RTFlash

RTFlash a besoin de vous pour continuer à exister !

Propulsé par HelloAsso

RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 272
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 09 Janvier 2004
Recommander  |  Désinscription  |  Lire en ligne
Egalement dans ce numéro
TIC
Le commerce électronique interentreprises décolle
Le numérique débarque dans les cinémas
Les fabricants de PC parient sur l'électronique grand public
Espace
Le robot américain Spirit transmet des images de Mars d'une qualité extraordinaire
Des zones éventuelles de vie extra-terrestre isolées sur la voie lactée
Des milliers de particules de comète collectées par la sonde Stardust
Vivant
Cancer du sein : les progrès de l'imagerie pourrait détrôner la biopsie
Corticostéroïdes et interféron seraient efficaces pour traiter le SRAS
Diabète : un traitement chirurgical chez le rat ouvre des perspectives
Un nouveau mécanisme d'action du VIH élucidé
Une nouvelle classe de médicaments contre le cancer
Des nanoballes contre le cancer
Contre le cancer colorectal, des fibres et... de la vitamine D
L'ail, un allié contre le cancer
Le virus du rhume contre le cancer de la peau
Le secret de jouvence des cellules souches
Le cerveau, machine à produire une "mémoire du futur"
Les signaux du cerveau qui commandent la motricité ont été décodés
Détecter la maladie d'Alzheimer avant qu'elle n?apparaisse !
Recherche
Les avions du futur auront des ailes élastiques
Edito
La valeur ajoutée numérique se déplace des ordinateurs vers les réseaux



En 1978, Intel lançait le premier microprocesseur 16 bits, le 8086, cadencé à 4,77 MHz. En 2003, les processeurs Intel Pentium IV présents dans nos machines tournent à 3 GHz, c'est à dire 630 fois plus rapidement qu'en 1978. A la même époque les disques durs de nos ordinateurs avaient une capacité de seulement 26 Mo. Aujourd'hui on trouve dans le commerce des machines avec des disques durs de 200 Go. La capacité des disques durs a donc été multipliée par 769 en 25 ans. On peut donc observer que les microprocesseurs et les mémoires informatiques de masse ont progressé selon le même ordre de grandeur en terme de puissance et de capacité. Mais lorsque l'on regarde à présent l'augmentation du débit en matière de transmission de données numériques sur les réseaux grand public, on constate qu'entre le minitel, lancé en 1978 avec un débit de 12,75 Kbits en voie "descendante" et l'internet haut débit de base en 2003 (1024 Kbits/ seconde) le débit n'a été multiplié que par 80 en 25 ans. Il y a presque un ordre de grandeur d'écart entre cette augmentation du débit des réseaux numériques et la progression des performances de nos ordinateurs. Le particulier se retrouve donc en France dans une situation paradoxale : il peut disposer pour moins de 1000 euros d'un PC surpuissant (équipé d'un énorme disque dur) mais il doit se contenter (hors offres de TV sur ADSL), pour échanger ses données numériques par le Net, d'un débit d'un mégabit/seconde (dans le meilleur des cas). Pourtant au Japon l'ADSL de base pour le particulier propose déjà 12 Mb/s (et dans certains cas 24 Mbits) pour seulement 30 euros par mois! Il repose sur la technologie ADSL Plus Q (pour quad-spectrum, qui quadruple la bande de fréquence utilisée pour le service à 12 Mb/s). L'opérateur télécom et FAI japonais KDDI a, lui, lancé une nouvelle gamme de services internet, utilisant la connexion à très haut débit en fibre optique (FTTH, Fiber to the home). Dénommée KDDI Hikari Plus (Hikari signifie lumière en japonais), elle est destinée aux immeubles d'habitations et propose trois services pour un prix très attractif : connexion à très haut débit (100 Mb/s), téléphonie IP et télévision numérique. L'abonnement aux trois services ne coûtera que 53,82 euros par mois, location du routeur compris. Il est frappant de constater que dés aujourd'hui le foyer japonais moyen peut, dans la plupart des cas disposer de l'internet à un débit 24 fois supérieur à celui du haut débit proposé à la plupart des foyers français desservis (1 Mb/s) et cela pour le même prix (environ 30 euros par mois). Avec de tels débits, l'internet nippon est en mesure de véhiculer sans problèmes plusieurs programmes de télévision en haute définition et ouvre la voie vers la télévision à la carte. En France, nous sommes encore loin de pouvoir proposer de tels débits aux particuliers mais cela n'a pas empêché la télévision par ADSL de faire ses premiers pas, il y a quelques jours, dans quelques grandes villes avec les offres de Free et France Télécom. France Télécom propose MaLigne TV pour 16 euros par mois. Ce prix comprend le décodeur des programmes TV et le modem mais pas l'accès aux programmes. TPS L, qui fournit six chaînes cinéma et les chaînes nationales, est proposé à 21 euros. Enfin, MaLigne TV est complétée par une série de programmes à la carte (cinéma et autre) facturés entre 0,5 et 7 euros l'émission. En dédiant un canal propre au flux audiovisuel, France Télécom entend assurer la qualité de la diffusion tout en sécurisant les contenus sur trois niveau : le cryptage des programmes avec le système Viaccess, identification du décodeur et, enfin, identification de la ligne téléphonique. Un niveau de sécurité qui a fini par convaincre les majors du cinéma américain comme Warner, MGM, ou Disney. D'autre part, MaLigne TV propose de la vidéo à la demande. Principal point fort de ma "MaLigne TV", elle est totalement indépendante de l'accès Internet. Beaucoup plus économique, l'offre de Free n'est pas comparable à celle de France Télécom. D'abord, le "freenaute" doit passer par Internet (et donc posséder un ordinateur) pour effectuer sa sélection de chaînes payantes. L'offre de TV sur ADSL de Free est incluse (pour la vingtaine de chaînes gratuites) dans le forfait ADSL de 29,99 euros par mois. A ce tarif, et à condition de bénéficier d'une freebox (réservée aux abonnés situés sur le réseau dégroupé du FAI), on regarde la télévision (une centaine de chaînes prévues à terme), on navigue sur Internet (à 2 Mbits/s, voire 5,5 Mbits/s dans les faits) et on téléphone gratuitement en France (vers les numéro fixes). On est donc loin des 16 euros d'accès à MaLigne TV, plus 21 euros pour les programmes TPS L, soit 37 euros auxquels il faut ajouter l'abonnement Internet pour ceux qui souhaitent profiter du Réseau mondial. Mais en distribuant le signal audiovisuel sur le canal "Internet", Free ne peut garantir la même qualité de service que France Télécom avec "MaLigne TV". Et pourtant, Free table sur un objectif d'un million d'abonnés fin 2005. Après le service de Free lancé le 1er décembre, celui de France Télécom aujourd'hui et bientôt ceux de LDCom et Cegetel, l'année 2004 marquera bien le véritable départ de la télévision sur l'ADSL. Impensable il y a encore quelques années, ce service innovant pourrait réussir là où le câble peine à s'imposer. Notamment dans l'offre de la télévision à la demande qui n'est rien d'autre qu'une forme de vidéo club à domicile. En cas de succès, l'arrivée de la télévision sur la ligne téléphonique pourrait bien porter le coup de grâce aux câblo-opérateurs si ceux-ci ne réagissent pas comme le font ceux du Japon actuellement en proposant des débits bien plus élevés que l'ADSL, et pour le même prix ! Personne ne peut dire aujourd'hui quel sera le succès auprès du grand public des différentes offres de TV par ADSL. Cela dépendra de la richesse des programmes proposés, de la fiabilité technique des services offerts et des modes accès alternatifs pour les foyers qui ne disposent pas d'un ordinateur. Mais le véritable défi de la décennie à venir va consister à multiplier par 100 le débit accès à l'internet pour les foyers. Seuls des débits de l'ordre de 100 Mbits/seconde pourront en effet permettre d'exploiter pleinement toute la puissance et la capacité de stockage (100 GHz et 1000 Go dans 10 ans, soit l'équivalent de 200 DVD) de nos ordinateurs domestiques en 2010, notamment pour les applications vidéo (jeux en ligne, simulation en réalité virtuelle et vidéo haute définition à la demande). Quelles que soient les améliorations techniques, on imagine mal l'ADSL sur paire de cuivre véhiculer de tels débits. L'internet très haut débit à plus de 100 Mbits/ seconde devra donc utiliser massivement la fibre optique combinée au Wi Fi large bande. Dans une telle perspective, on voit bien que la valeur ajoutée de l'économie numérique va se déplacer des ordinateurs, consoles et terminaux multimédia vers les applications, programmes et services personnalisés "à la carte" qui seront proposés et véhiculés par l'internet de prochaine génération.

