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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 570
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 14 Octobre 2010
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Egalement dans ce numéro
TIC
L'ARCEP évalue le coût du déploiement du Très Haut Débit en France
La France se dote d'un nouveau super-calculateur
Avenir
AQUA : un robot qui nage
Matière
Inauguration à l'Ines d'une station solaire pour véhicules hybrides rechargeables
Premier prototype de fabrication d'isobutène biologique à partir de glucose
Convertir les UV en lumière visible pour améliorer les rendements des cellules photovoltaïques
Espace
Premier vol réussi pour l'avion spatial de Branson
Terre
Le prix du CO2 influe fortement sur le comportement des entreprises
Sur la piste d'un vaccin contre le cancer du cerveau
Une base de données pour mieux combattre le cancer colo-rectal
Cancer du sein : une révolution en marche
Certains mystères des maladies inflammatoires percés à Lyon
Des cellules pour tolérer le soi
Vivant
Ce que l'humain voit, l'humain fait : les neurones miroirs
Les chats nés sourds voient mieux !
Recherche
Des convois de camions guidés automatiquement sur autoroute
Edito
Le premier traitement d'un patient avec des cellules souches embryonnaires ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de la médecine



Au Centre Pasteur d'Atlanta (USA), des médecins américains ont commencé le traitement d'un patient avec des cellules souches embryonnaires humaines dans le cadre du premier essai clinique de ce type jamais autorisé. (Voir communiqué de Greron Corp).

L'objectif de ce premier essai est d'évaluer la sûreté et la tolérance de ces cellules dérivées appelées GRNOPC1 chez des patients paralysés à la suite d'une lésion à la moelle épinière. Dans le protocole retenu, la blessure doit être récente et les dérivés de cellules souches doivent être reçus dans les 14 jours suivants. Chaque année, environ 12.000 personnes aux Etats-Unis sont victimes de traumatismes de la moelle épinière.

Les chercheurs espèrent pouvoir régénérer les cellules nerveuses endommagées en injectant sur des volontaires paralysés des cellules dérivées de cellules souches embryonnaires humaines dans l'espoir qu'elles puissent permettre à la personne de retrouver la sensibilité et une certaine mobilité.

Le premier patient a été sélectionné dans le centre Shepherd de réhabilitation et de recherche de blessures de la moelle épinière et du cerveau à Atlanta, un des sept centres potentiels de recrutement de patients aux Etats-Unis pour cet essai clinique. "Quand nous avons commencé à travailler sur ce projet en 1999, beaucoup prédisaient plusieurs décennies avant que ces thérapies cellulaires soient approuvées pour des essais cliniques chez l'homme", a rappelé le Dr Okarma. Geron avait déjà mené une série d'essais pré-cliniques in vitro ainsi que sur des animaux de laboratoire.

Les cellules souches embryonnaires sont les seules cellules de l'organisme ayant la capacité de se multiplier sans limite et de devenir n'importe quel type de cellules du corps, présentant de ce fait un énorme potentiel pour traiter, outre des lésions de la moelle épinière, des maladies incurables comme Parkinson ou encore le diabète. Le plus grand défi pour les chercheurs est d'obtenir que ces cellules souches "se différencient" pour devenir les cellules qu'ils souhaitent obtenir, sans prendre le risque de se transformer en cellules indésirables comme des tumeurs cancéreuses.

La firme de biotechnologie américaine Geron Corporation a déjà réalisé des avancées remarquables dans cette voie de recherche. Leurs travaux menés chez le rat ont bientôt permis de révéler les propriétés de dérivés de cellules souches embryonnaires humaines, appelés GRNOPC1. Les chercheurs de Geron Corporation ont pu mettre en évidence chez l'animal l'activité de remyélinisation de ces cellules ainsi qu'une réaction limitée du système immunitaire contre ces cellules.

Mais l'utilisation de ces cellules souches est controversée et fait l'objet d'une vive opposition aux Etats-Unis car elles sont prélevées sur l'embryon humain, au premier stade de son développement (blastocyte), entraînant sa destruction. Toutefois, ce problème pourrait être contourné grâce à une nouvelle méthode dévoilée fin septembre et jugée prometteuse pour reprogrammer des cellules souches humaines adultes (de l'épiderme) qui sont identiques aux cellules embryonnaires, selon ces chercheurs.

La technique mise au point par ces chercheurs n'affecte pas de façon irréversible le génome de ces cellules souches adultes prélevées sur la peau pour les reprogrammer mais recourent à des molécules synthétiques. Celles-ci codent les protéines nécessaires à la reprogrammation des cellules souches mais sans l'insérer dans leur ADN. Les cellules souches de peau reprogrammées par le Dr Rossi et son équipe sont apparemment pluripotentes comme les cellules souches embryonnaires, à savoir qu'elles sont capables de se différencier pour devenir n'importe quelle cellules du corps.

En mars 2009, le président Obama avait levé les restrictions sur l'utilisation de fonds publics imposées sous l'administration Bush en 2001 pour des raisons morales et religieuses, en prônant "une recherche scientifique responsable". Le 28 septembre dernier, la Cour d'Appel de Washington avait levé l'interdiction d'utiliser les fonds fédéraux pour financer la recherche sur les cellules souches mais le débat juridique n'est pas encore définitivement tranché.

Si ces essais confirment leurs promesses, c'est bien un nouveau chapitre de l'histoire de la médecine qui s'ouvrira avec la possibilité de réparer non seulement les lésions de la moelle épinière mais également des dommages cellulaires provoquées par de graves maladies comme Parkinson, Alzheimer ou le diabète.

Mais en dépit des promesses qu'ouvre la possibilité de reprogrammer des cellules souches humaines adultes, cette voie scientifique est encore trop récente et incertaine pour que les chercheurs puissent abandonner purement et simplement la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines. il faut donc souhaiter, compte tenu des enjeux scientifiques et médicaux majeurs de ces recherches, que la prochaine révision des lois de bioéthique permette la poursuite encadrée sur les cellules souches embryonnaires.

