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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 574
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 18 Novembre 2010
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Egalement dans ce numéro
TIC
Numérisation des livres : Hachette et Google associés
Une puce dans l'oeil pour rendre la vue aux aveugles
En Corrèze, 2 500 collégiens vont être munis d'iPad
Avenir
Des robots pour entraîner les urgentistes
Matière
Du carbone à partir de déchets végétaux : la plus grande installation au monde entre en fonctionnement à Karlsruhe
Énergie : la Commission présente sa nouvelle stratégie pour 2020
Espace
Des milliards de planètes de taille terrestre dans notre galaxie ?
Terre
Le réchauffement climatique de la troposphère est confirmé
Il faudrait 100.000 ans à notre planète pour se remettre du réchauffement climatique
Vivant
Premières naissances françaises à partir d'ovocytes congelés
Des avancées dans le cancer de l'ovaire
La mortalité par cancer diminue en France
Un cancer sur six est dû à un virus
Strasbourg s'équipe d'un appareil de pointe pour soigner le cancer
Médecine régénérative : une nouvelle étape avec le premier foie bio-artificiel
Identification de nouveaux circuits neuronaux contrôlant la peur
Recherche
Londres : capitale européenne de la voiture électrique
Edito
Edito : Vaccins : le nouveau souffle



Il y a quelques semaines, les chercheurs spécialistes en maladies infectieuses ont annoncé à Washington que la phase 3 des essais du vaccin contre P. falcipale paludisme avait donné des résultats prometteurs. Mené sur 12.000 enfants de sept pays d'Afrique centrale (Burkina Faso, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie), cet essai s'est avéré efficace contre ce parasite.

Ce vaccin pourrait être mis sur le marché dès 2012 et devenir l'unique vaccin efficace à 50 % et pendant plus d'une année, contre les formes sévères de paludisme. Rappelons que cette affection tue chaque année près de 900.000 personnes dans le monde, dont une majorité d'enfants en Afrique sub-saharienne. RTS,S pourrait alors être présenté dès 2012 aux autorités réglementaires, en vue d'une homologation pour les enfants de 5 à 17 mois.

Toujours aux Etats-Unis, Sylvie Bertholet, de l'Infectious Disease Research Institute à Seattle, et ses collègues ont mis au point un nouveau vaccin conte la tuberculose qui renforce l'efficacité d'un vaccin effectué dans l'enfance et protège contre les souches bactériennes multirésistantes responsables de la maladie, un problème croissant dans le monde, selon une nouvelle étude chez l'animal.

Ce vaccin est maintenant prêt à être développé pour des tests cliniques chez l'homme et pourra, en cas de succès, aider à protéger les populations contre les souches de plus en plus nombreuses résistantes aux antibiotiques qui sont pour beaucoup un problème urgent de santé publique à l'échelle du globe.

L'efficacité du vaccin BCG pratiqué chez l'enfant s'atténue avec le temps et ne protège plus de la tuberculose après quelques décennies. Ce nouveau vaccin stimule fortement la protection du vaccin administré dans l'enfance, apportant de surcroît une protection contre les souches résistantes aux antibiotiques.

Autre avancée récente: selon une étude publiée le 26 octobre dans la revue scientifique The Lancet, le vaccin oral bivalent (bisouche) contre la poliomyélite pourrait aider à réduire le nombre de malades de près de 90 % et serait bien plus efficace que les vaccins monovalent ou trivalent couramment utilisés. Des chercheurs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont montré que le vaccin bivalent, connu sous le nom de bOPV et déjà utilisé par l'OMS dans ses campagnes de vaccination, pourrait contribuer à éradiquer la poliomyélite.

En 1988, lors du lancement par l'OMS de l'Initiative pour l'éradication mondiale de la polio, le virus était présent dans cent vingt-cinq pays et paralysait près de mille enfants par jour. Les campagnes massives de vaccination, principalement avec des vaccins mono ou trivalent, ont permis de réduire le nombre de pays où la polio est endémique à quatre : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et le Nigeria.

Dans leur étude, conduite entre août et décembre 2008, les chercheurs de l'OMS ont collecté des données de huit cent trente nouveau-nés venant de trois centres ayant reçu deux doses (l'une à la naissance et l'autre, un mois plus tard) de vaccin monovalent, bivalent ou trivalent. Ils ont conclu que le bOPV était bien plus efficace pour cibler les types 1 et 3 de la poliomyélite, les plus répandus.

En Inde, le vaccin bivalent est déjà utilisé à une très large échelle ; seuls trente-deux cas de poliomyélite y ont été recensés pour l'instant en 2010, contre deux cent soixante en 2009, notent les chercheurs.

