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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 800
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 29 Mai 2015
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Egalement dans ce numéro
Avenir
L'US Navy teste des nuées de drones coopératifs
Matière
Une batterie en aluminium flexible rechargeable en une minute !
Espace
De l'eau liquide sur Mars
Terre
L'expédition océanique TARA révèle l'extraordinaire complexité de la vie marine
Vivant
Une nouvelle molécule prometteuse contre la maladie d'Alzheimer
Un lien entre vapotage passif et dépendance à la nicotine ?
Un nez électronique pour le dépister le cancer de l'estomac
REBORNE : une -cellule médicament- développée pour réparer les fractures osseuses
Un tétraplégique commande un bras artificiel par la pensée
Homme
Les premiers outils âgés de 3,3 millions d’années ?
Edito
Comment les images changent en profondeur le fonctionnement de notre cerveau



En 2011, une étude scientifique malheureusement peu relayée dans les medias français avait montré que chaque heure passée devant la télévision réduisait l'espérance de vie. Ces travaux tout à fait sérieux ont été publiés dans la Revue Britannique de la Médecine Sportive (BJSM) et réalisés par des chercheurs de l'Université du Queensland à Brisbane (Australie). Ces scientifiques, dirigés par Lennert Veerman, ont utilisé et analysé l'ensemble des données épidémiologiques acquises en 1999-2000 auprès d'une cohorte de 11 247 Australiens. Ils ont ainsi pu évaluer l'impact de la télévision sur l'espérance de vie de leurs concitoyens : selon ces calculs, en 2008, les 9,8 milliards d'heures de télévision consommées par les Australiens auraient réduit l'espérance de vie moyenne des hommes de 21,6 mois et celle des femmes de 18 mois. Regarder la télévision 3 heures par jour pendant vingt ans réduirait donc en moyenne l'espérance de vie d'une année !

Ces résultats implacables et très solides ne font que confirmer une autre étude publiée dans le Journal de l'Association Médicale Américaine (JAMA), réputé pour sa rigueur scientifique. Cette méta-analyse englobe les données de plusieurs cohortes suivies entre 1970 et 2011 aux Etats-Unis et elle aboutit à des conclusions très proches. Selon ces travaux, les personnes soumises à deux heures de télévision quotidienne ont un risque de développer un diabète de type 2 accru de 20 % et voient leur probabilité de souffrir d'une affection cardio-vasculaire augmentée de 15 %. Au final, la mortalité globale de ces téléspectateurs est augmentée de 13 %.

S'agissant de l'impact psychique et neurobiologique de la télévision, une étude américaine publiée en 2005 a étudié les modes de vie de 135 personnes développant une maladie d'Alzheimer et les a comparés aux habitudes d'un groupe témoin de 331 personnes exemptes de cette maladie. Les conclusions de ce travail sont pour le moins étonnantes et montrent que chaque heure passée devant la télévision augmente sensiblement le risque de développer ce type de démence.

Une autre étude publiée en 2011 par des chercheurs de l'Université de Virginie s’est focalisée sur trois groupes de 60 enfants âgés de quatre ans. Le premier groupe a regardé pendant neuf minutes un dessin animé au rythme très rapide. Le deuxième a visionné pendant la même durée un programme éducatif et enfin le troisième groupe a réalisé une activité de dessins. Tous ces enfants ont ensuite été soumis à quatre tests classiques mesurant leur capacité de concentration et leurs facultés logiques. Le résultat est sans appel : tous les enfants ayant regardé les dessins animés au rythme trépidant ont beaucoup moins bien réussi les tests que les enfants des deux autres groupes. 

Ces expériences confirment les travaux d'un autre scientifique de renom, Frédéric Zimmerman, de l'Université de Californie. Celui-ci a en effet montré qu'en moyenne, chaque heure quotidienne que les enfants de moins de trois ans passent à regarder la télévision correspond à un doublement du risque de développer des problèmes d'attention cinq ans plus tard. S'appuyant sur ces différentes études, la communauté scientifique considère à présent de manière consensuelle que le fait de regarder régulièrement la télévision avant l'âge de deux ans est associé à des retards de langage, des retards cognitifs et, plus tard dans la vie, à de moins bons résultats scolaires ainsi qu'un risque accru de troubles de l'attention.