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


TIC
Information et Communication
L'ARCEP évalue le coût du déploiement du Très Haut Débit en France
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Dans un discours présenté en conclusion de la réunion plénière du GRACO- Groupe d'échanges entre l'ARCEP, les collectivités territoriales et les opérateurs - Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, a fait le point sur le développement du Très Haut Débit dans notre pays. Il a notamment donné son estimation de coût. Selon le régulateur, « le coût global des investissements dans la fibre optique ne devrait pas dépasser 25 milliards d'euros pour l'ensemble du territoire : nous allons affiner ce chiffre d'ici la fin de l'année. »

Pour ce qui est des modalités de financement, « Il est difficile à ce stade de décomposer ce total entre financements privés et publics. Faisons l'hypothèse, plausible, d'un partage par moitié. Il y aurait donc environ 12 milliards d'investissements privés sur 15 ans, soit 800 millions par an. C'est un rythme qui n'est pas invraisemblable et qui est cohérent avec les annonces des opérateurs pour les 5 prochaines années.

M. Silicani envisage que « S'agissant des 800 millions annuels de financements publics, si l'État consent à attribuer de façon pérenne environ 200 millions d'euros par an qu'il financerait comme il le souhaite, par des impôts existants, de préférence, ou nouveaux et si l'Union européenne alloue au soutien de ces investissements, chaque année, environ 200 millions d'euros à travers le FEDER sur les 40 milliards d'euros par an dont dispose ce fonds, la France a bénéficié, au cours des cinq dernières années, d'environ 3 milliards d'euros par an), montant plausible, compte-tenu de la priorité donnée par la France et la Commission européenne à ce type d'investissement, alors, il resterait à peu près 400 millions d'euros par an à financer par les collectivités locales, c'est-à-dire 4 millions par an et par département, en moyenne. » En conclusion, pour l'ARCEP « on peut financer 25 milliards d'euros sur 15 ans, dont la moitié serait financée par les opérateurs privés, qui, en revanche, n'iront pas dans les zones non rentables. »

ZDnet

La France se dote d'un nouveau super-calculateur
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

La France va augmenter sa puissance de calcul grâce à l'acquisition d'un nouveau supercalculateur, a annoncé le ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur. Un accord a été passé entre la société Bull et le GENCI, le Grand équipement national de calcul intensif, après un appel d'offres.

Qu'il s'agisse de simuler des essais nucléaires, de modéliser les changements climatiques, d'étudier des protéines, de simuler des réactions chimiques complexes ou des scénarios sur la formation des étoiles, la recherche fait de plus en plus appel à ces machines capables d'effectuer des milliers de milliards d'opérations par seconde. Le nouveau supercalculateur aura une puissance théorique de 1,6 pétaflops (Pflops), soit une capacité de calcul de 1,6 million de milliards d'opérations par seconde. A ce jour, d'après le classement (TOP500) publié en juin, le plus puissant en Europe est le JUGEN (IBM Blue Gene), installé en Allemagne, avec une puissance de 825,5 téraflops (1 téraflops= mille milliards d'opérations/s ; 1 Pflops= 1.000 Tflops). A titre de comparaison, le JAGUAR américain, premier du classement a une puissance avérée de 1,75 Pflops (2,3 Pflops en théorie).

Le GENCI, société détenue par le ministère de la recherche, le CEA, le CNRS, les Universités et l'Inria, abrite déjà un supercalculateur, JADE. Au CEA une autre machine est en train de monter en puissance, le Tera-100, également construit par Bull, d'une puissance théorique de 1,25 pétaflops. Mis sous tension en mai dernier, il devrait atteindre une capacité de 1 Pflops d'ici la fin de cette année.

La France devrait donc se situer en tête des pays européens pour la puissance de calcul mise à la disposition de la communauté scientifique, souligne le ministère de la recherche. Plus de 80 millions d'euros sont investis sur la période 2007-2010.

Sciences et Avenir

^ Haut
Avenir
Nanotechnologies et Robotique
AQUA : un robot qui nage
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

AQUA a été développé par des universitaires canadiens spécialement pour l'exploration des récifs, d'épaves et pour collecter des informations sur les fonds marins. La tablette commandant AQUA peut être utilisée sous l'eau et les plongeurs peuvent donner leurs instructions via un système similaire à celui des smartphones lisant des codes-barres que le robot scannera afin d'effectuer ses tâches.

AQUA est une réussite pour les scientifiques qui, depuis longtemps déjà, tentaient de créer un robot aquatique. L'eau interfère en effet avec les ondes radio et les réseaux sans fil.

Michael Jenkinn, professeur à l'université des sciences de York, a déclaré à la presse que ne trouvant pas de robot aquatique correspondant à ses besoins, il avait décidé de construire un prototype avec l'aide de son équipe. "Explorer une épave par exemple, est une opération très délicate et le robot et le plongeur ont besoin de réagir rapidement face aux changements de l'environnement. Une erreur ou un problème de communication pourrait être dangereux" a-t-il expliqué à la presse.

Le robot créé peut opérer entre 70 et 130 mètres de profondeur et se contrôle facilement par la tablette et son joystick. AQUA peut aussi transmettre un retour vidéo grâce à la fibre optique dont il est équipé. Sa caméra pourra notamment être utilisée pour des modélisations en 3D. Par le passé, les plongeurs utilisaient des cartes flash stratifiées pour communiquer visuellement avec les robots sous l'eau. Cependant, les plongeurs étaient limités dans leur programmation d'ordres. "Il est impossible d'anticiper tout ce que vous voulez que le robot fasse une fois sous l'eau. Nous voulions développer un système où nous pouvions le commander directement, pour le faire réagir à son environnement.

