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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 317
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 28 Décembre 2004
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Egalement dans ce numéro
TIC
Bientôt, une carte d'identité électronique
Matière
Vers des vêtements en fils de nanotubes de carbone...
Un transistor Laser
Espace
La sonde européenne Huygens entreprend un travail de titan
Un astéroïde pourrait frapper la Terre en 2029, selon un scientifique de la NASA
Vivant
Première mondiale : des chercheurs français ont produit des globules rouges à partir de cellules souches
L'impact de la pollution sur la santé fait débat
Le radon, responsable de 9 % des décès par cancer du poumon en Europe
Comment les bactéries « voient » leur environnement
Le cancer colorectal plus précoce chez les fumeurs
Plante miracle contre le cancer
Les premiers signes de vie terrestre remontent à 3,85 milliards d'années
Les biologistes tentent de créer une vie artificielle
Les jeunes français accros au cannabis
Les jouets accroissent les fonctions cérébrales
Recherche
Vers la route virtuelle
Edito
la nature nous rappelle à l'humilité et à la solidarité



Décidemment, il semble que la nature trouve un malin plaisir à se déchaîner en fin d'année. Chacun a encore en mémoire les deux tempêtes d'une violence sans précédent, qui ont dévasté notre pays fin 1999. Mais cette fois la terrible catastrophe naturelle qui a touché l'Asie le 26 décembre est d'une toute autre ampleur. Le tremblement de terre qui a frappé dimanche dernier le nord de l'île de Sumatra a été réévalué à 9 sur l'échelle de Richter par l'institut géologique américain (USGS), devenant ainsi le quatrième séisme le plus important depuis 1900 et le plus important depuis le tremblement de terre du Chili, en 1960. Le séisme de dimanche, avec un épicentre à 250 kilomètres au sud-est de Sumatra, a modifié la géographie autour de cette île d'Indonésie, et la secousse a légèrement ébranlé l'ensemble de la planète, "comme une pichenette sur une toupie", selon un scientifique.

La secousse a "donné 3 minutes et 20 secondes de vibration continue dans la région épicentrale, c'est colossal", souligne Paul Tapponnier, directeur du laboratoire de tectonique à l'Institut de Physique du Globe (IPG). "La valeur maximale du glissement de la faille vers le sud-ouest est de 20 mètres sur une quarantaine de kilomètres, et de 15 mètres, de façon répartie, sur plus de 100 km de long", selon ce scientifique. "Il y a eu également des mouvements verticaux, qui ont pu atteindre à certains endroits un ou deux mètres", a ajouté le chercheur, et des terres se sont soulevées, notamment dans la région de Siberut, une île à 100 km à l'ouest de Sumatra. Il est en outre possible qu'au sud de l'équateur, certaines régions de Sumatra aient été complètement englouties.

Selon les spécialistes, ce séisme devait se produire un jour car deux plaques tectoniques se croisent près de Sumatra en Indonésie, expliquent des spécialistes. Les plaques indo-australienne (sur laquelle repose l'Inde) et eurasienne se superposent dans les profondeurs de l'Océan Indien, près de l'Indonésie. Cette zone, située entre les îles de Java et de Sumatra, se trouve à l'intersection de plusieurs failles et subit la subduction de la plaque indo-australienne sous la plaque eurasienne qui engendre une importante séismicité. Comme la plaque indo-australienne a creusé plus profondément, provoquant de nombreux frottements, les deux plaques ont glissé sur une grande échelle.

"Le tremblement de terre a changé la carte", a déclaré pour sa part Ken Hudnut, un expert de l'Institut géologique américain (US Geological Survey). "En se basant sur des modèles sismiques, on peut dire que certaines des plus petites îles au sud-ouest des côtes de Sumatra peuvent avoir avancé de 20 mètres vers le sud-ouest", a-t-il ajouté. La pointe nord-ouest du territoire indonésien de Sumatra pourrait également avoir glissé vers le sud-ouest d'environ 36 mètres, selon le même expert. Mais ce tremblement de terre d'une exceptionnelle violence a non seulement modifié la cartographie de la Terre, il a dégagé suffisamment d'énergie pour donner une impulsion à la Terre toute entière. L'axe de rotation de la Terre, qui n'est d'ailleurs pas fixe (de même que la toupie qui tourne sur elle-même a un axe lui-même animé de mouvements de rotation) a été très légèrement ébranlé. Si les scientifiques ont pu mesurer cette perturbation, c'est parce qu'ils connaissent bien les mouvements infimes auxquels obéit la Terre : il y a d'abord ce qu'on nomme la "précession des équinoxes", un mouvement vieux de 20.000 ans qui modifie les dates d'avènement des saisons, et le phénomène de "nutation", oscillation périodique de l'axe du monde autour de sa position moyenne.

Malheureusement, les conséquences humaines de ce terrible tremblement de terre ont été à la hauteur de sa puissance : plusieurs dizaines de milliers de morts (un total dépassant les 100.000 morts est de plus en plus souvent annoncé...), principalement au Sri Lanka (Ceylan) en Indonésie, en Inde et en Thaïlande. Ces victimes ont été tuées par le tsunami, le raz-de-marée meurtrier qui a suivi ce séisme. Ce bilan humain épouvantable s'explique notamment par l'absence, dans l'Océan Indien, d'un système d'alerte rapide aux risques de tsunami alors qu'un tel système a été mis en place par le Japon dans l'Océan Pacifique et a largement démontré son efficacité.