Il y a quelques semaines, à Lyon, Sanofi-Pasteur annonçait qu'un vaccin efficace contre les quatre types de virus de la dengue hémorragique avait été expérimenté avec succès sur plus de 5 000 personnes sans effet secondaire et serait sans doute disponible en 2015. Cette maladie touche au moins 50 millions de personnes par an au niveau mondial et fait plusieurs dizaines de milliers de morts par an dans le monde.

Il faut également souligner les résultats remarquables obtenus par certains pays en termes d'accès gratuit aux vaccins pour les enfants. C'est notamment le cas aux Philippines où l'immunisation contre la rougeole, par exemple, est passée de 70 % des enfants en 2003, à 95 % en 2008.

Résultat de cette politique volontariste: la mortalité des enfants de moins de 5 ans a décliné de 80 décès pour 1000 naissances en 1990, à 32 décès lors du dernier recensement de 2006. Un effort qui devrait permettre aux Philippines d'atteindre l'objectif de l'UNICEF fixé à 26,7 morts pour 1000 enfants en 2015.

Autre cible thérapeutique majeure : les virus des hépatites B et C, à l'origine de cancers du foie, et les papillomavirus, qui induisent des cancers du col de l'utérus. Des études chinoises et taïwanaises démontrent qu'après une campagne de vaccination contre l'hépatite B, "on a observé une nette diminution de l'incidence d'hépatocarcinomes, alors que ces cancers du foie étaient nombreux dans ces régions".

Enfin, une étude publiée récemment par l'Ined (Institut national d'études démographiques) montre qu'en 40 ans le risque de décès par la grippe a été divisé par dix grâce à la vaccination. "En 2005, année de la dernière épidémie importante en France, le nombre de décès directs n'a guère dépassé le millier", écrit la démographe France Meslé, qui attribue ce «recul spectaculaire» à la vaccination.

Jusqu'à la fin des années 1960, chaque épidémie de grippe faisait directement 10.000 à 20.0000 victimes, et pas loin du double en comptant les complications, selon l'Ined. «Cette baisse impressionnante de la mortalité par grippe est la conséquence directe d'une politique de prévention adaptée, fondée sur la vaccination des sujets à risque et associée à une meilleure prise en charge thérapeutique des complications», conclut France Meslé.

En France, le taux de vaccination des plus de 65 ans (gratuite depuis 2000) est de 65 %, parmi les plus élevés d'Europe. Il est beaucoup plus faible chez les personnes à risque plus jeunes et chez les personnels de santé. "Une plus grande diffusion de la vaccination dans ces populations permettrait de diminuer encore le nombre de décès dus à la grippe", relève France Meslé.

La baisse de la mortalité est comparable dans tous les pays industriels, avec des variantes : intervenue plus précocement aux Etats-Unis, en petite progression depuis quelques années au Japon, du fait sans doute que la grippe a été supprimée de la liste des maladies nécessitant une vaccination.

Au niveau mondial, l'objectif conjoint de l'OMS et de la fondation Bill GATES est d'accroître la part des enfants qui reçoivent les trois doses recommandées de DTC (diphtérie-tétanos-coqueluche) pour passer de 79 % actuellement à 90 %.

Un autre objectif est d'obtenir une couverture vaccinale comparable chez les enfants des pays les plus pauvres pour la rougeole, le HiB (haemophilus influenzae de type B), les maladies à pneumocoques, le rotavirus (principale cause de la mort par diarrhée), et, à partir de 2014, le paludisme. Si ces objectifs sont atteints, 8,7 millions d'enfants de moins de cinq ans pourront être sauvés dans la décennie à venir.

Une autre innovation majeure devrait contribuer à étendre la couverture vaccinale au niveau mondial : des chercheurs britanniques ont annoncé en févier 2010 la mise au point d'un processus bon marché permettant de fabriquer des vaccins qui se conservent même à des températures tropicales, révèle une étude dévoilée récemment.

Cette technologie, développée par l'entreprise britannique Nova Bio-Pharma Technologies, permet de ne pas avoir à réfrigérer ou congeler les vaccins.

A la lumière de ces avancées et progrès remarquables, on voit donc que les vaccins restent plus que jamais des outils irremplaçables, tant au niveau local que mondial, dans la prévention et la lutte contre les grands fléaux infectieux et viraux qui menacent l'humanité.

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

e-mail : tregouet@gmail.com


TIC
Information et Communication
Numérisation des livres : Hachette et Google associés
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Malgré une plainte contre Google du Syndicat National de l'Édition, dont Hachette Livre est membre, le groupe a signé un accord avec Google prévoyant la numérisation de son catalogue de livres épuisés. Google fournira les fichiers à la BNF, qui l'a écarté de son projet de numérisation.