MS

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Matière
Matière et Energie
Inauguration à l'Ines d'une station solaire pour véhicules hybrides rechargeables
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

L'Institut national de l'énergie solaire (Ines) et Toyota ont inauguré lundi 4 octobre une station solaire pour véhicules hybrides rechargeables (VHR) près de Chambéry. Fruit de la collaboration entre le CEA, l'Ines et Toyota, et bénéficiant du soutien de l'Ademe, cette plate-forme expérimentale préfigure une nouvelle forme de mobilité de demain. Cette inauguration marque le début d'une vaste étude sur la convergence énergétique bâtiment-transport à Chambéry et au CEA Grenoble.

Dix Toyota Prius hybrides rechargeables seront expérimentées avec différents démonstrateurs photovoltaïques situés à l'Ines et au CEA-Grenoble (stations de recharge solaire, maisons individuelles équipées de modules photovoltaïques) afin de maximiser l'apport de l'énergie solaire et de minimiser le besoin en combustible fossile. Ce projet souligne l'implication forte du CEA dans les domaines des transports décarbonés, de l'énergie solaire et du bâtiment basse consommation.

Les études statistiques montrent qu'en France la moitié de la population effectue moins de 16 km par jour pour les déplacements domicile-travail. Par ailleurs, un panneau photovoltaïque de 1 m2 peut fournir en France sur une année l'énergie nécessaire à un VHR pour parcourir jusqu'à 1 000 km en mode électrique. Il est donc tout à fait envisageable de concevoir des bâtiments dont la toiture équipée de panneaux solaires assure pour partie les besoins internes en électricité, et pour partie les besoins en mobilité des occupants. C'est en ce sens que l'on peut parler de convergence solaire photovoltaïque-bâtiment-transport .

Le projet mis en oeuvre par le CEA, l'Ines et Toyota permettra d'explorer ces convergences qui conduiront à une optimisation du système énergétique global. Il s'agira d'identifier les possibilités en termes de lieu de captation des énergies, de stockage d'énergie et d'optimisation de l'utilisation du réseau électrique.

La première étape consistera à valider les chiffres annoncés précédemment en mesurant sur une année la production des panneaux solaires et la consommation des VHR selon différentes typologies de trajets. Ensuite, l'étude intégrera une anticipation des futurs tarifs d'achat de l'électricité sur le réseau électrique tout en privilégiant la consommation d''électricité photovoltaïque produite localement ainsi que la revente du surplus de production d'électricité voltaïque. Enfin une analyse globale de l'opération permettra de quantifier les gains technico-économiques réalisés puis de simuler les potentiels en cas de déploiement à grande échelle.

La station solaire est constituée d'une ombrière photovoltaïque de 150 m² et de douze bornes de recharge implantées sur le site de l'Ines où les Toyota Prius hybrides rechargeables mises à disposition des chercheurs peuvent être rechargées. La station solaire a une capacité potentielle de charge équivalente à 135 000 kilomètres annuels (150 Wh/km). Pour maximiser la recharge à partir d'énergie solaire en intégrant les besoins de l'utilisateur, les demandes simultanées, l'état de charge et de santé de la batterie, la disponibilité de la ressource solaire, les contraintes du réseau de distribution de l'électricité, les variations tarifaires de l'électricité, l'ensemble est piloté par un système de gestion intelligent de l'énergie (Energy Management System). Son objectif est d'effectuer une planification optimale de la recharge sur une journée (sans gestion intelligente seuls 20 à 30 % de l'énergie photovoltaïque seraient valorisés sous forme de kilomètres).

CEA

Premier prototype de fabrication d'isobutène biologique à partir de glucose
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

C'est une étape clé dans le développement de son procédé de transformation de ressources renouvelables en isobutène gazeux (aussi appelé isobutylène, ou encore méthylpropène) que vient de réaliser Global Bioenergies.

La société, installée au Genopole d'Evry, annonce avoir réalisé un prototype de son procédé de fabrication d'isobutène par transformation biologique de glucose grâce à une première série de souches bactériennes. Une petite révolution qui vise à s'affranchir du pétrole dont est issu habituellement l'isobutène gazeux, une molécule plate-forme appartenant à la famille des alcènes légers. L'enjeu est important : l'isobutène permet de fabriquer des carburants et divers polymères représentant un marché global de 29Md$.

« Nous avons atteint cet objectif de bioproduction d'isobutène in vivo en avance sur le calendrier, commente Marc Delcourt, co-fondateur et P-DG de Global Bioenergies. Nous concentrons maintenant nos efforts sur l'augmentation du rendement et sur l'accroissement de l'échelle de fermentation. Nous projetons de mener des essais en installation pilote, préalable à l'exploitation industrielle du procédé. Cette phase nécessitera de nouveaux financements ».

Fondée en 2008 par Marc Delcourt et Philippe Marlière, Global Bioenergies est l'une des rares sociétés à développer un procédé biologique de production d'hydrocarbures. Elle développe sous licence exclusive un procédé innovant de bioproduction d'isobutène, basé sur l'installation dans des microorganismes d'une voie métabolique artificielle reposant sur des activités enzymatiques inédites. Global Bioenergies avait reçu le soutien d'Oseo, en février dernier, avec un financement de 760k? pour accélérer le développement vers l'industrialisation de son bioprocédé.

JDI

Convertir les UV en lumière visible pour améliorer les rendements des cellules photovoltaïques
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Une équipe de recherche de l'Université d'Akita dirigée par M. TSUJIUCHI Yutaka a développé un matériau organique transparent à la lumière visible et capable de convertir les rayonnements ultra-violets (UV) en lumière bleue. Cette substance pourrait être utilisée pour améliorer les rendements de conversion des cellules photovoltaïques.