Dans le cas du séisme de dimanche, les scientifiques avaient repéré les raz-de-marée avant qu'ils ne s'abattent sur une partie de l'Asie, mais sans pouvoir sonner l'alarme. Le Centre d'alerte des tsunamis du Pacifique et le Centre international d'information sur les tsunamis, tous deux basés à Hawaï, avaient détecté le séisme au large de l'île indonésienne de Sumatra, qui a déclenché les raz-de-marée géants dans l'océan Indien. Ces deux centres ont été mis en place pour fournir des alertes aux pays du Pacifique et ne disposent pas de contacts dans les pays qui se trouvaient sur la route des gigantesques vagues qui ont déferlé en Asie du Sud et du Sud-Est à une vitesse allant jusqu'à 800 km/h. Les scientifiques se sont ainsi retrouvés incapables d'avertir certains pays, qui ont été parmi les plus touchés par ces raz-de-marée.

Dans l'océan Indien, aucun système de prévention n'existe, et plusieurs des pays durement touchés dimanche, dont l'Inde et le Sri Lanka, ne font pas partie du réseau international. En effet, les tsunamis sont beaucoup moins fréquents dans l'océan Indien. Même des pays comme la Thaïlande ou l'Indonésie, qui participent pourtant à la coordination internationale, ne sont pas protégés côté Océan Indien. "Il y avait suffisamment de temps entre le moment du séisme et celui où se sont produits les tsunamis en certains endroits pour sauver de nombreuses vies si un système d'alerte convenable avait été en place", a déclaré Ken Hudnut, géophysicien au centre américain de surveillance géologique.

Face aux conséquences dramatiques de cette absence de réseau de veille, l'Australie et le Japon ont proposé de contribuer à la mise en place d'un système de surveillance des tsunamis dans l'Océan Indien, sur le modèle des centres existant à Hawaï pour le Pacifique.

S'agissant de l'aide humanitaire, plusieurs pays étrangers, comme le Japon, la Belgique, la France ont commencé à envoyer des avions chargés de vivres, de médicaments et des équipes de secours. L'ONU a déclaré que les raz-de-marée allaient rendre nécessaire la "plus grande opération" d'aide humanitaire de l'histoire des Nations unies. L'ONU a appelé les pays donateurs à faire face à ce "désastre exceptionnel" par des contributions d'une générosité elle-aussi exceptionnelle, mouvement qui s'était déclenché spontanément aussitôt.

Les Etats-Unis vont envoyer 15 millions de dollars (11,1 millions d'euros) en crédits et produits de première urgence, et la Commission Européenne, après une première aide de 3 millions d'euros pour couvrir les besoins vitaux, s'est dite en mesure de mobiliser rapidement jusqu'à 30 millions d'euros, le Japon aussi, terre de séismes, qui a offert 30 millions de dollars (22 millions d'euros) répartis entre les pays sinistrés, et quelque 7 millions d'euros pour soutenir l'action des ONG japonaises. La Croix-rouge et le Croissant-rouge ont lancé quant à eux un appel international pour recueillir 5 millions d'euros. La Chine, elle, va fournir une aide de 2,6 millions de dollars, alors que l'Australie a annoncé une aide de 7,6 millions de dollars. Enfin, la Banque mondiale a offert son aide aux pays dévastés.

Toutefois, les pertes humaines et les dégâts matériels sont si importants qu'il faudra, en dépit de l'aide internationale, de nombreuses années aux pays touchés pour penser leurs plaies. Mais cette catastrophe d'une ampleur planétaire doit également nous conduire à réfléchir au projet commun que nous voulons donner à notre civilisation, où prévalent trop souvent les intérêts particuliers et le profit à court terme, alors qu'il suffirait d'une infime partie du Produit Mondial Brut (40.000 milliards de dollars en 2004) pour mettre en place, au niveau mondial, un système moderne et efficace de prévention et d'alerte des catastrophes naturelles.

Cette terrible catastrophe éclaire également la nécessité d'accélérer les projets de réforme de nos institutions internationales, et notamment l'ONU, afin d'améliorer la représentativité des grands pays d'Asie, comme l'Inde et l'Indonésie. Par ailleurs, face à un tel désastre, comment ne pas prendre conscience de la nécessité d'une véritable gouvernance mondiale, dotée de véritables moyens de coordination, d'intervention et d'action. Qu'il s'agisse de l'environnement, du réchauffement climatique, de la santé ou des catastrophes naturelles, l'Humanité est désormais confrontée à des menaces et des défis qui sont à l'échelle planétaire et doivent être traités au niveau mondial.

Enfin, un éditorialiste a eu raison de rappeler que "nos civilisations orgueilleuses", si promptes à s'enivrer de leur puissance technologique, doivent se souvenir qu'elles restent bien petites et démunies face à la toute puissance de la nature. Dans de telles circonstances, Il nous reste à méditer cette phrase implacable mais prophétique écrite par Claude Lévi Strauss, "Le Monde a commencé sans l'homme et finira sans lui".

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


TIC
Information et Communication
Bientôt, une carte d'identité électronique
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

La carte d'identité a bien changé. Le petit carton beige qui s'usait dans nos poches semble déjà d'une autre époque et pourtant l'évolution est loin d'être terminée. Dans deux ans, il faudra compter avec les puces électroniques et les données biométriques (notamment les empreintes digitales). Suivant les recommandations de l'Union européenne, presque tous les pays membres travaillent sur la création d'un passeport et d'une carte nationale d'identité électroniques. Le projet français a été baptisé INES, pour « Identité nationale électronique sécurisée ». Le directeur de ce programme, Bernard Fitoussi, est venu récemment à la faculté de droit de Lille, pour le présenter dans le cadre d'un colloque sur l'administration électronique. Alex Türk, président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) et sénateur du Nord, a présidé les débats. La CNIL est l'instance garante de la protection des données personnelles, elle est évidemment très attentive à l'arrivée de la biométrie dans la gestion des identités. « Aujourd'hui, explique Bernard Fitoussi, la biométrie existe, la question n'est donc pas de savoir s'il faut l'utiliser, mais comment l'utiliser. » Pour Alex Türk, l'utilisation de ce type de données privées contient « l'ambivalence progrès et crainte du progrès : bien utilisée, la biométrie est un facteur de sécurité, mais mal utilisée, elle est un facteur d'instabilité des données personnelles. Tout est question de proportionnalité. » Concrètement, qu'est-ce qui va changer avec ce nouveau type de carte ?