La décision d'Hachette Livre de confier à Google la numérisation de son catalogue de livres épuisés a sans doute été difficile à faire passer auprès des autres membres du Syndicat National de l'Édition. Le SNE, auquel appartient Hachette Livre, s'était en effet associé en 2009 à la plainte de l'éditeur Le Seuil La Martinière déposée contre Google pour la numérisation, sans autorisation, de livres de son catalogue.

Hachette Livre a finalement changé son fusil d'épaule, tout en indiquant que la plainte engagée contre Google irait à son terme. Lors d'une conférence de presse, le PDG de l'éditeur, Arnaud Nourry, et le responsable de la division Google Book, Dan Clancy, ont officialisé leur accord. Celui-ci porte sur la numérisation de 40.000 à 50.000 livres épuisés de littérature générale, universitaires et documentaires des éditions Grasset, Fayard, Calmann Lévy, Armand Colin, Dunod et Larousse.

La numérisation sera assurée par Google, qui conservera un exemplaire numérique de chaque ouvrage. Une version sera également transmise à Hachette afin de l'exploiter (selon des modalités non communiquées). Google a également indiqué qu'il mettrait à la disposition de la Bibliothèque nationale de France (BNF) les livres numériques. Une façon en quelque sorte pour le géant américain de renouer des liens avec la BNF après avoir été évincé du projet national de numérisation.

ZDNet

Une puce dans l'oeil pour rendre la vue aux aveugles
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

La revue britannique Proceedings of the Royal Society B, traitant de sciences biologiques (d'où le B, pour biology), publie les résultats des travaux du professeur Eberhart Zrenner, de l'université allemande de Tubingue, dans le Bade-Wurtemberg. Avec une équipe composée de chercheurs de la start-up Retina Implant, spécialisée dans les technologies médicales, il a testé l'efficacité d'une puce électronique implantée sous la rétine de plusieurs patients atteints de cécité, afin d'améliorer leur vue, voire même afin de la leur rendre.

Onze personnes se sont prêtées à l'expérience. Les puces en question sont équipées de 1 500 microphotodiodes, c'est-à-dire des puces sensibles à la lumière. Le principe consiste à installer dans l'oeil la puce de manière à ce qu'elle capte la lumière entrant naturellement par ce même oeil. L'impact de la lumière sur les composants électroniques est alors converti en signal électrique, lequel est transmis au nerf optique. La puce étant alimentée par une batterie externe installée derrière l'oreille.

Ce dispositif n'a pas fonctionné aussi bien pour tous les patients mais, selon le site Internet de la BBC, qui tire un bilan de l'expérience, la majorité a été capable de distinguer des objets de couleurs vives posés sur une table de couleur sombre. Une installation qui permettait de créer un contraste.

Deux personnes en particulier, atteintes d'une affection héréditaire de la rétine, ont fourni des résultats vraiment plus qu'encourageants. L'un a pu distinguer des motifs en forme de quadrillage, l'autre a non seulement réussi à repérer des objets posés en face de lui, mais aussi à dire ce que c'était (une fourchette, un couteau, un mug, des fruits, des formes géométriques.

Ce même patient a également su déchiffrer des lettres et lire son nom qui avait délibérément été mal orthographié. Il a aussi pu se déplacer dans une pièce et approcher des gens sans aucune assistance autre que le système électronique installé dans son oeil.

Il a fallu attendre quelques jours après l'opération chirurgicale destinée à implanter la puce pour que les patients commencent à connaître une amélioration sensible de leur vision.

D'après les chercheurs, ces résultats sont plutôt prometteurs. Ils estiment, en conclusion de leur article, que l'on pourra se servir d'un appareillage électronique pour redonner la vue à celles parmi les personnes aveugles qui « ne pourront pas bénéficier d'une thérapie génique ou de soins à base d'agents neuroprotecteurs ».

OINet

En Corrèze, 2 500 collégiens vont être munis d'iPad
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

En Corrèze, les collégiens des classes de cinquième, quatrième et troisième sont équipés d'ordinateurs portables depuis 2008. Les sixièmes vont avoir droit à une variante : le Conseil général a décidé de les munir d'iPad.

A partir du 19 novembre et jusqu'au mois de décembre, 2 500 élèves et 800 enseignants vont recevoir une tablette tactile d'Apple, à la suite d'un appel d'offres lancé en juillet. Cette opération est pour l'heure considérée comme expérimentale, valable pour l'année scolaire 2010-2011. Selon le bilan qui en sera tiré, le Conseil général décidera si, à la rentrée prochaine, il rééquipera les sixième d'iPad ou privilégiera les ordinateurs, voire s'il doit attribuer des iPad aussi aux autres classes.