Le matériau en question est constitué d'arginylcoumarine (Arg-C - composé d'arginine et de coumarine diluée dans une solution aqueuse de chlorure d'aluminium (AlCl3). Il peut absorber les UV-B qu'il convertit en UV-A avec un maximum du pic d'émission situé à 363 nm. Cette lumière est ensuite convertie en lumière bleue dont la longueur d'onde est centrée autour de 475 nm. Le rendement de conversion n'a pas été mesuré directement mais les amplitudes des pics des spectres de la lumière émise et de la lumière absorbée correspondant, les chercheurs en déduisent un rendement élevé.

L'équipe a enduit une cellule photovoltaïque en couche mince de silicium avec ce matériau et a ainsi amélioré son rendement de conversion de 9 % par rapport de la valeur d'origine. Elle fait valoir que son matériau est particulièrement résistant du fait d'une structure moléculaire particulièrement stable. Il n'a en outre subi aucune dégradation après un an d'éclairage aux UV.

Selon les chercheurs, le matériau pourrait également être appliqué aux fenêtres des bâtiments pour protéger les habitants des UV. Si la couche d'enduit est suffisamment fine, la lumière émise reste en effet peu visible.

BE

^ Haut
Espace
Espace et Cosmologie
Premier vol réussi pour l'avion spatial de Branson
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

La navette destinée au tourisme spatial du milliardaire britannique Richard Branson a réalisé avec succès, au-dessus de la Californie, son premier vol d'essai non rattaché à son vaisseau-mère, a annoncé la société américaine Virgin Galactic.

La navette construite en matériaux composites avait effectué en mars un premier vol d'essai, mais sous l'aile de son vaisseau-mère "Chevalier blanc". Cette fois-ci, Virgin Space Ship (VSS) Enterprise s'est séparée de son vaisseau-mère à une hauteur de 13.700 mètres, a indiqué Virgin Galactic, précisant qu'un pilote, Pete Siebold, et un co-pilote, Mike Alsbury, se trouvaient à bord.

Le deux principaux objectifs de ce vol d'essai étaient de séparer la navette de son vaisseau-mère, et pour les deux pilotes de prendre les commandes de la navette et de la faire atterrir sans encombre sur une base aérienne du désert du Mojave, à 130 km au nord-est de Los Angeles.

"Cela a été une vraie joie de faire voler le VSS Enterprise, en particulier si l'on considère le fait que le véhicule a été non seulement conçu pour être un vaisseau pouvant atteindre la vitesse Mach 3,5 dans l'espace, mais aussi pour être l'un des planeurs pouvant atteindre la plus haute altitude au monde", a dit M. Siebold dans un communiqué.

Richard Branson, le patron de Virgin, avait indiqué fin septembre que la navette serait en mesure d'offrir ses premiers vols dans l'espace dans 18 mois. Il avait précisé que les futurs passagers du véhicule spatial avaient déboursé aux alentours de 200.000 dollars.

Virgin Galactic, qui ambitionne d'être la première entreprise commerciale pour le tourisme dans l'espace, a déjà recueilli 45 millions de dollars auprès de 330 clients ayant réservé un siège à bord de la navette de six places, avait précisé le sémillant milliardaire à la crinière grisonnante.

VG

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Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Le prix du CO2 influe fortement sur le comportement des entreprises
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

L'argument économique aurait une réelle incidence sur le comportement écologique des entreprises françaises, telle est la conclusion du 5e atelier de l'Observatoire Énergies d'entreprises EDF. Partant du rapport récent2 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur le rôle pivot du prix du carbone en tant qu'incitateur pour modifier les décisions d'investissement des acteurs de la filière énergétique, l'Observatoire Énergies d'entreprises EDF a testé les réactions des entreprises françaises (GDF-Suez Énergie Services, Veolia Environnement, Rhodia Energy Services, EDF, etc.) face à la généralisation du prix du carbone à l'ensemble de l'économie.

Bien que le prix s'avère être un élément important dans la mise en place des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les incertitudes actuelles sur l'évolution de ce prix dans le temps ne permettent pas d'exercer tous les effets d'entraînement pour s'engager sur un sentier de type “facteur 4” (division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050).

Dans l'hypothèse d'une augmentation du prix de la tonne CO2, toutes les entreprises interrogées ont élaboré un plan d'actions permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le prix du carbone est apparu comme un “facilitateur” ou un stimulant supplémentaire, aidant ou accélérant des actions déjà identifiées.

Des solutions réalistes ont été évoquées comme le développement de certaines technologies (ex : photovoltaïque en film souple), l'utilisation des énergies renouvelables pour les réseaux de chaleur (biomasse, géothermie, solaire...), la récupération du méthane et du gaz naturel issus de décharges pour alimenter certains transports en commun, la construction de rocades de métro et de train pour améliorer la couverture géographique des transports collectifs, et ainsi diminuer le trafic routier. À noter, la substitution d'énergies fossiles par de la biomasse (matières organiques pouvant devenir des sources d'énergie) est un moyen d'action encore peu utilisé par les différents acteurs.

Fort de ce constat, l'Observatoire insiste sur une nécessaire restructuration de la tarification pour amener à un système énergétique bas carbone. Parmi les pistes d'évolution soulevées : l'extension du prix du carbone à des gaz hors CO2 (ex : gaz fluorés).

Enfin, le prix du CO2 peut également être perçu comme une source de financement additionnelle et stimuler les investissements en faveur des technologies permettant de réduire les émissions de CO2.

DA

Sur la piste d'un vaccin contre le cancer du cerveau
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

C'est une nouvelle piste encourageante pour le traitement de tumeurs cérébrales au pronostic redoutable, les glioblastomes. Un vaccin thérapeutique, testé en association avec un traitement classique chez une vingtaine de malades, a permis de prolonger leur survie d'environ 70 %. Ces résultats préliminaires, obtenus par l'équipe de John Sampson à l'Université de Duke (États-Unis) viennent d'être publiés dans une revue de référence, le Journal of Clinical Oncology. Les spécialistes français restent toutefois très prudents, tout comme l'éditorial associé à l'article.