? La nouvelle carte : elle contiendra une puce électronique (comme la carte vitale), sur laquelle seront stockées un certain nombre de données, dont une empreinte digitale. Elle sera délivrée en mairie où des agents habilités procéderont sur place à la prise des empreintes et à la réalisation de la photo numérique. Le passeport et la carte d'identité pourront être réalisés au cours d'une procédure unique. ? E-commerce et e-administration : les données stockées sur la carte seront cryptées et protégées par des codes personnels. La carte pourra donc servir d'authentification dans le cadre du commerce en ligne, des services bancaires à distance, ou pour toutes les procédures administratives dématérialisées (services publics en ligne).? Les garanties : l'utilisation de données biométriques nécessite un certain nombre de garanties. D'abord, le gouvernement l'affirme : il n'y aura pas de fichier central unique avec les identités et les biométries. « Un fichier d'identité reste un fichier d'identité », insiste M. Fitoussi. Par ailleurs, toutes les opérations effectuées avec la carte seront enregistrées et l'utilisation illicite d'une carte ainsi que l'usurpation et le vol d'identité seront punis de peines plus lourdes.? Le calendrier : un prototype de carte a été expérimenté récemment en Aquitaine. La première vraie étape du programme INES sera la présentation du projet de loi en Conseil des ministres. Selon un calendrier plutôt optimiste, la première carte d'identité électronique pourrait être émise en novembre 2006.

VDN

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Matière
Matière et Energie
Vers des vêtements en fils de nanotubes de carbone...
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Des chercheurs de l'Université du Texas à Dallas, en association avec un collègue australien du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization), viennent de mettre au point un procédé de filage, adapté des techniques traditionnelles de filage de la laine et du coton, qui permet de fabriquer des fils formés de nanotubes de carbone multi-parois. La structure de départ est une "forêt" de nanotubes déposés par synthèse à la surface d'un substrat comme les poils d'une brosse très dense ; les nanotubes sont ensuite tirés du substrat avec un mouvement de torsion qui les agglomère en formant un fil. Ces fils dont le diamètre peut varier entre 2 et 4 microns sont particulièrement solides, très résistants à l'étirement, et extrêmement flexibles, au point qu'il est possible de faire des noeuds et des boucles. Ils ne sont pas fragilisés par la présence de noeuds, et donc par le tissage, puisque la courbure imposée par la présence d'un noeud aux nanotubes de 10 nm de diamètre qui constituent le fil n'introduit que de très faibles contraintes mécaniques. De plus, les fils de nanotubes sont quasiment insensibles à la température puisque leurs propriétés mécaniques restent les mêmes qu'ils soient chauffes à 450.C ou plongés dans l'azote liquide. Ils sont par ailleurs très bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité, et ces propriétés ne sont pas affectées quand les fibres sont enrobées d'un polymère, opération qui renforce encore leur solidité. Cette avancée dans l'exploitation des propriétés des nanotubes de carbone ouvre la porte à de multiples applications, notamment pour l'élaboration de textiles aux propriétés nouvelles qui peuvent être utilisés aussi bien pour la réalisation de protections pare-balle légers et efficaces, ou de vêtements "intelligents" qui incorporent des capteurs et leur connectique, ou encore pour le transport et le stockage de l'énergie, sans oublier les perspectives biomédicales (prothèses, cathéters peu invasifs, etc...).

Science




Un transistor Laser
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Des chercheurs de l'Université d'Urbana Champaign ont réalisé un laser à partir d'un transistor bipolaire à hétérojonction (HBT). En incorporant des puits quantiques dans la région active d'un transistor, ils ont pu déclencher un processus d'émission stimulée. A la différence d'une diode électro-luminescente qui émet de la lumière sur une large gamme spectrale, le transistor laser émet un faisceau fin et cohérent. Milton Feng d'Urbana indique que ce dispositif est à la fois un laser et un transistor à trois portes : une entrée et une sortie électrique, plus une sortie optique. Feng avait déjà fait la une des nouvelles scientifiques il y a quelques mois (Voir Lettre Sciences Physiques N.8) grâce à la réalisation du transistor le plus rapide (509 GHz). Les transistors lasers ont été réalisés avec de l'InGaP, GaAs, et InGaAs, mais peuvent intégrer d'autres matériaux de la famille III-V. Ces types de lasers pourraient améliorer sensiblement la vitesse de transport de l'information et du traitement du signal, intra-puces. Ce travail est financé par la DARPA.

Etats Unis Sciences Physiques

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Espace
Espace et Cosmologie
La sonde européenne Huygens entreprend un travail de titan
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

2005, nouvelle odyssée de l'espace. Après sept ans de voyage, l'orbiteur Cassini a lâché samedi 25 décembre la sonde européenne Huygens en direction de la plus grande et la plus mystérieuse des lunes de Saturne, Titan. Si tout se passe bien dans les trois prochaines semaines, Huygens devrait descendre en parachute dans l'atmosphère brumeuse de ce monde glacé, devenant ainsi le premier véhicule spatial à explorer cet environnement inconnu mais qui pourrait ressembler à celui de la Terre des origines de la vie. Le couple Cassini-Huygens, mission commune de la NASA américaine, de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de l'Agence spatiale italienne (ASI), qui a coûté 2,4 milliards d'euros, a quitté la terre le 15 octobre 1997. La séparation des deux engins a eu lieu à 2h00 en temps universel (3h00 en Europe de l'Ouest). Mais en raison de la distance (1,2 milliard de kilomètres), le signal a mis une heure et huit minutes pour atteindre la Terre.

