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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 311
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 17 Novembre 2004
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Egalement dans ce numéro
TIC
Etats-Unis : la voix sur IP ne sera pas taxée
Le téléphone portable pour s'enregistrer sur un vol en 2005
Espace
Espace : l'Europe réussit son premier rendez-vous avec la Lune
Lancement début 2005 d'un "voilier solaire
Lancement réussi pour la fusée de nouvelle génération "Soyouz-2"
Terre
Le réchauffement global affecte la faune et la flore des Etats-Unis
La réduction des gaz à effet de serre devient vitale
Vivant
Une étape franchie dans la recherche d'un vaccin contre le sida
Un traitement à ARN contre le cholestérol
Cancer du col de l'utérus : étape ultime vers un vaccin
Un nouveau recours contre l'hépatite C
Une variation génétique protégerait de la maladie de Creutzfeld-Jakob
Pourquoi certains de nos gènes se taisent-ils ?
Un avion piloté par un cerveau de rat
Soyez heureux, vous vivrez vieux !
Le corps, comme le visage, transmet les émotions
Recherche
Succès d'un vol expérimental à près de 10 fois la vitesse du son
Edito
Notre société numérique entre dans une nouvelle ère



En cette fin d'année 2004 le moins que l'on puisse dire est que l'on assiste à la fois à une accélération technologique dans le domaine des TIC et, corrélativement, à l'émergence d'un nouveau cadre pour l'économie numérique. En décembre 2003, Free créait l'événement en proposant aux abonnés de centaines de grandes villes la première offre « Triple Play », incluant, via la « Freebox », la téléphonie gratuite vers les fixes, la télévision via l'ADSL et l'internet haut débit. Depuis, les autres opérateurs ont suivi la même voie et proposent les uns après les autres, des forfaits incluant l'internet haut débit, la télévision sur ADSL, comme TPSL, et dans certains cas, la téléphonie illimitée.

Dans cette évolution rapide, pour ne pas dire dans ce bouleversement, du paysage numérique, Neuf Telecom vient de franchir une nouvelle étape en annonçant le 8 novembre une offre d'accès internet à 8 Mbit/seconde ainsi qu'un service de télévision sur DSL. L'opérateur alternatif, qui revendique 350.000 abonnés au haut débit fin octobre a décidé de commercialiser des services à la carte. Il annonce une offre à 8 Mbit/seconde pour 14,90 euros TTC par mois auxquels il faut ajouter le prix du modem NeufBox (2 euros par mois en location ou 39,90 euros à l'achat). Il faut 9 euros supplémentaires par mois pour le téléphone illimité, 7 euros pour le dégroupage total (qui permet de ne plus payer l'abonnement France Télécom) et 6 euros pour la télévision (une soixantaine de chaînes provenant essentiellement de France Télévision et d'AB Group).

On voit donc bien que Neuf Telecom conçoit ce forfait comme un service de base. A l'internaute, ensuite, de choisir des services supplémentaires, qu'il s'agisse de communications téléphoniques illimitées vers les postes fixes en France, pour 9 euros par mois en plus du forfait, ou de l'option « Ligne », qui met fin à l'abonnement mensuel à France Télécom de 13 euros. A la place, l'abonné paie 7 euros par mois à neuf Telecom. Enfin, Neuf Telecom lance à l'occasion de ce nouveau forfait, la télévision par Internet, pour 6 euros par mois. L'internaute peut combiner tous ces services comme il l'entend.

Neuf Telecom commercialise son offre triple play (internet, télévision et téléphone) à 31,90 euros par mois en cas de location du modem et à 29,90 euros en cas d'achat de la NeufBox. Le décodeur de télévision peut aussi recevoir la télévision numérique terrestre (TNT) à la norme MPEG-2 dont le lancement vient d'être confirmé par le Premier ministre. Par ailleurs, Neuf Telecom prévoit pour janvier 2005 une offre d'ADSL 2+, qui offre un débit jusqu'à 25 Mbit/s. Mais contrairement à la Freebox, la "Neufbox" se limite à l'accès internet et à la téléphonie et l'accès au bouquet de télévision nécessite l'ajout d'un second boîtier baptisé "décodeur neuf TV", disponible gratuitement, permettant de recevoir le bouquet de base Neuf TV.

De son coté, Club Internet vient d'annoncer qu'il commercialisera à partir du 22 novembre une offre de voix sur IP. Le forfait de base proposé pour la téléphonie sur IP revient à 19,90 euros par mois (24,90 euros par mois au bout d'un an), auxquels il faut ajouter 5 euros supplémentaires par mois pour la location du modem ad hoc. A ce prix, il est possible de se connecter à Internet à 1 Mbit/s (256 kbit/s de l'abonné vers le FAI), tout en téléphonant à volonté dans toute la France. Les appels vers les mobiles sont, eux, facturés 19 centimes la minute. Il proposera aussi une offre à 8 Mbit/s pour 19,9 euros par mois et assure tester du 29 Mbit/s.

Club Internet associe gratuitement 15 services à son offre de téléphonie sur IP (messagerie vocale, présentation du numéro de l'appelant, conférence à trois, etc.) Par ailleurs, toujours dans le cadre de son offre Net & VoIP, Club-Internet fournit en location pour 5 euros par mois un modem routeur compatible WiFi (norme 802.11b et g) et ADSL2+. Ce modem permet à l'utilisateur du service disposant d'un ordinateur portable compatible WiFi d'accéder sans fil à l'Internet à très haut débit et de partager sa connexion. Cette offre intervient dans un contexte international en pleine mutation puisqu'aux Etats-Unis, la FFC, dans une décision très attendue, vient de décider le 9 novembre d'exempter la téléphonie sur IP des taxes locales que doivent payer les opérateurs classiques, ce qui va évidement accélérer la diffusion de cette technologie.

Alors que Neuf Telecom et Club Internet dévoilaient leurs nouvelles offres « triple play » et voix sur IP, SFR annonçait le 10 novembre la commercialisation de son service grand public de téléphonie mobile de troisième génération (3G) en estimant qu'il devrait compter environ 500.000 clients à la fin de l'année 2005. Le deuxième opérateur mobile français, contrôlé par Vivendi Universal et Vodafone, prend ainsi de vitesse Orange (groupe France Télécom), qui prévoit de proposer sa propre offre avant Noël. Quant à Bouygues Telecom, le 3e opérateur de téléphonie mobile, il joue la prudence et a décidé d'attendre quelques mois pour lancer courant 2005 la technologie EDGE compatible avec le réseau GSM actuel avant de passer à la nouvelle génération d'UMTS (norme HSDPA).

