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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 894
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 07 Avril 2017
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Egalement dans ce numéro
TIC
Transformer n'importe quel objet en moyen de paiement
Matière
Un nouveau matériau luminescent
Une puce quantique pour sécuriser les échanges sur les réseaux
Nouvelle méthode d’enregistrement photomagnétique ultrarapide
Une nouvelle génération d'éoliennes marines flottantes
Vivant
Méditation et musique réduiraient le déclin cognitif chez des sujets à risque d’Alzheimer
Le régime méditerranéen combat aussi la dépression
La vie sur Terre serait encore plus ancienne que prévu
Drépanocytose : une thérapie génique efficace chez un premier patient
Réparer l’os : un implant 3D vivant fait ses preuves chez la souris
Régénérer le cerveau par des greffes de neurones : une nouvelle avancée
Maladie d'Alzheimer et cholestérol : un nouveau lien mis en évidence
Le stroma tumoral : nouvelle cible thérapeutique pour certains cancers
Sang artificiel : vers une production à grande échelle
Un tétraplégique retrouve l'usage de son bras grâce à une neuroprothèse
Edito
Les 10 innovations de rupture de 2017



Le 20 Janvier dernier, j'avais mis en ligne un édito intitulé : "Quelles sont les technologies qui vont changer le monde". Vous avez été très, très nombreux à lire cet édito et à me faire savoir combien il vous avait intéressés. Pour le préparer, je m'étais appuyé (entre autres) sur le document du MIT intitulé "Les 10 Technologies de rupture de 2016".

Or, ce célèbre Institut de Technologie du Massachusetts (Etats-Unis), véritable pépinière de prix Nobel, vient de publier sa sélection 2017 des 10 technologies de rupture qu’il a identifiées (Voir MIT Technology Review).

Vu l’intérêt que vous portez à ces technologies qui vont changer notre vie, j'ai décidé de vous en faire une synthèse sans attendre les études traitant du même sujet, publiées chaque année par l'OCDE et le World Economic Forum.

Cette année, il est très intéressant de souligner que, sur les 10 technologies retenues, six appartiennent au champ global des technologies numériques, quatre relèvent du domaine des sciences de la vie et des biotechnologies et une concerne le domaine de l’énergie. Ces 10 technologies ne sont pas d’égale importance et les passer toutes en revue serait fastidieux. Néanmoins, six d’entre elles me semblent vraiment porteuses de ruptures scientifiques, économiques et industrielles majeures et méritent d’être plus particulièrement développées.

La première innovation retenue, relevant du champ des technologies numériques est celle des camions autonomes, que le MIT voit déjà sur nos routes dès l’horizon 2025. Il est vrai que les poids-lourds effectuent la majeure partie de leur trajet sur autoroute, ce qui rend bien plus simple leur automatisation progressive. En outre, rendre les camions autonomes, puis automatiques, devrait permettre de réaliser des bénéfices économiques considérables en exploitant de manière bien plus efficace les infrastructures routières existantes et en augmentant sensiblement la valeur ajoutée des flux logistiques.   

En octobre 2016, dans le Colorado, l’entreprise Otto a fait sensation en faisant rouler en mode autonome un semi-remorque de dix-huit roues sur presque 200 kilomètres, entre Fort Collins et Colorado Springs. Le véhicule, un Volvo Trucks de série, était équipé d’un système de guidage intégrant différents radars, capteurs et caméras, d’une valeur de 30 000 euros, un prix assez raisonnable au regard de la valeur du camion et qui devrait rapidement baisser, pour tomber à 10 000 €, avec une production en série. Ce voyage s’est effectué à la vitesse respectable de 90 km/h et s’est déroulé sans aucun incident. Outre l’intérêt de pouvoir gérer les flux logistiques d’une manière bien plus efficace et plus rentable qu’aujourd’hui, la généralisation du transport routier autonome, puis automatique permettrait également de réduire de manière considérable le coût humain et économique des accidents de la route provoqués par des poids lourds : 4 000 morts chaque année, rien qu’aux Etats-Unis et plus de 50 milliards de dollars de pertes pour l’économie américaine…

Parmi les autres technologies numériques innovantes en plein essor, le MIT a sélectionné cette année la reconnaissance faciale. Pour des raisons à la fois politiques, sociales et culturelles, la Chine est devenue  leader mondial dans l’utilisation de cet outil numérique très polyvalent. Qu’il s’agisse de traquer plus efficacement les criminels, de mieux contrôler les bâtiments sensibles ou encore d’identifier rapidement et sûrement les porteurs de cartes bancaires, la reconnaissance faciale, devenue très performante grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, est présente partout en Chine.

On estime qu’aujourd’hui un Chinois sur 10 utilise déjà l’application Alipay, qui permet un règlement électronique par simple reconnaissance faciale. Une autre application, également très en vogue dans l’empire du milieu, consiste à vérifier par reconnaissance faciale l’identité d’un chauffeur de VTC. Et pour ceux qui doutent encore de la puissance de cet outil, il faut rappeler l’expérience qu’a réalisée il y a un an le photographe russe Egor Tsvetkov. Celui-ci a passé une journée à photographier au hasard des inconnus dans les rue de Saint-Pétersbourg. Ensuite, en utilisant FindFace, un logiciel très puissant de reconnaissance faciale développé par la société russe N-Tech.Lab et qui utilise la technologie des réseaux de neurones artificiels, Egor Tsvetkov est parvenu à retrouver et à identifier sur le réseau social russe Vkontakte les deux tiers des personnes photographiées…

Cette technologie de reconnaissance faciale n’en est encore qu’à ses débuts et recèle un gigantesque potentiel d’utilisation dans tous les domaines de la vie quotidienne. Devenue extrêmement performante, très fiable et bon marché, elle pourrait bien remplacer définitivement d’ici seulement quelques années nos bonnes vieilles serrures mécaniques, non seulement pour le contrôle d’accès aux bâtiment dits « sensibles » mais plus largement pour l’ensemble des immeubles et habitation résidentielles.

Une autre technologie, que nous évoquons régulièrement dans cette lettre, a été également sélectionnée dans ce palmarès 2017 du MIT : le calcul quantique. Après plusieurs décennies de recherche, les premiers prototypes d’ordinateurs quantiques sortent enfin des laboratoires, même s’ils présentent encore des performances assez limitées au regard de leurs immenses potentialités. Rappelons que contrairement à l’informatique classique, qui utilise depuis 80 ans une logique binaire basée sur les bits qui peuvent prendre la valeur de 0 ou 1, les machines quantiques utilisent une logique holistique et manient des « qbits » entités qui peuvent prendre comme valeur à la fois 0 et 1, ce qui laisse entrevoir des puissances de calcul absolument colossales. 