Mais la question la plus sensible de la polémique reste évidemment celle de l'impact réel sur le comportement des enfants et adolescents de la consommation précoce et importante d'images violentes, que ces images soient vues à la télévision ou sur le Net. Sur ce point, il faut rappeler que l'Académie américaine de pédiatrie considère de manière officielle qu'il est scientifiquement établi que l'exposition à des images violentes augmente sensiblement le risque de comportements agressifs de certains enfants et adolescents en les désensibilisant à la violence. En France, le neurobiologiste Michel Desmurget, directeur de recherche à l'Inserm, dénonce avec force certains discours ambigus et certaines contrevérités qui, selon lui, sont complaisamment relayés par les médias à propos de la prétendue innocuité de la consommation d'images télévisuelles par les enfants (Voir Acrimed).

Ce chercheur souligne que, contrairement au discours dominant, il existe de nombreuses études scientifiques rigoureuses montrant que les effets d'une consommation excessive d'images télévisées sur le comportement et le psychisme des enfants sont bien réels et ne dépendent pas ou peu de l'environnement socioculturel. Ce scientifique s’étonne par ailleurs du peu d’écho fait en France par les médias à certaines études scientifiques très solides réalisées aux États-Unis, telles que l’étude PISA qui avait montré, il y a quelques mois, un lien de causalité net entre le niveau de consommation numérique des enfants et adolescents (qu’il soit ou non interactif) et l’existence de difficultés scolaires et de troubles de l’attention…

Michel Desmurget, dans un ouvrage publié en 2011 et intitulé « TV Lobotomie », n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat et, s’appuyant sur de nombreux travaux scientifiques, à prendre à rebrousse-poil l’opinion publique sur cette question toujours polémique de l’impact réel de la télévision sur les capacités cognitives, le comportement et la personnalité des enfants et adolescents. Selon lui, trois règles draconiennes doivent être respectées par les familles : pas de télé dans la chambre à coucher, aucune exposition à la télévision pendant les cinq premières années de la vie et pas plus de quatre heures par semaine de télévision pour les écoliers et adolescents… 

Parmi les nombreux travaux réalisés sur l'impact de la télévision en matière de comportement, il faut absolument évoquer une étude canadienne qui continue à faire référence et s'intitule "l'impact de la télévision au sein de trois communautés" (Voir Wiley Online Library).

Ce travail, publié en 1986 sous la direction de la psychologue Tannis Macbeth Williams (Université de Vancouver) a étudié les conséquences de l'arrivée de la télévision en 1975 dans une petite vallée isolée du Canada. Ces recherches montrèrent que seulement deux ans après l'introduction de la télévision dans cette région, les agressions verbales et physiques à l'école avaient considérablement augmenté alors que le niveau de lecture avait sensiblement diminué....Cette brusque arrivée de la télévision a également réduit d'un quart la pratique sportive et sensiblement réduit la vie associative dans les communes concernées.

Depuis ces travaux, qui font toujours autorité, l'image a envahi nos sociétés et elle est aujourd'hui partout. Avec le fulgurant développement de l'Internet mobile, des smartphones et des tablettes numériques, nous sommes tous devenus à la fois producteurs, diffuseurs et consommateurs effrénés d'images de toute nature. De plus en plus de personnes sont connectées en permanence, y compris pendant le sommeil, sur l’Internet, via leur Smartphone ou leur tablette. Ces nouveaux « modes de vie numériques » ont non seulement profondément transformé notre société mais également bouleversé les comportements individuels et les relations personnelles.

Le professeur Olivier Houdé, directeur du laboratoire de psychologie, du développement et de l'éducation de l'enfant du CNRS-La Sorbonne, et auteur du livre « Apprendre à résister » s’intéresse particulièrement à la génération qui a grandi avec les jeux vidéo et les téléphones portables. Selon lui, s’il est exact que ces enfants ont acquis de nouvelles aptitudes cérébrales en termes de vitesse et d'automatismes, ces « gains » ont un prix et se font au détriment de la capacité de raisonnement et de la maîtrise de soi.