Après avoir payé 619 millions d'euros un licence UMTS de 20 ans, valable jusqu'en 2021, SFR a adopté un programme d'investissement de trois milliards d'euros dans les infrastructures 3G sur la période 2001-2011 et à peu près autant pour les dépenses de marketing et de services. SFR, qui couvre dès le départ 64 des 104 villes de France de plus de 50.000 habitants (soit 38 % de la population) et qui promet de couvrir les 104 agglomérations (58 % de la population) d'ici fin 2005, promet une "totale continuité" du service entre les zones 3G et les zones 2G (GSM/GPRS).

En matière de contenus, SFR mise sur les services de visiophonie et de vidéo. Plébiscitée par les clients de SFR utilisateurs de la 3G depuis juin 2004, la Visiophonie est incontestablement l'usage qui marque une véritable rupture avec la génération actuelle de téléphonie mobile. La visiophonie est facturée deux fois le prix d'un appel vocal.

Alors que SFR annonçait en grande pompe le lancement de la 3G, dont l'application-vedette sera la possibilité de visiophonie entre deux abonnés, France Telecom, et ce n'est évidemment pas un hasard, annonçait pour sa part le lancement de la première offre de visiophonie grand public entre téléphones fixes. France Télécom lancera « MaLigne Visio » le 16 novembre prochain. Déjà disponible dans quelques agences (Poitou-Charentes, ouest parisien, Toulouse), le service s'adresse en priorité au grand public qui veut goûter à la visiophonie sans posséder obligatoirement un ordinateur et une webcam. Seule condition : posséder une ligne téléphonique éligible à l'ADSL, puisque MaLigne Visio utilise cette technologie. Il faudra cependant quelques mois pour que MaLigne Visio soit incompatible avec d'autres services haut-débit, tels que l'accès Internet ou la télévision sur ADSL. En revanche, les clients de l'offre pourront organiser des séquences photos et vidéo avec leurs correspondants, en branchant sur leur visiophone un caméscope ou un appareil numérique. La connexion avec un terminal mobile UMTS n'est pas prévue pour l'instant mais on peut parier que cette possibilité sera rapidement offerte aux abonnés si la visiophonie via les mobiles 3G connaît un vrai succès commercial.

Parallèlement à cette nouvelle offre de visiophonie grand public, France Télécom ouvrira, le 1er décembre 2004, sur Paris, son service ADSL 2+, qui proposera aux abonnés les plus proches des centraux jusqu'à 18 Mbit/s en voie descendante. L'offre ADSL2+ sera généralisée sur l'ensemble du réseau national Haut Débit de France Télécom avant la fin du premier semestre 2005 pour être offerte à tous les Français. Enfin, pour marquer le premier anniversaire de l'ouverture du service de Télévision par ADSL inauguré à Lyon le 18 décembre 2003, France Télécom présentera mi-décembre à Paris, la Télévision Haute Définition sur ADSL 2+ en utilisant la norme MPEG4.

Enfin, dernier événement numérique, mais non le moindre, en ce début de mois de novembre décidemment très riche dans le domaine des TIC, la version officielle du navigateur internet Firefox, qui vise à contrer la domination d'Internet Explorer de Microsoft, a été lancée le 9 novembre, accompagnée de nouveaux outils pour rendre le programme plus efficace. Face à la concurrence de Firefox, la part de marché d'Internet Explorer a reculé de 95,5 à 92,9 % en juin, selon des données de WebSideStory publiées la semaine dernière. Au cours de la même période, la pénétration de Firefox a bondi de 3,5 à 6 %, selon la même source. Plus de 8 millions de personnes ont téléchargé Firefox depuis le lancement de sa version de démonstration à la mi-septembre, a précisé Mozilla. Au contraire d'Internet Explorer, Firefox permet d'ouvrir plusieurs pages Web dans une même fenêtre, un outil dit de "navigation par onglets" et offre des protections contre les publicités pop-up et les sites Web frauduleux.

Si l'on considère dans leur globalité et leurs interactions, l'ensemble de ces innovations techno-économiques, on voit bien qu'une mutation technologique, mais aussi économique et sociale majeure, est en train de se dérouler sous nos yeux. Cette mutation se caractérise par la constitution accélérée d'un continuum numérique unique, via l'internet qui est en train d'absorber complètement la télévision et le téléphone et continue son irrésistible expansion autour de nouvelles « applications tueuses », la visiophonie interpersonnelle et professionnelle, vidéo à la demande, accès permanent à des communautés et des mondes virtuels, assistance médicale personnelle notamment.

Désormais, l'utilisateur ne raisonne plus en terme de terminaux ou de technologies mais en terme de services numériques personnalisés. Où qu'il soit, quoi qu'il fasse, quel que soit le terminal disponible, PC, mobile PDA, smartphone, il veut pouvoir accéder à chaque instant à son « espace numérique personnel », qu'il s'agisse de ses dossiers professionnels ou personnels, de sa discothèque ou vidéothèque privée, ou de ses espaces virtuels de loisirs. Très rapidement, grâce au très haut débit et à la convergence numérique, chaque foyer pourra disposer, moyennant un abonnement mensuel modique, d'un accès internet ultra-rapide, de la télévision numérique et du téléphone sur IP quasi-gratuit. Dans cette recomposition de la chaîne de valeur numérique, la valeur ajoutée se déplacera vers de nouveaux services personnalisés : visiophonie, vidéo à la demande, assistance médicale ou programmes éducatifs personnalisés, commerce électronique en 3D, accès à ses mondes virtuels personnels etc... Dans ce nouveau paysage numérique caractérisé par la numérisation intégrale de nos activités et de notre mémoire personnelles et professionnelles, l'anticipation et l'innovation en matière de demandes et de services numériques totalement personnalisés deviendra le principal moteur de la compétitivité cognitive.