Problème : les qbits sont par nature particulièrement fragiles et instables, à cause du phénomène physique de décohérence qui tend à leur faire perdre leurs précieuses propriétés quantiques. Mais plusieurs équipes de recherche de par le monde essaient de contourner cet obstacle, comme QuTech, un centre de recherche aux Pays-Bas qui travaille sur l’utilisation de quasi-particules découvertes en 2012, qui apporteraient une solution à l’instabilité fondamentale des qbits. Plusieurs laboratoires travaillent également sur la fabrication de circuits quantiques sur des puces en silicium classiques.

IBM a déjà développé un ordinateur quantique expérimental dans ses laboratoires new-yorkais. Pour l’instant, cette machine affiche encore des performances modestes et n’est dotée que de cinq « qbits », mais il ne s’agit que d’une première étape vers une machine intégrant 50 « qbits » qui pourrait être opérationnelle d’ici 5 ans et rivaliser avec les plus puissants ordinateurs actuels. Une autre équipe internationale réunie au sein du Ion Quantum Technology Group de l’Université du Sussex au Royaume-Uni, et dirigée par le professeur Winfried Hensinger, travaille également à la mise au point, d’ici deux ans, d’un premier prototype d’ordinateur quantique complet en explorant une nouvelle voie prometteuse, celle des « pièges ioniques » générés par un champ de micro-ondes (Voir Nature).

D’une puissance de calcul phénoménale (peut-être plusieurs millions de fois celle des machines actuelles), l’ordinateur quantique pourrait s’attaquer à des problèmes tout simplement impossibles aujourd’hui à résoudre, comme la modélisation et la simulation évolutive de systèmes biologiques complexes, la conception de matériaux nouveaux aux propriétés inédites, ou encore la conception ultrarapide de molécules thérapeutiques « sur mesure », correspondant exactement à la pathologie spécifique d’un malade…

Dans le domaine des sciences de la vie et les biotechnologies, le MIT a distingué cette année deux innovations technologiques qui lui semblent particulièrement prometteuses, la thérapie génique et l’atlas cellulaire humain complet. La thérapie génique consiste à administrer, grâce à différents vecteurs comme des virus désactivés, à une personne qui souffre d’une maladie génétique, la copie saine du gène manquant ou défectueux. Aujourd’hui, les traitements à base de thérapie génique se comptent sur les doigts d’une main et coûtent une petite fortune. Mais l’arrivée de CRISPR-Cas9, un « ciseau » génétique à la fois simple et précis, est en train de changer complètement la donne. L’année dernière, des chercheurs chinois ont utilisé pour la première fois une thérapie génique réalisée grâce à CRISPR-Cas9 sur un malade atteint d’un cancer du poumon agressif et réfractaire à tous les traitements connus.

Ces scientifiques ont d’abord prélevé des lymphocytes T, puis les ont modifiés génétiquement à l’aide de CRISPR-Cas9, afin que ce type de cellules immunitaires apprenne à reconnaître et à tuer les cellules cancéreuses. Ces lymphocytes T, ainsi modifiés, ont été finalement réinjectés dans l’organisme du malade et l’espoir des chercheurs est qu'ils puissent combattre efficacement les cellules tumorales et peut-être les éliminer.

Une autre innovation, tout à fait complémentaire de la précédente, a également été distinguée dans ce classement 2017, l’Atlas cellulaire humain complet. Ce projet, bien plus ambitieux encore que celui de la cartographie et du séquençage complet du génome humain, achevé au début de ce siècle, consiste à réaliser un atlas des 37 200 milliards de cellules dont nous sommes constitués. L’idée est de parvenir à cartographier de manière extrêmement précise l’ensemble des cellules composant notre corps et à classer celles-ci en fonction de leur spécificité biologique et génétique.

Pour mener à bien un projet aussi pharaonique, un consortium international a été constitué et regroupe plusieurs dizaines de laboratoires et centres de recherche disséminés principalement aux États-Unis, en Europe et au Japon. En combinant les nouvelles ressources technologiques offertes par la microfluidique, le séquençage génétique et l’adressage numérique, les chercheurs espèrent pouvoir réaliser le catalogue complet de toutes les cellules de notre corps, leur situation spatiale, leurs caractéristiques génétiques et leurs fonctions biologiques. Les retombées potentielles qu’un tel atlas pourrait avoir dans les domaines scientifiques et médicales sont tout simplement incalculables.

Évoquons enfin la seule innovation technologique distinguée par le MIT qui ne relève ni des sciences du vivant, ni des outils numériques mais du domaine tout aussi stratégique des nouvelles sources d’énergie propre, l'énergie solaire thermophotovoltaïque. Cette nouvelle forme d’énergie solaire consiste à dépasser les contraintes et limitations intrinsèques au solaire thermique et au solaire photovoltaïque. Actuellement, en dépit des progrès indéniables réalisés, le rendement moyen d’une cellule solaire reste de l’ordre de 30 % et il faut au moins 40 m² de panneaux solaires correctement orientés pour satisfaire les besoins énergétiques moyens d’une habitation. 

Mais il y a quelques mois, des chercheurs du MIT ont annoncé ce qui pourrait bien être une rupture technologique véritablement décisive dans le domaine de la production d’énergie solaire à haut rendement (Voir Nature). En combinant de manière ingénieuse des nanotubes de carbone et des cristaux nanophotoniques, ces scientifiques ont montré qu’il était possible de concevoir un nouveau type de cellule solaire capable de récupérer une grande partie de la chaleur produite et de la convertir en rayonnement producteur d’énergie. Ces nouvelles cellules solaires thermophotovoltaïques devraient ainsi, à terme parvenir à convertir 60 % de l’énergie solaire en électricité, et en outre, stocker la chaleur pour qu’elle soit convertie en électricité la nuit !