René TRÉGOUËT

Sénateur du Rhône


TIC
Information et Communication
Le commerce électronique interentreprises décolle
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Internet devient un vecteur d'achat de premier plan pour les entreprises françaises. En 2002, elles ont été près de la moitié à y passer des commandes. En revanche, l'offre demeure insuffisante : seules 9 % d'entre elles vendent en ligne. «Les achats des entreprises industrielles sur l'internet sont en plein essor: 45% des entreprises de 20 salariés et plus déclarent avoir franchi le pas en 2002, contre 25 % en 2001 et 15 % en 1999», observe le Service des études et des statistiques industrielles (Sessi) du ministère de l'Économie et des Finances. Lorsqu'elles possèdent une connexion haut débit, les entreprises sont encore plus nombreuses à acheter via le Net. Ces données sont extraites d'une enquête menée de septembre à décembre 2002, au cours de laquelle le Sessi a interrogé 22.000 entreprises françaises de 20 salariés et plus appartenant à différents secteurs, à l'exception de l'agroalimentaire. «Pour les entreprises, choisir les fournisseurs sur la Toile est une source d'économies et de gain en temps», poursuit le Sessi. Les grandes entreprises sont les premières à avoir recours au net pour leurs achats. 78 % des entreprises de 500 salariés et plus déclarent ainsi acheter en ligne en 2002, contre 50 % en 2001. Les PMI sont plus en retrait. 63% des entreprises de 250 à 499 salariés achètent en ligne. Elles sont 43 % pour les PMI de 20 à 249 salariés. Les produits informatiques en première ligne

Les entreprises les plus enclines à acheter par internet appartiennent aux secteurs de l'énergie et des biens de consommation, ainsi qu'à celui de l'automobile. Concernant la nature des produits, 69 % des entreprises se sont procuré des logiciels ou des produits bureautiques. Les achats de fournitures sont presque aussi répandus (68 %). En revanche, les achats de matières premières ou de matériels spécifiques à la production de l'entreprise sont moins fréquents (55 %).

Lettre du Sessi :

http://www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4P185.pdf

Le numérique débarque dans les cinémas
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Grâce à des investissements dans les salles de cinéma dotées de projecteurs numériques, des pays comme l'Inde, la Chine, la Grande-Bretagne ou la Suède pourraient prendre une longueur d'avance sur les Etats-Unis et héberger les futures capitales mondiales du septième art. En Grande-Bretagne, le nombre de salles équipées d'un projecteur numérique devrait doubler lors des douze prochains mois pour atteindre 400, estime Screen Digest, un cabinet d'études britannique spécialisé dans les médias. "L'image numérique est plus lumineuse, plus fine, les couleurs sont plus vives et l'image est un peu plus stable", explique Patrick von Sychowski, analyste chez Screen Digest. Comme toujours, cette révolution ne se fait pas sans heurts. Les coûts d'installation pour les cinémas sont élevés et les principaux studios s'abstiennent de produire des films en format numérique tant que les normes ne sont pas fixées et les systèmes de protection contre le piratage plus efficaces. Mais les exploitants, impatients de montrer au public leur nouvelle acquisition, n'attendent pas Hollywood. Plusieurs chaînes de cinéma européennes ont ainsi commencé à projeter des concerts en numérique ou des documentaires de réalisateurs indépendants. "Nous pensons que cette nouvelle technologie va permettre à un grand nombre de petits réalisateurs de toucher une plus large audience. Les films qui ne réussissent pas dans le modèle de distribution du 35 millimètres auront une nouvelle chance", explique Steve Perrin, directeur adjoint de la distribution au UK Film Council, l'équivalent britannique du Centre national de la cinématographie (CNC). Le UK Film Council s'est engagé à hauteur de 20 millions de livres sterling (28,5 millions d'euros) pour équiper 250 salles en Grande-Bretagne d'ici à 2005. Depuis le milieu des années 1990, des réalisateurs comme George Lucas ou Steven Soderbergh se sont faits les champions du cinéma numérique, qu'ils voient comme une victoire technologique sans équivalent depuis l'invention du film en celluloïde, au XIXe siècle. Enregistré sous forme de fichier informatique, le film numérique ne se dégrade pas avec le temps. Il peut être envoyé aux cinémas par satellite, disque de grande capacité ou fibre optique, ce qui permet de sortir plus facilement les films simultanément partout dans le monde. Dans les cinémas, les films numériques sont stockés sur des ordinateurs serveurs reliés à un projecteur numérique. Ces projecteurs sont équipés d'une puce capable d'afficher 35.000 milliards de nuances de couleurs qui nettoie l'image. Depuis les frères Lumière et D.W. Griffiths, il y a une centaine d'année, les réalisateurs devaient s'accommoder des poussières et cheveux sur la pellicule, ainsi que des sauts dans la bande son. Le cinéma numérique va les débarrasser de ces tracas, avec une image nette et un son numérique "surround". C'est en Inde, pays de Bollywood, que l'on trouve l'un des programmes d'investissement les plus ambitieux. Mukta Adlabs Digital Exhibition et Global Digital Creations Holdings, une société de Hong Kong, se sont alliés cette année pour équiper une moyenne de 20 cinémas par mois. Pour le spectateur, le plus grand avantage du numérique ne sera peut-être pas visible sur l'écran lui-même, estime Peter Wester, chef de projet chez Folkets Husoch Parker, une chaîne de cinémas suédoise. Avec le numérique, un cinéma peut télécharger un film sur le disque dur d'un ordinateur et le projeter aussi longtemps que les spectateurs le souhaitent. Selon Wester, ces cinémas ne seraient ainsi plus liés aux calendriers de distribution des grands studios. "La hausse moyenne de chiffre d'affaires pour nous est de l'ordre de 25% au bout d'un an", ajoute-t-il. Dans le modèle de distribution traditionnel, un cinéma peut avoir à payer des milliers de dollars pour obtenir un film à succès le jour de sa sortie ou la semaine suivante. Les exploitants n'ont alors plus le choix : ils doivent le diffuser le plus souvent possible afin de le rentabiliser avant de renvoyer les bobines au distributeur. Parce qu'ils peuvent être facilement copiés, les films numériques peuvent être reproduits, expédiés et stockés pour moins de 20 dollars, estiment des spécialistes. Un coût grâce auquel les exploitants, libérés de l'exigence de rentabilité immédiate, pourraient se permettre de diffuser un film d'art et essai un soir de semaine. Mais l'équipement coûte cher. On estime à environ 125.000 dollars le prix d'une installation alliant projecteur numérique et serveur dédié. Le ticket d'entrée dans le numérique est néanmoins en baisse. A mesure que les salles se multiplient, les coûts devraient diminuer de moitié. Le plus gros obstacle est Hollywood lui-même. Walt Disney, à travers son partenariat avec Pixar Animation Studios, et Warner Bros, sont les seuls grands studios à produire des "blockbusters" en format numérique.