« Nous voulions un appareil pédagogique, discret, qui démarre vite et qui ne plante pas, explique Bernard Roussely, responsable du projet au Conseil général. Mais nous ne sommes pas mariés à Apple ». En terme d'outils, les élèves bénéficieront de la suite iWorks d'Apple, de l'accès au réseau, d'une adresse e-mail. « Tous les collèges de Corrèze sont équipés en réseau Wi-Fi, et il y a un serveur dans chaque établissement », ajoute Bernard Roussely.

Le Conseil général a également sélectionné quelques applications pédagogiques, comme celles de l'association Sésamath dédiées aux mathématiques. La société d'aide scolaire en ligne Paraschool, déjà partenaire des collèges de Corrèze, est en train de développer, à la demande du Conseil général, des versions embarquées de ses applications.

Celles-ci seront accessibles localement, sur l'iPad, afin que les élèves n'aient pas besoin d'être connectés pour les utiliser (notamment ceux qui n'ont pas d'accès Internet chez eux). Le Conseil a également mis en place un numéro Azur d'assistance. Une dizaine de personnes sont chargées de répondre aux questions des élèves relatives à l'utilisation de la tablette. Ordinateurs et iPad sont mis à disposition des élèves jusqu'à la fin de la classe de troisième. Ensuite, l'appareil leur appartient définitivement.

OINet

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Avenir
Nanotechnologies et Robotique
Des robots pour entraîner les urgentistes
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Les Cliniques Universitaires St-Luc, à Bruxelles, viennent de se doter de trois mannequins destinés à l'entraînement des futurs urgentistes, anesthésistes, pédiatres et médecins des soins intensifs. Avantage principal : les étudiants peuvent s'exercer, sans commettre l'irréparable en cas d'erreur.

Salle des urgences : un robot sur la table d'opération sert de cobaye à trois médecins stagiaires. Un instructeur pilote le mannequin par ordinateur, selon un scénario défini. Un second professeur supervise le tout. Le robot réagit pratiquement comme un vrai patient. "Il parle, il entend, il peut pleurer, il peut avoir des sudations, il peut devenir bleu s'il manque d'oxygène, sa respiration est visible, il peut aussi faire différents bruits si on ausculte son abdomen, explique le docteur Fernande Loiss, anesthésiste. Par exemple, si un patient saigne, le pouls va devenir plus rapide. Et puis si l'étudiant arrête l'hémorragie, cette augmentation de la fréquence cardiaque va se ralentir, voire se stabiliser."

Principal avantage de cette technique : l'exercice est plus vrai que nature, mais ne présente aucun risque. "C'est moins stressant, parce qu'on sait évidemment que si on fait une erreur, ça ne va pas être fatal, déclare Sophie Paternostre, étudiante en assistanat aux urgences. Mais étonnamment, on se met quand même assez vite dans le jeu."

Enfin, l'exercice pouvant être filmé, les professeurs pourront évaluer la performance des étudiants de manière plus efficace. Les trois robots - un adulte, un enfant et un nouveau-né -, mis au point par l'Armée Américaine, ont coûté 200 000 euros, sans compter les frais de maintenance et d'utilisation.

RTBF

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Matière
Matière et Energie
Du carbone à partir de déchets végétaux : la plus grande installation au monde entre en fonctionnement à Karlsruhe
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

La plus grande installation industrielle au monde de carbonisation hydrothermale (HTC) est entrée en fonctionnement à Karlsruhe le 26 octobre 2010. Grâce à ce procédé, la biomasse est transformée en charbon lors d'un processus chimique, à l'abri de l'air. C'est une filiale de la société AVA-CO2, pionnière de la technologie HTC, dont le siège est situé à Zoug (Suisse), qui va exploiter cette centrale, d'une capacité de 14.400 L et pouvant traiter 8.400 tonnes de biomasse par an.

Le procédé HTC, dans certaines conditions de température (180°C) et de pression, retire l'eau de la biomasse et transforme le carbone en "biocharbon" dans un autoclave en l'espace de quelques heures. Dans un premier temps, la biomasse est chauffée sous forme de solution aqueuse dans un réservoir sous pression jusqu'à l'entrée en action d'un procédé exothermique.

A partir de ce moment, l'exploitation de l'installation ne requiert aucune énergie additionnelle. Les catalyseurs utilisés sont l'acide citrique et le sel de fer. Le processus HTC a été exploré en 1913 par Friedrich Bergius, qui reçut en 1931 avec Carl Bosch le prix Nobel de chimie. Il a été réactualisé par le Prof. Dr. Antonietti de l'Institut Max Planck de recherche sur les surfaces colloïdes et interfaces de Potsdam. Le procédé HTC est validé en laboratoire, et quelques expérimentations à l'échelle industrielle viennent de démarrer.