En permettant de doubler la quantité d’énergie récupérable à partir d’une même surface de panneaux solaires, cette technologie très prometteuse des panneaux thermophotovoltaïques pourrait tout simplement changer la donne énergétique mondiale et faire du rayonnement solaire la principale source d’énergie de la planète à l’horizon 2050. Ici, on comprend bien évidemment que l’enjeu n’est pas seulement technologique et économique mais climatique et environnemental car si l’homme devient capable d’exploiter massivement et plus efficacement le gisement énergétique immense et inépuisable que représente l'énergie solaire, il aura franchi une étape décisive vers la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et la maîtrise du changement climatique, à présent incontestable, qui affecte la planète.

Ce passionnant palmarès 2017 du MIT nous montre à quel point les frontières entre recherche fondamentale et recherche appliquée sont artificielles et doivent être dépassées. Ces innovations nous montrent en effet de manière éclairante que les ruptures technologiques en cours, celles qui vont bouleverser nos sociétés et changer nos vies ne sont pas séparables des avancées théoriques et conceptuelles dans les domaines fondamentaux de la connaissance et de la compréhension des grandes lois de la nature qui régissent la matière, l'énergie et l’information.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


TIC
Information et Communication
Transformer n'importe quel objet en moyen de paiement
Jeudi, 06/04/2017 - 13:54

Au Mobile Word Congress 2017, qui vient d'avoir lieu à Barcelone, Oberthur Technologies, le spécialiste français de la sécurité numérique, a présenté un nouveau dispositif baptisé mini-fob.

Il s'agit d'une petite carte à puce dont l'antenne est intégrée sur le même support. Le dispositif peut ainsi être inséré dans n'importe quel objet disposant d'une petite fente (un simple bracelet en caoutchouc ou le bracelet en tissu d'une montre classique, par exemple) et le transformer en moyen de paiement sans contact.

Relié à un compte bancaire, le mini-fob est certifié Visa Mastercard. Son approche se veut "user-friendly". "Il permet d'effectuer un paiement sans que la personne n'ait besoin de sortir sa carte bancaire, ni même son téléphone", explique Aude de Vassart. Le mini-fob pourrait, par exemple, intéresser les coureurs, qui ne souhaitent pas s'encombrer de leur porte-monnaie lors d'un marathon.

Deux modèles de commercialisation sont imaginés. Oberthur entend vendre le mini-fob aux banques. Ces dernières proposeraient alors le dispositif à leurs clients comme une carte compagnon. Le mini-fob serait ainsi directement lié à leur compte en banque. Oberthur envisage aussi de vendre le mini-fob à des enseignes.

Les petites puces seraient alors reliées à un compte prépayé et pourraient être directement achetées dans les rayons d'une grande surface ou d'un magasin Fnac, par exemple. Oberthur a déjà mené un projet pilote avec la banque australienne Westpac. Le spécialiste français de la sécurité numérique entend entrer en production cette année.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

L'Usine Digitale

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Matière
Matière et Energie
Un nouveau matériau luminescent
Jeudi, 06/04/2017 - 14:08

Généralement, les matériaux luminescents disponibles sur le marché ont besoin d’être exposés à des rayons ultraviolets afin de stocker l’énergie qui leur est nécessaire pour briller à leur tour. Le remplacement progressif des lampes fluorescentes d’intérieur par des lampes à diodes électroluminescentes qui n’en émettent pas rend donc ce type de marquage des voies d’évacuation à l’intérieur des bâtiments inefficace.

Des chercheurs de l’Advanced Coating Technology Research Center, en collaboration avec Tateyama Kagaku Industry, ont développé un nouveau matériau luminescent qui pourrait pallier à ce problème particulièrement important dans un pays exposé à de nombreux risques naturels comme le Japon de par sa capacité à émettre de la lumière après avoir reçu le seul rayonnement de diodes électroluminescentes.

Le nouveau matériau, capable de briller deux fois plus longtemps et trois fois plus intensément que ceux existant sur le marché, a été obtenu en appliquant une solution hybride du matériau luminescent à base d’ions de terres rares et d’un composé organométallique sur une surface en PET en utilisant la méthode dite « Optical Metal Organic Decomposition method » développée par l’AIST.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Techon

Une puce quantique pour sécuriser les échanges sur les réseaux
Mercredi, 05/04/2017 - 17:16

Le faible niveau de sécurité des objets connectés constitue aujourd’hui l'un des principaux défis en matière de cybersécurité, comme l’a montré le succès du botnet Mirai aboutissant notamment à l’attaque par déni de service contre le prestataire DNS Dyn. Lors du Mobile World Congress, qui se tenait récemment à Barcelone, l’opérateur coréen SK Telecom a présenté une solution qui pourrait apporter une solution, en tout cas pour les futurs objets que construiront les industriels.

Les ingénieurs de l’opérateur ont en effet développé une micro-puce (de 5 millimètres carrés) qui génère des nombres aléatoires. Soit la base des communications chiffrées, puisque ces nombres peuvent être utilisés pour créer des clefs. Selon Sean Kwak, le directeur des labos de technologies quantiques de SK Telecom, interrogé par Infoworld, les premiers exemplaires de la puce seront produits dès ces prochains jours. En rythme de croisière, le composant, baptisé QRNG (pour Quantum Random Number Generator), ne devrait coûter que quelques dollars, assure l’opérateur.

La puce exploite un phénomène physique appelé bruit de grenaille (ou shot noise en anglais), consécutif à la nature quantique de la lumière ou d’un courant électrique. Au sein du composant de SK, deux LED produisent des photons qui rebondissent sur les parois et sont détectés par un capteur CMOS également embarqué. Le bruit de grenaille qui résulte de cette détection est aléatoire par nature.

La capacité à générer des nombres parfaitement aléatoires au sein d’un dispositif aussi compact serait une première, selon le Coréen. Et pourrait considérablement améliorer la sécurité des smartphones, voitures intelligentes et autres dispositifs IoT. A condition toutefois que le tarif du composant soit compatible avec celui de l’appareil au sein duquel il doit s’intégrer.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Silicon

Nouvelle méthode d’enregistrement photomagnétique ultrarapide
Mardi, 04/04/2017 - 09:26

Une équipe de scientifiques du département de Physique de l’Université de Bialystok, en collaboration avec une équipe de l’Université de Nimègue (Pays-Bas), a découvert une nouvelle méthode de sauvegarde de l’information. Cette découverte pourrait être à la source d’une avancée majeure dans le domaine du stockage par bandes magnétiques.

