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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 888
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 24 Février 2017
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Egalement dans ce numéro
Avenir
Une puce électronique qui détecte le cancer
Terre
Un jet-stream de fer dans le noyau terrestre
Le CO2 atmosphérique capturé à bas coût
Vivant
Une molécule qui inverse la résistance des super-bactéries aux antibiotiques
Les fourmis : de véritables GPS sur pattes !
Une nouvelle immunothérapie efficace contre certaines leucémies de l'enfant
Cancer : le rôle protecteur des fibres confirmé
Cardiologie : Première thérapie cellulaire
La complexification biologique intègre le hasard
Un antidote prometteur au monoxyde de carbone
Les virus communiqueraient entre eux !
Le cannabis augmenterait les risques d’AVC précoce…
La grossesse modifie la structure du cerveau
Recherche
Le minibus sans pilote expérimenté à Paris
Le train coréen supersonique qui défie l'hyperloop
Edito
Sommes-nous moins intelligents que nos ancêtres ?



Fin 2013, une équipe internationale avait publié dans la revue Intelligence un article qui affirmait que les hommes étaient plus intelligents à l'époque victorienne que ne le sont les populations modernes. Selon ces chercheurs, l’espèce humaine aurait atteint son apogée, en terme de niveau d’intelligence, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, ce qui se serait traduit par l’extraordinaire profusion d’inventions, de découvertes et de théories scientifiques nouvelles qui a marqué cette période. Mais depuis cet « âge d’or », la régression moyenne du QI aurait été de 1,23 point par décennie, soit 14 points au total. Pour parvenir à de telles conclusions, les scientifiques ont comparé des données recueillies à la fin de l'époque victorienne avec des données actuelles. Ils ont alors établi que le temps de réaction moyen d'un homme en 1889 était de 183 millisecondes, alors qu'il était de 253 millisecondes en 2004. Or, le temps de réaction est jugé par les chercheurs comme étant un bon indicateur du QI et des capacités cognitives (Voir Science Direct).

Pour l’un des auteurs de l’étude, le docteur Jan te Nijenhuis de l’Université d’Amsterdam, cette tendance serait liée à la fécondité plus faible des femmes plus éduquées et plus intelligentes. D'autres études ont déjà avancé l'hypothèse d'un lien entre sélection génétique et niveau d'intelligence. Puisque les femmes les plus intelligentes et les plus aisées ont moins d'enfants en moyenne, la reproduction des générations favoriserait une baisse du niveau général...

En 2015, Edward Dutton (Université d’Oulu, Finlande) et Richard Lynn (Université d’Ulster, Royaume-Uni) publiaient, dans la même revue Intelligence, une étude qui n’a pas eu autant de retentissement dans les medias que l’étude de 2013 mais mérite pourtant d’être examinée. Selon ces travaux, on constaterait, pour la première fois, une chute du quotient intellectuel (QI) moyen en France. Celui-ci aurait perdu 3,8 points entre 1999 et 2009, passant de 101,1 à 97,3 en 10 ans. Cette diminution peut sembler insignifiante mais, selon ces chercheurs, elle est considérable en si peu de temps et à l’échelle de toute une population. Plus inquiétant encore, ce déclin tendanciel du QI serait également observé dans de nombreux pays européens : Finlande, Royaume-Uni, Danemark, Norvège, Pays-Bas et Suède.

Mais même en Finlande, où la conscription donne lieu à des tests de QI standardisés, pratiqués sur toute une génération ou presque, une autre étude de Dutton et Lynn, publiée en 2013, montre une chute de deux points de QI entre 1997 et 2009, mesurée avec une grande précision. Dans ce petit pays insulaire disposant d’un appareil statistique très fiable, les chercheurs ont pu observer que les trois fonctions cognitives testées (représentation des formes, arithmétique, raisonnement verbal) étaient toutes en régression.

En France, l’enquête Trends in Mathematics and Science Study (TIMS) a révélé, fin 2016, qu’en 20 ans les élèves de la série S ont perdu près de 20 % de leurs capacités, passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015, soit la plus forte baisse observée dans le monde. Sylvie Bonnet, Présidente de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), s’alarme de cette évolution qu’elle juge très préoccupante et souligne que ce score TIMS baisse également chez les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, puisqu’il est aujourd’hui de 533, alors qu’il atteignait 570 en 1995…

Une autre étude intitulée « Lire, écrire, compter : les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle 1987-2007 », réalisée par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), a montré qu’en lecture « deux fois plus d’élèves (21 %) se trouvent en 2007 au niveau de compétence des 10 % d’élèves les plus faibles de 1987 ». En orthographe, les 10,7 fautes moyennes de 1987 sont devenues 14,7 en 2007 et les 26 % qui faisaient plus de 15 erreurs il y a vingt ans sont aujourd’hui 46 %. Quant aux aptitudes en mathématiques, l’étude montre qu’entre 1987 et 1997 le score en calcul a connu « une baisse importante » suivie d’un tassement la décennie suivante.

Reste à expliquer les causes de cette baisse globale du niveau éducatif. Et là, deux grandes hypothèses semblent se dégager. La première renvoie à des facteurs essentiellement socio-culturels et pointe une baisse globale de qualité de l’éducation et de l’appétit de lecture. Mais ce facteur, s’il peut contribuer à expliquer cette évolution du QI, ne suffit pas à lui seul à rendre compte de cette diminution qui touche également des formes d’aptitude cognitive qui ne sont pas liées à la lecture et à l’éducation.

L’autre hypothèse, qui n’est pas incompatible avec la première, est que cette baisse du QI pourrait être liée à une diminution de la qualité de notre alimentation, combinée à de mauvaises habitudes de vie, à une alimentation déséquilibrée et à la présence, dans nos aliments, et plus largement dans notre environnement, de substances toxiques pour notre cerveau.

Dans son récent essai intitulé « Le Cerveau endommagé », la biologiste Barbara Demeneix, dont les travaux sur le système thyroïdien sont mondialement reconnus, montre comment la perturbation du système hormonal par une multitude de substances présentes dans notre environnement domestique (solvants, plastiques, etc.) ou dans la chaîne alimentaire (pesticides, additifs, etc.) peut altérer la construction de certaines structures cérébrales - hippocampe et cortex notamment -, au cours de la période intra-utérine.