L'installation d'AVA-CO2 permettra de fabriquer 2 produits finaux différents : le produit "courant" (temps de chauffage de 12h) consiste en un "AVA-bluecoal" de haute qualité et neutre en CO2, dont la stabilité et la haute densité d'énergie permettent de le stocker sans problèmes et de le transporter efficacement ; le processus HTC peut également produire (temps de chauffage réduit à 5h) l'"AVA-biochar", un produit semblable à de l'humus utilisé pour l'amendement des sols agricoles et pour le stockage de CO2.

"Avec son utilisation à l'échelle industrielle, la carbonisation hydrothermale (HTC), transformant la biomasse en biocharbon neutre en CO2, ouvre des perspectives totalement nouvelles pour la réduction des gaz à effet de serre et la production d'énergie renouvelable" explique Peter Achermann, président du conseil d'administration d'AVA-CO2. "Partout où la biomasse est produite en continu et en grande quantité, le procédé HTC peut être mis à profit par un grand nombre d'industries pour de nombreuses applications" poursuit Jan Vyskocil, co-PDG d'AVA-CO2.

L'installation HTC présentée à Karlsruhe est composée de 3 éléments principaux : une cuve de mixage, un réacteur et un "outlet buffer tank". Dans la cuve de mixage de 5 m de haut, la biomasse est mélangée et préchauffée à environ 150°C. La réaction chimique a lieu dans le réacteur à environ 220°C et 22 bars de pression. Cette cuve, d'une contenance de plus de 14 mètres cubes, possède une couche isolante supplémentaire. Dans la plus grande cuve, appelée "outlet buffer tank", sont entreposés l'énergie excédentaire et le produit final. Ce procédé, développé par AVA-CO2, s'intègre dans les processus de production continus des clients. Les cuves sous pression sont reliées les unes aux autres par une conduite en circuit fermé, afin que l'énergie du processus puisse être transmise le long du système, ce qui contribue fortement à la haute efficacité du procédé.

Le procédé HTC présente plusieurs avantages : Il permet de produire du charbon à partir de biomasse en valorisant les déchets végétaux et sans émettre de CO2 : le CO2 dégagé par la combustion du charbon fabriqué artificiellement à partir de biomasse ne fait que relarguer du carbone qui avait été auparavant stocké par les végétaux pendant leur croissance. Il permet également le traitement d'une biomasse végétale variée (bois, feuillage, déchets de tonte, purin, boues d'épuration...), même contenant de grandes quantités d'eau.

Il libère la totalité de l'énergie chimique contenue dans la biomasse, se révélant ainsi plus efficace que les autres procédés dans lesquels les restes fermentés contiennent encore la moitié de leur. Grâce à son caractère exothermique, le bilan énergétique de la réaction est très bon. Enfin, le biocharbon pourrait être utilisé comme carburant ou réservoir de CO2 : "Si on pouvait enfermer seulement 8,5 % de la biomasse sous cette forme, on pourrait compenser tout le CO2 produit lors de la combustion du pétrole", selon M. Antonietti. C'est donc un procédé qui combine plusieurs avantages : décarbonisation de l'atmosphère, valorisation de déchets organiques, restauration des sols et fourniture d'énergie.

BE

Énergie : la Commission présente sa nouvelle stratégie pour 2020
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

La Commission a présenté sa nouvelle stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre. La communication «Énergie 2020» définit les priorités en matière d'énergie pour la prochaine décennie et les actions à mener pour réussir le pari des économies d'énergie, de la compétitivité effective des prix sur le marché et de la sécurité de l'approvisionnement, tout en confortant la place de premier plan de l'UE en matière de technologies et en assurant des négociations efficaces avec les partenaires internationaux.

«L'énergie est l'un de nos plus gros chantiers, a déclaré Günther Oettinger, membre de la Commission responsable de l'énergie. La nouvelle direction que nous devons faire prendre à notre système énergétique pour le rendre plus durable et plus sûr s'annonce comme une tâche de longue haleine, mais c'est maintenant que nous devons prendre des décisions ambitieuses. Si nous voulons une économie efficace, compétitive et peu polluante, nous devons donner une envergure européenne à la politique de l'énergie et nous concentrer sur un nombre limité de priorités urgentes.»