Olivier Houdé rappelle que « Le cerveau reste le même, mais ce sont les circuits utilisés qui changent ». Il souligne que, pour s’adapter aux écrans et à la société numérique, les enfants vont développer des circuits cérébraux spécifiques qui utilisent surtout une zone du cerveau, le cortex préfrontal, pour améliorer la rapidité de décision, en lien avec les émotions. Mais ce « schéma de connexions » s’établirait en réduisant une autre fonction de cette région du cerveau qui consiste à être capable de prendre du recul par rapport à ses émotions, grâce à un processus, qui commence à être élucidé, de « résistance cognitive.» 

Ce chercheur pense qu’il est capital d’apprendre à nos enfants à résister à la puissance de sidération, de fascination et d’évocation des images : « Éduquer le cerveau, c'est lui apprendre à résister à sa propre déraison » souligne ce scientifique reconnu. Un avertissement qui prend une résonance toute particulière quand on connaît l’impact des images en matière de manipulation mentale et d’endoctrinement par certaines sectes ou organisations terroristes…

Pour Olivier Houdé, il ne fait pas de doute que l’immersion précoce et excessive dans des mondes virtuels d’images peut modifier, chez certains sujets, le fonctionnement cérébral, le comportement et la personnalité. Ce chercheur souligne d’ailleurs qu’il est facile de constater dans notre vie quotidienne certaines modifications comportementales frappantes qui seraient largement liées au déferlement des images : incapacité de s’inscrire dans une conversation suivie, impossibilité de rester concentré sur un document ou encore d’entretenir un échange relationnel soutenu, tendance au « zapping » permanent dans ses centres d’intérêt et ses relations personnelles… 

Le philosophe Hervé Fischer considère, pour sa part, que la vulnérabilité des jeunes à la manipulation par l’Internet est liée au fait qu’ils mesurent bien souvent l’intérêt de leur existence à leur seule présence sur les réseaux sociaux: « On peut avoir le sentiment illusoire qu'on a une vie sociale parce qu'on a des centaines d'amis sur le Net, ou qu'on échange sans cesse des commentaires et des informations numériques », explique-t-il. Cette tyrannie des réseaux sociaux et cette obsession de la « célébrité numérique », illustrés par le déferlement des « selfies » en ligne, avaient été parfaitement anticipées et prévues par Andy Warhol qui avait compris, avant l’apparition du Web, que « chacun aura droit dans sa vie à son quart d’heure de gloire ».

En Grande-Bretagne, une spécialiste mondialement reconnue de la maladie d'Alzheimer, le Professeur Susan Greenfield, n’hésite pas à parler de « changement cérébral », de la même façon que l’on parle du « changement climatique ». Cette scientifique souligne le basculement existentiel qu’a provoqué la connexion permanente au Net : « c'est presque comme si un événement n'existe pas tant qu'il n'a pas été posté sur Facebook, Bebo ou YouTube », souligne-t-elle « Ajoutez à cela l'énorme quantité d'informations personnelles désormais consignées sur Internet - dates de naissance, de mariage, numéros de téléphone, de comptes bancaires, photos de vacances - et il devient difficile de repérer avec précision les limites de notre individualité » ajoute-t-elle.

Ce pouvoir d’attraction et d’addiction de l’Internet serait, selon Hervé Fischer, lié à la manière singulière dont le Web et la société de l’image ravivent, réutilisent et parfois manipulent nos grands récits mythologiques universaux, parmi lesquels on trouve le fantasme de s’immerger dans l’océan que représente l’Humanité toute entière. « Le « Je pense, donc je suis » tend à être remplacé par le «  je tweete, donc j’existe » explique le philosophe. 

Une récente étude de l'Académie Américaine de Pédiatrie, réalisée sur 370 familles américaines qui avaient un enfant âgé de 6 mois à 4 ans, montre qu’un tiers des bébés savent déjà utiliser le smartphone ou la tablette de leurs parents. À un an, un bébé sur sept passe au moins une heure par jour devant un écran. Et au même âge, 15 % des enfants ont déjà utilisé une appli sur smartphone, et 12 % ont déjà joué à un jeu vidéo...