Il y aurait, selon cette chercheuse réputée, un lien puissant, quoique difficile à mettre en évidence sur le plan scientifique, entre l’exposition généralisée de la population aux perturbateurs endocriniens — ces substances capables d’interférer avec le système hormonal — et l’augmentation d’une variété de troubles neuro-comportementaux (troubles de l’attention, hyperactivité, autismes, etc.).

Une autre étude menée à l'Université de Lancaster (Royaume-Uni) et publiée en septembre dernier (Voir Lancaster University) confirme et élargit l’hypothèse de Barbara Demeneix. Ces recherches dirigées par Le Professeur Barbara Maher montrent notamment que certaines particules résultant de différents types d’émissions polluantes peuvent pénétrer dans le cerveau humain et y causer, sur la durée, des dommages visibles. C'est le mécanisme de la respiration par le nez (via le nerf olfactif) qui serait tout simplement à l'origine de cette infiltration. Ces recherches ont permis de mettre en évidence la présence de nanoparticules dans le cerveau de 37 personnes vivant à Mexico (Mexique) ou Manchester (Angleterre), âgées de 3 à 92 ans. Les chercheurs ont en outre pu montrer que ces minuscules particules étaient composées de magnétite, un composé d’oxyde de fer, présent dans un environnement pollué. Ils ont enfin pu établir, qu’en raison de leur taille (moins de 150 nanomètres), elles pouvaient pénétrer dans le cerveau.

Ces chercheurs ont également démontré que ces particules de magnétite trouvées dans le cerveau des patients étaient structurellement distinctes et bien plus nombreuses que celles présentes à l’état naturel dans le cerveau humain. Ces particules caractéristiques, qui résulteraient, entre autre de la dégradation des systèmes de freinage sur les voitures et camions, provoqueraient sur la durée un stress oxydatif nocif pour les cellules du cerveau.

Des travaux américains publiés il y a quelques jours dans la très sérieuse revue « Translational Psychiatry », sous la direction de Jiu-Chiuan, confirment pleinement ces effets dévastateurs de la pollution atmosphérique sur le cerveau. Elle montre que l’exposition aux particules fines pourrait aussi entraîner le développement de démences chez les femmes âgées. Cette recherche a été réalisée par des chercheurs de l’Université de la Californie du sud sur les données de 3.647 femmes âgées de 65 à 79 ans dans 48 états des Etats-Unis (Voir Science).

Plus concrètement, elle indique que les femmes qui résident dans des lieux où la concentration de particules fines dépasse les normes de l'agence américaine de protection de l'environnement voient leur risque de déclin cognitif augmenter de 81 % et leur risque de démence de 92 %. Cette étude précise également que ces particules fines entrent par le nez et peuvent atteindre directement le cerveau, provoquant sur la durée des réactions inflammatoires qui favorisent le développement de démences, dont la maladie d’Alzheimer. L'effet néfaste serait particulièrement marqué chez les femmes porteuses du gène APOE4, qui augmente le risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer. Extrapolée à la population générale, la pollution atmosphérique pourrait être responsable, selon ces recherches, de 21 % des cas de démence…

Pour mieux comprendre ce possible déclin « historique » global de l’intelligence humaine, il faut également évoquer une récente étude qui remet en cause la théorie selon laquelle l’intelligence humaine serait essentiellement liée à la taille du cerveau. Jusqu’ici, en effet, l’évolution de la cognition humaine avait été déduite de découvertes et d’estimations de la taille de cerveau à partir de crânes fossiles anthropologiques (Voir The Royal Society).

Selon cette équipe de l’Université australienne d’Adélaïde, ce ne serait pas la taille du cerveau qui serait déterminante pour expliquer l’intelligence humaine mais un autre facteur : le taux métabolique cérébral, qui serait proportionnel au débit sanguin cérébral ou alimentation en sang du cerveau. Le cerveau hominidé était alimenté presque exclusivement par les artères carotides internes. La taille des foramens qui permettaient le passage de ces vaisseaux et artères peuvent permettre d’estimer le taux de « perfusion cérébrale ». Cette équipe montre sur 11 espèces d’ancêtres hominidés, de l’australopithèque à l’Homo sapiens, que ce taux augmente de façon disproportionnée par rapport au volume du cerveau.

Ces chercheurs estiment ainsi qu’en 3 millions d’années d’évolution, le taux de perfusion sanguine des tissus cérébraux est multiplié par 1,7, mais alors que le volume du cerveau l’est sur la même période de 3,5 fois, cela suggère un débit sanguin cérébral total multiplié par 6. Et à cette hausse du débit sanguin, les chercheurs associent une connectivité accrue des neurones, une augmentation de l’activité synaptique et de la fonction cognitive.

De fait, et si l’on considère le règne animal dans son ensemble, il est troublant de constater que dans la nature, certains animaux minuscules, certains insectes par exemple, possédant des cerveaux au volume extrêmement réduit en comparaison à celui des gros mammifères, sont loin d’être entièrement guidés par leurs gènes et se montrent capables, face à des situations nouvelles ou de brusques changements de leur environnement, de faire preuve d’initiatives surprenantes, que nous pouvons qualifier, toute chose égale par ailleurs, « d’actions intelligentes ».

S’agissant de l’évolution des facultés intellectuelles chez l’espèce humaine, certains scientifiques émettent l'hypothèse que l'homme, n'ayant plus besoin de combattre sans cesse pour sa survie, a peu à peu perdu en intelligence. Selon ces théories, la progression de l'intelligence serait inversement proportionnelle au progrès technologique et à la complexification de nos sociétés. C’est ce que suggère Gerald Crabtree, professeur renommé à l'Université de Stanford, qui a publié une remarquable étude en 2012 (Voir Etude G. Crabtree) intitulée « Notre intelligence est fragile ».