La Commission définit cinq priorités dans la communication adoptée et présentera plusieurs initiatives et propositions législatives concrètes au cours des dix-huit mois à venir, fondées sur ces priorités et sur les mesures suggérées. La communication fixe également le programme des débats qui auront lieu entre les chefs d'État et de gouvernement lors du premier sommet de l'UE sur l'énergie, le 4 février 2011.

La Commission propose d'axer ses initiatives sur les deux secteurs offrant les meilleures possibilités d'économies d'énergie : les transports et les bâtiments. Pour aider les propriétaires immobiliers et les entités locales à financer des rénovations et mesures d'économies d'énergie, la Commission proposera d'ici la mi-2011 des incitations à l'investissement et des instruments financiers innovants. Le secteur public, quant à lui, est invité à prendre l'efficacité énergétique en compte dans ses marchés de travaux, de services ou de produits. Dans l'industrie, les certificats d'efficacité énergétique pourraient encourager les entreprises à investir dans des technologies plus sobres.

La Commission fixe une date butoir pour la réalisation du marché intérieur de l'énergie. D'ici à 2015, aucun État membre ne devrait rester en marge. Au cours des dix prochaines années, 1 000 milliards d'euros devront être investis dans les infrastructures énergétiques de l'UE. Pour accélérer les principaux projets stratégiques de l'Union européenne, la Commission propose de simplifier et d'accélérer la procédure de délivrance des permis de construire, en fixant un délai maximum pour l'octroi de l'autorisation finale et du financement de l'UE. Un guichet unique devrait permettre de coordonner toutes les demandes de permis nécessaires à la réalisation d'un même projet. Il est proposé que l'UE coordonne sa politique énergétique à l'égard des pays tiers, notamment ses principaux partenaires.

Quatre grands projets seront lancés dans des domaines cruciaux pour la compétitivité de l'UE, à savoir : les technologies pour les réseaux intelligents et le stockage de l'électricité, la recherche sur les biocarburants de seconde génération et le partenariat «villes intelligentes» pour promouvoir les économies d'énergie dans les zones urbaines.

La Commission propose de nouvelles mesures relatives à la comparaison des prix, aux changements de fournisseur ainsi qu'à la clarté et à la transparence des factures.

Stratégie énergétique de l'UE pour 2020

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Espace
Espace et Cosmologie
Des milliards de planètes de taille terrestre dans notre galaxie ?
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Une récente étude menée pour la Nasa par l'université de Californie révèle qu'environ 25 % des étoiles similaires à notre Soleil pourraient avoir autour d'elles une planète de la taille de la Terre. Ces planètes pourraient ainsi se compter en milliards, et certaines d'entre elles être potentiellement habitables.

Pendant cinq ans, des astronomes ont observé 166 étoiles aux caractéristiques proches de notre Soleil. Toutes sont situées dans un rayon de 80 années-lumière de la Terre, une année-lumière représentant quelque 9.460 milliards de kilomètres. Le but était de découvrir des planètes de différentes tailles, allant de trois à mille fois la masse de la Terre.

L'étude a été réalisée grâce aux télescopes géants de l'observatoire Keck à Hawaï, et a permis de recenser bien plus de petites planètes que de grandes. Une découverte qui indique que les planètes de petite taille sont les plus fréquentes dans la Voie lactée. Parmi les 166 étoiles étudiées, 6,5 % abriteraient des planètes de masse intermédiaire (soit dix à trente fois celle de la Terre), tandis que 11,8 % auraient en orbite des super-Terres dont la masse est inférieure à dix fois celle de la Terre.

"Si l'on extrapole jusqu'aux planètes proches de la Terre (entre 0,5 et 2 masses terrestres) nous prédisons que vous en trouverez environ 23 pour 100 étoiles" précise A.W. Howard, un astronome de l'université de Berkeley. Et son collègue Geoff Marcy d'ajouter : "Les données récoltées nous disent que notre galaxie, qui contient quelque 200 milliards d'étoiles, compte au moins 46 milliards de planètes de la même taille que la Terre, sans compter celles dont l'orbite est plus éloignée de leur astre dans la zone habitable".

NASA

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Terre
Sciences de la Terre, Environnement et Climat
Le réchauffement climatique de la troposphère est confirmé
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Après avoir passé en revue quatre décennies de données concernant les températures de la troposphère, les scientifiques ont découvert que le réchauffement climatique avait également lieu dans la troposphère, cette couche atmosphérique essentielle, comme le pensaient déjà de nombreux chercheurs.

Cette dernière étude a passé en revue 195 articles, résultats et données atmosphériques, et n'a pas trouvé de divergence fondamentale entre ce qui a été prédit et ce qui se produit dans la troposphère. Il y a donc bien un réchauffement climatique de la troposphère, d'après l'étude.