Reuters : http://fr.news.yahoo.com/031223/85/3kes4.html

Les fabricants de PC parient sur l'électronique grand public
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Les fabricants d'ordinateurs devraient illustrer cette semaine lors du forum professionnel de Las Vegas leur volonté de dynamiser leurs ventes et de pénétrer le marché très compétitif de l'électronique grand public. Dell et Hewlett-Packard Co., les deux premiers fabricants mondiaux de PC, ont investi des millions de dollars dans le domaine des gadgets technologiques, lorgnant les parts de marché de solides concurrents comme Sony et Samsung Electronics. Ils espèrent que la présentation au salon Consumer Electronics Show de Las Vegas de téléviseurs, de lecteurs de musique ou d'ordinateurs de poche les aidera à gagner leur pari. Pour les constructeurs d'ordinateurs, qui ont mis sur pied des réseaux d'approvisionnement et de distribution avec des partenaires asiatiques, l'entrée sur le marché de l'électronique grand public haut de gamme offre la perspective de marges bénéficiaires et de croissance plus importantes, expliquent les analystes du secteur. "Le marché du PC (...), même s'il ne me semble pas saturé, n'offre pas les mêmes opportunités de croissance comparé au renouvellement des téléviseurs, magnétoscopes et autres lecteurs de DVD", estime Stephen Baker, analyste pour NPD Group. "C'est le premier coup de canon d'une guerre qui va se dérouler dans les années à venir. Ce n'est plus juste Dell contre HP. C'est Dell contre Sony et HP contre Panasonic et Panasonic contre Sony", dit Baker. Si la principale bataille est attendue sur le terrain des prix et de la présence en magasins, le marché du sans-fil devrait également être au centre de toutes les attentions à Las Vegas, la structure des réseaux traditionnels et mobiles influant sur la façon dont les gens communiquent et transmettent des données. Aucun salon professionnel du genre ne saurait se passer de séduisants petits gadgets pour fans de technologie. Parmi les objets les plus attendus figurent un four programmable à partir d'un téléphone portable, un récepteur de télévision par satellite capable d'enregistrer des programmes en haute définition et une souris d'ordinateur qui diffuse un peu d'air pour rafraîchir la main, produits auxquels la Consumer Electronics Association a déjà décerné ses "Oscars" de l'innovation.

Reuters : http://fr.news.yahoo.com/040105/85/3kspu.html

^ Haut
Espace
Espace et Cosmologie
Le robot américain Spirit transmet des images de Mars d'une qualité extraordinaire
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

La première sonde de la mission américaine Mars Exploration Rover, lancée de Cap Canaveral le 10 juin dernier, s'est posée sans encombre sur Mars dans la nuit de samedi à dimanche. Quelques heures plus tard, le robot Spirit, qui a pour mission de chercher des traces de la présence d'eau, envoyait ses premières photos de la planète rouge. Obéissante, la sonde avait envoyé des signaux vers la Terre juste après s'être posée sur Mars, confirmant être bien arrivée. Elle se trouverait au milieu du Cratère Gusev, un vaste bassin juste au sud de l'équateur martien. Mais il faudra plusieurs jours aux scientifiques sur Terre pour localiser exactement ce point d'arrivée. La Nasa a précisé que le déploiement des panneaux solaire du robot s'était déroulé normalement, permettant à Spirit de recharger les batteries alimentant équipements de bord et assurer leur survie dans le froid martien, qui peut atteindre -100 degrés C. Spirit a transmis 60 à 80 images dès dimanche, et avec les premiers envois, les experts de la NASA ont rapidement assemblé une vue panoramique du paysage battu par les vents de la planète rouge, ainsi qu'une vue du "rover", tous panneaux solaires déployés. Les images montrent une partie du robot posé au milieu d'une plaine rocailleuse, devant un gros rocher, des photographies d'une excellente définition, pouvait-on observer sur les écrans dans la salle de contrôle de la mission au Jet Propulsion Laboratory à Pasadena (Californie). Ces clichés en noir et blanc donnent une vue panoramique de la surface martienne, aride et couverte de roches, autour de l'atterrisseur, qui s'est posé au centre du cratère Gusev, soit à l'endroit même où il devait le faire. Les images, réalisées en milieu d'après-midi martienne, montrent un désert, à perte de vue autour du robot. Spirit pourrait s'arrêter dans un premier temps au-dessus de petites cavités pleines de poussières qui ont suscité les interrogations des chercheurs. Ces derniers tentaient par ailleurs d'évaluer la distance entre le robot et plusieurs crêtes alentour. "Les images sont exceptionnelles", a commenté John Callas, responsable scientifique de la mission tandis que des clichés de la surface martienne apparaissaient sur un écran géant du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena (Californie). "La qualité est la meilleure jamais obtenue. C'est incroyable". C'est la première fois que des images de la planète rouge sont prises en stéréoscopie, procédé qui permet d'obtenir une impression de relief et davantage de profondeur de champ, ce qui permettra aux scientifiques de repérer encore plus précisément les zones à explorer. Spirit a ensuite transmis les premières photos en couleur et à très haute résolution prise sur Mars. La qualité de ces photos a dépassé les espérances de la Nasa, montrant pour la première fois les vraies couleurs de la planète dite "rouge", qui tire en fait sur l'ocre, parsemée de rochers bleutés.Cette image, composée d'une mosaïque de 12 photographies prise par la caméra panoramique à haute définition du robot, est d'une telle qualité qu'elle a permis à la Nasa d'effectuer un zoom pour montrer le détail des pierres et rochers qui parsèment le sable de couleur ocre devant le robot. L'image de 12 millions de pixels est d'une qualité "trois ou quatre fois meilleures" que celles prises par toute autre mission sur Mars, a ajouté M. Bell. Il s'agit là des premières images de Mars depuis celles envoyées par Pathfinder en 1997. Et on attendait les premières photos couleur pour plus tard dans la journée. Un fois au sol, Spirit a mis environ 90 minutes à se mettre au travail, rétractant les airbags qui avaient protégé sa chute, et déployant les antennes solaires qui lui fourniront son énergie. En revanche, le robot attendra encore neuf jours avant de quitter sa base et de partir en mission, à la recherche de preuves qu'il y a eu un jour de l'eau sur Mars. La descente vers Mars s'est déroulée parfaitement. Un peu moins de deux minutes avant de se poser, l'engin a ouvert son parachute et, 20 secondes plus tard, s'est débarrassé de la partie basse de son bouclier thermique devenu inutile, exposant l'enveloppe en forme de cône protégeant le robot, elle-même couverte de coussins d'air. Six secondes avant l'impact au sol, les coussins d'air se sont gonflés, les fusées sur la partie supérieure du bouclier de la sonde se sont allumées pour stabiliser l'engin, puis à environ 15 mètres du sol, cette partie s'est détachée du robot qui est tombé librement pour rebondir une quinzaine de fois, parcourant environ un km avant de s'immobiliser. Depuis qu'on sait que Spirit a survécu aux "six minutes d'enfer" de son entrée dans l'atmosphère martienne, c'est la joie en continu au Laboratoire de propulsion aéronautique (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA à Pasadena, en Californie. Après plusieurs missions martiennes s'étant soldées par des échecs, la tendance semble désormais inversée. "C'est une grande nuit pour la NASA: nous sommes de retour!", a déclaré l'administrateur de la NASA Sean O'Keefe lors d'une conférence de presse tôt dimanche matin. A la NASA, on savoure en effet tout particulièrement un succès intervenant onze mois tout juste après la catastrophe de la navette Columbia, dans laquelle, le 1er février, sept astronautes avaient trouvé la mort. Cette mission d'un coût record (820 millions de dollars) met en oeuvre des moyens sans précédent: 250 spécialistes et chercheurs de la Nasa mobilisés pendant trois mois pour permettre aux deux robots à six roues de 180 kg, de la taille de voiturettes, de déjouer les pièges d'une planète qui a été le tombeau de tant d'autres tentatives humaines pour percer ses mystères. Il s'agit de la plus ambitieuse mission jamais menée sur la planète rouge, trois mois d'exploration à la recherche de traces d'eau, indiquant l'existence de vie présente ou passée. "Je suis très, très fier de cette équipe et nous sommes sur Mars. C'est une réussite absolument incroyable", a lancé Sean O'Keefe. Il a ensuite arrosé ce succès au champagne avec les membres de la mission. Dans trois semaines, le 24 janvier, la sonde jumelle de la mission, partie le 7 juillet, doit atterrir à son tour, mais de l'autre côté de la planète rouge, et installer le robot Opportunity. Chacun de ces deux robots, opérationnels pour une durée de 90 jours, doit étudier la géologie de son site d'attribution pour déterminer si les conditions ont pu être favorables à une forme de vie. Montés sur six roues en aluminium et dotés de caméras, ces "rovers" pèsent chacun 172,8kg, à comparer aux 10,8kg du petit robot Sojourner, lancé sur Mars par la mission Pathfinder en 1997. Ils devront transmettre leurs données au Laboratoire de propulsion aéronautique de la NASA à Pasadena via la sonde Mars Global Surveyor, en orbite autour de l'astre. Les deux sondes de Mars Exploration Rover arrivent en tous cas dans un environnement martien particulièrement encombré puisqu'outre Mars Global Surveyor, deux autres sondes tournent actuellement autour de la planète rouge: l'américaine Mars Odyssey et l'européenne Mars Express, dont le petit atterrisseur Beagle-2, censé s'être posé le jour de Noël, reste muet malgré une dizaine de tentatives de contact. "Au cours de ce siècle, nous voulons prouver que nous ne sommes pas la seule chose vivante dans cet Univers, et nous aurons la technologie pour le faire", a déclaré M. Weiler, l'un des responsables de ce projet à la NASA, en promettant que "Mars est le premier endroit où nous cherchons".