Cet éminent scientifique se dit persuadé que la diminution de l'intelligence humaine avait déjà commencé à l'époque où l'homme a commencé à vivre dans des grandes villes et a eu accès à une réserve stable de nourriture. Selon le Professeur Crabtree, jusqu’au néolithique et avant l’avènement des premières civilisations marquées par des ruptures techniques et socio-économiques majeures (élevage, agriculture, accès à l’eau potable, hygiène, nourriture plus variée et plus abondante), nos ancêtres étaient presque exclusivement dépendants des lois de la sélection naturelle. Sans cesse confrontés à un environnement hostile et à une nature toute puissante et imprévisible, ils avaient développé, pour survivre, de remarquables aptitudes neurobiologiques et cognitives.

Mais selon Crabtree, ces capacités d’adaptation qui définissent les différentes formes d’intelligence humaine (y compris l’intelligence sociale, émotionnelle et spatiale) se seraient progressivement amoindries au fil des siècles, ce qui aurait favorisé, selon le principe de la boucle rétroactive positive, de plus en plus de mutations génétiques défavorables au développement de nos différentes facultés cognitives, comme l’imagination, l’attention, la mémoire, la spatialisation….

Gerald Crabtree pense que l'intelligence de l'Homme a certainement été à son plus haut niveau entre l'an 4000 et 3000 avant JC, ce qui correspond à environ 120 générations et nous ramène à l’émergence des grandes civilisations et des premiers centres urbains. « S’il était possible de ressusciter un ingénieur égyptien ou grec de l’Antiquité, nous serions sans doute époustouflés par sa vivacité d’esprit, la justesse de ses intuitions et ses capacités de conceptualisation et de concentration » souligne le Professeur Crabtree. Il faut bien reconnaître en effet que, lorsque l’on étudie sérieusement les réalisations et édifices variés que nos lointains ancêtres ont été capables d’accomplir, avec des moyens matériels dérisoires par rapport aux nôtres, on ne peut qu’être stupéfaits par le niveau de conceptualisation et d’ingéniosité atteint.

A cet égard, un seul exemple, auquel j'avais consacré un éditorial entier, mérite d’être évoqué, celui de la prodigieuse machine d’Anticythère, retrouvée au fond de la Méditerranée en 1901, dont on sait à présent avec certitude qu’elle a été construite par les ingénieurs Grecs plus de deux siècles avant notre ère. Cette prodigieuse machine, qui n’a pas encore livré tous ses secrets, permettait, grâce à un extraordinaire assemblage mécanique, quinze siècles avant les premières horloges astronomiques, de prédire les éclipses lunaires et solaires ainsi que la position de certaines planètes !

Mais si cette hypothèse d’une diminution globale et inéluctable du niveau intellectuel de l’espèce humaine était confirmée, pourrait-elle mettre en péril l’Humanité ? Sans doute pas, selon Le Professeur Crabtree, qui conclut son article (très sérieux et documenté) avec humour, en soulignant «  Heureusement pour notre espèce, si le génome individuel est fragile et peut être altéré, nous avons à présent atteint un niveau de connaissances et de complexité sociale, éducative et culturelle qui peut nous permettre de surmonter ce problème tout à fait réel du déclin tendancielle du niveau moyen d’intelligence chez l’homme. Mais en attendant, je vais prendre une autre bière et regarder en replay ma série américaine préférée à la télévision, à condition que je puisse me rappeler comment marche la télécommande ! »

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


Avenir
Nanotechnologies et Robotique
Une puce électronique qui détecte le cancer
Mardi, 21/02/2017 - 14:38

Des chercheurs israéliens ont mis au point une puce capable de détecter dans notre haleine de minuscules molécules caractéristiques de dix-sept maladies. Pour mettre au point ce dispositif de dépistage, les chercheurs du Technion-Institut de technologie d’Israël ont misé sur la détection des composés organiques volatils (COV). Il s’agit de molécules de faible poids que l’on retrouve dans le sang, les selles, les urines… et dans l’haleine.

Les scientifiques ont conçu une puce intelligente, dotée de nanoparticules en or. Autant de capteurs qui lui permettent d’analyser la présence dans l’haleine de COV correspondant à des maladies.

Parmi elles, des cancers du poumon, du côlon-rectum, du cou et de la tête, de l’ovaire, de la vessie, de la prostate, du rein et de l’estomac, mais aussi la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, le syndrome de l’intestin irritable, la maladie de Parkinson (idiopathique ou atypique), la sclérose en plaques, l’hypertension artérielle pulmonaire, la pré-éclampsie ou encore la maladie rénale chronique.

Pour mettre au point leur « puce médecin », les chercheurs ont ensuite analysé 2 808 d’échantillons d’air récupérés chez 1 404 personnes. En recoupant tous les résultats, ils ont pu ainsi répertorier 17 COV correspondant à autant de maladies. Quant à la « super-puce », elle affiche une efficacité de 86 %. Une première.

Si de nouvelles recherches doivent être menées pour savoir si cette innovation peut être généralisée en médecine, ces résultats sont plus qu’encourageants, selon les experts. Tous voient en cette puce un outil de dispositif de diagnostic peu coûteux et facile d’utilisation.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

ACS

^ Haut
Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Un jet-stream de fer dans le noyau terrestre
Mardi, 21/02/2017 - 14:06

Le champ magnétique terrestre nous protège du bombardement nocif des rayons cosmiques. Mais ce bouclier est loin d’être immuable : sa forme évolue et son intensité varie. Pour mieux le comprendre, il faut plonger dans les profondeurs de la Terre. Les mouvements de convection et la turbulence dans le noyau de fer liquide de notre planète engendrent, par effet dynamo, un champ magnétique global enveloppant la Terre. Mais, à près de 3000 kilomètres sous la surface, le noyau reste très mal connu.

On peut voir le problème dans l'autre sens : en étudiant la structure et les variations du champ magnétique, il est possible d’en savoir plus sur la dynamique du noyau. Grâce à des mesures satellitaires, Philip Livermore, de l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, et deux collègues ont ainsi confirmé l’existence d’un courant de fer liquide se déplaçant rapidement d’est en ouest dans le noyau.

Les trois satellites du programme Swarm de l’Agence spatiale européenne observent le champ magnétique terrestre depuis 2013. Ils en mesurent les variations spatiales et temporelles. Les objectifs sont multiples : comprendre le processus de création du champ magnétique, déterminer l’influence du Soleil sur celui-ci, mais aussi analyser d’autres sources contribuant de façon secondaire au champ magnétique, tels la lithosphère ou les courants océaniques.