Cette étude est l'une des multiples études publiées cette année donnant des arguments contre ceux qui doutent de la réalité du changement climatique et du rôle des activités humaines dans ce phénomène.

Les scientifiques de la NOAA, du Met Office et de l'Université de Reading ont contribué à cet article, publié dans le journal Wiley Interdisciplinary Reviews - Climate Change.

Les prochaines discussions internationales sur le changement climatique, organisées par l'Organisation des Nations Unies, doivent commencer le 29 novembre à Cancun au Mexique. Cependant, les probabilités de signature d'un accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont considérées comme étant limitées.

NOAA

Il faudrait 100.000 ans à notre planète pour se remettre du réchauffement climatique
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Selon des géologues américains, il faudrait 100.000 ans à notre planète pour se remettre du réchauffement climatique si les hommes continuent à libérer autant de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

En étudiant des sédiments datant d'il y a plusieurs millions d'années, les géologues ont été capables de se représenter comment l'augmentation des gaz à effet de serre a conduit aux changements de température et à l'extinction d'espèces. Le professeur Jim Zachos, de l'Université de Californie, a expliqué qu'il y a 55 millions d'années, un volcan en éruption a été à l'origine de 4,5 gigatonnes de gaz à effet de serre relâché dans l'atmosphère sur des milliers d'années. Une activité volcanique qui a entraîné un réchauffement de la planète de 6°C, forçant les écosystèmes, premiers mammifères compris, à s'adapter, à migrer ou à mourir dans certaines zones.

Jim Zachos prévient : si le monde continue de libérer des gaz à effet de serre au rythme actuel, environ 5.000 gigatonnes se répandront dans l'atmosphère sur quelques centaines d'années seulement. Cela provoquerait une augmentation encore plus rapide de la température, selon lui, et pourrait causer une "extinction massive d'espèces" terrestres encore jamais vue auparavant.

Ms

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Premières naissances françaises à partir d'ovocytes congelés
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

C'est une nouvelle première française dans le domaine de la procréation à mettre à l'actif du Pr René Frydman. Le célèbre gynécologue-obstétricien, père du premier bébé-éprouvette français en 1982, vient d'annoncer la naissance dans son service de l'hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, de jumeaux conçus à partir d'ovocytes congelés. La maman et les deux enfants, Jérémie et Keren, (3,2 kg et 2,8 kg) se portent bien.

Ces naissances et celles qui suivront sont le fruit de la collaboration entre l'équipe biologique (Dr Nelly Achour-Frydman) et clinique (Pr Renato Fanchin) du pôle dirigé par le Pr Frydman à l'hôpital Antoine-Béclère (AP-HP).

Le Pr Frydman a mis au monde en 1982 à Clamart le premier bébé-éprouvette français, Amandine, moins de quatre ans après la naissance, le 25 juillet 1978 en Grande-Bretagne, de Louise Brown, premier bébé au monde conçu par FIV.

L'exploit n'est pas tant du côté technique que dans l'audace de ce pionnier d'avoir flirté avec l'interdit. «La loi autorise, dans des conditions de risque de perte de fertilité pas bien définies, à préserver des ovocytes par congélation, mais pas avec la méthode la plus performante (la vitrification, ou congélation ultrarapide) sous prétexte que toute innovation est assimilée à de la recherche sur l'embryon», a-t-il expliqué.

En France, la loi autorise la congélation des ovocytes mais par des méthodes qui ne sont pas les meilleures selon les experts, comme par vitrification, par exemple, qui est autorisée dans de nombreux pays mais interdite en France, ce que déplore le Pr Frydman. Le Pr Frydman a donc dû utiliser une autre technique pour parvenir à ces naissances : la congélation lente qui n'est pas interdite par la loi. Il s'agit donc non pas de braver la loi mais de la contourner.

Dans le monde, plus d'un millier d'enfants sont nés à la suite d'une cryopréservation d'ovules, notamment au Japon, en Espagne, ou encore au Canada. Ces techniques, en particulier la vitrification d'ovule, sont destinées avant tout aux femmes atteintes de cancer et qui doivent subir un traitement pouvant altérer leur fertilité. Leurs gamètes sont congelés avant le traitement pour être décongelés le moment venu en vue de réaliser une fécondation in vitro.

Romandie

Des avancées dans le cancer de l'ovaire
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Affamer les tumeurs pour mieux les combattre. Cette stratégie dite anti-angiogénique, qui a déjà fait ses preuves dans un certain nombre de cancers, comme ceux du côlon ou du rein, vient d'obtenir des résultats encourageants dans les tumeurs de l'ovaire.