D'une taille supérieure à celle de Mercure et légèrement inférieure à celle de Mars, Titan est enveloppée d'une atmosphère épaisse riche en azote, avec six pour cent de méthane, et contenant des composés carbonés "qui pourraient nous fournir de précieux renseignements sur la manière dont la Terre est devenue habitable", espèrent les chercheurs de l'ESA. "Cette séparation constitue une nouvelle étape-clé dans l'odyssée de la mission Cassini-Huygens. Elle a eu lieu à l'amiable après sept ans de vie commune", a déclaré de façon imagée le directeur du programme scientifique de l'ESA, David Southwood. "Chaque véhicule spatial va désormais voyager de son côté mais nous espérons qu'ils resteront en contact pour achever cette extraordinaire mission".La sonde restera silencieuse jusqu'au moment où un système de réveil placé à son bord se déclenchera juste avant d'atteindre les hautes couches de l'atmosphère de Titan. Alors commencera la descente de la sonde dans l'atmosphère du satellite dont la composition chimique sera analysée. Les données collectées durant la descente vers Titan, qui doit prendre deux heures et demie, seront envoyées vers l'orbiteur Cassini. Ce dernier, à son tour, orientera son antenne vers la terre et transmettra les données vers la Terre, via les stations du Deep Space Network de la NASA, et le JPL (Jet Propulsion Laboratory) de Pasadena (Etats-Unis), jusqu'au Centre technique de l'ESA à Darmstadt (Allemagne). Le signal radio mettra plus d'une heure pour parcourir 1,25 milliard de km, la distance qui le sépare de la terre. La sonde européenne sera le premier véhicule spatial à venir explorer "in situ" cet environnement sans équivalent.

Huygens doit arriver sur Titan dans vingt jours le 14 janvier 2005. Si la sonde Huygens survit à l'impact avec la surface de Titan, dont on ignore la nature -liquide ou solide-, elle pourra communiquer pendant un maximum de 2 heures avant que la liaison ne soit définitivement rompue. La descente se passera en parachute à la vitesse de 24km/h. La température sur le terrain est estimée à -143 degrés. Les scientifiques pensent que l'environnement de Titan, le plus grand satellite de Saturne avec 5.150 km de diamètre, découvert en 1655 par le néerlandais Christiaan Huygens, est proche de ce que fut l'atmosphère de la Terre primitive, avant l'apparition de la vie, il y a 3,8 milliards d'années.

Il s'agit, selon l'ESA, de la plus importante mission interplanétaire jamais envoyée dans l'espace. Les deux sondes jumelles pesaient plus de cinq tonnes et demie (5.548kg) lorsqu'elles ont quitté la Terre. Les deux sondes ont survolé deux fois Vénus et une fois Jupiter et ont atteint la banlieue de Saturne l'été dernier. Le vaisseau-mère, Cassini, doit encore passer quatre ans à étudier la planète aux spectaculaires anneaux et aux nombreuses lunes.

AP

Un astéroïde pourrait frapper la Terre en 2029, selon un scientifique de la NASA
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Un astéroïde récemment découvert, mesurant environ 400m de long, pourrait entrer en collision avec la Terre en 2029, selon un scientifique de la NASA. Mais la probabilité est faible et l'orbite de ce corps céleste n'a pas été parfaitement déterminée, note-t-il. Cet astéroïde dénommé 2004 MN4 n'a pas été souvent aperçu depuis sa découverte en juin dernier. Les astronomes l'ont classé au deuxième degré sur une échelle de dix évaluant les probabilités d'impact d'astéroïdes ou comètes, explique Donald Yeomans, scientifique de Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Aucun astéroïde observé n'avait jusqu'à présent dépassé le degré un. »Nous ne pouvons pas exclure un impact contre la Terre », prévu le 13 avril -un vendredi- 2029, dit-il en ajoutant aussitôt que cette probabilité est faible. »Dans l'hypothèse improbable où il entrerait bien en collision, ce serait plutôt grave. On parle là d'un tsunami (raz-de-marée) s'il touche l'océan, ce qui serait vraisemblable, ou de dégâts importants au sol ». Les astronomes ont estimé sa taille à environ 400m et un impact contre la Terre dégagerait une énergie de 1.600 mégatonnes. A titre de comparaison, la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 avait une puissance d'environ 20 mégatonnes. L'astéroïde, qui tourne autour du Soleil et croise deux fois l'orbite terrestre à chacune de ses révolutions, sera visible au cours des prochains mois et la NASA a alerté son réseau de détection au sol, notamment l'observatoire de Kitt Peak, dans l'Arizona (sud-ouest des Etats-Unis).

AP

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Première mondiale : des chercheurs français ont produit des globules rouges à partir de cellules souches
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Des chercheurs français ont réussi pour la première fois au monde à fabriquer des globules rouges en très grande quantité à partir de cellules souches. Un succès scientifique qui pourrait notamment permettre de contourner les difficultés que rencontre la transfusion sanguine. Leurs travaux viennent d'être publiés sur le site de la revue "Nature Biotechnology". Pour arriver à ce résultat révolutionnaire, les chercheurs, des hématologues, "ont repéré et sélectionné les cellules souches du sang présentes dans la moelle osseuse et baptisées CD 34", a déclaré le Pr Luc Douay, hématologue à l'hôpital Armand Trousseau de Paris qui a participé aux travaux. Ces cellules "parfaitement identifiées sont déjà utilisées pour faire des greffes de moelle. Les globules rouges (ou "hématies") véhiculent l'oxygène dans le sang. Ces cellules sanguines ont la particularité d'expulser leur noyau en arrivant à maturité. Leur durée de vie est en moyenne de 120 jours.