Certaines observations connues de longue date montrent que le champ magnétique se déplace globalement vers l’ouest, ce qui suggère que le noyau liquide est animé d'un mouvement de rotation vers l’ouest par rapport au manteau et la croûte. Mais les relevés des satellites Swarm ont mis en évidence que deux zones où l’intensité du champ magnétique est plus intense, situés à haute latitude, l’une à l'aplomb de la Russie, l’autre du Canada, se déplacent plus vite que le mouvement d’ensemble du champ magnétique.

Philip Livermore et ses collègues ont développé un modèle pour expliquer ces observations : un courant de fer liquide large de 420 kilomètres localisé à haute latitude dans le noyau liquide circulerait vers l’ouest, du continent nord-américain vers l’Asie. Ce courant se déplacerait à une vitesse d’environ 40 kilomètres par an, soit près de trois fois la vitesse moyenne des mouvements dans le noyau liquide.

Ces résultats confirment avec des données plus précises des résultats antérieurs obtenus par Alexandra Pais, de l’Université de Coimbra, au Portugal, et Dominique Jault, du laboratoire ISTerre, à Grenoble, en 2008, à partir de données des satellites Oersted et Champ. D’après Philip Livermore, cette circulation de fer liquide serait en train de s’intensifier, ce qui est en accord avec un autre modèle développé par Nicolas Gillet, du laboratoire ISTerre, et ses collègues.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Phys.org

Le CO2 atmosphérique capturé à bas coût
Dimanche, 19/02/2017 - 21:27

Des scientifiques de l’Institut national d’Oak Ridge (Tennessee, USA) ont développé un procédé de capture du CO2 atmosphérique qui repose sur la réaction entre une solution aqueuse de guanidine et le gaz. Alors que les systèmes actuels doivent être chauffés à près de 900°C pour libérer le CO2 pour le stockage, ce procédé requiert un minimum d’énergie et une faible consommation de produits chimiques.

Dans une solution aqueuse de 2,6-Pyridine-bis (iminoguanidine) (PyBIG) laissée deux jours à l’air libre, les scientifiques ont observé la formation de petits cristaux. L’analyse élémentaire, couplée aux spectroscopies infrarouges (IR) et RMN a montré que ces cristaux contiennent des anions carbonates (CO32-) issus de la réaction entre le CO2 ambiant et l’eau. Ces derniers sont liés à des molécules d’eau et des cations PyBIGH22+ par des liaisons hydrogènes, le tout formant un sel carbonaté tétrahydraté de PyBIG de formule [PyBIGH2(CO3)(H2O)4].

L’analyse thermique a révélé qu’au bout d’une heure à 120°C, les cristaux perdent 34,3 % de leur masse, ce qui correspond à la disparition totale des carbonates (la libération du CO2), et à la régénération totale sans dégradation du ligand guanidine de départ. « Il est probable que les liaisons hydrogène jouent un rôle dans la libération faiblement coûteuse en énergie du CO2. Nous menons des études complémentaires pour comprendre en détails ce mécanisme », précise Radu Custelcean, l’un des auteurs de la publication. Au-delà de la faible énergie requise, ce procédé devrait aussi séduire par sa simplicité et sa faible consommation de produits chimiques puisque le ligand est régénéré et recyclé.

Pour stabiliser la concentration de CO2 dans l’atmosphère, capturer le gaz à la source ne sera peut-être bientôt plus suffisant. Ce nouveau procédé de capture à faible coût ouvre donc de nouvelles perspectives pour la lutte contre le réchauffement climatique. « D’autres applications peuvent être envisagées, notamment le recyclage du CO2 dans les sous-marins ou les stations spatiales », ajoute Radu Custelcean. 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Industrie & Technologies

^ Haut
Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Une molécule qui inverse la résistance des super-bactéries aux antibiotiques
Jeudi, 23/02/2017 - 11:41

L'abus de consommation des antibiotiques a favorisé la progression du phénomène très préoccupant d'antibiorésistance et plus de 10 millions de décès dans le monde pourraient être attribués à l’inefficacité des antibiotiques d’ici 2050. Ces chiffres sont aussi élevés que ceux concernant le cancer. Mais la guerre contre les « super-bactéries » n’est peut-être pas perdue d’avance.

Une équipe de chercheurs menée par Bruce Geller, de l’Oregon State University, annonce en effet le développement d’une molécule qui inverserait la résistance aux antibiotiques dans plusieurs souches de bactéries. La molécule en question représente un peptide conjugué à un oligomère morpholino phosphorodiamidate et s’attaquerait directement à l’enzyme NDM-1 (New Delhi métallobêta lactamase) qui confère aux bactéries une résistance aux antibiotiques de la famille des carbapénèmes habituellement réservés au traitement des infections multirésistantes.

Les essais effectués en laboratoires semblent concluants. Les chercheurs ont testé la nouvelle molécule sur des souris infectées par trois bactéries, dont la bactérie E. coli, résistante aux antibiotiques.

Combinée à un type de carbapénème généralement utilisé pour traiter les infections intra-abdominales et des voies urinaires (le méropénème), cette nouvelle molécule aura permis de restaurer la capacité des antibiotiques à s’attaquer aux bactéries. Les chercheurs ont ainsi pu traiter efficacement l’infection par des bactéries élevées dans des boîtes de Pétri et améliorer les taux de survie des souris infectées. Il est pour le moment impossible de savoir si des essais seraient concluants chez l’Homme, mais l’équipe se dit « prête » pour des essais cliniques au cours des trois prochaines années.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Bioscience Technology

Les fourmis : de véritables GPS sur pattes !
Mercredi, 22/02/2017 - 14:05

Une équipe scientifique composée de scientifiques australiens, britanniques et français (Université de Toulouse III) a démontré que les fourmis sont équipées d'un système de navigation très sophistiqué qui leur permet de se diriger sans problème même en marchant à reculons, ce qui se produit lorsqu'elles transportent de lourdes charges de nourriture.