Cette méthode d’enregistrement photomagnétique, dans une couche transparente diélectrique, s’effectue à l’aide d’une pulsation laser d’une durée d’une femtoseconde (10-15 s). La modification de la polarisation linéaire de l’impulsion laser permet de modifier la magnétisation de la bande. L’enregistrement d’un « 0 » ou d’un « 1 » est ainsi reproductible et réversible.

L’enregistrement, en plus d’être environ mille fois plus rapide que la norme actuelle, s’accompagne uniquement d’une faible création de chaleur. Il nécessite une consommation réduite en électricité : environ un milliard de fois moins par enregistrement d’un bit qu’avec un disque dur classique. La bande d’enregistrement est un fin film de grenat d’yttrium et de fer dopé avec du cobalt (YIG :CO).

Cette équipe de scientifiques polono-hollandaise est maintenant en train de candidater à une bourse européenne pour pouvoir développer d’ici 5 ans un prototype qui utilisera cette technologie très prometteuse d’enregistrement ultra-rapide.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science & Scholarship in Poland

Une nouvelle génération d'éoliennes marines flottantes
Mardi, 04/04/2017 - 09:10

La première éolienne marine française est en construction et sera mise en service d'ici à la fin de l'année. Il s'agit d'une éolienne flottante conçue par Ideol, start-up de La Ciotat. La jeune entreprise s'est alliée à Bouygues Travaux Publics pour la construction de sa fondation flottante en ciment, sa spécialité, et à l'École centrale de Nantes, qui a mis à disposition sa plate-forme d'essais en mer au large du Croizic, en Loire-Atlantique.

Ideol a par ailleurs été retenu comme l'un des quatre projets de fermes pilotes d'éoliennes flottantes attribués par le gouvernement, celle prévue au large de Gruissan, en Méditerranée. Il est associé au producteur d'énergie Quadran, qui a choisi son flotteur en béton.

Ideol, créé par Paul de La Guérivière et Pierre Coulombeau, est également présent sur le marché japonais. Hitachi Zosen lui a confié le design et l'ingénierie de la fondation de deux démonstrateurs, l'un en acier (en construction actuellement), l'autre en béton. Enfin, l'entreprise a aussi signé des accords avec le groupe taïwanais China Steel pour des parcs prévus pour 2019 et, il y a quelques jours, avec le britannique Atlantis Resources pour développer 1,5 gigawatt de projets éoliens flottants au Royaume-Uni, dont une première tranche de 100 MW d'ici à 2021.

Après avoir pris beaucoup de retard dans l'éolien maritime "posé" (c'est-à-dire arrimé au fond), freiné par de nombreux recours d'associations, la France pourrait bien combler cette lacune grâce à l'éolien flottant. Les machines peuvent être installées au-delà de 40 mètres de profondeur, la limite pour l'éolien posé, ce qui réduit la pollution visuelle.

Le flotteur d'Ideol a la particularité d'être en béton et d'avoir la forme d'un anneau carré de 36 mètres de côté sur 9,50 mètres de haut avec une ouverture centrale. À l'intérieur, le ballottement de l'eau s'oppose au mouvement du flotteur provoqué par la houle et équilibre l'ensemble arrimé au fond par des filins. Moins cher à construire, trois fois plus léger que celui de ses concurrents qui préfèrent l'acier, l'équipement doit encore faire la preuve de sa compétitivité par rapport aux autres solutions et de la viabilité économique de l'éolien flottant.

C'est l'objet du projet Floatgen qui sera exploité dans deux ans. L'entreprise, qui emploie 60 personnes, a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 2,8 millions et dégagé un résultat net de 860.000 euros. Elle table sur 4 millions pour 2016. Mais les perspectives sont plus importantes pour les prochaines années. Paul de La Guérivière évalue le marché potentiel des fondations d'éoliennes flottantes en France, au Japon et au Royaume-Uni, à 20 milliards d'euros.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Ideol

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Méditation et musique réduiraient le déclin cognitif chez des sujets à risque d’Alzheimer
Jeudi, 06/04/2017 - 14:03

une étude-pilote réalisée par l'Ecole de santé publique de Virginie occidentale (USA) a montré qu'écouter de la musique ou méditer selon la méthode Kirtan Kriya pourrait réduire le déclin cognitif. On sait déjà que chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la musique permet de réactiver les capacités résiduelles de la mémoire mais quid de son effet à un stade très précoce ?

Dans cet essai prometteur, 60 personnes âgées présentant des troubles de la mémoire en phase préclinique, ayant pratiqué quotidiennement pendant 3 mois l’une ou l’autre de ces techniques psychocorporelles simples, ont vu une amélioration importante et significative de leurs performances cognitives (mémoire et cognition) à 3 mois. L’effet était maintenu à 6 mois, voire même amélioré.

« Jusqu’à présent, aucun traitement n’a été approuvé pour cette phase très précoce de perte de mémoire, qui malgré des conséquences neurodégénératives faibles à ce stade, pourrait néanmoins constituer une fenêtre thérapeutique cruciale pour agir sur le déclin cognitif » écrit Kim Innes.

Parallèlement, les preuves s’accumulent quant à l’intérêt des thérapies dites psycho-corporelles, telles que la méditation et l’utilisation de la musique, même la simple écoute passive, comme options de traitement potentielles.

En s’appuyant sur les résultats d’études récentes, le Docteur Innes et son équipe ont assigné 60 adultes présentant une déficience cognitive subjective à prendre part, soit à un programme de méditation Kirtan Kriya, soit à un programme d’écoute musicale. Les participants âgés de 50 à 84 ans (61 ans en moyenne) étaient à 85 % des femmes. Les sujets du groupe Kirtan Kriya (KK) ont été formés à cette technique de méditation. Alors que ceux du groupe musique (M) se contentaient d’écouter des morceaux relaxants de musique classique issus de 6 compositeurs.

Il leur a été demandé à tous de pratiquer leur méthode de relaxation quotidiennement, à raison de 12 minutes pendant 3 mois (12 semaines). Ils pouvaient, s’ils le souhaitaient, poursuivre pendant 3 mois supplémentaires. Chaque participant se voyait remettre un guide, un CD et un lecteur de CD en lien avec sa pratique. Un coach a contacté chacun des participants au cours de la première semaine pour compléter la formation si nécessaire, et s’est rendu disponible tout au long de l’étude. Les participants devaient tenir un journal de leur pratique.