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


TIC
Information et Communication
Etats-Unis : la voix sur IP ne sera pas taxée
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

La FCC (Federal Communications Commission), l'agence américaine de régulation de l'audiovisuel et des télécommunications, a pris position contre plusieurs États fédéraux. Et leur volonté de soumettre les opérateurs de voix sur IP à la réglementation habituellement applicable aux opérateurs télécoms classiques. C'est une société spécialisée dans la fourniture de services vocaux sur IP, Vonage Holdings, qui avait saisi la FCC sur ce dossier en mai dernier. Il s'agit donc d'une victoire pour Vonage, comme pour tous ses concurrents, tels que Verizon Communications, AT&T ou d'autres sociétés beaucoup plus petites. Car aux États-Unis, les opérateurs télécoms sont soumis à de nombreuses taxes locales, censées notamment assurer la pérennité des services d'urgence. Plusieurs États, comme le Minnesota et la Californie, ont cherché à imposer de telles taxes sur les services de VoIP. C'est également le cas de deux villes californiennes, Burbank et El Monte, qui réclamaient aux opérateurs de voix sur IP une taxe de 1,4 dollar par mois et par abonné résidant dans leur commune. «Cette décision importante reconnaît qu'une révolution a eu lieu», a déclaré Michael Powell, le président de la FCC. Le vote a pourtant été serré au sein de la commission : les trois membres républicains ont décidé d'accorder ce régime protecteur pour les opérateurs de VoIP, tandis que les deux membres démocrates, pourtant d'accord sur le principe, s'y sont opposés. «Cette décision ne prend pas en compte des questions essentielles, comme le service universel, la sécurité publique et l'application de la loi», a expliqué le démocrate Jonathan Adelstein. La FCC lève ainsi une partie des incertitudes réglementaires qui planaient encore sur ce secteur, et qui empêchaient les industriels de se lancer dans une concurrence féroce. Les opérateurs de services VoIP ne sont toutefois pas encore rangés dans la catégorie fournisseurs de service internet, ce qui leur permettrait de bénéficier d'un environnement complètement dérégulé. La FCC se prononcera sur ce point uniquement en 2005, après avoir examiné l'ensemble des services proposés.

FCC

FCC

Le téléphone portable pour s'enregistrer sur un vol en 2005
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Les passagers qui souhaitent éviter les files d'attente dans les aéroports pourront s'enregistrer sur certains vols avec leur téléphone portable à partir de l'an prochain, grâce à une technologie développée par deux sociétés européennes. Siemens et SITA, spécialisé dans les technologies d'informations dans l'aérien, ont mis au point un service utilisant le GPRS, une norme de communication mobile, permettant de s'enregistrer sur un vol, de changer de siège, de vérifier les horaires et de recevoir des informations sur l'enregistrement des bagages. "Maîtriser les coûts et proposer un choix plus important pour les passagers sont des priorités pour le transport aérien, la solution SITA Mobile Check-in permet les deux à la fois", a déclaré Francesco Violante, directeur général de SITA dans un communiqué. La première compagnie aérienne prévoyant de proposer ce nouveau service est le transporteur brésilien TAM.

Reuters

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Espace
Espace et Cosmologie
Espace : l'Europe réussit son premier rendez-vous avec la Lune
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

La première sonde lunaire de l'Europe, SMART-1, a été placée lundi soir dans l'orbite du satellite de la Terre, une réussite qui revêt une grande importance pour les futures missions interplanétaires appelées à utiliser les moteurs ioniques. L'ESA (Agence spatiale européenne) a annoncé mardi que 13 mois après son lancement par une Ariane 5, le satellite SMART-1, dont la mission inédite est de cartographier la topographie et la composition minéralogique du satellite naturel de la Terre, a été capturé par la gravité de la Lune à 18h53 (17h53 GMT) la veille. Selon Giuseppe Racca, directeur de la mission, les manoeuvres effectuées par la sonde pour passer d'un orbite géostationnaire à un orbite planétaire "ont été extraordinairement complexes" et cette réussite est une "grande première en matière de dynamique de vol spatial". Selon les responsables de l'ESA, SMART-1 se trouve actuellement à une distance d'environ 5.000 Km de la Lune. Son système de propulsion hélioélectrique (moteur ionique) délivre maintenant une poussée pour réaliser la délicate manoeuvre qui progressivement stabilisera la sonde sur son orbite de travail, qu'elle atteindra à la mi-janvier. C'est alors que SMART-1, dont l'orbite elliptique polaire sera comprise entre 300 Km (au-dessus du pôle sud) et 3.000 Km (pôle nord), commencera sa mission proprement scientifique, pour une durée prévue de six mois. Selon Bernard Foing, directeur scientifique de la mission, la "Lune est le témoin capital de ce que furent les conditions sur notre Terre lorsque la vie y est apparue. En tant que fille de la Terre, elle détient la clé de la compréhension de nos origines". La mise en orbite lunaire de SMART-1 marque la fin et le succès de la partie technologique de la mission : celle-ci a permis à l'Europe de tester et de faire des essais sur le système de propulsion ionique, alors que la sonde décrivait une longue trajectoire en spirale entre la Terre et la Lune de plus de 84 millions de kilomètres, une distance comparable à celle d'une mission interplanétaire. "C'est la première fois qu'un véhicule spatial à propulsion électrique effectue des manoeuvres d'assistance gravitationnelle en exploitant l'attraction exercée par le corps lunaire", s'est félicité Octavio Camino, chef du contrôle au sol de la mission à Darmstadt (Allemagne). L'équipe de SMART-1 s'est également livrée à des essais de communication dans l'espace lointain, dont l'objet était de tester des transmissions radio à des fréquences beaucoup plus élevées que les fréquences radio traditionnelles. Au cours de la phase de croisière et pour se préparer à l'observation scientifique de la Lune, des essais ont été réalisés sur 4 instruments miniaturisés utilisés pour la première fois dans l'espace : c'est notamment le cas de la caméra AMIE, qui a déjà pris depuis l'espace des images de la Terre, de la Lune et de deux éclipses solaires totales. "C'est un grand moment pour l'exploration du système solaire. Tous les Européens ont des raisons d'être fiers. L'espace est rude, et le petit SMART-1 a dû batailler ferme pour tailler sa route à travers les radiations", selon David Southwood, directeur scientifique de l'ESA, présent à Darmstadt. "Nous sommes aussi en route vers une comète (avec la mission Rossetta ndlr), puis il y aura Vénus. Avant de nous tourner plus tard vers Mercure", a-t-il conclu.