L'expérience a été menée sur des fourmis du désert andalou de l'espèce Cataglyphis velox. Ces dernières ont été placées sur une route comportant un virage à 90°. Certains insectes ont reçu un morceau de cookie assez petit pour être transporté en marche avant alors que les autres se sont vu attribuer un morceau trop gros et donc trop lourd pour être tracté de cette façon. Ces derniers ont donc tiré le gâteau en marche arrière sans possibilité de repérer le virage serré.

Cependant, ces fourmis ont démontré un comportement surprenant : après avoir marché à reculons sur une certaine distance, certaines d'entre elles ont lâché le cookie, se sont retournées, et ont observé la scène en alignant leur corps dans la direction de la route. Une fois le repérage terminé, elles sont revenues vers le gâteau et ont recommencé à le tirer, mais cette fois-ci dans la bonne direction.

Ce comportement révèle plusieurs compétences cognitives : les fourmis sont capables de mémoriser à la fois l'existence du cookie, sa position mais aussi la route et surtout la nouvelle direction à suivre. Dans une autre expérience, les chercheurs ont également pu démontrer que ces insectes se fiaient aux repères célestes pour maintenir leur cap lors de la marche à reculons. En outre, les fourmis sont capables de maintenir une trajectoire rectiligne en avant, en arrière mais également sur les côtés.

Pour les scientifiques, ces insectes s'orientent donc dans l'espace grâce à de multiples représentations et mémoires, mettant en jeu des transferts d'informations entre plusieurs aires cérébrales. Selon le professeur Barbara Webb de l'Université d'Edimbourg interrogée par l'AFP : "Comprendre leur comportement nous donne de nouveaux éclairages sur le fonctionnement de leur cerveau et peut nous inspirer pour concevoir des systèmes robotiques reproduisant leurs fonctions cérébrales".

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Cell

Une nouvelle immunothérapie efficace contre certaines leucémies de l'enfant
Mercredi, 22/02/2017 - 13:49

Des chercheurs de l'University College de Londres ont expérimenté un nouveau traitement qui a permis d'obtenir pour la première fois une rémission de longue durée pour deux nourrissons atteints de leucémie aigüe lymphoblastique, un cancer qui empêche la moelle osseuse d'assurer la production des cellules sanguines normales.

Ayant déjà fait ses preuves dans les tumeurs sanguines, l'immunothérapie consiste à apprendre aux globules blancs à mieux combattre les cellules cancéreuses. Concrètement, les chercheurs prélèvent par voie veineuse des lymphocytes T du patient. Ceux-ci sont ensuite "reprogrammés" génétiquement pour fabriquer un récepteur (CAR) ayant pour cible une protéine présente sur les cellules tumorales.

En les réinjectant dans le sang, ces nouveaux lymphocytes, renommés "CAR-T", peuvent donc débarrasser le patient de cellules tumorales. Et dans le cadre de la leucémie aigüe lymphoblastique, ce processus est très efficace sur les patients... Excepté chez les nourrissons de moins d'un an qui ne possèdent pas de quantités suffisantes de cellules T à cet âge.

Pour contourner cet obstacle majeur, les chercheurs ont eu une idée audacieuse : fabriquer des lymhocytes T "universels" ! Ils ont utilisé les cellules d'un donneur qu'ils ont modifié génétiquement de manière conséquente afin de faire disparaître les gènes responsables de la réponse immunitaire face à un corps étranger et du développement de la maladie du greffon contre l'hôte. Cette dernière se manifeste lorsque les lymphocytes T du donneur se retournent contre le patient greffé car ils ne reconnaissent plus leur environnement. Bien sûr, les chercheurs ont aussi manipulé les cellules afin qu'elles reconnaissent et détruisent les cellules cancéreuses.

En juin 2015, ils ont injecté ces nouvelles cellules dans le sang d'une fille âgée de 11 mois. Six mois plus tard, ce fut le tour d'une deuxième fille, de 16 mois. Les deux enfants ont ensuite reçu une chimiothérapie et une transplantation de moelle osseuse, afin de restaurer leur système immunitaire. Malgré les manipulations génétiques effectuées, un enfant a tout de même développé deux mois après l'intervention la maladie du greffon contre l'hôte, qui a - fort heureusement - été traitée rapidement.

Ces deux filles sont entrées en rémission complète seulement 28 jours après avoir reçu le traitement. "Elles sont rentrées chez elles et sont en bonne santé", se réjouissent les chercheurs.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science

Cancer : le rôle protecteur des fibres confirmé
Mercredi, 22/02/2017 - 13:42

Des chercheurs de l'école médicale de Harvard, dirigés par le docteur Raaj Mehta, ont montré qu'un régime riche en fibres et en farine complète peut influencer le risque de cancer lié à une bactérie intestinale, le Fusobacterium nucleatum. Le Fusobacterium nucleatum est une bactérie inflammatoire, connue pour jouer un rôle important dans l'apparition du cancer colorectal, en supprimant la réponse immunitaire dirigée contre les cellules tumorales du côlon.

En décortiquant les régimes de de 137.217 personnes sur une trentaine d'années et en examinant 1000 échantillons de tumeurs colorectales et leur niveau de Fusobacterium nucleatum, les chercheurs de Harvard ont constaté que les individus adoptant un régime riches en céréales complètes et en fibres diminuaient le risque de développer un cancer colorectal, contenant la fameuse bactérie. En revanche, les tumeurs non porteuses de la bactérie n'ont pas modifié leur comportement et le risque de développer un cancer n'a pas été diminué.

Ces recherches montrent que, au-delà de cette bactérie en particulier, les choix alimentaires que nous faisons peuvent augmenter ou diminuer le risque de cancer en modifiant le microbiote par la présence de certaines bactéries. D'après les nouvelles recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), dévoilées mardi 24 janvier, les Français devraient, outre les cinq fruits et légumes par jour, manger plus de légumineuses riches en fibres (lentilles, fèves, pois chiches, etc.) et de céréales complètes, et réduire drastiquement leur consommation de charcuteries (25g par jour maximum) et de boissons sucrées.