Les chercheurs ont évalué la mémoire et les fonctions cognitives des participants. A 3 mois, chacun des participants des deux groupes présentait une amélioration conséquente et significative de ses performances cognitives et mémorielles (MFQ, DSST, TMT-A/B, P ≤ 0,04) par rapport à l’entrée dans l’étude.

Ces gains se sont maintenus, voire améliorés, à 6 mois ( P ≤ 0,006). A la fin de l’étude, 55 % des participants ont affirmé avoir moins d’inquiétudes concernant leur mémoire par rapport au début de l’étude. Dans les deux groupes, les taux d’adhésion aux 2 types d’intervention ont été élevés et les taux d’abandon faibles (92 % des participants ont été au bout des 12 semaines et 88 % ont pratiqué pendant 6 mois). Les résultats n’ont été affectés ni par le sexe, l’âge, le statut pondéral, les antécédents de dépression/anxiété, le nombre de facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, les performances cognitives à l’état basal ou les modifications de traitement.

Bien que les mécanismes par lesquels méditation et musique agissent soient encore mal compris, ils pourraient, selon cette étude, faire intervenir différentes voies. L’équipe de Kim Innes a ainsi montré que ces deux types d’intervention ont amélioré le sommeil, l’humeur, le stress, le bien-être et la qualité de vie des participants,

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

IOS

Le régime méditerranéen combat aussi la dépression
Jeudi, 06/04/2017 - 13:49

Des chercheurs de l’Université Deakin (Geelong, Australie) ont établi un lien entre humeur et alimentation. Menée par l’équipe de Felice Jacka et Michael Berk, la très bien dénommée étude Smiles (Supporting  Modification of  lifestyle in Lower Emotional States) a suivi une soixantaine de patients tous déprimés, sous antidépresseurs ou en psychothérapie, atteints de dépression modérée à sévère, selon le score sur  une échelle de la dépression, celle de Montgomery-Asberg.

La moitié d’entre eux a reçu sept consultations nutritionnelles de 60 minutes pour les aider à adopter un régime méditerranéen dit ModiMedDiet, faisant la part belle à l’huile d’olive et à dix autres aliments. L'autre moitié n’a pas été incitée à modifier ses habitudes nutritionnelles mais en revanche des séances de maintien du lien social leur ont été proposées.

À l'issue des douze semaines de l'étude, les chercheurs ont observé une différence statistiquement significative de 7,1 points sur l’échelle de dépression de Montgomery-Asberg en faveur du groupe ayant adopté le régime méditerranéen, avec quatre fois plus de rémissions dans ce groupe. « Cet essai est le premier à répondre explicitement à la question : si j'améliore mon alimentation, ma santé mentale s'améliorera-t-elle ? », commentent les auteurs. Ces résultats doivent maintenant être reproduits. Selon les chercheurs, ce régime pourrait agir sur la plasticité neuronale, le microbiote intestinal, l’inflammation et le stress oxydatif.  

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

BCM

La vie sur Terre serait encore plus ancienne que prévu
Mercredi, 05/04/2017 - 18:25

La vie sur Terre pourrait bien être encore plus ancienne que ce qu'on imaginait. Des chercheurs ont en effet découvert des micro-organismes fossiles qui auraient entre 3,77 et 4,29 milliards d'années, soit seulement quelques centaines de millions d'années de moins que notre planète.

Les scientifiques ont mis en évidence ces microfossiles dans des couches de quartz du site géologique de la ceinture de Nuvvuagittuq, au Nord-Est du Québec (Canada). Leurs travaux ont été publiés récemment dans Nature. "Grâce à des images laser des échantillons prélevés, nous avons pu identifier des microfossiles, qui sont les plus vieux connus au monde", a déclaré Matthew Dodd, de University College London (UCL), dans une vidéo postée sur le site de la revue. En diamètre ils font la moitié de celui d'un cheveu humain. En longueur, ils mesurent jusqu'à un demi-millimètre, précise-t-il.

Un éclairage sur les autres planètes. "Le plus excitant dans ces découvertes", c'est que la vie ait réussi à démarrer sur Terre de façon précoce - "ce qui soulève d'intéressantes questions" sur ce qui s'est passé sur Mars et ailleurs dans l'Univers, considère Matthew Dodd. "Si la vie est arrivée si vite sur Terre, a-t-elle pu faire de même sur d'autres planètes ?", s'interroge-t-il.

Les plus vieux organismes du monde ? La Terre s'est formée il y a 4,567 milliards d'années. Ces microfossiles ont été repérés dans la Ceinture de Nuvvuagittuq, un affleurement situé le long des côtes du Québec, qui est réputée abriter la plus vieille roche connue (4,29 milliards d'années). "Elle a été datée selon une méthode robuste mais cela reste toutefois controversé", précise Dominic Papineau, de l'UCL, principal auteur de l'étude.

"Pour rester prudents", les scientifiques ont donné aux micro-organismes "un âge minimum de 3,77 milliards d'années", ajoute-t-il. C'est déjà 300 millions d'années plus ancien que les plus vieux microfossiles connus jusqu'à présent, qui ont été trouvés en Australie et sont âgés de 3,460 milliards d'années, souligne Dominic Papineau. Des traces identifiées dans du jaspe rouge. Les microfossiles se sont formés au fond de la mer, à proximité de "cheminées hydrothermales", qui réchauffent les eaux et sont le fruit de l'activité volcanique, soulignent les chercheurs.

Dominic Papineau s'est rendu au Québec pour choisir les échantillons de jaspe rouge qui ont ensuite été analysés. Il fallait démontrer que les structures étaient bien d'origine biologique. De minuscules filaments et des tubes formés par des sortes de "bactéries" qui vivaient sur du fer ont été retrouvés encapsulées dans des couches de quartz, souligne UCL dans un communiqué.

En septembre 2016, une autre équipe de chercheurs avait annoncé avoir découvert au Groenland des stromatolites (des structures calcaires formées par des colonies microbiennes) vieux de 3,7 milliards d'années. Ces stromatolites se sont formés à la surface de l'eau alors que les micro-organismes décrits par la nouvelle étude sont nés dans les profondeurs marines.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Drépanocytose : une thérapie génique efficace chez un premier patient
Mercredi, 05/04/2017 - 18:16

Un jeune garçon atteint d'une forme sévère d'anémie chronique héréditaire, la drépanocytose, a été traité avec succès par thérapie génique. C'est le premier patient au monde à avoir bénéficié de ce traitement novateur. Le patient a été traité par thérapie génique à l'âge de 13 ans en octobre 2014 à l'hôpital Necker-Enfants malades et à l'Institut Imagine à Paris par l'équipe dirigée par le Professeur Marina Cavazzana (AP-HP/Inserm/université Paris Descartes).