Mars Exploration Rover :

http://marsrovers.jpl.nasa.gov/home/index.html

Des zones éventuelles de vie extra-terrestre isolées sur la voie lactée
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des astronomes australiens ont révélé qu'ils avaient localisé une zone de la voie lactée qui est la plus susceptible d'abriter une vie extra-terrestre."Notre galaxie de la voie lactée comporte des centaines de milliards d'étoiles mais jusqu'à il y a peu de temps les astronomes ne pouvaient qu'essayer de deviner combien d'entre elles étaient suffisamment hospitalières pour que s'y développe une forme de vie", a déclaré dans un communiqué, Charles Lineweaver de l'université des Nouvelles-Galles du Sud. "Ce que nous avons fait pour la première fois est de quantifier où une vie complexe a la probabilité d'exister", a-t-il dit. Dans un article publié par la revue "Science", M. Lineweaver ainsi que deux autres chercheurs de l'université de Swinburne ont indiqué que des centaines d'étoiles ayant la capacité d'abriter une forme de vie étaient visibles à l'oeil nu depuis la terre. "Quelques milliards d'étoiles là-bas se situent dans ce que nous appelons la Zone galactique habitable où elles disposent des conditions appropriées pour supporter une forme complexe de vie", peut-on lire dans cet article. "Des centaines et des centaines de ces étoiles, que nous pouvons voir en levant les yeux et qui sont en fait pour la plupart très proches, auraient potentiellement des planètes similaires à la Terre, à Mars ou à Vénus". Selon les astronomes, la zone habitable est apparue il y a environ 8 milliards d'années mais a depuis accumulé des éléments lourds tels que le carbone, l'oxygène ou le fer. "Peut-être qu'il n'y a pas de vie là-bas. Mais s'il y en a une, nous avons déterminé où il y a le plus de chances qu'elle se trouve", a déclaré Charles Lineweaver.

UNSW :

http://www.science.unsw.edu.au/news/news_detail2.asp?id=100

Des milliers de particules de comète collectées par la sonde Stardust
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

La sonde américaine Stardust, lancée il y a près de cinq ans dans l'espace intersidéral, est passée vendredi à environ 240 km d'une comète et a pu collecter plusieurs centaines de milliers de particules de ce corps céleste, qu'elle rapportera sur Terre en 2006.Il s'agira des premières particules de comète jamais examinées sur Terre, capturées dans la chevelure de la comète Wild 2, un ancêtre du système solaire, formé il y a plus de 4,5 milliards d'années. Les chercheurs de la mission ont publié mardi de nouvelles images de la rencontre qui a eu lieu à la vitesse relative de 22.000 km/h, montrant le noyau la comète, un mélange de roches et de glace truffé de cratères, d'où jaillissent des jets de gaz. "Nous estimons que plus de 10 millions de particules ont frappé le bouclier" qui protégeait la sonde, a expliqué Benton Clark, le scientifique chargé de la mission au sein de la compagnie Lockheed Martin, qui a construit l'engin pour le compte de la Nasa. Pendant sa traversée, les quatre petites fusées servant à stabiliser l'engin se sont allumées plus de 300 fois chacune pour permettre de garder le cap sans dévier ni risquer de voir la sonde être détruite par les particules de comètes qui la frappait six fois plus rapidement qu'une balle de pistolet, a encore expliqué M. Clark. La moisson est très satisfaisante avec "plusieurs centaines de milliers de petites particules, assez pour dépasser toutes attentes", a estimé Tom Economou, professeur à l'Université de Chicago et responsable du contrôle de flux de particules pour la mission. En préparation de la rencontre, la sonde de cinq mètres de long avait déployé son collecteur de poussière, de la taille et de la forme d'une raquette de tennis, recouvert d'un gel de silicone appelé "Aerogel", contenant 99,8% d'air, capable de retenir les particules sans en modifier l'aspect. Une fois les échantillons capturés, le collecteur a été replié à l'intérieur de la capsule de retour, à la façon d'un coquillage. "Il est scellé et ne sera pas ouvert avant son retour" sur Terre le 15 janvier 2006, a précisé le responsable de la mission à la Nasa, Tom Duxbury au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena (Californie). La capsule voyage désormais à la vitesse de 12 kilomètres par seconde. A son arrivée, elle sera freinée par l'atmosphère terrestre puis ralentie par un parachute pour se poser sur une base de l'armée de l'air américaine dans l'Utah (ouest). Elle sera alors transportée jusqu'au centre spatial Johnson de la Nasa près de Houston (Texas, sud) où les échantillons seront analysés. Les chercheurs espèrent tirer des ces particules des réponses sur la formation du système solaire, la naissance des planètes et la matière dont elles sont issues, grâce aux données chimiques et physiques enfermées dans la poussière de comète. Wild 2, découverte en 1978, est en orbite autour du Soleil. Sa révolution autour de l'astre dure 6,39 ans. A la fin de sa mission, Stardust aura parcouru près de quatre milliards de km. Cette mission, d'un coût de 165 millions de dollars, est la première destinée à collecter des éléments extra-terrestres depuis Apollo 17 qui permit à des astronautes américains de rapporter des pierres de Lune en 1972.