Le cancer colorectal touche 43.000 personnes et est à l'origine de plus de 17.500 décès chaque année en France. Il s'agit du deuxième cancer le plus meurtrier et du 3e cancer le plus fréquent. Pourtant, s'il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

JAMA

Cardiologie : Première thérapie cellulaire
Mardi, 21/02/2017 - 14:31

Pour la première fois au monde, cinq patients ont reçu une injection de cellules souches sanguines réparatrices dans leur cœur après un infarctus. Trois d'entre eux ont été greffés au CHU de Toulouse.

Pour l'étude "Excellent", les hôpitaux de Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Grenoble, l'hôpital privé Jacques Cartier de Massy, ainsi que deux centres en Grande-Bretagne (Leeds, Edimbourg) auront recruté 44 patients d'ici la fin de l'année 2017. À l'issue de la phase II de cet essai thérapeutique, la start-up mulhousienne CellProthera espère produire de façon standardisée et "industrielle" ses ProtheraCytes, greffons de cellules souches sanguines autologues développés après une simple prise de sang grâce à un automate qu'elle a conçu et installé pour la France à l'EFS (Etablissement français du sang) de Nantes.

« C'est la première fois que nous injectons, trois semaines après un infarctus du myocarde, des cellules CD34 multipliées par une mise en culture de 9 jours. Les patients vont bien, ils ont récupéré de la fonction cardiaque, mais nous attendons des éléments de comparaison pour tirer des conclusions », glisse le professeur Jérôme Roncalli, cardiologue au CHU Rangueil et coordonnateur principal de l'étude.

Lors de l'essai pilote (2002-2007), le Professeur Philippe Hénon, président et directeur scientifique de CellProthera, avait déjà démontré les bons résultats obtenus lors de l'injection des cellules CD34. Une amélioration progressive de la fonction cardiaque avait été observée dès le troisième mois, pouvant aller, chez certains patients greffés, jusqu'à 73 % de mieux dans la fraction d'éjection après quatre ans.

« Avec cette biotechnologie, nous essayons de réparer les tissus pour que le cœur récupère une contractilité suffisante et que la maladie n'évolue pas vers l'insuffisance cardiaque. Le but est de compléter la prise en charge classique des pathologies cardiaques pour permettre, à terme, de limiter le nombre de médicaments, d'hospitalisations, éviter les transplantations et l'utilisation de défibrillateurs automatiques implantables », résume le médecin qui espère la mise en place d'une étude à plus grande échelle, au niveau international.

Selon les estimations, 1 million de patients rien qu'en Europe, aux USA et au Japon, pourraient être éligibles chaque année à ce traitement révolutionnaire. L'étude de phase III prévoit d'inclure 150 patients et se déroulera en Europe, aux USA et au Canada. Le CHU de Toulouse Rangueil coordonne trois études avec le Centre d'investigation clinique biothérapies, toutes basées sur des injections de cellules dans le cœur.

Outre "Excellent", l'étude MESAMI a inclus ses trois premiers patients en phase II. Elle en attend 90, porteurs de signes d'insuffisance cardiaque et dont les artères coronaires sont bouchées ou réparées. Des cellules mésenchymateuses, issues de la moelle osseuse puis mises en culture, sont injectées dans les zones encore viables du cœur pour le réparer et éviter ou retarder la transplantation.

La technique a été inventée à Toulouse avec le concours du consortium Cell for Cure. Elle est développée par l'EFS de Nantes et bientôt à l'EFS Toulouse Oncopole. L'étude MESAD est destinée aux patients devant recevoir une assistance cardiaque. Lors de la pose d'une assistance ventriculaire gauche (turbine), une greffe de cellules de la moelle osseuse est réalisée pour que les patients récupèrent de la fonction cardiaque et puissent continuer à vivre sans cette assistance.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

La Dépêche

La complexification biologique intègre le hasard
Mardi, 21/02/2017 - 14:20

Les biologistes ont longtemps considéré le mécanisme de la différenciation cellulaire comme le résultat d’un programme génétique où une succession de régulateurs s’activeraient dans un ordre établi. Mais de récentes recherches ont montré que l’expression des gènes intègre un processus aléatoire. En ce qui concerne la différenciation cellulaire, cela reformule la question de la façon suivante : comment une expression aléatoire des gènes conduit-elle à des tissus homogènes de cellules différenciées ?

Une équipe de biologistes, mathématiciens et bio-informaticiens codirigée par Sandrine Gonin-Giraud et Olivier Gandrillon, du Laboratoire de biologie et modélisation de la cellule (CNRS, Inserm, Université de Lyon, Université Claude-Bernard), à l’École normale supérieure de Lyon, vient d’apporter des éléments de réponse en étudiant la variabilité de l’expression des gènes, d’une cellule à l’autre, au cours de leur différenciation.

Depuis quelques années, il est possible d’analyser l’expression des gènes dans des cellules individuelles, ce qui permet d’étudier leur diversité de façon qualitative et quantitative. Plusieurs études ont ainsi révélé un phénomène qui n’apparaissait pas lorsqu’on n’étudiait l’expression des gènes qu’à l’échelle d’une population de cellules : lors de la différenciation cellulaire de cellules souches embryonnaires, ou lorsque l’on reprogramme des cellules en cellules souches, on observe, d’une cellule à l’autre, une hétérogénéité dans l’expression de certains gènes, qui suggère que cette variabilité joue un rôle dans la différenciation.

Ces travaux montrent que la variabilité de l’expression des gènes passe par un pic lors de la différenciation : une augmentation de l’hétérogénéité de l’expression dans la population de cellules, suivie d’une restriction de cette hétérogénéité. Et c’est bien un tel pic que Sandrine Gonin-Giraud, Olivier Gandrillon et leurs collègues ont observé en suivant l’expression de 90 gènes de cellules primaires de sang de poulet prélevées à six étapes de leur différenciation. Il n'y a désormais plus de doute : la variabilité de l’expression des gènes est une composante essentielle de ce mécanisme.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Plos

Un antidote prometteur au monoxyde de carbone
Mardi, 21/02/2017 - 13:58

Selon l’Institut national de veille sanitaire, le monoxyde de carbone (CO) est responsable d’environ 4 000 intoxications par an en France et il n’existe actuellement pas d’autres prises en charge pour ce poison que de faire respirer de l’oxygène. Mais Ivan Azarov, de l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis, et ses collègues ont mis au point une protéine modifiée capable de piéger le monoxyde de carbone dans le sang, susceptible d’être utilisé comme antidote.