Cette étude montre que, loin de participer à leur développement, les écrans ont globalement un impact néfaste sur ces enfants : agressivité, obésité, troubles du sommeil, de l'attention et du comportement, ce qui se traduit notamment par des difficultés scolaires et des problèmes sociaux et relationnels. Toujours selon ce travail, la majorité des parents interrogés (73 %) laissent leurs enfants devant un écran pendant qu'ils font le ménage et 65 % utilisent les outils multimédia pour calmer leurs enfants… 

En matière de déferlement numérique, la France n’a plus grand chose à envier aux Etats-Unis, si l’on en croit une étude publié en septembre 2012 par l'Observatoire Orange-Terrafemine. Celle-ci montre que 71 % des enfants de moins de 12 ans utilisent la tablette de leurs parents. Ce nouvel usage arrive à présent devant l’utilisation de l’ordinateur familial ou du smartphone par les enfants. Pourtant, la grande majorité des pédiatres et pédopsychiatres met en avant les risques et les dangers d’une utilisation précoce et excessive des outils numériques. On sait en effet à présent qu’il est très important que les bébés et les jeunes enfants puissent apprendre à découvrir le monde et leur environnement et à construire leur représentation du réel en s’immergeant dans la « vraie » vie, en éprouvant la temporalité du monde et en tissant de nombreux liens affectifs et sociaux avec les personnes qui les entourent et qui vont leur permettre de développer leurs goûts et leur personnalité.

Que nous le voulions ou non, l’image est à présent devenue omniprésente dans notre société et dans nos vies et ce déferlement va se poursuivre avec l’arrivée prochaine des écrans, tissus et matériaux souples qui seront capables, grâce à une nano électronique intégrée, d’afficher des images à peu près partout et notamment sur nos vêtements et  sur les murs, sols et plafonds de nos maisons et de nos bureaux. Il faudra également compter avec la banalisation des lunettes et dispositifs numériques portables, permettant des projections holographiques sans aucun support. Dans ce nouveau monde en gestation, les éléments de réalité et de virtualité s’entremêleront de manière inextricable et souvent indiscernable et notre esprit sera constamment soumis à cet « équivocité des signes », si bien décrite par Barthes et Deleuze.

Nous pouvons faire le choix d’apprendre à maîtriser cette évolution technologique, sociale et culturelle. Mais pour cela, nous devons d’abord admettre que ces outils numériques ont un impact polymorphe et considérable sur notre cerveau. Ils ne sont pas seulement en mesure de modifier, sans doute de manière irréversible, nos capacités et facultés cognitives, parfois pour le meilleur mais également parfois pour le pire. Ils peuvent également transformer, de manière bien plus insidieuse, nos comportements, nos états psychologiques et nos manières d’être, jusqu’à pouvoir altérer dans certains cas nos personnalités dans ce qu’elles ont de plus profondes et de plus singulières.

Il ne s’agit évidemment pas de diaboliser les outils de ces technologies ni de nier les immenses avancées qu’ils peuvent susciter et accompagner dans les domaines culturels, éducatifs et cognitifs. Mais, à la lumière des connaissances scientifiques qui se sont accumulées au cours des dernières années sur l’impact de ces outils, tant au niveau individuel que social, nous devons nous garder de tout angélisme et de toute fascination naïve et être capables de considérer ces extraordinaires technologies avec une distance critique et éthique salutaire. C’est à ce prix, et dans une coexistence intellectuellement construite avec ces extensions numériques et virtuelles toujours plus puissantes de la réalité, que nous parviendrons à sauvegarder notre relation de sensibilité directe au monde, notre unité existentielle et finalement notre Humanité.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat


Avenir
Nanotechnologies et Robotique
L'US Navy teste des nuées de drones coopératifs
Jeudi, 28/05/2015 - 11:16

L'US Navy, la marine de guerre américaine, travaille sur un système d'essaim de drones autonomes capables de déborder un adversaire grâce à leur nombre et leur synchronisation. Leur dernière avancée est le programme Locust, qui déploie rapidement les drones.

