ovaires, des intestins et du sein, les découvertes restent à faire.

La méthode décrite a consisté à prélever des lymphocytes (cellules du système immunitaire) sur la patiente, à les manipuler et à les réimplanter. Pris sur une tumeur, ils ont été triés pour voir lesquels reconnaissaient les cellules cancéreuses. Ils ont été réactivés pour s'attaquer à ces cellules. En parallèle, les chercheurs ont utilisé un inhibiteur des points de contrôle de l'immunité (check point), pour débloquer la contre-attaque du système immunitaire.

Les chercheurs ont ainsi fabriqué une thérapie anticancéreuse hautement personnalisée qui a permis une régression totale de la tumeur. La réaction au traitement a été "sans précédent" dans un cas aussi grave, a commenté un autre chercheur en oncologie, Laszlo Radvanyi, de l'Institut ontarien de recherche sur le cancer à Toronto (Canada). "Nous sommes aujourd'hui à l'aube d'une vaste révolution, qui va nous faire enfin atteindre le but de cibler la pléthore des mutations qu'implique le cancer grâce à l'immunothérapie", souligne-t-il.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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