ESA

Lancement début 2005 d'un "voilier solaire
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Cosmos-1, vaisseau construit par une société russe, sera lancé début 2005 pour tenter le premier vol spatial contrôlé à l'aide d'une voile solaire, a annoncé la "Planetary Society", organisation non gouvernementale américaine spécialisée dans l'exploration spatiale. Cosmos-1 sera mis en orbite autour de la Terre par un missile balistique intercontinental reconverti en lanceur, qui sera tiré depuis un sous-marin russe dans la mer de Barents. Le lancement a été fixé provisoirement au 1er mars, mais la fenêtre de tir s'étendra jusqu'au 7 avril et la date effective sera déterminée par la marine russe. Des stations de contrôle russes, américaines et tchèques suivront le vol. Selon les experts, les voiles solaires pourraient offrir un moyen de propulsion pour de futurs voyages interstellaires. En utilisant la faible pression solaire, elles devraient permettre à des vaisseaux d'atteindre progressivement de très hautes vitesses et de couvrir de grandes distances. Le Japon a testé une voile solaire lors d'un vol suborbital et la Russie en a également déployé une à l'extérieur de la défunte station spatiale Mir, mais dans aucun des deux cas il ne s'agissait d'un vol contrôlé, souligne Louis Friedman, directeur de la Planetary Society et du projet Cosmos-1. Une fois le vaisseau en orbite, des tubes gonflables déploieront la voile rigide, constituée par huit panneaux de 15 mètres de long ressemblant aux ailes d'un moulin à vent. Chaque panneau peut être tourné pour refléter la lumière du soleil dans différentes directions afin de pouvoir "tirer des bords" comme un voilier. Estimé à près de 3,1 millions d'euros, Cosmos-1 est un projet de la Planetary Society, organisation cofondée en 1980 par l'astronome américain Carl Sagan, et le vaisseau a été construit par la société russe NPO Lavotchkine. Le financement a été assuré en grande partie par les Studios Cosmos, basés dans l'Etat de New York, qui ont pour but de divertir à l'aide de la science. Cofondatrice des studios, Ann Druyan, la veuve de Carl Sagan, a noté que son époux, mort en 1996, aurait eu 70 ans mardi, jour de l'annonce de la Planetary Society. "Lancer le compte-à-rebours du lancement de Cosmos-1 le jour de l'anniversaire de Carl ne pouvait être plus approprié", a-t-elle souligné dans un communiqué.Un prototype de la voile a été lancé par la Russie en 2001 mais la fusée n'a pas développé une poussée assez forte et l'engin n'a pas réussi à se séparer du lanceur. Cosmos-1 a été conçu pour se placer dans une orbite quasi-polaire à plus de 800 kilomètres d'altitude et pour fonctionner pendant un mois. Couvrant une surface de 602 mètres carrés, la voile devrait être visible la nuit en apparaissant comme un point brillant.

AP

Lancement réussi pour la fusée de nouvelle génération "Soyouz-2"
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Une fusée-test russe de nouvelle génération "Soyouz-2" a été lancée avec succès lundi soir de l'aérodrome de Plessetsk, dans le nord de la Russie, ont indiqué les forces spatiales citées par les agences russes. La fusée a décollé à 21h30 (18h30 GMT) et a mis en orbite à 21h38 (18h38 GMT) une maquette de satellite qui doit s'échouer ensuite dans l'Océan Pacifique. Le lancement d'essai de cette fusée avait été annulé samedi dernier. Les deux premiers tests, prévus le 29 octobre, puis le 6 novembre, avaient été annulés en raison de défauts découverts dans les logiciels de la fusée. Cette "Soyouz-2" de nouvelle génération a été entièrement élaborée par la Russie et devrait à l'avenir mettre sur orbite des satellites militaires et civils, ainsi que des vols habités dans le cadre du programme de la station spatiale internationale ISS. Elle doit remplacer les fusées Soyouz, célèbres et fiables, mais vieillies. Equipée du lanceur Frégate, elle remplacera aussi les fusées Molnia-M et sera capable d'assurer des vols interplanétaires. Il était prévu qu'une partie de ses lancements commerciaux puissent s'effectuer de la base spatiale de Kourou (Guyane Française). Les équipements informatiques modernes de Soyouz-2 permettent de réduire fortement le nombre des spécialistes chargés de suivre son lancement, qui tombera de 70 à 20. Deux personnes suffiront pour assurer le contrôle du vol, contre 40 précédemment.