En effet, lorsqu’il est inspiré, le monoxyde de carbone se fixe à l’hémoglobine présente dans le sang à la place du dioxygène (O2), formant ainsi de la carboxyhémoglobine, très stable : le dioxygène ne peut alors plus être transporté, ce qui cause une hypoxie entraînant la mort. L'administration d'oxygène, si elle intervient assez rapidement, permet de limiter l'hypoxie le temps que la carboxyhémoglobine soit éliminée.

Lors d’études portant sur des protéines de la famille des globines susceptibles de fixer de petites molécules telles que O2, CO ou NO et qui intéressent les biologistes pour leurs propriétés protectrices des cellules, l'équipe d'Ivan Azarov a mis au point une neuroglobine mutante « H64Q-CCC » dont l’affinité pour le monoxyde de carbone est 500 fois supérieure à celle de l’hémoglobine. Stable et soluble dans les milieux physiologiques, elle fixe également 10 000 fois plus le monoxyde de carbone que le dioxygène, ce qui en fait un possible antidote sérieux.

Les résultats de tests in vitro et in vivo sont très prometteurs. Les chercheurs ont montré in vitro que cette neuroglobine mutante séquestre très rapidement le monoxyde de carbone initialement fixé sur l’hémoglobine : dans des globules rouges saturés en monoxyde de carbone, il ne faut que 25 secondes pour que le taux de celui-ci soit réduit de moitié en présence de H64Q-CCC, contre 20 minutes lors des oxygénothérapies hyperbares (dans un caisson préssurisé) aujourd’hui employées.

Par ailleurs, chez des souris exposées à des concentrations non létales de monoxyde de carbone, l’injection de H64Q-CCC induit une diminution plus rapide du taux de CO (- 35 % en 5 minutes) dans le sang qu’une oxygénothérapie (- 13 %) : le monoxyde de carbone ainsi fixé par la neuroglobine est rapidement excrété par l’urine, sans toxicité apparente.

Enfin, 80 % des souris exposées à des concentrations létales de monoxyde de carbone ont survécu lorsque la molécule H64Q-CCC était injectée tout de suite après, contre 0 et 10 % dans les deux groupes témoins. Les analyses montrent que la quasi-totalité de la neuroglobine s’est liée à du monoxyde de carbone dès les premiers instants après son administration, avant d’être excrétée quelques minutes plus tard.

Pour les auteurs de cette étude, si l’efficacité et la non-toxicité de H64Q-CCC se confirment sur les grands mammifères, compte tenu de l’absence d’autres antidotes contre le monoxyde de carbone, un tel traitement pourrait être rapidement testé chez l’homme.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

ACSH

Les virus communiqueraient entre eux !
Mardi, 21/02/2017 - 13:50

Un virus doit infecter d’autres formes de vie pour survivre. Lorsqu’une cellule passe à proximité, le virus s’accroche à sa surface, injecte son code génétique dans la cellule et en prend le contrôle. Le virus a alors deux options. Il peut forcer la cellule à fabriquer des copies du virus jusqu’à ce qu’elle éclate, ce qui va libérer des milliers de nouveaux virus. Il peut aussi s’intégrer au code génétique de la cellule et y rester en dormance jusqu’à ce qu’un signal lui donne l’autorisation de se réactiver.

Mais quels sont les facteurs qui conduisent le virus à choisir l'une ou l'autre option ? Peut-être des messages venus d'autres virus, selon des chercheurs de l’Institut Weizmann (Israël). Ils souhaitaient savoir si la bactérie Bacillus subtilis pouvait alerter les autres bactéries d’une invasion de phages. Ils ont donc infecté des cultures de B. subtilis avec quatre types de phages. Et là, surprise, ils ont trouvé une molécule sécrétée non par la bactérie, mais par l’un de ses envahisseurs et capable d’encourager ses semblables à la lysogénie ! Les chercheurs ont baptisé cette molécule Arbitrium parce qu'elle est capable de trancher entre deux décisions.

Dès qu’il infecte une bactérie, le virus commence à produire les protéines qui composent l’Arbitrium. Au fur et à mesure que les bactéries meurent, de plus en plus d’Arbitrium est libéré dans l’environnement. À partir d’une certaine concentration, le virus arrête de tuer les bactéries et commence plutôt à s’intégrer au génome de sa cible pour entrer en dormance.

Mais comme rien n'est simple en biologie, cette molécule semble jouer un rôle important mais pas toujours décisif dans le comportement du virus. Les chercheurs ont remarqué que seulement 50 % des virus sont entrés en dormance après exposition à l’Arbitrium, tandis que d’autres entraient en dormance même s’ils n’avaient jamais été exposés à cette molécule. Bien plus encore que changer notre vision des virus, cette découverte donne aussi une nouvelle cible thérapeutique aux chercheurs. Si cette communication existe ailleurs que chez les bactériophages, cibler et détruire les molécules que les virus utilisent pour communiquer et prendre des décisions permettraient de mieux contrôler une infection.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Radio Canada

Le cannabis augmenterait les risques d’AVC précoce…
Dimanche, 19/02/2017 - 21:21

Selon une vaste étude américaine, l'imagerie cérébrale des consommateurs réguliers de cannabis révèle une baisse de plus de 10 % de l’irrigation sanguine de leur cerveau. Les chercheurs d’un institut californien spécialisé ont comparé la circulation sanguine du cerveau, au repos, de près de 1000 fumeurs réguliers, reçus dans neuf cliniques du pays, à celle de témoins sains. Cette mesure a été faite par imagerie TEMP, une forme proche du PET-Scan qui permet d’évaluer le flux sanguin en 3D dans tout le cerveau.

Elle a révélé que dans plus de neuf cas sur dix, l’irrigation sanguine s’avère inférieure à la normale. Cette réduction est particulièrement marquée dans des régions telles que l’hippocampe, impliqué dans l’apprentissage, l’attention et la mémoire, ainsi que le cervelet, responsable de la bonne coordination des mouvements.