Depuis des années en cancérologie (notamment pour les mélanomes, les tumeurs du rein ), les vaccins thérapeutiques visent à stimuler les défenses immunitaires du malade pour qu'elles détruisent de façon spécifique les cellules tumorales. Cette approche séduisante a donné lieu à de nombreuses études à travers le monde, mais peu ont encore abouti. Un premier vaccin thérapeutique a été autorisé aux États-Unis en avril pour les cancers de la prostate.

Tumeurs cérébrales les plus fréquentes chez l'adulte, les glioblastomes restent rares : environ 10.000 nouveaux cas par an sont diagnostiqués aux États-Unis (2500 en France). Le traitement classique associe chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, mais les résultats sont médiocres.

Pour améliorer le pronostic, d'autres pistes sont explorées, comme la thérapie génique. Au moins trois à quatre essais d'immunothérapie (vaccination thérapeutique) sont en cours. Les chercheurs américains ont choisi de cibler l'EGFR vIII (epidermal growth factor receptor), un variant génétique présent à la surface des cellules cancéreuses chez un tiers des patients atteints de glioblastome. Ce marqueur est aussi retrouvé dans d'autres cancers (comme ceux du sein ou des poumons) mais pas dans les tissus sains.

Dans cette étude, le vaccin a été testé chez 18 malades dont la tumeur exprimait le marqueur EGFRvIII, en plus du traitement classique. Les injections par voie sous-cutanée, tous les quinze jours puis tous les mois, ont été poursuivies aussi longtemps qu'elles semblaient efficaces. Au bout de 26 mois, la moitié des patients étaient encore vivants, une survie presque doublée par rapport à celle d'un groupe de 17 malades ayant uniquement reçu le protocole conventionnel.

La stratégie vaccinale, qui a été bien tolérée, a aussi permis d'augmenter de quelques mois la période sans récidive. «Chez la majorité des patients qui ont rechuté, la tumeur n'exprimait plus l'EGFRvIII», précisent les auteurs. «Un vaccin thérapeutique permet donc d'éliminer les cellules cancéreuses qui expriment l'antigène visé et c'est encourageant», commente le Pr David Klatzmann, immunologiste à la Pitié-Salpêtrière. D'autres spécialistes soulignent toutefois des faiblesses de l'étude américaine, à commencer par le petit nombre de patients.

LF

Une base de données pour mieux combattre le cancer colo-rectal
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Associant des partenaires académiques et industriels, le projet CReMEC (Centre de Ressource de Modèles Expérimentaux de Cancer) a notamment permis la création d'une collection de 54 modèles de cancers colorectaux, ouvrant de nouvelles perspectives pour accélérer le développement de nouvelles thérapies contre cette maladie.

Labellisé en 2005 par le pôle de compétitivité Medicen Paris Region, le projet de R&D collaboratif CReMEC (Centre de Ressource de Modèles Expérimentaux de Cancer) vient d'aboutir à la création d'une collection complète de 54 modèles de cancers colorectaux humains, deux modèles transgéniques, et une biobanque de plus de 5000 échantillons. « Ces modèles contribueront à accélérer le développement de nouvelles thérapies contre cette maladie qui touche plus de 400 000 personnes chaque année en Europe » explique le pôle.

Le projet comportait plusieurs étapes. « La réussite du projet doit beaucoup à la synergie entre les différents partenaires qui ont mutualisé leurs compétences à chaque étape, depuis la collection de la tumeur au bloc opératoire jusqu'à la caractérisation moléculaire et pharmacologique des modèles » souligne Medicen. La collecte d'un panel diversifié de tumeurs coliques, d'abord a été effectuée par l'Institut Curie, l'Institut de cancérologie Gustave-Roussy et l'hôpital Lariboisière (AP-HP).

Les échantillons collectés ont été « sécurisés » par la société Oncodesign. Les données cliniques, pharmacologiques, histologiques et moléculaires ont ensuite été menées par l'Institut Gustave Roussy et sanofi-aventis (caractérisation moléculaire des tumeurs), Ipsen (tests pharmacologiques ex-vivo dans les différents centres collecteurs) et par Sanofi-Aventis, l'Institut de Recherches Servier et Oncodesign (études histologiques et pharmacologiques). Enfin, la base de données CReMEC a été développée par Ipsen et Sanofi-Aventis et l'exploitation commerciale des modèles CReMEC sera assurée par Oncodesign.

JDI

Cancer du sein : une révolution en marche
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

La mise en place du premier plan cancer en 2003, suivi d'un deuxième en 2009, et l'application des bonnes pratiques recommandées par la Haute Autorité de santé permettent désormais aux femmes de bénéficier des meilleures stratégies de soins. «Le bilan est donc positif : on guérit de plus en plus de cancers du sein, alors que leur nombre a doublé en vingt ans, atteignant aujourd'hui 53.000 nouveaux cas par an», indique le Dr Delaloge.

Ce chiffre semble s'être stabilisé depuis trois ans, avec un taux de guérison qui continue à augmenter, atteignant 85 % à cinq ans, grâce aux progrès thérapeutiques et au dépistage. En 2008, le cancer du sein a ainsi conduit à 11.300 décès alors que ce chiffre atteignait encore 17.000 à la fin des années 1990. «Il ne faut cependant pas occulter le fait que, si le cancer du sein est l'un des “bons” cancers, le parcours de soins reste lourd, long et fastidieux pour la majorité des patients», rappelle le Docteur Delaloge.