Le mot Locust, qui signifie sauterelle en anglais, est aussi un acronyme pour "Low-Cost UAV Swarming Technology", ou technologie de nuée de drones à bas coût. L'objectif de Locust est de déborder un ennemi en utilisant des nuées de drones autonomes.

Les drones sont déployés depuis un lanceur à tube, ce qui permet des lancements successifs très rapides. Une fois dans les airs, les engins partagent leurs informations pour voler et agir comme un essaim, que la mission soit offensive ou défensive. Pour l'instant, un essaim de neuf drones a pu voler en formation et rester synchrone de manière complètement autonome. Ce type de drone réduit les risques pour le personnel et la charge des équipes, et permet à l'homme de se concentrer sur des tâches plus complexes.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Navy

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Matière
Matière et Energie
Une batterie en aluminium flexible rechargeable en une minute !
Mercredi, 27/05/2015 - 17:28

Des scientifiques de l'Université de Stanford ont conçu la première batterie en aluminium à charge rapide, durable et économique. Cette nouvelle technologie offrirait une alternative sûre aux batteries commercialisées aujourd'hui.

"Nous avons développé une batterie en aluminium rechargeable capable de remplacer les dispositifs de stockage existants, tels que les piles alcalines, mauvaises pour l'environnement, et les batteries lithium-ion qui, parfois, prennent feu", a déclaré Hongjie Dai, professeur de chimie à Stanford.

Il y a longtemps que les chercheurs essayent de développer une batterie en aluminium-ion, commercialement viable. L'un des défis majeurs était de trouver des matériaux capables de produire une tension suffisante après des cycles répétés, de charge et de décharge. Une batterie ion-aluminium est constituée de deux électrodes : une anode chargée négativement en aluminium et une cathode chargée positivement.

"Les chercheurs ont essayé différents types de matériaux pour la cathode," a ajouté le Professeur Dai. "Nous avons découvert de façon accidentelle que la solution la plus simple était d'utiliser le graphite, un élément essentiellement composé de carbone. Dans notre étude, nous avons identifié divers matériaux de graphite qui donnaient de très bons résultats."

Concernant la batterie expérimentale, l'équipe de Stanford a associé l'anode d'aluminium et la cathode de graphite avec un électrolyte liquide ionique, placé à l'intérieur d'une poche souple en polymère. "Les batteries en aluminium sont plus sûres que les batteries lithium-ion classiques utilisées dans des millions de portables et de téléphones", a ajouté Hongjie Dai. Cette équipe de Stanford a par ailleurs confirmé un "temps de charge sans précédent" sous la minute avec le prototype en aluminium.

En matière de longévité, ce nouveau type de batterie serait capable de résister à plus de 7.500 cycles sans aucune perte de capacité. Par comparaison, une batterie lithium-ion typique dure environ 1.000 cycles. Enfin, cette batterie présente la particularité d'être flexible et moins onéreuse à produire que les batteries au lithium.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Stanford

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Espace
Espace et Cosmologie
De l'eau liquide sur Mars
Jeudi, 28/05/2015 - 11:02

Selon les dernières données envoyées par le robot Curiosity, Mars renfermerait de l’eau à l'état liquide sous sa surface. Ces analyses suggèrent que le sol martien est imbibé d’une sorte de "saumure" liquide, en raison de la présence d'un sel qui abaisse nettement la température à laquelle l'eau gèle. Lorsqu'elle est mélangée avec du perchlorate de calcium, l'eau peut en effet exister sous forme liquide jusqu'à environ -70°C, et le sel absorbe également la vapeur d'eau de l'atmosphère.

Les nouvelles mesures dans le cratère de Gale montrent que pendant les nuits d’hiver, jusqu’au lever du soleil, les températures et le niveau d’humidité permettent à cette "saumure" liquide de se former. Selon le professeur Javier Martin-Torres, la détection d'eau liquide est indirecte, mais convaincante.