Ces résultats corroborent la détérioration de ces facultés observée chez les consommateurs réguliers de cannabis. De plus, précise Valérie Wolff, neurologue aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, "cette étude est en accord avec ce que nous avions montré précédemment chez des consommateurs encore jeunes de cannabis victimes d’attaques cérébrales qui présentaient des rétrécissements réversibles des vaisseaux cérébraux, notamment de l’artère postérieure qui irrigue l’hippocampe. De telles anomalies n’existent pas avec le tabac seul et pourraient expliquer en partie l’augmentation récente du nombre des AVC (accident vasculaire cérébral) observée chez les moins de 50 ans en Europe et aux États-Unis.»

La chercheuse, qui a déjà trouvé que la consommation régulière de cannabis était un facteur de risque d’infarctus cérébral du jeune adulte, lance maintenant une étude multicentrique pour l’évaluer en France. D’autres études ont déjà mis en évidence une réduction de la matière grise du cerveau en fonction de la consommation de cannabis.

Plusieurs indices suggèrent que cette faible irrigation du cerveau peut être directement attribuée au cannabis. Tout d’abord, des complications cardiovasculaires ont aussi été retrouvées chez ces consommateurs réguliers. Ensuite, d’autres études ont déjà mis en évidence une réduction de la matière grise du cerveau en fonction de la consommation de cannabis, preuve d’un effet délétère global sur le cerveau.

Enfin, le THC, l’un de ses principes actifs, réduit directement la respiration des cellules nerveuses et donc leur activité. Il altère l’activité des mitochondries, les structures chargées de produire de l’énergie dans les cellules, ce qui suffit à perturber la capacité à mémoriser.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

JAD

La grossesse modifie la structure du cerveau
Dimanche, 19/02/2017 - 21:12

Selon une étude dirigée par Elseline Hoekzema et Erika Barba-Müller (Université de Barcelone, Espagne), les femmes qui deviennent mères ont vu leur cerveau modifié. Cette observation a été faite après avoir fait passer un scanner avant et après leur première grossesse à 25 femmes. Les chercheurs ont comparé leurs résultats à ceux de femmes nullipares (n'ayant jamais accouché) et ceux d'hommes devenus pères dans le même intervalle de temps. Plus précisément, elles ont perdu de la matière grise dans les zones du cerveau impliquées dans notre capacité à attribuer aux autres des états mentaux différents du nôtre.

Mais dans ce cas, la diminution de la matière grise et le changement de la structure cérébrale ne signifient pas une diminution des facultés mentales pour la future mère mais une réorganisation de la structure et du fonctionnement du cerveau pour permettre à la mère de mieux accueillir son enfant. La perception et l’interprétation des désirs, des émotions, des intentions et de l’humeur d’autrui ou de soi-même changent, pour faire face au stress provoqué par l’immense changement hormonal de la grossesse.

Les mêmes changements sont perceptibles chez les mamans ayant eu recours à la fécondation in vitro.

Ces modifications persistent jusque deux ans après la naissance du bébé et ont été remarquées également lorsque la mère observe des photos de son nourrisson. Des changements qui favorisent l’attachement maternel et aident la mère à mieux comprendre les besoins de son enfant.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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Recherche
Recherche & Innovation, Technologies, Transports
Le minibus sans pilote expérimenté à Paris
Mercredi, 22/02/2017 - 13:59

La RATP a commencé sa seconde phase de test, entre la Gare de Lyon et celle d’Austerlitz, pour ses navettes électriques sans pilote. Ces deux navettes EZ10, fabriquées par la marque toulousaine Easymil, peuvent accueillir une douzaine de personnes au maximum. Ces engins circulent désormais sur une voie dédiée sur le Pont Charles-de-Gaulle 7 jours sur 7, de 14h à 20h. Ces navettes, qui ne sont rechargées que la nuit, circulent pour le moment avec un agent présent à bord.

L'expérimentation, menée par la RATP en partenariat avec la Ville de Paris et le Stif (Syndicat des transports en Ile-de-France), "vise d'abord à recueillir l'avis des usagers sur ce nouveau service, ainsi que les éventuelles suggestions d'améliorations", indique la RATP. "Des informations seront également collectées quant à leurs performances, fiabilité, supervision, sûreté de fonctionnement. Un bilan précis de ce test grandeur nature sera effectué par les équipes de la RATP durant les mois qui suivent", ajoute la régie.

Parallèlement, la RATP travaille sur le concept de « garage intelligent » dans son centre-bus de Lagny dans le 20ème arrondissement de Paris. Objectif : optimiser la place disponible dans les centres bus situés en zone dense et gagner du temps, en permettant aux bus de se garer seuls.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

RATP

Le train coréen supersonique qui défie l'hyperloop
Mercredi, 22/02/2017 - 13:54

Le projet américain de train supesonique, l’Hyperloop, a désormais un  rival, l’Hyper Tube Express (HTX), venu de Corée du Sud. Il y a quelques jours, sept institutions de recherche coréennes ont signé un accord de partenariat courant sur plusieurs années pour parvenir au développement de ce mode de transport très futuriste. Comme l’Hyperloop, le HTX devrait se déplacer à plus de 1000 km/h.

il sera animé par un système de lévitation et d’attraction magnétique. Il pourra ainsi relier Séoul, la capitale, à Busan, grande ville portuaire du sud, en tout juste 20 minutes contre un peu moins de trois heures actuellement avec le train rapide Korea Express Train (KTX), un dérivé du TGV français. Le HTX devrait faire environ 20 mètres de long et être capable d’embarquer 20 personnes. Il sera de forme circulaire et se déplacera comme l’Hyperloop, dans un tube fermé. Dans ce tube, la pression sera très basse afin de réduire au maximum les frottements avec l’air.

Quand le train arrive en gare, il est descendu sous son tube par une sorte d’ascenseur circulaire. Les passagers peuvent alors monter ou descendre. Le HTX est ensuite remonté dans son tube pour un nouveau voyage. L’institut de recherche sur les chemins de fer coréen (KRRI) a déjà engagé, pour ce projet, près de 20 millions d’euros sur neuf ans.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

KJD

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