Stardust :

http://www.nasa.gov/vision/universe/solarsystem/stardust_update.html

^ Haut
Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Cancer du sein : les progrès de l'imagerie pourrait détrôner la biopsie
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Une IRM couplée à une spectroscopie : ce duo testé avec succès semble-t-il, par une équipe américaine, permettrait de diagnostiquer un cancer du sein sans devoir réaliser une biopsie. Et avec une efficacité au moins comparable. Avec cette double technique, l'imagerie par résonance magnétique (IRM) détecte les lésions, qu'elles soient cancéreuses ou non. La spectroscopie, qui se « concentre » sur les spectres lumineux, permet d'aller plus loin. Jusqu'à identifier les molécules qui s'accumulent à l'intérieur des cellules et mesurer leur taille avec précision. Au cours de cette étude, le Pr Michael Garwood et son équipe du Cancer Center de Minneapolis ont ainsi découvert que la choline - une vitamine du groupe B - s'avérait un marqueur digne d'intérêt. Ils ont découvert que cette substance était présente en quantités élevées à l'intérieur des tumeurs malignes. «Cette double technique pourrait constituer un outil intéressant pour le diagnostic des cancers du sein. Nous espérons qu'elle pourra permettre d'éviter d'imposer aux femmes des biopsies inutiles».

Magnetic Resonance in Medicine : http://www.ismrm.org/mr_sites.htm

Corticostéroïdes et interféron seraient efficaces pour traiter le SRAS
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

L'utilisation combinée de corticostéroïdes et d'interféron serait efficace dans le traitement du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), selon une étude préliminaire à paraître mercredi dans une revue médicale américaine.L'équipe dirigée Mona Loutfy du North York General Hospital à Toronto (Canada) a mené une étude du 11 avril au 30 mai 2003 sur 22 patients diagnostiqués comme ayant probablement le SRAS. Treize patients ont été traités avec seulement des corticostéroïdes et neuf autres avec une combinaison de corticostéroïdes et d'interféron alfacon-1. Les scientifiques ont constaté que la résolution de la fièvre était similaire entre les deux groupes. En revanche le groupe traité avec de l'interféron a eu besoin de moins de temps pour résoudre les anomalies des radios de la poitrine et a eu besoin moins longtemps d'un supplément d'oxygène. "Les conclusions préliminaires indiquent que ce traitement avec de l'interféron alfacon-1 et des stéroïdes est associé à une résolution plus rapide des anomalies des radios des poumons et de meilleurs niveaux de saturation du sang en oxygène que le traitement composé seulement de corticostéroïdes", affirme l'équipe dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). "Ces conclusions suggèrent qu'une étude plus approfondie pourrait permettre de déterminer le rôle de l'interféron alfacon-1 comme agent thérapeutique pour le traitement du SRAS", ajoutent les chercheurs.

JAMA :

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/290/24/3222

Diabète : un traitement chirurgical chez le rat ouvre des perspectives
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Un traitement chirurgical du diabète pratiqué chez le rat à l'Université Louis Pasteur à Strasbourg pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de lutte contre cette maladie chez l'homme, selon une étude publiée dans le numéro de janvier de la revue américaine Annals of Surgery.L'opération visait à permettre aux aliments digérés sortant de l'estomac de contourner la partie haute de l'intestin grêle (duodénum et jéjunum). La bile et les sucs pancréatiques pouvaient néanmoins continuer d'être déversés dans le tube digestif par une voie détournée. Des opérations sur le tube digestif visant à traiter l'obésité grave chez l'homme avaient entraîné à la fois perte de poids et effets positifs sur le diabète de type 2, surnommé diabète gras, dont souffraient ces personnes obèses, expliquent les chercheurs de l'Institut de recherche contre le cancer de l'appareil digestif/European Institute of Telesurgery (IRCAD-EITS). Ils ont voulu vérifier sur des rats non obèses souffrant de diabète, si une telle opération pouvait agir sur le diabète de type 2, sans que cela puisse être considéré comme un effet secondaire d'une action destinée à lutter contre l'obésité. Trois semaines après l'opération, le taux moyen de glucose dans le sang mesuré à jeun chez les huit rats opérés était descendu à un niveau normal (96 mg/dl contre 159 mg/dl avant l'opération), alors que dans le groupe de contrôle (opération simulée pour tenir compte de l'effet post-opératoire) la glycémie avait peu changé. La tolérance au glucose s'était fortement améliorée parmi les rats ayant subi l'opération et non chez les rongeurs du groupe de contrôle. L'opération s'est au final révélée plus efficace pour contrôler le taux de glucose que suivre un régime ou prendre un médicament contre ce type de diabète (Rosiglitazone), selon les auteurs de l'étude, Francesco Rubino et Jacques Marescaux, directeur de l'IRCAD et président de l'EITS. Conseillant des essais chez l'homme, ils voient dans ces résultats la possibilité de développer un traitement alternatif du diabète, qui touche plus de 150 millions de personnes dans le monde, dont 90% souffrent du type 2 de cette maladie liée notamment au surpoids et au manque d'exercice physique. Toutefois, reconnaissent-ils, ce type de chirurgie n'est pas sans risque (mortalité opératoire, déficience en fer et en vitamine B12..) Ces résultats suggèrent aussi que des mécanismes situés dans la partie supérieure de l'intestin grêle pourraient être à l'origine du dérèglement de la production et de l'activité de l'insuline constaté dans le diabète de type 2.

Annals of Surgery : http://www.annalsofsurgery.com/

Un nouveau mécanisme d'action du VIH élucidé
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des chercheurs américains ont enfin élucidé le mécanisme moléculaire qui joue le rôle d'interrupteur dans l'infection par le virus d'immunodéficience humaine(VIH). Michael Summers de l'Université de Baltimore et son équipe ont étudié une partie spécifique du retrovirus connu sous le nom de polyprotéine Gag, à l'aide d'un spectromètre à résonance magnétique nucléaire. La polyprotéine Gag contient la grande majorité des informations intervenant dans l'assemblage viral et, de fait, est considérée comme l'acteur majeur du processus d'assemblage des rétrovirus. Cette molécule est composée de trois sous domaines, dont le domaine matriciel et le domaine myristique. Une fois le virus formé, la polyprotéine Gag se fend et libère les trois sous domaines. Jusqu'à présent les experts pensaient que le domaine myristique jouait en fonction de sa place par rapport à la matrice et par rapport à sa structure le rôle de commutateur : fixation à la membrane ou détachement. Cependant Michael Summers a montré que le domaine myristique ne change pas de forme qu'il soit enfoui dans la matrice ou exposé à l'extérieur, ce qui va à l'encontre de ce que l'on pensait. Par contre il a constaté que lorsque la polyprotéine Gag est assemblé, le domaine myristique est « allumé » et favorise la fixation à la membrane, et quand les sous domaines se séparent, ce dernier s'éteint et favorise la séparation. Les travaux de Michael Summers devraient permettre de mieux comprendre le fonction du VIH et ainsi ouvrir la voie à de nouvelles rechercher pour lutter contre le Sida.

HHMI :

http://www.hhmi.org/research/investigators/summers.html

Une nouvelle classe de médicaments contre le cancer
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des chercheurs américains ont peut être découvert une nouvelle classe d'anti-cancéreux. En effet, ces derniers ont synthétisé des substances provoquant la mort des cellules cancéreuses, en empêchant le rapprochement entre deux molécules impliquées dans ce mécanisme. Ils font part de leurs travaux dans la revue Science du 2 janvier. Lyumbomir Vassilev et son équipe basée à Nutley dans le New-Jersey (Etats-Unis) ont travaillé sur de petites molécules synthétiques, qu'ils ont baptisées « nutlins ». Lorsque ces dernières sont injectées à des souris atteintes de cancer, elles bloquent la prolifération tumorale. Les chercheurs ont étudié d'une part la protéine p53, un suppresseur de tumeur, selon Lyumbomir Vassilev, qui, lors d'un stress, sert de clé de démarrage à la réaction d'apoptose ou mort cellulaire, et d'autre part l'enzyme mdm2 qui contrôle l'activation de la p53 dans des conditions non stressantes. Le rôle des « nutlins » est d'empêcher que ces deux molécules se lient entre elles et stoppent la mort cellulaire. Bien que d'autres études soient nécessaires avant que des tests chez l'homme soient effectués les résultats encourageants, observés chez les souris, laissent envisager à Lyumbomir Vassilev qu il a peut être découvert un nouveau traitement pour éradiquer le cancer.