Sciences&Avenir

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Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Le réchauffement global affecte la faune et la flore des Etats-Unis
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Le dernier rapport du Pew Center on Global Climate Change d'Arlington (Virginie) est très alarmiste et confirmes les craintes liées aux effets catastrophiques du réchauffement climatique. Il met en effet en évidence que la faune et la flore nord-américaines sont d'ores et déjà affectées par le réchauffement. Et il souligne que ces perturbations risquent de s'amplifier. Ce rapport, signé de Camille Parmesan (université de Texas-Austin) et de Hector Galbraith (université de Colorado-Boulder), synthétise les résultats d'une quarantaine d'études sur les "impacts observés" du changement climatique, au cours des vingt à cent dernières années, sur un large échantillon d'espèces animales et végétales de différentes régions des Etats-Unis. Plus de la moitié d'entre elles font apparaître "un lien direct" entre le changement climatique et des modifications des écosystèmes. "Il existe aujourd'hui suffisamment d'études pour conclure que les conséquences du changement climatique sont déjà perceptibles dans les écosystèmes américains", estiment les auteurs. Premier effet visible : les modifications de période de floraison de certaines plantes et de reproduction de certains animaux. Entre 1971 et 1998, la saison de reproduction du geai du Mexique (Aphelocoma ultramarina), étudié dans les montagnes du sud de l'Arizona, a ainsi été avancée d'une dizaine de jours, en corrélation avec la hausse des températures printanières. Certaines espèces s'accommodent de ce décalage. Certains papillons prennent leur envol deux semaines plus tôt que par le passé, au moment précis où les fleurs qu'ils butinent s'épanouissent, elles aussi, précocement. Mais d'autres lépidoptères, qui ne sont plus en phase avec les plantes dont ils dépendent, pourraient voir "leur population décliner". Autre conséquence : le déplacement vers le nord de l'aire de répartition de certaines espèces. C'est le cas d'un petit papillon aux ailes marbrées d'orange et de noir, l'Euphydryas editha, qui a disparu du sud-ouest des Etats-Unis. Cette migration s'accompagne parfois d'une compétition territoriale. Le renard roux (Vulpes vulpes), en poussant vers les latitudes nordiques, menace désormais le renard arctique (Alopex lagopus), plus petit et moins agressif que son rival, avec lequel de récentes études laissent penser qu'il ne peut coexister. De telles modifications de frontières ont été observées, au cours des dernières décennies, pour diverses espèces d'oiseaux, de mammifères, d'invertébrés, ainsi que de végétaux, ce qui "menace potentiellement"la biodiversité du continent nord-américain, met en garde le rapport. Celui-ci pointe encore le danger d'une altération de grande ampleur du cycle du carbone atmosphérique. La toundra de l'Alaska, où la température moyenne a augmenté de 2 °C à 4 °C depuis cinquante ans, relâche désormais davantage de dioxyde de carbone qu'elle n'en stocke, la fonte des glaces ayant pour effet de favoriser la décomposition de la matière végétale. "Les écosystèmes réagissent déjà au réchauffement. Et ce n'est que le début, souligne Eileen Claussen, président du Pew Center on Global Climate Change. Avec le réchauffement prévu pour ce siècle, de deux à dix fois supérieur à celui du siècle passé, nous allons vers une rupture fondamentale et peut-être irréversible."

Rapport du PCGC

La réduction des gaz à effet de serre devient vitale
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Tout retard dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre augmentera les probabilités de changements climatiques dangereux pour notre planète, selon de nouvelles analyses publiées lundi par l'académie nationale américaine des sciences. "Tout retard dans la diminution des gaz à effet de serre provoquera un réchauffement plus important du globe et accélérera ce phénomène", a affirmé Michael Oppenheimer, un géophysicien à l'université de Princeton dans le New Jersey (nord est) et co-auteur de cette étude. "Non seulement cela peut avoir des effets néfastes sur les écosystèmes mais aussi sur des éléments importants du système climatique du globe", a-t-il également mis en garde. Citant plusieurs modèles informatiques, ce scientifique a expliqué que des délais dans l'application des mesures de réduction des gaz responsables du réchauffement de l'atmosphère, pourraient entraîner une destruction étendue des récifs coralliens dans le monde, tandis que leur application rigoureuse limiterait au contraire les dégâts causés à ces écosystèmes très sensibles à une faible augmentation de la température. D'autres scénarios montrent aussi de la même manière une désintégration accélérée ou une stabilisation des calottes glacières de l'Antarctique et des glaciers de l'Arctique avec un impact important sur le niveau des océans, a également souligné Michael Oppenheimer. De fait, les chiffres présentés par l'étude sur l'Arctique,- la plus complète jamais publiée concernant cette région - sont pour le moins alarmants. Ainsi, au cours des cent prochaines années, les températures moyennes en Arctique risquent d'augmenter de 4 à 7 degrés et ce, du fait des émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre. En cause : les activités humaines. Les conséquences de ce réchauffement climatique pourraient s'avérer désastreuses. D'après les projections, dès 2070, la calotte glaciaire disparaîtrait totalement en été. Du coup, les espèces animales vivant dans la région, comme l'ours blanc ou le phoque, seraient menacées d'extinction. Dans le même temps, d'autres espèces habituées à vivre sous des climats plus tempérés prendraient possession du Grand Nord. Une des hypothèses dominantes des recherches actuelles sur les modifications climatiques provoquées par la pollution industrielle et automobile, est que tout délai dans la mise en oeuvre de mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, présente un avantage économique à court terme, souligne Oppenheimer.. Cette approche est fondée sur le principe économique erroné selon lequel il est toujours préférable de remettre à plus tard des dépenses, a-t-il ajouté.

Livescience




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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Une étape franchie dans la recherche d'un vaccin contre le sida
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Une équipe de chercheurs français conduite par Ara Hovanessian (Centre national de la recherche scientifique -Institut Pasteur) annonce mardi avoir réussi à fabriquer, chez le lapin, des anticorps capables de bloquer, en laboratoire, l'infection de cellules immunitaires humaines par le virus du sida. Une étape est donc franchie dans la recherche d'un vaccin capable d'induire une réponse du système immunitaire conduisant à la production d'anticorps neutralisants, c'est-à-dire capables de bloquer l'action du virus à l'origine du sida, le VIH. Ces résultats, publiés mardi dans la revue américaine "Immunity" ouvrent des perspectives intéressantes pour le développement d'un vaccin contre le sida. C'est en effet la première fois que des anticorps réagissent à des virus testés. Le virus du sida est très variable. "Jusque-là, on obtenait des anticorps dirigés contre une région du virus variable d'une souche à l'autre. Il s'agissait d'anticorps spécifiques de certaines souches virales", a expliqué mardi à l'Associated Press Ara Hovanessian. Mais lui et son équipe ont réussi à synthétiser des peptides (proteines) correspondant à une région de la membrane commune à toutes les souches virales. "Ces protéines sont capables chez le lapin, de stimuler la production d'anticorps qui inhibent différentes souches de VIH.", s'est félicité le chercheur. D'autant plus qu'"elles peuvent inhiber des virus isolés à partir du sang de malades". Ce progrès ouvre la voie à la mise au point, à terme, d'un vaccin synthétique capable de lutter contre différentes souches du VIH. "Ce vaccin ne sera pas isolé. Il sera inclus dans une préparation vaccinale dont l'autre fonction sera de stimuler les cellules tueuses", a indiqué Ara Hovanessian. Les anticorps anti-VIH agissent à deux niveaux : d'une part, ils inhibent l'infection de cellules par le VIH et d'autre part, sur des cellules déjà infectées, ils empêchent le virus de se propager à d'autres cellules. Par ailleurs, du fait de l'absence d'anticorps naturels chez la majorité des patients séropositifs, ce vaccin pourrait également avoir une application comme vaccin thérapeutique.