La thérapie, conduite en collaboration avec le Professeur Philippe Leboulch (CEA France et Université de Harvard), qui a mis au point le vecteur transporteur et le gène correcteur, a permis la rémission complète des signes de la maladie persistant près de deux ans et demi après. Les premiers résultats 15 mois après la greffe, publiés dans le New England Journal of Medicine, "confirment l'efficacité de cette thérapie d'avenir", selon les auteurs. "Il va bien, il n'a plus besoin de transfusion mensuelle, de médicaments anti-douleurs, ni d'hospitalisation", dit Mme Cavazzana.

Cette maladie du sang est liée à une anomalie de l'hémoglobine des globules rouges qui transporte l'oxygène. L'anomalie, une mutation dans le gène de la béta-globine entraîne une déformation des globules rouges en forme de faucille ou de croissant. Ils peuvent obstruer les petits vaisseaux sanguins.

La maladie chez ceux qui ont hérité des deux copies du gène muté (une du père, une de la mère) entraîne une anémie et des crises douloureuses ainsi que des lésions de nombreux organes, tels le coeur, les reins, les os et même le cerveau (AVC) ainsi qu'une grande sensibilité aux infections et une surcharge en fer. Pour sa part, le jeune patient à la suite d'une ostéonécrose, une destruction osseuse provoquée par des caillots des petits vaisseaux, a eu une pose de prothèse de hanche bilatérale.

La drépanocytose touche plus de cinq millions de personnes. Elle est particulièrement fréquente dans les populations d'origine africaine, antillaise mais touche aussi celles d'origine indienne. Il naît plus de 200 bébés atteints par la drépanocytose chaque année en France où l'on dénombre plus de 16.000 patients, en majorité en Ile-de-France.

La thérapie génique est une alternative pour les malades qui ne peuvent pas bénéficier d'une greffe de moelle osseuse faute de donneur compatible dans la fratrie. La première phase du traitement a consisté à prélever des cellules souches sanguines, à l'origine des cellules sanguines (globules rouges et blancs, plaquettes) dans la moelle osseuse du patient.

Ces cellules souches sont ensuite "corrigées" en laboratoire par insertion du gène-médicament à l'aide d'un vecteur viral, déjà mis au point pour traiter une autre forme d'anémie grave, la béta-thalassémie. Le vecteur viral dérivé du VIH rendu inoffensif et porteur du gène correcteur est désormais fourni à grande échelle par la société américaine bluebird bio sous le nom de LentiGlobin.

Avant de réinjecter les cellules corrigées, la moelle osseuse est traitée par le médicament busulfan pour éliminer les cellules souches anormales, non traitées. Les cellules corrigées ont été ensuite réinjectées au patient. Après la greffe, il est resté un mois à l'hôpital. Le patient a repris la fréquentation régulière de l'école et signale une pleine participation aux activités physiques normales.

Depuis le premier patient atteint de thalassémie traité par thérapie génique en France il y a dix ans, il y a eu des progrès techniques avec notamment un vecteur hautement purifié, indique le Professeur Leboulch. "La production de la protéine thérapeutique provenant du vecteur est remarquablement élevée, son niveau est deux fois supérieur à celui qui aurait suffit pour être thérapeutique", dit-il.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

NEJM

Réparer l’os : un implant 3D vivant fait ses preuves chez la souris
Mercredi, 05/04/2017 - 17:30

Une nouvelle étape importante vient d’être franchie dans la réalisation d'implants osseux biocompatibles : une équipe Inserm vient de tester avec succès chez la souris un implant vivant, à base de nanofibres associées à des cellules souches organisées en 3D.

Actuellement, pour régénérer l’os, les chirurgiens utilisent des membranes de collagène imbibées de facteurs de croissance qui favorisent le développement cellulaire. "Mais ces membranes sont d’origine animale, avec un risque d’inflammation. Et les facteurs de croissance sont libérés passivement, sans contrôle réel de leur concentration.

La nouvelle génération d’implants doit s’affranchir de matériaux d’origine animale et permettre de contrôler la diffusion des facteurs de croissance de façon intelligente", clarifie Nadia Benkirane-Jessel. Pour cela, son équipe est partie de polymères nanofibreux qui imitent le réseau de collagène et sont approuvés par les autorités de santé pour une utilisation clinique. A ces polymères, les chercheurs ont associé des nanoréservoirs contenant les facteurs de croissance. "Ces nanoréservoirs sont en fait des petites gouttelettes déposées sur les nanofibres. Dès qu’ils rentrent en contact avec une cellule, ils libèrent une dose nanométrique de molécule", détaille la chercheuse.

Si la lésion de l’os est de petite taille, l’implant peut être déposé ainsi : les cellules résiduelles de l’os le coloniseront sur place. Mais si la lésion est importante, des cellules vivantes doivent être associées à l’implant, d’où le terme d’implant vivant. Pour cela, plusieurs types de cellules peuvent être utilisées : cellules de l’os ou cellules souches. L’équipe de Nadia Benkirane-Jessel utilise des cellules souches mésenchymateuses prélevées dans la moelle osseuse. Jusque-là, ces cellules étaient déposées telles quelles, en deux dimensions sur les nanofibres.

Mais pour accélérer la régénération, les chercheurs ont eu l’idée de pré-organiser ces cellules en trois dimensions. "Pour cela, nous avons créé des sphéroïdes, c’est-à-dire des petites sphères contenant chacune quelques cellules organisées en 3D que l’on dépose sur une autre dimension 3D. Cette double 3D constitue l’implant nanofibreux", explique Nadia Benkirane-Jessel, qui précise "La couche de nanofibres et ses nanoréservoirs se présente comme un pansement thérapeutique que nous apposons au niveau de la lésion osseuse. Puis, dans la foulée, au cours du même acte chirurgical, nous déposons un hydrogel contenant les sphéroïdes sur cette couche".