Lorsqu'une anomalie suspecte est détectée dans un sein, une biopsie est pratiquée pour confirmer le diagnostic de cancer et déterminer la marche à suivre, notamment sur le plan chirurgical. «La chirurgie reste le premier traitement du cancer du sein, mais un diagnostic pré-opératoire complet est essentiel pour bien cibler l'intervention», précise le Dr Delaloge. Avec un dépistage précoce et une tumeur de petite taille, l'intervention peut même être réalisée en ambulatoire, sans hospitalisation. Pour des tumeurs importantes, un traitement médical préalable est parfois nécessaire pour les faire «fondre» afin de faciliter l'intervention et d'en limiter les conséquences.

Les techniques chirurgicales ont beaucoup évolué grâce à une approche pluridisciplinaire désormais établie dans la plupart des services. «La mise en place d'agréments reposant sur le nombre d'interventions réalisées chaque année a largement permis d'améliorer la qualité des soins chirurgicaux», insiste le Dr Delaloge. Les considérations esthétiques sont également prises en compte dès le départ et la chirurgie reconstructrice est proposée à toutes les femmes.

À l'issue de l'intervention, une réunion de concertation pluridisciplinaire est désormais obligatoire, avec au minimum un oncologue médical, un chirurgien et un oncologue radiothérapeute. Cette réunion permet de prendre des décisions sur les traitements à mettre en place, dans le but de réduire le risque de rechute à court et long terme. La radiothérapie est alors prescrite à 80 % des femmes. Il s'agit d'un traitement long et fastidieux, et de nouvelles approches sont en cours d'évaluation pour limiter le nombre et la fréquence des séances par une irradiation plus localisée.

Le choix du traitement médicamenteux, également prescrit à la majorité des femmes, repose largement sur le diagnostic histologique réalisé à partir de la biopsie, car un certain nombre de sous-types de tumeurs ont été identifiés pour mieux cibler les traitements. Les tumeurs de type HER2 +, qui représentent 16 % des cas, bénéficient déjà de molécules adaptées comme l'Herceptin. Les cancers dits triple négatifs, HER2 -et sans récepteurs hormonaux (14 % des cas) reçoivent obligatoirement une chimiothérapie et devraient également bénéficier, dans les années à venir, de traitements ciblés.

Par ailleurs, une hormonothérapie est prescrite aux femmes dont les tumeurs expriment les récepteurs hormonaux, qui réunissent 70 % des cas. «La réduction du risque de rechute est majeure, notamment à long terme, mais il s'agit d'un traitement lourd, pendant au moins cinq ans, que seul un tiers des patientes supporte bien», regrette le Dr Delaloge.

Dans les années qui suivent le traitement initial, une surveillance accrue par mammographie est nécessaire pour détecter toute rechute le plus rapidement possible. La très grande majorité des femmes guérissent définitivement du cancer du sein, avec un taux de survie de 75 % à dix ans.

Le traitement du cancer du sein est au seuil d'une véritable révolution technologique, grâce à ce que l'on appelle le profilage des tumeurs. «On ne parle déjà plus du cancer du sein, puisqu'on a déjà identifié quatre types différents de cancers pour lesquels la stratégie thérapeutique est désormais différente, précise le Dr Fabrice André, oncologue et chercheur Inserm à l'Institut Gustave-Roussy. À terme, il sera possible d'appliquer des traitements adaptés individuellement à chaque type de tumeur.»

L'analyse génomique des tumeurs permet en effet d'identifier quel mécanisme moléculaire est responsable du développement du cancer et de mettre au point un traitement qui le prend spécifiquement pour cible. «Le modèle de ce type de traitement ciblé est le couple HER 2-Herceptin. Dans certaines tumeurs, l'activation amplifiée du gène HER 2 provoque la production excessive d'une protéine. L'Herceptin bloque ce processus, avec un bénéfice thérapeutique très important», explique le Dr André.

En suivant ce modèle, de nombreux gènes ont désormais été identifiés et la plupart des traitements en développement visent ces cibles moléculaires. Un traitement vise ainsi des tumeurs porteuses d'une mutation sur le gène BRCA en bloquant un mécanisme de réparation de l'ADN. Il devrait être disponible d'ici un an et s'appliquerait à 4 % des cancers du sein.

Les résultats d'essais sont attendus, un peu plus tard, pour des molécules ciblant le gène de la PI3-kinase, qui active le cycle cellulaire ou encore le gène FGFR1, responsable de la production d'un facteur de croissance cellulaire. «De plus en plus de données sont désormais recueillies et, d'ici une quinzaine d'années, il sera possible de reconstituer l'historique d'une tumeur et les diverses mutations qui se sont produites afin de proposer une multithérapie visant toutes ces mutations», s'enthousiasme Fabrice André.

Figaro

Certains mystères des maladies inflammatoires percés à Lyon
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Très invalidantes, les maladies inflammatoires sont source de souffrances pour des millions de personnes. Le psoriasis touche plus de 2 millions de Français, la polyarthrite rhumatoïde plus de 250 000, la maladie de Crohn, 60 000... Elles ont aussi en commun d'être très complexes. Mais leurs mécanismes sont aujourd'hui mieux connus et de nouveaux traitements voient le jour grâce aux travaux menés à Lyon sur la polyarthrite rhumatoïde par Pierre Miossec, rhumatologue au CHU et professeur d'immunologie à l'Université Claude-Bernard Lyon 1.

Pour cette contribution, le Pr Miossec a reçu, en mai dernier, le prix Carol-Nachman. Il est le premier Français à recevoir ce prix, équivalent du Nobel en rhumatologie. Si cette récompense salue ses recherches, Pierre Miossec y voit aussi un soutien au fait qu'il est l'un des rares chercheurs de ce niveau à continuer à suivre beaucoup de malades dans son service de l'hôpital Edouard-Herriot.

Après ses études à la faculté de médecine de Brest, Pierre Miossec est parti à Dallas où il a travaillé avec Morris Ziff sur le rôle des cytokines, « les hormones du système immunitaire », explique-t-il, dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Arrivé à Lyon en 1989 (après un passage à Montpellier), c'est là qu'il a été le premier à découvrir que « l'interleukine 17 était une cytokine importante » dans la réaction inflammatoire et les mécanismes de destructions des articulations qui caractérisent la PR.