AP

Un traitement à ARN contre le cholestérol
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Le taux de cholesterol de souris a été réduit grâce à de minuscules fragments d'ARN. L'expérience publiée dans la revue Nature prouve que la technique appelée interférence de l'ARN (ou ARNi) continue d'être porteuse d'espoir pour traiter les maladies. L'interférence de l'ARN utilise des fragments de la molécule d'ARN pour réduire au silence un gène particulier, qui code par exemple pour une protéine nocive. L'ARN possède en effet une structure semblable à celle de l'ADN. Mais alors que la molécule d'ADN porte l'information génétique, l'ARN est le messager de la cellule. L'ARN copie l'information génétique portée par l'ADN pour l'acheminer du noyau au cytoplasme, lieu de fabrication des protéines. Mais une petite molécule d'ARN bien ciblée qu'on appelle ARNi peut détraquer le processus et empêcher l'ARN messager de transmettre correctement son information. Le gène ne peut alors plus s'exprimer. Les scientifiques croient en l'utilisation possible d'une telle technique en médecine, mais ont un doute : comment s'assurer de délivrer le traitement uniquement dans certaines zones cibles de l'organisme ? Les chercheurs de l'entreprise de biotechnologies Alnylam, en Allemagne, ont trouvé un moyen de régler la question dans le cas des maladies liées au cholestérol. Ils ont attaché une molécule de cholesterol à la molécule "médicament" d'ARNi. Les cellules qui fabriquent le cholestérol possèdent des récepteurs de cette molécule et ont donc intercepté le complexe d'ARNi injecté chez les souris. Résultat : les chercheurs ont bel et bien obtenu une chute de 44 % du mauvais cholestérol chez les animaux. En testant l'activité de certains gènes non reliés au gène ciblé, aucun changement n'a été observé après la thérapie, ce qui prouve que seul le gène producteur de cholestérol a été réduit au silence. La compagnie aimerait déposer une demande d'essai clinique auprès de la FDA américaine.

Nature

Cancer du col de l'utérus : étape ultime vers un vaccin
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Les recherches pour mettre au point un vaccin contre le cancer du col de l'utérus ont franchi une nouvelle étape, des tests montrant qu'un sérum pouvait assurer une protection de longue durée, souligne une étude internationale dirigée par Diane Harper du Dartmouth-Hitchcock Medical Center (DHMC). Quatre ans après avoir reçu ce vaccin expérimental, 94 % des femmes participant à l'étude ont été protégées contre le virus qui provoque la plupart de ces cancers, et aucune n'a développé de symptômes précancéreux, souligne l'étude. «Nous sommes très heureux de ces résultats. Les réactions du système immunitaire semblent vraiment durables», souligne le Dr. Eliav Barr, qui dirige la mise au point du vaccin pour les laboratoires Merck. La firme compte demander l'an prochain l'agrément de la Food and Drug Administration (FDA), l'office de contrôle pharmaceutique et alimentaire américain, pour la commercialisation de ce vaccin. Chaque année dans le monde, 500.000 femmes sont touchées par ce cancer, dont 25.000 nouveaux cas déclarés en Europe. Le vaccin expérimental mis au point par une équipe de chercheurs américains est dirigé spécifiquement contre une des souches du virus : le papillomavirus de type 16. Cette souche est présente dans 50 % des cancers qui infectent environ 20 % des femmes dans le monde. Les premiers essais cliniques ont été réalisés durant deux années sur 2.392 femmes âgées de 16 à 23 ans. Réparties en plusieurs groupes, certaines recevaient un placebo, d'autres différentes doses du vaccin. Dans le premier groupe, 41 personnes (3,8 %) ont contracté une infection, tandis que le taux d'infection était nul chez les sujets vaccinés. Cette immunisation peut donc réduire les risques d'infection et les complications associées au cancer. Certes, cet examen a pour l'instant été réalisé à une échelle réduite. Mais des tests sont déjà en cours de réalisation sur des milliers de volontaires à travers le monde (phase III des tests). A ce rythme, un tel vaccin pourrait être disponible sur le marché d'ici cinq ans. Il s'agirait alors du second vaccin prévenant un cancer après celui contre l'hépatite B, qui a réduit de manière spectaculaire le nombre d'infections évoluant en cancer du foie.

DMS

Un nouveau recours contre l'hépatite C
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Dans la lutte contre l'hépatite C (VHC), l'association de peginterféron -un traitement de nouvelle génération- et de ribavirine semble avoir permis, chez des patients qui ne répondaient pas aux médicaments classiques, d'obtenir des résultats positifs. Une étude présentée à la réunion de l'American Association for the study of Liver Diseases de Boston, et portant sur près de 80 patients non-répondants aux traitements classiques par interféron et ribavirine, paraît encourageante. Les malades ont été randomisés en trois groupes. Pendant douze semaines, certains ont reçu une dose hebdomadaire de peginterféron deux fois plus élevée que la normale -360µg au lieu de 180µg- combinée à de la ribavirine. Un taux de réponse virale prolongée (RVP) de 37,5 % a été observé chez ces patients. Un résultat encourageant compte tenu des faibles taux -environ 10 %- rapportés par les études précédentes.

DS

Une variation génétique protégerait de la maladie de Creutzfeld-Jakob
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Une mutation génétique pourrait expliquer le fait que certaines personnes résistent mieux que d'autres à la maladie de la vache folle, selon une étude menée chez des souris par des chercheurs du Collège universitaire de Londres. Chez elles, la maladie se manifesterait de façon différente et ne serait pas reconnue. Les travaux de ces chercheurs sont publiés dans le dernier numéro de la revue scientifique "Science". La nouvelle forme de cette maladie dégénérative n'a pas encore été retrouvée chez les humains. Elle a pour l'heure été observée en laboratoire chez des souris, conduisant les scientifiques à mener rapidement une série d'autopsies pour vérifier son existence chez les humains. Baptisée encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie qui détruit le cerveau a tué plus de 140 personnes en Grande-Bretagne et une dizaine dans le reste du monde. Historiquement, c'est quand l'ESB a été transmise aux humains, qu'elle a alors été baptisée variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, ou vCJD. Il existe aussi une forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, c'est-à-dire indépendante de la consommation de viande bovine. La protéine prion est toutefois à l'origine de ces deux pathologies. L'équipe de Jonathan Wadsworth, qui a travaillé sur les souris, vient de découvrir une troisième forme de la maladie, qui s'attaque elle aussi au cerveau, mais se caractérise par des dépôts dans le cerveau très différents tant dans leur taille que dans leur localisation de ceux observés dans les deux autres formes de la maladie. Les souris ne présentent aucun des symptômes de la maladie. Ce qui fait dire à Jonathan Wadsworth que ces rongeurs n'ont "peut-être pas vécu assez longtemps pour les développer". La protéine en cause dans la maladie est la molécule PrP qui, selon son génome, peut exister sous deux formes : la méthionine ou la valine. L'équipe de chercheurs vient de découvrir que les souris porteuses de la forme humaine de la PrP methionine pourraient être touchées par la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, alors que celles porteuses de la forme valine y résisteraient.