ASCO :

http://www.asco.org/ac/1,1003,_12-002123-00_18-0031797-00_19-0031798-00_20-001,0...

Des nanoballes contre le cancer
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des chercheurs de la Rice University a Houston ont expérimenté un système de nanoballes en or capable de détruire des types de cancers inopérables. Ces nano-balles sont constituées de petites particules de silice d'un diamètre de 110 nm, recouvertes d'une couche d'or épaisseur 10 nm échauffant quand une lumière se situant dans l'infrarouge proche (700-2500 nm) est envoyée sur les particules, détruisant les cellules cancéreuses a proximité. L'or a été choisi en raison de sa biocompatibilité. Des tests sur des cancers du sein, a la fois en éprouvette et sur des souris, ont été des succès pour l'instant. "Quand ces nanoballes étaient ajoutées aux cellules malades d'un cancer du sein dans le tube test, et ensuite exposées a la lumière NIR (Near Infra Red), 100 % des cellules malades étaient éliminées", explique Jennifer West, qui mène cette étude. "Ces nanoballes sont définies pour absorber la lumière Infrarouge NIR et convertir cette lumière en chaleur. Ce mode opération est possible car le tissu du corps humain est transparent a ce type de rayonnement infrarouge. L'avantage de cette technique est qu'elle peut être réalisée sans intervention chirurgicale, les NIR et les nanoballes étant complètement inoffensives", ajoute West. Réchauffer les cellules cancéreuses a des températures de 55°C est suffisant pour les détruire, car cela change la perméabilité de la membrane cellulaire. Les cellules ont en effet une barrière très efficace entre intérieur de la cellule et le fluide circulant autour d'elles. En perturbant cet équilibre, on crée énormes pores laissant pénétrer le fluide dans la cellule, et la détruisant. L'équipe a de plus réalisé des nanoballes capables de cibler les tumeurs. Dans une expérience récente, ils ont injecte dans des souris, des nanoballes attachées a des anticorps qui se fixent uniquement aux cellules cancéreuses. L'équipe reporte après expérience, les cellules pathogènes étaient complètement détruites et les cobayes en bonne santé. Cette étude a été réalisée en collaboration avec le Nanospectra Biosciences de Houston, qui est désormais en pourparlers avec la US Food and Drugs Administration pour tester cliniquement cette méthode dans les 12 prochains mois. Ces tests devront être réalises sur des patients souffrant de graves cancers des poumons. Jennifer West indique que cette méthode pourrait même servir en mesure de précaution pour prévenir les cancers non encore détectables par les méthodes actuelles.

ABC :

http://www.abc.net.au/science/news/health/HealthRepublish_981679.htm

Contre le cancer colorectal, des fibres et... de la vitamine D
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Une équipe américaine confirme l'intérêt des céréales riches en fibres dans la prévention du cancer colorectal. Bien. Mais plus inattendu, les auteurs montrent également le rôle majeur que la vitamine D pourrait jouer dans ce domaine aussi. Cette « première » est à mettre à l'actif du Dr David Lieberman et de son équipe, du Veterans Affairs Hospital de Portland. Ils ont suivi plus de 3 000 anciens soldats américains - des « vétérans » - âgés de 50 à 75 ans. Tous ont été soumis à une coloscopie entre 1994 et 1997. Résultat : les hommes qui consommaient des quantités élevées de céréales riches en fibres (plus de 4 grammes chaque jour) et de vitamine D (plus de 645 Ui/l au quotidiennement) ont « un risque moins élevé de polypes ou de tumeurs susceptibles d'êtres cancéreuses » explique Lieberman. Pas question pour autant de se jeter sur la vitamine D ! Lieberman prend bien soin d'ajouter que sa consommation abusive n'est pas sans conséquence et « peut entraîner nausées, constipation ou encore un état fébrile ». Du calciférol - l'autre appellation de la vitamine D -, vous en trouverez dans l'huile de foie de morue, le saumon, le maquereau et les sardines. Et suivez le conseil des auteurs d'une étude du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) publiée en mai dernier. Ces derniers recommandaient ainsi de préférer les aliments naturellement riches en fibres aux suppléments alimentaires.

JAMA :

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/290/22/2959

L'ail, un allié contre le cancer
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Une nouvelle étude israélienne confirme que l'allicine, un constituant chimique de l'ail détruit les cellules cancéreuses. Les chercheurs de l'Institut Weizmann estiment que ce composé de la plante pourrait à terme représenter une nouvelle arme contre le cancer. À forte dose, l'allicine détruit toutes les cellules vivantes. Cependant, les chercheurs pensent avoir trouvé un moyen pour qu'il s'attaque seulement aux cellules cancéreuses sans nuire aux cellules saines. Pour l'instant, la méthode n'a été testée avec succès que sur des souris de laboratoire et seulement pour des cancers de l'estomac. L'équipe doit maintenant vérifier si l'allicine élimine toutes les cellules cancéreuses et si elle est efficace contre d'autres cancers. Les chercheurs doivent ensuite confirmer les résultats chez l'humain. Les résultats complets de cette étude sont publiés dans la revue Molecular Cancer Therapeutics.

Molecular Cancer Therapeutics : http://mct.aacrjournals.org/

Le virus du rhume contre le cancer de la peau
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des scientifiques australiens ont découvert que le virus d'un simple rhume pouvait permettre de soigner le cancer de la peau, qui fait des ravages en Australie et qui est de plus en plus répandu dans des pays occidentaux comme la France. Une équipe de chercheurs de l'université de Newcastle a indiqué avoir fait une découverte majeure dans le traitement du mélanome, souvent mortel, et dont les Australiens, en raison de leur peau claire et du climat ensoleillé de leur pays, sont les plus touchés au monde. "Nous avons établi que les cellules du mélanome pouvaient être détruites en les infectant avec le virus du rhume", a déclaré le professeur Darren Shafren, responsable de ce programme de recherches, qui vient de faire la une ce mois-ci du journal de l'Association américaine pour la recherche contre le cancer. "Nous estimons que cela constitue une découverte importante dans le développement du traitement du mélanome et nous sommes très enthousiastes". "Les résultats que nous avons obtenus sur des cellules humaines et lors d'études avec des animaux ont été très positifs. Si nous pouvons obtenir des résultats similaires lors d'essais sur des humains alors un traitement pourrait être disponible d'ici un an ou deux", a indiqué le chercheur. Le processus de ce traitement consiste à injecter le virus du rhume à l'endroit où se trouve le mélanome. En se développant le virus doit par la suite tuer le mélanome. Le Pr Shafren estime qu'en quelques semaines, la taille du mélanome diminue avant finalement de disparaître. "Ensuite lors d'une action secondaire, nous espérons que le virus va circuler dans le corps pour détecter et tuer les autres mélanomes, qui n'auraient pas pu être décelés", a-t-il ajouté. Darren Shafren pense que ce traitement sera dans un premier temps testé sur quelques malades en phase terminale. Selon lui, le traitement pourrait être disponible immédiatement mais il faut prendre en compte les autorisations nécessaires à la distribution d'un nouveau médicament. Cette découverte médicale risque d'être particulièrement précieuse pour l'Australie où un habitant sur deux développe au cours de sa vie une forme de la maladie. Cette année, quelque 300.000 Australiens consulteront un médecin pour se faire enlever un mélanome et 9.000 nouveaux cas sont dépistés chaque année. Le mélanome fait 1.000 morts par an en Australie, et constitue le cinquième cancer le plus répandu dans le pays. En France, une étude récente a révélé que le mélanome était l'une des tumeurs cancéreuses dont l'incidence augmente le plus, avec quelque 7.200 nouveaux cas estimés pour l'année 2000. Avec une incidence de 9,5 cas de mélanome pour 100.000 femmes et 7,6 pour 100.000 hommes en 2000, ce cancer de la peau vient au 7ème rang chez la femme et au 13e rang chez l'homme, selon une estimation nationale portant aussi sur une vingtaine d'autres cancers non cutanés.