Le processus prend 20 jours. Il comporte trois étapes associant le recours à des facteurs de croissance et différentes sortes de cellules. Les cellules souches - dites CD 34 - utilisées proviennent de prélèvements de sang, de sang de cordon ombilical ou encore de moelle osseuse (l'usine à fabriquer les cellules sanguines). Cette dernière assure le remplacement des hématies qui meurent au rythme de plus de 2 millions par seconde.

A l'heure actuelle, "on est capable d'induire leur prolifération de façon importante et de les contraindre à se différencier vers une lignée particulière de cellules sanguines, les globules rouges. A partir d'une cellule CD 34, on arrive à obtenir entre 100.000 et deux millions de globules rouges". Jusque-là, "nous n'arrivions pas à obtenir en même temps une grande prolifération de globules rouges fonctionnels". Le globule rouge est en effet "la seule cellule de l'organisme à expulser son noyau" pour arriver à maturation. C'est grâce à "la mise au point d'un système qui essaye de reconstituer in vitro le micro-environnement de la moelle osseuse" que les chercheurs sont arrivés à ce que cette expulsion puisse avoir lieu. Produire des quantités importantes de globules rouges matures, c'est-à-dire sans noyau, "est aujourd'hui conceptuellement faisable", s'est félicité le Pr Douay. Un résultat important quand on sait que dans un culot de sang (200/220ml) transfusé à un patient, "on compte 2.000 milliards de globules rouges".

Pour être efficace, "il faut qu'on puisse en produire une quantité de cet ordre-là", a fait valoir l'hématologue, précisant que "le concept" étant "démontré", l'industrialisation de la technique est "une affaire de trois ans". Outre la transfusion sanguine, cette technique de production de globules rouges pourra être utilisée de manière "autologue" : les chercheurs pourront prélever des cellules souches dans le sang d'un patient, leur faire fabriquer des globules rouges in vitro qui seront ensuite transfusés chez le même patient, ce dernier recevant des cellules immunologiquement compatibles avec lui. Par ailleurs, "on peut imaginer étendre à la production de globules rouges les cellules de cordon ombilical déjà utilisées pour les greffes de moelle pour répondre à des situations difficiles de transfusion", a souligné Luc Douay.

AP

L'impact de la pollution sur la santé fait débat
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

«Près de 30000 décès anticipés sont attribuables à la pollution atmosphérique. 7 à 20 % des cancers seraient imputables à des éléments environnementaux dont les produits chimiques», a déclaré le ministre de l'Écologie et du Développement durable, Serge Lepeltier, en ouverture des deuxièmes rencontres parlementaires Santé et Environnement sur les impacts des pollutions chimiques sur la santé. Un thème particulièrement polémique, objet de controverses passionnées, d'autant qu'il persiste encore bien des inconnues. «Mais ce n'est pas parce qu'il n'existe pas de certitudes qu'il ne faut pas en parler, bien au contraire», soutient Nathalie Kosciusko-Morizet, jeune et brillante députée de l'Essonne, polytechnicienne de formation. Présidente du groupe Santé et Environnement à l'Assemblée nationale, elle a réussi à mettre en place ces rencontres, le 8 décembre dernier, en dépit de l'hostilité manifeste de certains parlementaires et industriels à ce débat d'actualité. Récemment, quatorze ministres européens de l'Environnement ont accepté de participer à une expérimentation peu banale : la recherche de produits chimiques d'origine industrielle dans leur sang . Cinquante-cinq substances potentiellement toxiques sur cent trois ont été ainsi détectées. Parmi les trente-sept produits chimiques découverts dans le sang du ministre français, figurait le DDT, alors que cette substance est en principe interdite dans notre pays depuis au moins trente ans.

Au vu de ces résultats, on peut se demander si nous sommes tous pollués, voire si nous naissons tous pollués. A cette question choc, les réponses que l'on a pu entendre à l'Assemblée nationale sont très contrastées. Pour le professeur William Dab, le directeur général de la Santé, «nous passons d'un état d'oubli et de déni à un état d'inquiétude - peut-être excessive. (...) Mais, une chose est sûre, nous sommes face à une incertitude scientifique forte. Cinq sur six substances chimiques mises sur le marché ne sont pas évaluées». Or, il en existe des dizaines de milliers. «Reste à savoir quelle est la probabilité avec laquelle ces dangers se manifesteront dans les populations». En dehors du cancer, d'autres maladies sont liées à des modifications de l'environnement, tout particulièrement chez l'enfant. A commencer par l'asthme et les allergies qui ont doublé depuis une vingtaine d'années dans les pays industrialisés. «La pollution atmosphérique liée au trafic routier générateur de particules fines issues des moteurs Diesel augmente la réaction inflammatoire des bronches, caractéristique de la maladie asthmatique», précise le Pr André Denjean (hôpital Robert-Debré, Paris), spécialiste en physiologie, tout en ajoutant qu'«il ne faut pas occulter la nocivité du tabagisme passif pour les enfants. C'est même le premier des contaminants aériens». Thierry Michelon, spécialiste de la gestion des risques des milieux à la Direction générale de la santé, souligne que. «Les pouvoirs publics ne communiquent pas sur les sujets santé-environnement alors qu'ils disposent pourtant de millions d'informations.» S'interrogeant sur cette difficulté à communiquer sur de «l'incertain», il souligne aussi que «les questions soulevées par la population sont complexes. Il y a urgence à recueillir plus de données fiables et sur de longues périodes. Comme par exemple l'initiative de l'INVS de mettre en place le suivi de 10 000 à 20 000 enfants, de la préconception à l'âge adulte, afin de déterminer les répercussions à long terme d'éventuelles expositions à différents polluants (étude EFESE).