In vivo chez la souris, cet implant a permis à un fragment d’os du crâne de se régénérer intégralement en 31 jours. Ce succès a conduit l’équipe à déposer une demande de financement pour un essai préclinique chez le chien, meilleur modèle animal de régénération osseuse avant l’homme.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

Régénérer le cerveau par des greffes de neurones : une nouvelle avancée
Mercredi, 05/04/2017 - 17:23

On sait à présent que l'implantation dans une région lésée du cerveau de cellules cérébrales immatures entraîne une réparation du tissu cérébral. Cette découverte est d'autant plus importante que, à la différence de certains autres organes, l'encéphale a des capacités d'autoréparation extrêmement limitées. Aujourd'hui, les chercheurs viennent de franchir une nouvelle étape en déterminant le moment idéal pour que cette transplantation donne les meilleurs résultats.

L'équipe Inserm d'Afsaneh Gaillard (Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques, Université de Poitiers) avait déjà montré, il y a dix ans, que le cerveau de souris adultes pouvait être réparé par une transplantation de cellules nerveuses et immatures, de même nature que celles du tissu lésé (en l'occurrence le cortex moteur). Une fois sur place, ces cellules nerveuses pouvaient non seulement s'intégrer dans les réseaux de neurones existants et survivre, mais aussi reconstruire les voies endommagées, et donc en permettre une amélioration fonctionnelle. « Ces résultats, qui ont tout d'abord suscité l'incrédulité, ont été confirmés sur d'autres espèces animales par la suite », précise le communiqué de l'Inserm.

En mars 2015, Afsaneh Gaillard et son équipe se faisaient remarquer par une publication dans la revue Neuron : « Nous sommes les premiers au monde à montrer que l'on peut réparer du cortex, en l'occurrence du cortex visuel », avait alors expliqué le chercheur. L'expérience avait consisté à greffer des neurones obtenus à partir de cellules souches embryonnaires cultivées in vitro. Des connexions se sont progressivement formées. En stimulant l'œil des souris, les chercheurs ont vu les neurones greffés s'activer.

Deux mois plus tard, une équipe de l'Université de Californie, à Irvine, décrivait dans la même revue d'autres résultats spectaculaires : le cerveau de souris adultes "rajeunit" grâce à la greffe de neurones issus d'embryons provenant de la même espèce. Et, grâce à cette transplantation, les rongeurs adultes qui souffraient d'un déficit visuel recouvrent une vue normale. Afsaneh Gaillard et son équipe viennent de franchir un nouveau cap en montrant que la transplantation est beaucoup plus efficace si elle est réalisée une semaine après la lésion (et non immédiatement après, comme cela se pratiquait jusqu'à présent).

La vascularisation du greffon est alors plus importante, le nombre de neurones survivants est supérieur et les projections vers les zones cibles beaucoup plus rapides et nombreuses. Enfin, l'étendue de la réparation du tissu est nettement plus importante et la récupération fonctionnelle plus complète. « L'existence d'un délai avant la greffe donnerait le temps de préparer les neurones nécessaires à la transplantation, que ce soit à partir de cellules fœtales ou de cellules somatiques du patient reprogrammées », se réjouit Afsaneh Gaillard, qui envisage des perspectives à moyen terme pour les patients.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

Maladie d'Alzheimer et cholestérol : un nouveau lien mis en évidence
Mardi, 04/04/2017 - 09:35

Selon une étude de l’IMIM (Hospital del Mar Medical Research Institute- Barcelone), le cholestérol dans la régulation des protéines du cerveau pourrait jouer un rôle-clé dans le développement des maladies du système nerveux central telles que la maladie d’Alzheimer. Ces recherches montrent que le cholestérol présent dans les membranes cellulaires pourrait interférer avec la fonction d’une importante protéine membranaire du cerveau, à travers un mode d’interaction jusque-là inconnu.

L’étude démontre que le cholestérol présent dans les membranes cellulaires est capable de réguler l’activité du récepteur d’adénosine, en l’envahissant et en accédant au site actif. En interagissant avec ces protéines, il serait donc possible de développer de nouveaux traitements de maladies neurodégénératives de type Alzheimer.

Le récepteur de l’adénosine appartient à la famille des GPCR (G Protein-Coupled Receptors), une famille de protéines situées dans les membranes cellulaires au rôle clé dans la transmission des signaux et la communication entre les cellules du cerveau. Ces protéines sont donc impliquées dans un très grand nombre de processus physiologiques importants, dont la vision, l’odorat, le goût, la régulation du système immunitaire dont l’inflammation, ainsi que dans le comportement.

Or le cholestérol est un composant essentiel des membranes neuronales, où les GPCR résident avec d’autres protéines. Et les taux de cholestérol dans la membrane sont altérés dans des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. L’étude montre que le cholestérol peut exercer une action directe sur cette importante famille de protéines dans les membranes neuronales, les GPCR, et cette voie d’interaction jusqu’alors inconnue entre la membrane cellulaire et les protéines pourrait être une cible précieuse pour de nouvelles thérapies.

Ces travaux montrent qu’en fait le cholestérol peut quitter la membrane neuronale et entrer dans le récepteur de l’adénosine et accéder ainsi au site actif du récepteur et moduler son activité. Ainsi, le taux de cholestérol dans les membranes cellulaires pourrait avoir un effet direct sur le comportement des protéines clés dans les maladies du système nerveux central.

Des niveaux élevés de cholestérol membranaire comme ceux présents chez les patients atteints de maladie d’Alzheimer vont bloquer le récepteur adénosine, et donc la communication neuronale. Et cela pourrait expliquer bon nombre de symptômes dans les maladies neurodégénératives et permettre le développement de nouvelles molécules qui, comme le cholestérol, ont la capacité d’entrer dans le récepteur et de moduler son activité. Il reste à découvrir si ce mécanisme moléculaire est présent dans d’autres protéines GPCR et donc impliqué dans d’autres maladies du système nerveux central.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Le stroma tumoral : nouvelle cible thérapeutique pour certains cancers
Mardi, 04/04/2017 - 09:19

Lutter efficacement contre les cancers de la tête ou du cou passe par une meilleure connaissance du microenvironnement qui contribue à leur croissance. C’est l’objectif du consortium réunissant différentes compétences en biologie, histologie, immunologie ou encore épigénétique, dont fait partie l’équipe Inserm dirigée par Ellen Van Obberghen-Schilling.