CCR : http://clincancerres.aacrjournals.org/future/10.1.shtml

Le secret de jouvence des cellules souches
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Quel mécanisme permet aux cellules souches de rester éternellement jeunes ? Beaucoup de scientifiques ont tenté de répondre à cette question sans véritable succès. Des chercheurs américains ont peut-être découvert le secret de ces cellules. Ils publient leurs résultats sur le site Internet de la revue Nature Medecine. Les cellules souches sont des cellules indifférenciées capables de se reproduire quasiment à l'infini, de constituer ainsi une sorte de réservoir permanent, et qui plus est, de donner naissance à des cellules différenciées comme les globules rouges, ou à des cellules musculaires. L'étude des cellules souches représente un des enjeux scientifiques les plus importants de ces dernières années. Leur utilisation ouvre la voie à de nouveaux champs thérapeutiques. Pour l'instant, différents problèmes ralentissent considérablement l'utilisation de cellules souches embryonnaires chez l'homme. Entre autres, les scientifiques ne connaissent pas bien tous les mécanismes qui permettent la transformation de ces cellules en d'autres types de cellules. Ali Brivanlou et ses collègues de l'Université Rockefeller à New-York (Etats-Unis) ont peut-être trouvé un moyen de remédier à ces difficultés. Ils ont en effet traité ce type de cellules souches avec un produit issu d'un escargot de mer, baptisé BIO. Ils ont ainsi empêché ces dernières de devenir des cellules adultes. Selon Ali Brivanlou, la substance BIO activerait un ensemble de protéines, nommées Wnt. En jouant sur les protéines Wnt, il serait possible de contrôler les cellules souches, de les maintenir jeunes le temps désiré, et enfin, de commander leur transformation en cellules adultes. Cette découverte pourrait relancer les travaux sur les cellules souches embryonnaires et leurs applications chez l'homme.

Nature Medecine : http://www.nature.com/nm/

Le cerveau, machine à produire une "mémoire du futur"
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Joindre le geste à la parole, voire à la conscience, n'est pas une affaire triviale. L'étude cosignée par Angela Sirigu, de l'Institut des sciences cognitives de Lyon, et une équipe internationale dans la revue Nature Neuroscience de janvier met ainsi en lumière le rôle du cortex pariétal dans la réalisation des mouvements volontaires. On ne peut imaginer expérience plus simple : appuyer sur un bouton. Il était demandé à des sujets sains et à des patients souffrant, les uns, de lésions du cervelet et, les autres, du cortex pariétal d'indiquer le moment précis où ils décidaient, quand ils le souhaitaient, d'enfoncer ledit bouton. L'aiguille d'une horloge leur permettait de repérer dans le temps cette expérience subjective qu'un électroencéphalogramme et une mesure électromusculaire du doigt permettaient d'objectiver. Les sujets sains et les patients dont le cervelet était atteint pouvaient indiquer le moment précis où ils décidaient de pousser le bouton - environ 350 millisecondes avant d'enclencher le mouvement. En revanche, les patients dont le cortex pariétal était affecté ne pouvaient séparer l'intention de pousser et le mouvement effectif. Ils pouvaient repérer précisément le mouvement dans le temps, mais n'étaient pas conscients d'avoir bougé tant que la manoeuvre n'était pas accomplie. Ces observations suggèrent que le cortex pariétal est impliqué dans le mouvement volontaire. Son rôle serait de produire des modèles internes du mouvement à effectuer, en amont des cortex prémoteur et moteur. D'autres études appuient cette hypothèse. Les patients dont le cortex pariétal gauche est lésé souffrent ainsi d'apraxie. "Ils ne sont pas paralysés, mais ne savent pas utiliser les objets, comme un crayon ou des ciseaux, dont ils décrivent pourtant parfaitement la fonction", indique Angela Sirigu. Confrontés à des illusions visuelles similaires à celles mises en oeuvre dans la réhabilitation des douleurs fantômes, les patients "pariétaux" sont généralement incapables de dire si le mouvement qu'ils voient est effectué par leur membre ou par celui d'autrui. Si l'expérience déroute aussi les sujets normaux, ils restent capables d'effectuer cette distinction. Tout se passe donc comme si le cortex pariétal était à la source consciente du mouvement volontaire. Il ne serait qu'un module cérébral parmi d'autres qui permettent d'anticiper l'action, de la corriger en fonction du modèle qui l'a activée. Ces corrections restent, la plupart du temps, inconscientes, pilotées, dans ce cas, par le cervelet. Mais elles peuvent aussi être conscientes, lorsque le cortex pariétal entre en jeu. A plus long terme, et pour des choix ayant une implication sociale, c'est le cortex préfrontal qui semble jouer un rôle critique, comme lemontrent les études de patients préfrontaux, souvent asociaux, étudiés par exemple par l'équipe d'Antonio Damasio. "Lecerveau simule des actions en permanence, confirme Marc Jeannerod, fondateur de l'Institut des sciences cognitives de Lyon. Ce que le neurobiologiste David Ingvar a joliment nommé la "mémoire du futur" est une théorie qui revient en force." Et pourrait donner un socle conceptuel à l'entraînement mental des sportifs et des musiciens, à la rééducation par l'imagerie motrice pratiquée çà et là. Ou à la possibilité pour les paraplégiques de bouger des objets sur écran ou de réaliser des mouvements par l'intermédiaire de machines ou de robots.

Le Monde :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-348172,0.html

Nature Neuroscience :

http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/neuro/journal/v7/n1/abs/nn1160....

Les signaux du cerveau qui commandent la motricité ont été décodés
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Des chercheurs de l'université hébraïque de Jérusalem sont parvenus à décoder les signaux émis par le cerveau qui commandent la motricité des membres, une percée susceptible de permettre à des paralytiques de se mouvoir avec des prothèses actionnées de cette manière. Les chercheurs sont parvenus à ces résultats après des expériences réalisées en laboratoire sur des chimpanzés, rapporte jeudi le quotidien Yédiot Aharonot. "Nous ne possédons pas encore la technologie qui nous permettrait de décoder les signaux qui commandent les doigts d'un pianiste (...) Mais on peut déjà définir les signaux électriques émis à partir d'une région précise du cerveau qui commanderont les membres que le chimpanzé actionnera", a déclaré au journal l'un des chercheurs, le professeur Eidan Segev. Les résultats de la recherche devraient être présentés dans deux semaines à Palm Beach (Etats-Unis) lors d'une conférence sous les auspices de l'acteur américain Christopher Reeves, connu pour son rôle dans Superman. M. Reeves est tétraplégique depuis une chute de cheval en 1995. L'acteur américain s'était intéressé aux travaux des chercheurs qu'il avait rencontrés lors d'une visite en Israël en juillet 2003.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/040101/202/3ko9y.html