Les scientifiques estimaient jusqu’à présent que le climat sur la planète rouge était trop froid - les températures vont de quelque 20°C à midi, au niveau de l’Equateur, à jusqu’à environ -150°C aux pôles - et trop aride pour que de l’eau puisse y être présente sous forme liquide. Comme le souligne le professeur Andrew Coates, chef du département des sciences de la planète au Mullard Space Science Laboratory de l’University College de Londres, "C’est la première fois que nous avons la preuve de la présence d’eau liquide là-bas".  

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
L'expédition océanique TARA révèle l'extraordinaire complexité de la vie marine
Mercredi, 27/05/2015 - 17:16

La pêche au plancton effectuée par le voilier Tara, entre 2009 et 2013, sur toutes les mers du globe, a permis d'obtenir une extraordinaire moisson de données sur la nature et l'organisation de la vie microscopique marine. L’expédition s’est attachée à mieux comprendre le plancton. "Ces micro-organismes sont à la base de toute la chaîne alimentaire des océans, mais aussi de mécanismes qui influencent l’ensemble de la planète, comme le cycle du carbone", souligne Chris Bowler (ENS, Inserm, CNRS). Ces organismes représentent 80 % de la biomasse des océans et produisent par photosynthèse la moitié de l’oxygène que nous respirons.

Cette vaste expédition Tara a permis de remonter à la surface des virus, des bactéries, des protistes – des organismes le plus souvent unicellulaires, ni animaux, ni plantes –, pêchés essentiellement dans les 200 premiers mètres de profondeur, et jusqu’à 1 000 mètres. L’équipe a prélevé au total 35 000 échantillons dans 210 sites.

Au Génoscope d’Evry (CEA), le crible des séquenceurs à ADN a tamisé plus de 40 millions de gènes, pour la plupart nouveaux pour la science. L’analyse de plus de 35 000 espèces de procaryotes (des organismes cellulaires sans noyau) a montré leur répartition en différentes communautés, "dont la composition était principalement dépendante de la température de l’eau", souligne Shinichi Sunagawa (EMBL).

Autre surprise : l’analyse des fonctions assurées par ces gènes montre que 73 % d’entre elles sont aussi représentées dans la flore intestinale humaine (microbiote), en dépit des différences physico-chimiques entre les deux écosystèmes, ce qui prouve la profonde unité du vivant.

"Cette expédition sans précédent a également permis de montrer que le type d’interaction entre cette multitude d’organismes marins se fait plutôt sur le mode de la collaboration que celui de la compétition", note Eric Karsenti. C’est un résultat très important, car il pourrait modifier la façon dont on envisage généralement l’évolution, avec l’idée qu’elle est commandée par la survie du plus fort. 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Une nouvelle molécule prometteuse contre la maladie d'Alzheimer
Jeudi, 28/05/2015 - 19:18

Pour comprendre comment s'installe la maladie d'Alzheimer, des chercheurs américains dirigés par le Docteur Carol Colton, professeur de neurologie à l'Université Duke en Caroline du Nord, ont utilisé des souris modifiées génétiquement il y a plusieurs années pour que leur système immunitaire soit notamment plus similaire à celui des humains.

Comparativement aux autres rongeurs utilisés pour simuler la maladie d'Alzheimer, ces souris ont aussi développé des plaques de bêta amyloïde, de la dégénérescence neurofibrillaire, des pertes de neurones et montré des changements de comportement comme une perte de la mémoire.

L'émergence graduelle de ces symptômes chez ces animaux a donné à ces chercheurs la possibilité d'étudier leur cerveau pendant assez longtemps pour voir comment la maladie a commencé, a expliqué le Docteur Matthew Kan, de l'Université Duke, un des co-auteurs de l'étude.

En étudiant les anomalies du système immunitaire tout au long de la vie de ces souris, ils ont constaté que certaines cellules clés du système immunitaire qui résident dans le cerveau et la moelle épinière, appelées microgliocytes, les premières à répondre à une infection, ont commencé à se diviser et à se modifier de manière spécifique chez les souris débutant une maladie d'Alzheimer.

Ces microgliocytes ont produit une enzyme, l'arginase, destructrice de l'arginine, qui était fortement présente dans des régions du cerveau importantes pour la mémoire et aussi là où les neurones périssaient en grand nombre.