En collaboration avec les laboratoires de pathologie du CHU de Nice et du Centre Antoine Lacassagne, la plate-forme protéomique du CRCM à Marseille et une entreprise de biotechnologie américaine, cette équipe est parvenue à décrire la composition du stroma de tumeurs primaires. Elle montre en outre que la fibronectine, ainsi qu’au moins deux protéines de la famille des intégrines, jouent un rôle majeur dans les migrations cellulaires.

Les cancers des voies aérodigestives supérieures (fosses nasales et sinus, bouche, langue, amygdales, pharynx et larynx) sont à plus de 90 % des carcinomes épidermoïdes associés à une espérance de vie à cinq ans inférieure à 50 %. Dans environ 70 % des cas, ils sont induits par des produits carcinogènes, comme l’alcool et le tabac. Des papillomavirus (HPV) à haut risque sont également impliqués dans la survenue d’un certain nombre de cas.

Ces facteurs provoquent des anomalies génétiques dans les cellules tumorales, entraînant des modifications des fibroblastes du tissu environnant. Ces modifications affectent notamment leur production de matrice extracellulaire. Cette matrice, un maillage de fibres et de protéines associées, représente non seulement un support structural pour les cellules dans la tumeur, mais aussi un réservoir de plusieurs facteurs, dont des facteurs favorisant les divisions cellulaires (facteurs mitogéniques), des facteurs immunosuppresseurs et des facteurs angiogéniques qui favorisent la croissance de vaisseaux sanguins nécessaires à l’alimentation de la tumeur.

En étudiant cette matrice, les chercheurs ont constaté que la fibronectine est nécessaire et essentielle pour la progression de la tumeur. Dans une cohorte de 435 patients, sa présence est en outre associée à un mauvais pronostic. "Cette protéine fibreuse est très présente au cours du développement embryonnaire, en raison de nombreuses migrations cellulaires. Ensuite, son expression s’éteint. Elle n’est réexprimée que de façon transitoire, en cas de besoin par l’organisme (cicatrisation, inflammation). Mais en cas de cancer, elle reste exprimée de façon prolongée sous une forme particulière appelée fibronectine oncofœtale", explique Ellen Van Obberghen-Schilling.

Les chercheurs ont par ailleurs identifié deux autres protéines clés dans le processus tumoral. Il s’agit d’intégrines exprimées uniquement à la surface des cellules cancéreuses. Elles s’accrochent à la fibronectine pour favoriser la migration des cellules en groupe. "L’intégrine αvβ6 active par ailleurs une autre molécule importante pour la production de la matrice et la progression tumorale : la cytokine TGFβ. Cette dernière favorise l’angiogenèse et inhibe le système immunitaire", précise Ellen Van Obberghen-Schilling. Ces découvertes permettent d’ores et déjà d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant le stroma pro-cancéreux, comme l'anticorps dirigé contre l’intégrine αvβ6, en cours de développement 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

Sang artificiel : vers une production à grande échelle
Mardi, 04/04/2017 - 09:02

Des chercheurs de l’Université de Bristol (Royaume-Uni), en collaboration avec le système de santé britannique (NHS), sont parvenus, pour la première fois, à produire du sang artificiel d'excellente qualité en quantité.

Ces scientifiques ont développé une nouvelle technique estimée « fiable et reproductible » en stabilisant les érythroblastes, cellules « à l’origine » des globules rouges. Dès lors, ils ont été capables de produire des cellules sanguines « immortelles », qui peuvent être cultivées indéfiniment et donc en masse. Bilan : aucune différence n’a été observée entre ces cellules sanguines 2.0 obtenues in vitro et celles prélevées dans le corps humain.

« Globalement, il y a un besoin pour une production alternative de globules rouges. Les globules rouges de culture ont plus d’avantages que le don du sang, parmi lesquels la réduction du risque de transmission de maladies infectieuses », explique le docteur en biochimie Jan Frayne sur le site de l’Université de Bristol, rappelant que, rien qu'en Grande Bretagne, 1,5 million d’unités de sang doivent être collectées chaque année afin de répondre aux besoins des patients.

En particulier ceux qui sont atteints de maladies, telles que la drépanocytose par exemple, qui se caractérise par l’altération de l’hémoglobine, la protéine assurant le transport du dioxygène dans le sang. L’innovation qui vient d’être dévoilée dans la revue Nature Communications doit encore être testée à grande échelle. A terme, prédit le site Mashable, elle pourrait également permettre de lutter contre la pénurie mondiale de sang.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science Alert

Un tétraplégique retrouve l'usage de son bras grâce à une neuroprothèse
Mardi, 04/04/2017 - 08:53

Dix ans après un accident de vélo qui l’a paralysé à partir des épaules, un Américain de 56 ans a retrouvé, grâce à une nouvelle neuroprothèse, l’usage de son bras et de sa main droite, lui permettant ainsi de retrouver une certaine autonomie pour certains actes de la vie quotidienne, comme boire et manger.

Le dispositif mis en place fin 2014 pour le patient Bill Kochevar à Cleveland, dans le nord-est du pays, contourne la lésion de la colonne vertébrale grâce à des fils, des électrodes et des logiciels informatiques qui viennent connecter son cerveau et les muscles paralysés. L’homme a ainsi deux boitiers sur la tête et 192 micro-électrodes implantées qui enregistrent les signaux que son cerveau envoie lorsqu’il désire bouger son bras et sa main. "C'était fantastique, j'ai ordonné à mon bras de bouger et il a bougé, j'ai pu le ramener vers moi", s'enthousiasme Bill Kochevar.

Selon le coauteur de l’étude Bolu Ajiboye, c’est à leur "connaissance", "le premier exemple au monde d'une personne atteinte d'une paralysie totale, complète", qui parvient à utiliser directement la pensée pour actionner le bras et la main, effectuant ainsi des "mouvement fonctionnels". Néanmoins Bill Kochevar reste toujours équipé d’un bras mobile de support, également contrôlé par son cerveau. Des avancées similaires avaient déjà été effectuées par le passé, lorsque par exemple un jeune américain, Ian Burkhart, avait réussi à se servir de sa main grâce à une interface cerveau-ordinateur. Mais selon les auteurs de la nouvelle étude, le garçon souffrait d’une paralysie moins sévère.

Reste que ce système a besoin d’améliorations pour fonctionner dans la vie courante. Ces améliorations concernent notamment la durée de vie et la puissance des implants cérébraux ainsi que la possibilité de se passer de fils et de disposer au final d’un système complètement implantable sans fils ni boîtiers extérieurs.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Eurekalert

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