Ces découvertes ont débouché sur la mise au point d'anticorps monoclonaux inhibiteurs de l'interleukine 17, testés sur des malades atteints de psoriasis et de PR, par les laboratoires Novartis et Lilly. Dans la PR, ces biothérapies viennent renforcer le traitement traditionnel quand il se montre insuffisant. « Les traitements permettent de soigner l'inflammation locale mais ils apportent aussi une amélioration de l'état général », précise le Pr Miossec. En effet, outre les effets locaux, on a aussi découvert que les maladies inflammatoires augmentaient les risques d'infections et les risques cardiovasculaires (infarctus, AVC) chez les malades. C'est pourquoi, « toute maladie inflammatoire doit être traitée au long cours », afin de faire baisser ce risque, explique le médecin.

Si les mécanismes des maladies inflammatoires sont mieux connus, leurs origines gardent encore des mystères. Pour la PR, qui touche 4 femmes pour 1 homme, il existe « un élément génétique mais il n'est pas majoritaire. Il y a aussi une conjonction de facteurs environnementaux », explique le Pr Miossec. Les pistes infectieuses sont actuellement creusées avec notamment des germes du tube digestif. Autres mystères à résoudre : pourquoi les patients réagissent-ils de manière différentes face à la maladie (stade plus ou moins grave) et aux traitements ? « C'est dans le vent de la médecine personnalisée que l'on essaie de développer », conclut le chercheur.

LP

Des cellules pour tolérer le soi
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Les maladies auto-immunes, tels la sclérose en plaque, le diabète de type I, le lupus ou la maladie de Crohn, sont dues à une hyperactivité du système de défense qui ne tolère plus le « soi » et détruit des cellules ou des substances de l'organisme. On trouve alors chez le patient des auto-anticorps, c'est-à-dire des molécules reconnaissant comme étrangers des antigènes (des « marqueurs ») du soi. On ignore souvent les causes des maladies auto-immunes, mais des prédispositions génétiques et un facteur déclencheur (un virus, une bactérie, un antigène alimentaire, etc.) pourraient être à l'origine du dérèglement du système immunitaire. Hye-Jung Kim, de la Faculté de médecine de Harvard à Boston, et ses collègues viennent de découvrir des cellules du système immunitaire qui contrecarrent ce déréglement, en empêchant la production des auto-anticorps.

Le système immunitaire est censé défendre l'organisme contre des agents pathogènes extérieurs et des cellules du soi anormales ou cancéreuses. Pour ce faire, des cellules nommées lymphocytes B et T reconnaissent des protéines antigéniques à la surface des intrus. Elles déclenchent alors la réaction immunitaire, soit en produisant des anticorps dirigés contre les antigènes pathogènes, soit en détruisant directement l'intrus. Parfois, les lymphocytes B produisent des anticorps contre des molécules du « soi ». Ces auto-anticorps peuvent alors déclencher une réaction immunitaire « intolérante » et la maladie auto-immune s'installe.

Les lymphocytes T et B sont très nombreux et variés selon leur fonction et les récepteurs qu'ils portent à leur surface. On sait notamment que des lymphocytes T régulateurs (appartenant à la catégorie des cellules T CD4+) sont capables de limiter la réponse immunitaire quand celle-ci s'emballe, par exemple lors d'une inflammation. Les immunologistes ont désormais découvert, chez la souris, une population de lymphocytes T régulateurs dits CD8+ qui évite la production des auto-anticorps et empêche le développement d'une maladie auto-immune chez la souris.

Comment agissent ces lymphocytes T CD8+ ? Ils interagissent, via une protéine de surface nommée Qa-1, avec les lymphocytes T auxiliaires folliculaires, une autre variété de lymphocytes T CD4+ qui commandent aux lymphocytes B de produire des anticorps. Cette rencontre inhibe les lymphocytes T auxiliaires folliculaires qui ne stimulent plus les lymphocytes B ; les auto-anticorps ne sont donc plus produits.

Les immunologistes ont étudié des souris qui n'expriment plus la protéine Qa-1 des lymphocytes T auxiliaires folliculaires. Ces rongeurs développent une forme de lupus, preuve que leur système immunitaire s'est emballé et a produit trop d'auto-anticorps. En effet, les lymphocytes T CD8+ ne peuvent alors plus jouer leur rôle de régulateur et limiter l'activation des lymphocytes B. La manipulation des lymphocytes T régulateurs CD8+ peut ouvrir des perspectives thérapeutiques. En augmentant leur nombre, on limiterait des réactions auto-immunes. À l'inverse, en les éliminant, on pourrait stimuler l'immunité pour lutter contre des cancers ou des infections graves.

PLS

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Ce que l'humain voit, l'humain fait : les neurones miroirs
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Le Dr A. K. Pradeep explique, dans son nouveau livre, The Buying Brain : Secrets for Selling to the Subconscious (http://buyingbrain.com/), qu'un chercheur du laboratoire de neuroscience du professeur Giancomo Rizzolati à l'Université de Parme, en Italie, était en train de savourer une gâterie glacée tandis qu'un singe, connecté à de l'équipement pour contrôler son activité cérébrale, était assis tout près de lui. Dès que le singe a vu l'assistant se régaler de sa glace, les neurones de son propre cerveau se sont activés immédiatement, cette activité correspondait à l'action que le singe observait. En fait, dans son propre subconscient, le singe effectuait tous les gestes que l'assistant de laboratoire posait tout en savourant son délice. C'est ainsi qu'est apparue la théorie des neurones miroirs expliquée dans le chapitre « The Emphatic Brain » par le Dr Pradeep.