Détecter la maladie d'Alzheimer avant qu'elle n?apparaisse !
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

Grâce notamment à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), une équipe américaine a identifié des changements de la structure cérébrale, précurseurs de la maladie d'Alzheimer. Une technique dont ils évaluent la fiabilité à 90%! Présomptueux? Le Pr Henry Rusinek et ses collègues, du New York University Medical Center and School, ont testé une nouvelle technique qui mesure le volume cérébral, auprès de 45 hommes et femmes âgés de 60 ans et plus. Au départ de cette étude qui a duré 2 ans, aucun sujet n'était atteint par la maladie d'Alzheimer. Les auteurs se sont plus particulièrement attachés au lobe temporal, la « région » du cerveau qui renferme les structures dédiées à l'apprentissage et à la mémoire. Ils ont finalement découvert que cette partie du cerveau se rétrécissait considérablement chez les sujets qui développaient des troubles de la mémoire ! « Pour la première fois, ce travail permet de montrer qu'un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer est possible » explique Rusinek. Il ajoute par ailleurs, que sa technique permettrait de prédire le déclin de la mémoire dans neuf cas sur dix. Reste maintenant à passer le stade des études cliniques...

Radiology : http://radiology.rsnajnls.org/

^ Haut
Recherche
Recherche & Innovation, Technologies, Transports
Les avions du futur auront des ailes élastiques
Samedi, 10/01/2004 - 00:00

L'avion des frères Wright avait des ailes flexibles. Pour son premier vol, le 17 décembre 1903, son contrôle et sa stabilisation étaient assurés par des poulies et des câbles qui faisaient bouger le bout de ses ailes. Ce mécanisme astucieux de contrôle inspiré de l'oiseau a été l'innovation clé qui a permis aux frères Wright de faire voler quelque chose de plus lourd que l'air. Mais l'idée des frères Wright a néanmoins été rapidement éliminée par les constructeurs aéronautiques. Les ailes rigides sont devenues la norme car elles supportaient mieux les forces associées à l'augmentation de la vitesse du vol et du poids des véhicules. Pour contrôler les appareils de plus en plus robustes, les concepteurs ont ajouté des panneaux mobiles aux extrémités de ces ailes rigides, panneaux qui jouent sur le flux de l'air et donc sur les forces aérodynamiques que les pilotes utilisent pour faire décoller un avion, le faire tourner ou le faire changer d'altitude. Mais aujourd'hui, grâce aux progrés combinés des nouveaux matériaux et de ma modélisation informatique, les ingénieurs peuvent remettre en pratique ce concept utilisé au début de l'aviation. Un chasseur supersonique expérimental américain est ainsi en partie contrôlé par de subtiles flexions de ses ailes. Il ne s'agit plus seulement de rendre les ailes flexibles. Les scientifiques et les ingénieurs envisagent maintenant de faire varier la forme des surfaces portantes, un peu comme les muscles des bras, qui se gonflent ou s'aplatissent. Les nouvelles stratégies envisagent des mécanismes plus élégants et plus légers que les ailes à géométrie variable. Une de ces approches passe par ce que l'on appelle des structures "compliantes". Généralement moulés par injection ou usinées à partir d'un seul morceau de matériau, ces cadres de métal ou de plastique peuvent par exemple servir de structures internes aux bords des ailes ou d'autres composants malléables. Ces cadres répartissent les forces d'une telle façon qu'ils peuvent en même temps se plier en certains endroits comme de la vannerie, tout en résistant ailleurs à la déformation. Qu'un avion change de forme ou non, son vol est soumis aux mêmes conditions aérodynamiques. Les contours d'une aile sont conçus pour veiller à ce que la pression de l'air soit moins importante au-dessous qu'au-dessus, créant ainsi la force de sustentation qui permet à l'appareil de décoller et de voler. Le flux sur les ailes et le fuselage exerce également une force, la traînée, qui s'oppose à la progression de l'appareil vers l'avant et résulte essentiellement de la friction entre l'air et la surface de l'aile en déplacement. Pour augmenter la portance et réduire la traînée, les ingénieurs aéronautiques conçoivent des avions qui ont des contours lisses et continus, dépourvus d'irrégularités, sources de traînée. Mais les volets mobiles généralement utilisés pour la conduite et le contrôle créent des obstacles. Pour contourner cette difficulté, les constructeurs envisagent de revenir à ce que les frères Wright appelaient les "ailerons gauchis". Les chercheurs espèrent faire, l'été prochain, la démonstration des capacités de ces ailerons gauchis sur un chasseur supersonique F/A-18 modifié. L'engin a été équipé d'ailes exceptionnellement fines. Au printemps dernier, des chercheurs de la NASA, du Laboratoire de recherche de l'armée de l'air (AFRL) et de Boeing Phantom Works (le département de recherches avancées de Boeing) ont procédé à des essais préliminaires afin de mesurer les paramètres physiques qui s'appliquent aux ailes dans diverses conditions de vol. L'avion dispose toujours de volets de contrôle conventionnels, comme les ailerons que l'on relève ou abaisse pour faire tourner l'appareil, et de volets déployés ou rétractés afin de modifier la portance. Mais ces structures ont été reléguées à un rôle auxiliaire. Elles ne servent que de leviers pour déclencher les remodelages spécifiques des ailes en fonction des courants aériens. L'aile aéroélastique active présente un avantage essentiel : plus fine et plus flexible, elle peut peser quinze fois moins qu'une aile conventionnelle. Qui plus est, en utilisant toute l'aile comme surface de contrôle, on obtient beaucoup plus de couple qu'avec des volets classiques. "A grande vitesse, nous pensons pouvoir faire virer l'avion mieux qu'un F/A-18 normal", assure Peter M. Flick, le directeur du projet au sein de l'AFRL. Mais certains ingénieurs vont encore plus loin. Comme Skunk Works (une division de Lockheed Martin), de Palmdale, en Californie : ses ingénieurs ont récemment proposé un modèle d'avion capable de procéder à de véritables mouvements de gymnastique. Pour passer d'une grande aile en extension totale, nécessaire au vol de croisière, à une aile plus petite plus adaptée au combat située au-dessus du fuselage, l'appareil soulèverait et replierait ses ailes tout en les rapprochant l'une de l'autre. NextGen Aeronautics, une petite entreprise californienne installée à Torrance, étudie pour sa part une aile métamorphe qui pourrait passer de l'"aile de chauve-souris", qui donne une grande maniabilité à l'avion en situation de combat, à l'aile étroite, de style planche, plus favorable à la vitesse et au vol de croisière. Raytheon Missile Systems, de Tucson, analyse enfin la possibilité d'une aile télescopique adaptée aux besoins d'un missile de croisière.

Toutes ces entreprises participent au programme Morphing Aircraft Structures (MAS), que la DARPA a lancé il y a un an, et se sont engagées à créer, d'ici à 2005, des maquettes d'ailes fonctionnelles capables de changer de surface ou de longueur de près de 50 %. Grâce à l'informatique et aux nouveaux matériaux, et en s'inspirant de ce que la nature sait faire depuis des millions d'années, l'avion du futur va enfin pouvoir imiter l'oiseau.

Science News : http://www.sciencenews.org/

^ Haut
VOTRE INSCRIPTION
Vous recevez cette lettre car vous êtes inscrits à la newsletter RTFLash. Les articles que vous recevez correspondent aux centres d'intérêts spécifiés dans votre compte.
Désinscription Cliquez sur ce lien pour vous désinscrire.
Mon compte pour créer ou accéder à votre compte et modifier vos centres d'intérêts.
PLUS D'INFOS
Suivez-nous sur Twitter
Rejoignez-nous sur Facebook
 http://www.rtflash.fr
back-to-top