Figaro

Le radon, responsable de 9 % des décès par cancer du poumon en Europe
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Le radon, gaz radioactif d'origine naturelle qui peut s'accumuler dans l'air des habitations, est responsable de 9 % des décès par cancer du poumon en Europe, selon une étude portant sur neuf pays européens. Le radon accroît les effets négatifs du tabac. A exposition égale, le risque de cancer du poumon est environ vingt-cinq fois plus élevé pour les fumeurs que les personnes n'ayant jamais fumé, soulignent les auteurs de ces travaux publiés cette semaine par la revue britannique British Medical Journal. Le risque augmente proportionnellement à la concentration de radon dans les logements habités pendant une trentaine d'années avant l'apparition de la maladie. Ce gaz qui s'échappe de la surface de la Terre contient des particules radioactives. Très vite dispersées à l'air libre, elles peuvent se retrouver dans des concentrations élevées dans l'air ambiant des logements, surtout au niveau du rez-de-chaussée ou des premiers étages, avec de fortes variations selon les régions. Accroître la ventilation des sous-sols est une mesure peu coûteuse pour réduire l'exposition au radon, soulignent les auteurs de l'étude. Lorsqu'il est inhalé, ce gaz inodore et incolore est la plupart du temps expiré immédiatement. Mais certaines particules peuvent se déposer sur la muqueuse des bronches, exposant les cellules à une irradiation. Des études conduites sur des mineurs avaient déjà associé radon et cancer du poumon. Ce risque se voit confirmé aussi pour une exposition à domicile au radon, selon l'étude portant sur 7.148 cas de cancer du poumon et sur 14.208 personnes n'ayant pas développé de cancer du poumon qui constituaient un groupe de contrôle. La radioactivité du radon correspondait en moyenne à 97 becquerels par mètre cube (97 Bq/m3) au domicile des membres du groupe de contrôle, contre 104 Bq/m3 chez les personnes ayant souffert d'un cancer du poumon. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.

Le risque de cancer du poumon s'accroît de 8,4 % à chaque fois que la radioactivité due au "radon mesuré" augmente de 100 bq/m3, selon l'équipe britannique conduite par le Pr Sarah Darby (Oxford, Grande-Bretagne) et des spécialistes de huit autres pays européens (Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, France, Italie, République tchèque, Suède). Cette relation dose-effet semble linéaire, sans qu'un seuil minimal soit relevé, même lorsque la concentration de radon reste inférieure aux doses recommandées, soulignent-ils, après avoir tenu compte de l'âge, du sexe et notamment du niveau d'étude des participants. Pour les personnes n'ayant jamais fumé, et en l'absence d'autres causes de décès, le risque de cancer du poumon d'ici l'âge de 75 ans passe de 0,4 % pour une concentration nulle de radon, à 0,7 % pour 400 Bq/m3. Pour les fumeurs, les taux sont près de vingt-cinq fois plus élevés : le risque de cancer du poumon atteint 10 % en l'absence de radon et 16 % pour une concentration de 400 Bq/m3. Le radon est la première source d'exposition aux radiations ionisantes en France (37 %), devant les expositions médicales, les rayons cosmiques, les aliments, le nucléaire civil ou militaire. La Bretagne, le Massif Central, le Jura, la Haute-Vienne, ainsi que certains départements des Pyrénées et des Alpes sont les zones où l'on relève les plus fortes concentrations. Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 370.000 logements sont concernés par une exposition supérieure à 400 Bq/m3, alors que la moyenne des départements français se situe à 68 Bq/m3

BBC

Comment les bactéries « voient » leur environnement
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Pour la première fois, des scientifiques viennent de remarquer que les bactéries peuvent utiliser des systèmes de détection de type « sonar », pour reconnaître d'autres cellules et les détruire. Cette découverte permet de comprendre comment certaines bactéries « savent » quand produire des toxines, qui rendent les infections plus sévères. « Bloquer ou interférer dans le mécanisme de détection, peut prévenir la production de toxines et limiter l'infection » souligne Michael Gilmore, directeur de recherche au Schepens Eye Institute (Université de Harvard) et auteur de l'étude. Les chercheurs ont étudié une bactérie connue pour être résistante à de nombreux antibiotiques : Enterococcus faecalis. Ce micro-organisme peut produire des toxines sous certaines conditions, inconnues jusqu'alors. Ils ont déterminé que les toxines étaient sécrétées quand il y avait un autre type de cellule (comme un lymphocyte humain) à proximité de la bactérie. Comment fait-elle pour voir cet ennemi potentiel ? Enterococcus faecalis libère deux substances dans son environnement. La première adhère à la cellule étrangère tandis que la seconde revient « avertir » la bactérie qui déclenche sa production de toxines. S'il n'y a pas d'autres cellules dans l'espace proche les deux substances se neutralisent et la bactérie reste au repos. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques basées sur cette compréhension du mécanisme de production de toxines. D'autre part, ajoute Gilmore « si la bactérie peut voir d'autres cellules, nous pourrons peut-être la manipuler et programmer son système de détection pour identifier, et détruire, d'autres structures comme des minéraux ou d'autres pathogènes. ».