Les chercheurs ont neutralisé cette enzyme (arginase) avec une molécule, un médicament expérimental anti-cancereux appelé DFMO, avant l'apparition des symptômes chez les souris et constaté une réduction des plaques développées dans leur cerveau ainsi que de meilleures performances aux tests de mémoire. "Nos travaux laissent espérer qu'en bloquant ce processus de réduction de l'arginine on peut protéger les souris de la maladie d'Alzheimer", souligne le Docteur Kan.  

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Eurekalert

Un lien entre vapotage passif et dépendance à la nicotine ?
Jeudi, 28/05/2015 - 11:06

Selon l'Institut norvégien de la santé publique, le vapotage pourrait affecter le système cardiovasculaire, avoir des effets stimulants et créer une dépendance chez les individus.

"Les niveaux de nicotine ambiants en cas d'exposition passive à l'aérosol de cigarettes électroniques peuvent déboucher sur des niveaux de nicotine dans le sang à peu près aussi élevés que chez un fumeur passif de cigarettes classiques", souligne l'organisme norvégien.

Cette étude ne concerne que les cigarettes électroniques à base de nicotine. Elle souligne qu'elles contiennent moins de substances nocives que les cigarettes papier et qu'elles peuvent être utiles aux fumeurs qui tentent de mettre fin à leur dépendance. L'Institut de santé publique fait valoir que ces cigarettes ne sont pas sans risques pour l'utilisateur et que leurs effets sur la santé à long terme sont encore largement méconnus.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

FHI

Un nez électronique pour le dépister le cancer de l'estomac
Jeudi, 28/05/2015 - 10:57

Une société israélienne a mis au point un nez électronique capable de détecter des changements dans l'haleine de personnes atteintes de cancer de l'estomac.

Depuis quelques années, des chercheurs tentent d'analyser chimiquement les composés organiques volatils contenus dans l'haleine de patients pour déceler des cancers car ils savent que, chez ceux atteints de tumeurs malignes, l'odeur qui exhale de la bouche est modifiée. En 2012, une équipe autrichienne avait même utilisé des chiens à l'odorat extrêmement pointu et testé l'analyse de l'haleine, notamment pour le cancer du poumon.

Dans cet essai, conduit à Riga, en Lettonie, 488 patients ont été testés. De simples échantillons d'haleine ont été prélevés sur chacun des patients, qui avaient au préalable jeûné pendant 12 heures. Deux méthodes d'analyse de l'haleine ont été expérimentées en parallèle : la première déjà éprouvée (par chromatographie en phase gazeuse) et l'autre expérimentale, plus simple (par analyse nanoarray), en utilisant des détecteurs avec des nanoparticules d'or.

Cette dernière méthode mise au point au Technion (Israel Institute of Technology) a permis de distinguer efficacement les différentes catégories de patients, de même que ceux n'ayant aucune lésion gastrique. La fiabilité a été de 73 %. Cette technologie pourrait permettre de surveiller l'évolution des patients sans recourir à une endoscopie.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Gut

REBORNE : une -cellule médicament- développée pour réparer les fractures osseuses
Mercredi, 27/05/2015 - 17:22

Le Groupe de Recherche REBORNE auquel participe le Laboratoire de Physiopathologie de la Résorption Osseuse et Thérapie des Tumeurs Osseuses Primitives (LPRO – Inserm/Université de Nantes), a développé une "cellule médicament" innovante permettant de réparer et consolider plus efficacement les os fracturés.

Le principe de cette nouvelle méthode thérapeutique consiste à combiner des cellules souches humaines à un biomatériau. "Jusqu'à présent, pour consolider une fracture osseuse, il était nécessaire de prélever un bout d'os sur le patient pour le greffer à un autre endroit" explique Pierre Layrolle, chercheur à l'Inserm et coordinateur du projet REBORNE (Regenerating Bone defects using New biomedical Engineering approaches).

Grâce à la médecine régénérative et aux travaux menées par le consortium européen, les chercheurs ne prélèvent désormais qu'une petite quantité de moelle osseuse, en isolent les cellules souches servant à la cicatrisation, et les appliquent directement sur la fracture à l'aide d'un biomatériau qui sert de support.