Science

BBC

Pourquoi certains de nos gènes se taisent-ils ?
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Nous avons tous, dans nos cellules, deux copies de chaque gène : l'une héritée de notre mère et l'autre de notre père. Pour la plupart des gènes, les deux copies s'expriment de la même manière. Cependant, il existe des gènes pour lesquels une seule des deux copies s'exprime, l'autre étant réprimée. Cette répression génique, dépendante de l'origine parentale, s'appelle l'empreinte génomique. Chez les humains et d'autres mammifères placentaires, elle est essentielle pour le développement du placenta et de l'embryon. Les modifications du génome qui sont à l'origine de l'empreinte restent mal comprises : il ne s'agit pas de modifications de la séquence de l'ADN, mais de modifications « épigénétiques ». Les perturbations de l'empreinte parentale sont fréquemment associées à des maladies, notamment au cancer. Il existe, par exemple, chez l'homme, au niveau du chromosome 11, une grande région dont l'empreinte est souvent perturbée dans des tumeurs et chez les nouveau-nés atteints de surcroissance. Une anomalie de la répression des deux copies de l'un des gènes, qui contrôle la prolifération cellulaire, contribue à la genèse de certaines tumeurs. L'équipe 'Empreinte Génomique et Développement' de l'Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier a identifié, chez la souris, les mécanismes responsables de l'inactivation spécifique de la copie paternelle des gènes sur l'ensemble de cette région. De façon inattendue, et pour la première fois, les chercheurs ont découvert que la répression de la plupart des gènes n'implique pas la méthylation de l'ADN (fixation de groupements méthyl, CH3), mais plutôt la modification des histones, les protéines qui organisent l'ADN dans la cellule. Une étude menée en parallèle, en collaboration avec une équipe de Cambridge (Angleterre), a permis de montrer que la répression paternelle le long du domaine, et donc les modifications des histones, était dépendante de la présence d'une courte séquence d'ADN. Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives quant à la compréhension des mécanismes « épigénétiques » qui semblent être extrêmement importants pour l'expression adéquate des gènes. Leur étude devrait permettre de mieux comprendre les dérégulations de l'empreinte génomique observées dans les pathologies humaines.

CNRS

Un avion piloté par un cerveau de rat
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Les chercheurs ont extrait des neurones du cortex cérébral moteur d'embryons de rats. Les cellules furent ensuite mises en culture en laboratoire dans des éprouvettes sur une grille d'électrodes en or. « Lors de leur croissance, les cellules ont créé de microscopiques connexions entre elles devenant un véritable ordinateur vivant » a expliqué Thomas Demarse ingénieur biomécanique à l'University of Florida de Gainesville. Les résultats de cette expérience laissent entrevoir la possibilité de construire des véhicules sans pilote dans lequel l'ordinateur de bord sera assisté par un réseau neuronal biologique constitué de cellules cérébrales de rats ou d'autres animaux. Demarse a écrit les algorithmes nécessaires à ce groupe de 25 000 neurones pour piloter un avion de chasse F22 dans un simulateur de vol. Les neurones ont interprété les signaux du simulateur et ont adapté en conséquence le vol de l'avion, stabilisant l'aéronef virtuel en fonction des conditions atmosphériques simulées. Selon un autre chercheur, Mandayam Srinivasan du Massachusetts Institute of Technology, la combinaison de l'informatique et de la biologie devrait augmenter la puissance des calculateurs et leur donner la capacité de résoudre certaines questions spécifiques. « Un animal réussit à faire la différence entre deux types de tissus, tandis que cela est presque impossible pour un ordinateur », explique-t-il. Bien entendu, ce n'est pas encore demain qu'un tel réseau neuronal pilotera l'avion en vol. Mais l'avantage de ce type de recherche est de permettre d'observer les neurones au travail. La connaissance du fonctionnement des neurones sera utile pour comprendre certaines pathologies telle l'épilepsie et devrait permettre le développement de nouvelles thérapies.

Université de Floride

Soyez heureux, vous vivrez vieux !
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

C'est désormais prouvé, le bonheur prolonge l'espérance de vie ! Plus précisément, les optimistes présenteraient moins de risque de décéder d'une maladie cardio-vasculaire que les pessimistes et autres grincheux. C'est ainsi que le vieil adage Carpe diem prend tout son sens. De nombreuses études avaient déjà montré qu'un état dépressif constituait un véritable facteur de risque de maladie cardio-vasculaire. Mais l'inverse n'avait jusqu'ici fait l'objet d'aucun travail scientifique. C'est désormais chose faite, grâce au Néerlandais Erik Giltay, du centre psychiatrique de Delft. Avec son équipe, il a demandé à 900 femmes et hommes de plus de 65 ans de répondre à une série de questions. Etat de santé physique, psychologique, relations sociales... Pendant près de 10 ans, il a récolté une multitude d'informations. Il n'est guère surprenant vu leur âge, qu'au cours de son travail un tiers des participants soit décédé. Une donnée qui lui a permis de montrer que celles et ceux qui affichaient un optimisme sans borne présentaient 23 % de risque en moins de décéder d'une maladie cardio-vasculaire que les pessimistes ! Ce n'est pas tout. En prenant en compte toutes les causes de décès possibles, les bienheureux avaient 55 % de chance en moins de décéder. Souriez, vous vivrez plus longtemps !