Cette découverte a révélé que le fait d'observer quelqu'un en train de faire une action ou de vivre une émotion est loin de constituer une expérience passive. Les cellules du cerveau spécialisées appelées les neurones miroirs s'activent lorsque des gestes familiers sont posés et que des émotions sont exprimées. Observer une action entraîne une activité cérébrale qui simule ce qui se produit dans la réalité. En voici quelques exemples :

Le Dr Pradeep présente des consignes simples dans The Buying Brain : Secrets for Selling to the Subconscious Mind destinées aux commerçants qui veulent stimuler l'activité des neurones miroirs. Dans son livre, le Dr Pradeep raconte comment NeuroFocus, la plus grande société de neuro-marketing au monde, a appliqué la théorie des neurones miroirs afin d'aider un vendeur automobile à résoudre un problème épineux et à obtenir de meilleurs résultats dans sa salle de démonstration.

« Activer le système de neurones miroirs constitue la façon la plus efficace d'établir un lien avec son client. Montrez-lui un produit en train d'être consommé. Montrez le goût rafraîchissant de l'eau ou la chaleur d'une gorgée de café frais. Comme nous l'avons fait avec notre client du secteur automobile, montrez à vos clients des gens qui ont affaire directement à votre produit ou service. Lorsque les consommateurs se trouveront dans la boutique ou qu'ils feront des achats en ligne, ces sentiments de désir seront activés dans leur subconscient et cela les stimulera à essayer et à acheter. »

Caducée

Les chats nés sourds voient mieux !
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

Une étude réalisée sur trois chats sourds de naissance et trois chats entendant normalement a montré comment le cerveau convertit des régions cérébrales destinées à l'ouïe en zones permettant de mieux voir. Des personnes sourdes ou aveugles depuis leur jeune âge ont souvent montré leur faculté de compenser ce handicap précoce par une meilleure performance d'autres sens.

Stephen Lomber (Université d'Ontario occidental, Canada) et ses collègues ont expliqué comment elles peuvent y parvenir grâce à la plasticité du cerveau, c'est-à-dire sa capacité à se réorganiser, selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature Neuroscience. "Le cerveau est très efficace et ne laisse pas d'espace inutilisé", explique M. Lomber. "Il veut compenser le sens perdu grâce à des améliorations qui sont bénéfiques", précise-t-il dans un communiqué.

Les tests ont été réalisés sur des chats, parce que ce sont les seuls animaux qui peuvent être sourds de naissance, tout comme l'homme. Les expériences ont montré que les chats sourds ont une meilleure vision périphérique que les chats à l'audition normale, ce qui leur permet de détecter des objets en mouvement dans un plus large champ de vision.

Les chercheurs ont découvert que si deux régions du cortex auditif des chats sourds étaient désactivées (temporairement rendues inutilisables), ces chats perdaient leurs meilleures capacités visuelles. Mais ce traitement n'a pas modifié les aptitudes visuelles des chats à l'ouïe normale. La fonction de ces zones cérébrales initialement destinées à localiser les sons a donc été modifiée chez les chats sourds pour leur donner une meilleure perception visuelle de mouvements se produisant à la limite de leur champ de vision.

"Pour une personne sourde, c'est bénéfique de voir une voiture arriver de loin grâce à sa vision périphérique, parce qu'elle ne peut pas entendre la voiture approcher sur le côté", souligne M. Lomber. Découvrir comment le cerveau d'une personne sourde depuis la naissance diffère de celui d'une personne entendante permettrait de mieux comprendre comment le cerveau réagit face à un implant cochléaire (prothèse interne). Si le cerveau s'est recablé pour compenser la perte de l'ouïe, que se passe-t-il lorsqu'elle est restaurée ?

NNS

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Recherche
Recherche & Innovation, Technologies, Transports
Des convois de camions guidés automatiquement sur autoroute
Vendredi, 15/10/2010 - 00:00

La NEDO a annoncé le 28 septembre 2010 qu'elle a réussi à faire circuler un convoi de trois gros camions (25 t) contrôlé par le premier d'entre eux. La distance entre les véhicules roulant à 80 km/h a été maintenue automatiquement à une distance constante de 15 m (plus ou moins 1 m), quelles que soient les conditions météorologiques (beau temps, pluie, nuit, etc).

Le transport routier représente environ 20 % des émissions de CO2 du Japon. Le pays a donc lancé un certain nombre de projets visant à réduire ces émissions. Parmi ceux-ci, on trouve celui initié en 2008 par la NEDO, à la demande du Ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (METI). Intitulé "Développement des technologies pour des systèmes de transports intelligents qui économisent l'énergie" (ou "Energy ITS"), il doit se poursuivre pendant cinq ans.

Il a pour objectif de diminuer la consommation excessive de carburant due entre autres à des accélérations et des décélérations inutiles. Pour cela, l'organisation se propose notamment de mettre en oeuvre des méthodes de gestion de convois qui permettront à un unique conducteur de diriger temporairement trois véhicules qui partagent une partie de leur itinéraire. Les connecter entre eux électroniquement permet ainsi d'harmoniser la conduite des trois chauffeurs.

Le projet comprend le développement de technologies de communication, de reconnaissance de l'environnement via des capteurs, de détection de la position des camions dans un plan 3D, et de contrôle des véhicules via des logiciels spécialisés. La force du système est qu'il ne nécessite aucune infrastructure particulière en dehors des équipements embarqués à bord des véhicules.

Si l'écart entre les camions était de 15 mètres, l'organisation pense que les technologies mises en oeuvre pour l'expérience autorisent un espacement de 10 m. A terme, en 2012, le projet devra permettre la circulation d'un convoi de trois gros camions et d'un petit, distants l'un de l'autre de 4 m seulement. Raccourcir la distance entre les camions permet en effet de réduire la résistance aérodynamique de l'ensemble du convoi et ainsi la consommation de carburant de 15 %.

BE

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