Réalisé sur 30 patients, cet essai a permis de montrer une consolidation osseuse dans 93 % des cas. "On remarque même chez ces patients une consolidation dans les 6 mois après la fracture", précise Pierre Layrolle. D'autres essais cliniques ont également été réalisés et sont encore en cours pour traiter des cas de nécroses de la hanche, chez l'adulte et chez l'enfant, mais aussi pour des cas d'augmentation osseuse au niveau de la mâchoire ou des reconstructions de fentes palatines (chirurgie maxillo-faciale). 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Reborne

Un tétraplégique commande un bras artificiel par la pensée
Mercredi, 27/05/2015 - 17:01

Mise au point par une équipe du Caltech (Californie), une nouvelle neuroprothèse implantée dans le cerveau a permis à un tétraplégique d'actionner un bras artificiel, avec aise, par la seule force de la pensée.

Jusqu'alors les chercheurs avaient testé différentes approches de contrôle d'une prothèse par la pensée dont le bras myoélectrique, actionné par le muscle ou attaché à des implants insérés dans la partie du cerveau contrôlant les mouvements mêmes. Mais ces techniques produisent souvent des mouvements saccadés, ce qui n'est pas le cas avec cette technique.

Erik Sorto, un homme tétraplégique depuis une dizaine d'années à la suite d'une blessure de la colonne vertébrale, peut se servir d'un bras artificiel sans effort par la seule force de sa pensée, précisent les chercheurs.

L'homme de 34 ans est la première personne au monde à avoir une prothèse neuronale implantée dans une région du cerveau où se forment les intentions, le cortex pariétal postérieur, ce qui lui permet de serrer une main, de prendre un verre et de boire, et même de jouer au jeu pierre-feuille-ciseaux.

« Le cortex pariétal postérieur se situe en amont dans le processus aboutissant à un mouvement, ce qui fait que les signaux sont plus en rapport avec l'intention d'agir qu'avec l'exécution même du mouvement », explique le Docteur Richard Andersen, professeur de neurologie à Caltech qui a dirigé ces recherches. Dans cette expérience, ces chercheurs indiquent avoir réussi à décoder les intentions du sujet en lui demandant simplement d'imaginer l'ensemble du mouvement mais pas ses multiples et différentes séquences.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

US News

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Homme
Anthropologie et Sciences de l'Homme
Les premiers outils âgés de 3,3 millions d’années ?
Mercredi, 27/05/2015 - 17:09

Une équipe internationale de recherche a découvert des outils de pierre sur le site archéologique de Lomekwi, à proximité du lac Turkana au Kenya. Datés de 3,3 millions d’années, ces outils sont les plus anciens jamais découverts. Cette découverte repousse de 700 000 ans les précédents plus vieux outils utilisés par l’Humanité en provenance du site de Gona en Ethiopie (-2,6 millions d’années).

« Notre découverte réfute l'hypothèse de longue date selon laquelle Homo habilis a été le premier fabricant d'outils », poursuit la chercheuse française qui codirige le West Turkana Archaeological Projet. Ces nouveaux instruments mis au jour sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux servant d'enclume, des percuteurs, des éclats ou des nucléus (des blocs de pierre débités pour produire des éclats ou des lames).

La zone où a eu lieu cette découverte présente la particularité d'etre plus ancienne que les gisements archéologiques de la région. si cette datation de – 3,3 millions d’années. est confirmée, cela veut dire que ces outils ont été fabriqué avant l'apparition des premiers représentants du genre Homo…

En 2010, d’autres chercheurs sur le site de Dikika (Ethiopie) avaient exhumé des ossements d’animaux sur lesquels ils avaient pu identifier des traces de découpes. Les fossiles, datés de -3,4 millions d’années, semblaient donc indiquer qu’il existait des outils à cette époque. La découverte de ces outils de la même période pourrait donc accréditer l’hypothèse d’une utilisation très ancienne des outils, il y a plus de 3 millions d’années. 

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

National Geographic

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