Livescience

Le corps, comme le visage, transmet les émotions
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

Une bagarre éclate dans une foule et les personnes les plus éloignées sont immédiatement sur leurs gardes. Cette peur contagieuse vient d'être expliquée par une chercheuse de Harvard qui dévoile le mécanisme de la transmission rapide d'une émotion à travers la foule. Les résultats sont publiés dans le dernier numéro des annales de l'Académie des sciences. Selon cette étude, le seul fait de voir quelqu'un adopter une attitude de peur déclenche une réaction immédiate dans certaines zones cérébrales sièges de l'émotion et rend le corps prêt à l'action. Cette réponse peut se propager dans une foule, tel un feu de broussailles. "Nous sommes très sensibles au langage émotionnel du corps et nous y réagissons sans en être informés", explique Béatrice de Gelder, de l'école médicale de Harvard. "C'est très bien car ça nous met en position d'agir."La plupart des études menées dans ce domaine se limitaient aux expressions du visage, ajoute-t-elle. Avec son équipe, elle a photographié des acteurs dans différentes positions, tour à tour heureux, neutres ou apeurés. Les photos ont été présentées à quatre hommes et trois femmes, chez lesquels l'activité cérébrale était suivie par le biais d'une IRM (imagerie par résonance magnétique). Les scientifiques ont découvert que ceux qui observaient les attitudes heureuses ou neutres ne montraient de réponse que dans la partie du cerveau impliquée dans le traitement des images visuelles. Ceux qui, en revanche, observaient les postures apeurées, répondaient par une activité des zones visuelles, émotionnelles et motrices. Ceci souligne que les émotions ne sont pas communiquées uniquement verbalement : "Elles sont vraiment communiquées sans l'intervention de la pensée. C'est une transmission du corps au corps", explique Béatrice de Gelder. Selon Stephen Maren, professeur de psychologie à l'Université du Michigan, on savait qu'une variété de stimuli pouvait provoquer des réponses dans certaines zones émotionnelles. Ceci a déjà été démontré, notamment chez les gens soumis à des visages, des odeurs rebutantes ou encore des menaces verbales. "Je ne suis donc pas étonné que des attitudes de peur déclenchent une réponse, a-t-il dit. Mais ça n'avait jamais été démontré avant". "Nous devons disposer d'un système qui réponde très rapidement. Si quelque chose est dangereux, nous devons répondre rapidement. Nous devons détecter les menaces à un stade très précoce et la posture pourrait être le signal", estime le Pr Maren.

AP

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Recherche
Recherche & Innovation, Technologies, Transports
Succès d'un vol expérimental à près de 10 fois la vitesse du son
Jeudi, 18/11/2004 - 00:00

L'avion expérimental sans pilote X-43A a réussi mardi à voler brièvement à près de 10 fois la vitesse du son (Mach 10) en se propulsant à 11.263 km/h, record mondial de vitesse pour un engin propulsé par un moteur atmosphérique, qui ouvre la voie au vol hypersonique du futur. L'engin a ainsi battu pour la deuxième fois en moins de huit mois le record mondial de vitesse pour un tel appareil. "Une fois de plus, nous avons franchi une étape historique dans l'histoire de l'aviation", a lancé sur la chaîne de télévision de la Nasa Vincent Rausch, directeur du programme X-43A, en précisant que la vitesse exacte serait connue après l'analyse des données de vol. Qualifiant cet essai "de très réussi", Frederick Gregory, administrateur adjoint de la Nasa, a ajouté qu'il s'agissait d'un objectif très important pour l'agence spatiale américaine. Ce vol avait été retardé de 24 heures alors que la Nasa avait dû procéder à des vérifications supplémentaires des systèmes électroniques du X-43. Un autre exemplaire du X-43A avait atteint près de Mach 7 (7.700 Km/h) le 27 mars, battant le précédent record de vitesse avec un moteur atmosphérique (par opposition à un moteur de fusée) établi par l'avion espion SR-71 Blackbird à Mach 3,2 (3.500 km/h) dans les années 60. Les deux derniers succès du X-43, un appareil de petite taille (3,65 m de long pour 1,5 m d'envergure), au profil plat et aux lignes très aérodynamiques, résultent de 20 ans de recherches dans la technologie dite du "scramjet" (Supersonic Combustible Ramjet) fondée sur la propulsion par statoréacteur à combustion supersonique.

Contrairement aux fusées qui doivent emporter l'oxygène pour la combustion de leur moteur, un statoréacteur brûle son carburant en utilisant l'oxygène de l'atmosphère qu'il traverse à grande vitesse. Un bombardier B52 de l'US Air Force avait décollé de la base d'Edwards en Californie peu après 13h00 (21H00 GMT) mardi emportant sous son aile droite le X-43 à un peu plus de 12.000 mètres d'altitude. Une fois détaché de l'avion, après une ascension d'une heure environ, le X-43A, à mi-chemin entre l'avion et l'engin spatial, a été porté à 30.000 mètres par une fusée Pegasus dont il s'est ensuite séparé pour voler de façon autonome avec son statoréacteur allumé à près de Mach 10 pendant 10 secondes.

L'avion a ensuite poursuivi sa lancée en effectuant durant une dizaine de minutes une série de manoeuvres préprogrammées avant d'aller finir sa course dans le Pacifique. L'administrateur de la Nasa, Sean O'Keefe, a estimé dans un communiqué que "le dernier vol du X-43A représentait une étape clé pour mettre au point de futurs lanceurs capables d'emporter dans l'Espace des charges importantes en toute sécurité et à faible coût". Le Pentagone et le ministère australien de la Défense tenteront en 2005 en Australie de faire voler un autre "scramjet" à Mach 10 dans le cadre d'un projet, qu'ils cofinancent, visant à utiliser cette technologie pour placer des satellites en orbite. "Le succès de l'X-43A nous aidera à faire avancer notre vision de l'exploration spatiale tout en faisant progresser la technologie de l'aviation commerciale", a-t-il ajouté. Joel Sitz, le chef de projet X-43, un programme de 230 millions de dollars, a par ailleurs expliqué dans une conférence de presse à la base d'Edwards que ce vol historique avait "ouvert la voie à la technologie du scramjet qui a sans aucun doute un avenir".

NASA

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