Science

Le cancer colorectal plus précoce chez les fumeurs
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

D'après une équipe française, le cancer colorectal apparaîtrait plus tôt chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Une différence significative, puisqu'elle serait en moyenne de 6 ans ! Les Prs Yves Panis du CHU Lariboisière à Paris, et Georges Mantion du CHU de Besançon, viennent de terminer une étude prospective auprès de 852 patients. Tous avaient subi une opération pour cancer colorectal mais ce qui les a différenciés, c'est l'âge auquel la maladie s'était déclarée : 70 ans chez les non-fumeurs contre 64 chez les fumeurs !"C'est la première fois qu'un tel constat est établi" a expliqué le Pr Panis au cours d'un entretien.

DS

Plante miracle contre le cancer
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Un professeur de biochimie de l'Université de Windsor, Siyaram Pandey, affirme avoir découvert le pancracy sdaden, un composé provenant du lys araignée, qui pourrait révolutionner le traitement du cancer. En testant le composé du lys araignée sur des cellules atteintes de 10 cancers différents, M. Pandey s'est rendu compte qu'il déclenchait un programme de suicide des cellules cancéreuses sans affecter celles qui sont saines. En plus, le composé présente l'avantage de ne pas être toxique.Il s'agit d'une percée scientifique importante puisque les autres médicaments contre le cancer disponibles au Canada, le Taxol et le VP 16, sont toxiques et s'attaquent autant aux cellules cancéreuses qu'à celles qui ne le sont pas. Cependant, il faut une grande quantité de cette plante pour obtenir quelques milligrammes du pancracy sdaden. En outre le lys araignée ne pousse que dans le désert de l'Arizona et à Hawaï. Les chercheurs devront donc synthétiser le composé. Avant de mettre sur le marché un traitement efficace, des expériences sur des animaux et des essais cliniques devront être réalisés, ce qui prendra plusieurs années.

RC

Les premiers signes de vie terrestre remontent à 3,85 milliards d'années
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

L'analyse de roches du Groenland fait remonter les premières traces de vie terrestre à 3,85 milliards d'années, ont affirmé des chercheurs dans une étude publiée, jeudi 16 décembre, aux Etats-Unis."Mes résultats montrent sans aucune ambiguïté que ces roches sont des sédiments déposés au fond d'un océan", a expliqué Nicholas Dauphas, un géophysicien de l'université de Chicago (Illinois) qui a coordonné ces travaux. « C'est un résultat important qui place les recherches sur la vie sur la toute jeune Terre sur des fondations solides", a-t-il estimé dans l'étude parue dans la revue Science. "Les roches du Groenland trouvées dans des couches ferrugineuses, que j'ai analysées, sont très controversées", a indiqué ce chercheur. Des géophysiciens pensent que ces roches contiennent des traces de vie datant de 3,85 milliards d'années alors que d'autres jugent cela impossible. Selon ces derniers, ces roches étaient à leur origine du magma. Ce débat a été finalement tranché grâce à un spectromètre très perfectionné du Field Muséum de Chicago qui permet d'analyser les masses atomiques des roches terrestres et des météorites, a indiqué Nicholas Dauphas. Les plus vieux microfossiles connus jusqu'à présent, qui viennent d'Australie et sont eux-mêmes contestés, sont estimés avoir plus de 3,4 milliards d'années. Les géophysiciens Mark Van Zuilen et Bernard Marty du Centre français de recherches pétrographiques et géochimiques ont également participé à cette recherche.

Science

Les biologistes tentent de créer une vie artificielle
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Cela ressemble à ''la mallette du petit biologiste'' version joueur très expérimenté. A partir de plusieurs éléments de construction d'origine animale ou bactérienne, des chercheurs ont créé une forme de vie artificielle. Vincent Noireaux et Albert Libchaber, de la Rockfeller University de New York, ont créé de toutes pièces un «bioréacteur» capable de produire une protéine à partir d'un gène. Voici, dans les grandes lignes, la recette de Libchaber et Noireaux publiée dans les PNAS : des lipides issus de blanc d'oeuf pour former les parois de la cellule, la bactérie E.coli privée de son ADN pour la machinerie, un gène de fluorescence prélevé sur une méduse, un autre venant du staphylocoque doré, enfin une enzyme extraite d'un virus pour permettre la traduction des gènes. Réusultat : mise en culture, la cellule s'est mise à produire des protéines. Exprimant le gène de la méduse, elle a pris une jolie couleur verte fluorescente.

Grâce au gène du staphylocoque, les parois de la cellule se sont couverts de minuscules pores lui permettant de profiter des nutriments du milieu de culture. Les chercheurs insistent sur le fait que ces ''bioréacteurs'' ne sont pas à proprement parler des organismes vivants. Ils ne sont d'ailleurs pas capables de se diviser pour se reproduire comme le font les cellules. Ces travaux font partie d'un domaine de recherche, la biologie synthétique ou biologie de synthèse, qui vise notamment à mieux comprendre ce qu'est un être vivant, comment il se définit, et comment la vie est apparue. Ce champ de la biologie synthétique est né voici quelques années : en 1999, Craig Venter, qui a dirigé le consortium américain de décryptage du génome humain (TIGR), avait découvert qu'une bactérie (Mycoplasma Genitalium) pouvait perdre 130 à 220 de ses 480 gènes sans perdre la capacité de reproduire et de maintenir la vie de ce micro-organisme. Et en 2002, des chercheurs de l'université de Stony Brook (New York) étaient parvenus à synthétiser un virus de polio et son génome entier.

PNAS

Les jeunes français accros au cannabis
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Selon les résultats de l'étude de l'ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and Others Drugs), menée auprès de 100 000 élèves de 16 ans dans 35 pays européens, les jeunes Européens fument moins, boivent toujours autant voire davantage, et se droguent principalement avec du cannabis. Si la consommation de tabac semble diminuer en Europe occidentale, à l'Est elle connaît une croissance inquiétante. Près de 50 % des élèves bulgares, tchèques ou russes déclarent avoir fumé au moins une fois dans les 30 derniers jours. Quant à la France il semble que l'augmentation des prix du tabac, combinée aux campagnes de sensibilisation, ait eu un impact majeur. En 1999, pratiquement un jeune sur trois fumait quotidiennement. Cette proportion n'est plus que de un sur quatre aujourd'hui. Soit une diminution de... 25 % !A peine un jeune Français sur dix boit régulièrement de l'alcool, ce qui nous place au 21ième rang sur 35. A l'opposé, les Iles britanniques, les Pays-Bas, la Belgique mais aussi l'Autriche caracolent aux premières places. Toujours à cet égard la pratique du binge drinking, qui traduit une consommation ponctuelle et intensive, s'affirme comme une composante nordique. Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Suède... sont en tête. La France heureusement est en queue de peloton, avec Chypre, la Grèce, la Roumanie, l'Islande et la Turquie. Côté cannabis en revanche, notre pays s'illustre par une peu glorieuse première place. Garçons et filles confondus, 22 % des jeunes déclarent fumer au moins une fois par mois. Les Pays-Bas, qui rappelons-le, ont opté pour une dépénalisation du cannabis, se retrouvent au 10eme rang (13 %). Qu'il s'agisse d'alcool ou de cannabis, il apparaît ainsi que les comportements d'abus paraissent inversement corrélés au niveau de répression.

ESPAD

Les jouets accroissent les fonctions cérébrales
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Des scientifiques viennent de démontrer que les compétences acquises par l'amusement entraînent des modifications permanentes dans la structure cérébrale. Et plus l'enfant joue tôt, plus il développe son cerveau en multipliant les connexions neuronales. Les jouets éducatifs sont, bien sûr, les premiers concernés. Pour le professeur Eric Knudsen, de l'université de Stanford en Californie, les jeux éducatifs facilitent l'entrée des enfants dans le cursus scolaire mais ils pourraient aussi développer la partie du cerveau qui fait office de centre décisionnel à l'âge adulte. D'ailleurs, pour lui, tous les jouets sont valables pourvu qu'ils stimulent les sens du bambin. Alors, pas d'hésitations ! Vive les jouets bruyants (si, si), ceux qui bougent, roulent, ceux qu'on peut détruire (et reconstruire) ou encore les jeux d'habileté. Janet Eyre, pédiatre spécialisée en neurosciences à l'université de Newcastle, précise que « les jouets procurent de la motivation et augmentent les capacités d'apprentissage, surtout dans le plus jeune âge quand le cerveau est encore malléable ». Evidemment, ces distractions sont encore plus productives si le bébé ou l'enfant joue en présence d'un adulte. Alors pour Noël, n'hésitez pas à tester, en sa compagnie, les cadeaux que vous avez offert à votre progéniture !

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Vers la route virtuelle
Mercredi, 29/12/2004 - 00:00

Plus de 170 kilomètres à l'heure sur l'autoroute, le choc aurait dû être terrible... Or la voiture a littéralement «avalé» le camion qui, devant le conducteur, venait de freiner brutalement. A bord d'Ultimate, le dernier simulateur de conduite de Renault, seules les conséquences de l'accident n'ont pas été modélisées. Pour le reste, bien calé dans le fauteuil «de série», une main sur le volant, l'autre sur le levier de vitesses, un oeil sur le tableau de bord, l'autre attentif à la route numérique qui défile sur un écran géant, on s'y croirait. Concrètement, le véhicule se trouve à 2 mètres du sol, monté sur six vérins réglés pour reproduire avec fidélité le roulis ou les à-coups de la suspension. Le châssis n'est prévu que pour deux personnes, sans avant ni arrière. Donc pas de moteur, pas de roues, pas de places pour les enfants. Mais, une fois la première embrayée, l'illusion du déplacement est parfaite : l'engin avance, recule, se déplace latéralement (sur des rails) pour mieux imiter les phases d'accélération, de freinage et de dépassement. «Contrairement à d'autres industries de pointe, comme l'aéronautique, où ils sont utilisés depuis longtemps par les pilotes, les simulateurs de conduite débarquent seulement aujourd'hui dans le monde automobile», reconnaît Andras Kemeny, chercheur au CNRS et directeur de la cellule simulation du technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines). Outre le constructeur français, seuls Daimler et BMW possèdent des machines équivalentes. Pourquoi une entrée si tardive ? Sans doute parce que ces simulateurs ne servent plus uniquement à des séances d'entraînement, mais qu'ils participent désormais au processus de conception. Avec deux objectifs : d'abord, améliorer la réalisation de prototypes pour réduire les coûts et le temps de développement ; ensuite, tester virtuellement de plus en plus de nouvelles technologies. Projet européen piloté par Renault et doté d'un budget de 4,5 millions d'euros, Ultimate - qui a mobilisé une dizaine de chercheurs pendant quatre années - entrera en service dans les tout prochains mois. Il servira, d'une part, à faire progresser la sécurité, par exemple en expérimentant des systèmes intelligents d'aide à la conduite, à augmenter le confort du conducteur, d'autre part, en redessinant le tableau de bord. «Il deviendra surtout un moyen unique de mesure de l'interaction homme-machine», conclut Andreas Kemeny. Un outil d'avenir aussi, puisque, à terme, la simulation devrait constituer un dixième de la conception d'une voiture.

Express

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