Associé à une chimiothérapie standard, un traitement par l'Avastin, un anticorps qui se lie spécifiquement au VEGF (facteur de croissance de l'endothélium vasculaire), a permis de retarder de quelques mois les rechutes, selon une vaste étude présentée récemment. Les résultats de cet essai européen, qui a inclus environ 1500 patientes, confortent ceux d'une étude américaine rendus publics il y a quelques mois.

Découverts en général après 50 ans, et en moyenne vers 65 ans, les cancers de l'ovaire concernent environ 230.000 femmes chaque année dans le monde, 4500 en France. La difficulté thérapeutique tient au fait qu'ils sont souvent diagnostiqués trop tardivement. Car ces tumeurs ne donnent peu ou pas de symptômes pendant longtemps. «La chirurgie est l'arme la plus efficace, mais c'est un geste spécialisé et très lourd», explique la Dr Isabelle Ray-Coquard, cancérologue spécialiste des tumeurs gynécologiques (Centre Léon Bérard, Lyon). Surtout, cette stratégie utilisée seule est insuffisante pour guérir les cancers de l'ovaire à un stade avancé, qui représentent sept cas sur dix.

La chimiothérapie standard, qui associe deux molécules (paclitaxel et carboplatine), permet d'allonger la survie, mais un certain nombre de malades rechutent en quinze à dix-huit mois. Jusqu'ici, tous les essais visant à réduire le taux de rechute ont échoué.

À première vue, les résultats obtenus en Europe et aux États-Unis avec l'Avastin -déjà commercialisé par les laboratoires Roche dans d'autres indications- peuvent sembler modestes : la diminution du risque de progression du cancer ou de décès est de l'ordre de 20 à 30 %, ce qui correspond à un gain de quelques mois sans récidive.

Mais, pour les cancérologues qui prennent en charge ces femmes, c'est indiscutablement une étape importante. «C'est la première fois depuis quinze ans qu'un médicament retarde les rechutes dans les cancers de l'ovaire», relève ainsi le Pr Éric Pujade-Lauraine, oncologue à l'Hôtel-Dieu (Paris) et président du Groupe d'investigateurs nationaux pour les études des cancers de l'ovaire (Gineco).

Et d'autres devraient bientôt suivre. Les résultats de deux autres essais de phase 3 (la dernière avant la commercialisation) sont attendus dans les mois à venir. L'un évalue l'efficacité du Tarceva, un médicament ciblé qui inhibe un récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). L'autre teste une «vaccination» avec un anticorps monoclonal dirigé contre l'antigène CA125, marqueur des cancers de l'ovaire. «Ces trois approches ont sensiblement le même objectif : améliorer la qualité de vie des patientes et contrôler le plus longtemps possible leur maladie, précise le Pr Pujade-Lauraine, dont l'équipe a participé à tous ces essais .

LF

La mortalité par cancer diminue en France
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Le combat contre le cancer porte ses fruits. À force de lutte contre le tabac et l'alcool, de dépistage et de diagnostic précoce, d'innovations thérapeutiques, la mortalité par cancer régresse dans notre pays. C'est ce qui ressort d'un rapport de l'Institut national du cancer intitulé «Dynamique d'évolution des taux de mortalité des principaux cancers en France», que Le Figaro a pu se procurer en exclusivité.

Selon ce document, la baisse globale de la mortalité par cancer en vingt ans serait de 22 % pour les hommes et de 14 % chez les femmes. À coups de statistiques et de comparaison en fonction de l'âge, de l'année, du type de cancer, cette analyse, indispensable pour évaluer les politiques de santé, met en exergue une évolution franchement favorable. Certes, les cancers représentent encore la première cause de mortalité pour les hommes avant les maladies cardio-vasculaires, et la seconde pour la femme. «Mais si l'on meurt du cancer encore aujourd'hui, c'est plus tard qu'autrefois», insiste le Pr Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer.

Car la principale victoire concerne la mortalité prématurée en train de s'amender dans notre pays. L'être humain n'étant pas immortel, c'est une bonne nouvelle de savoir que si cancer il y a, il réduit de moins en moins l'espérance de vie. Aujourd'hui 70 % des décès par cancer surviennent après 65 ans, dont 50 % après 75 ans et 20 % après 85 ans. La baisse de la mortalité se retrouve dans toutes les tranches d'âge, mais est particulièrement significative pour les plus jeunes.

La mortalité avant 65 ans a diminué de 28 % chez les hommes, même si elle demeure supérieure à celle des femmes. Reste que les décès prématurés sont essentiellement liés aux cancers du poumon chez l'homme et aux cancers du sein et du poumon chez la femme. Par ailleurs, cette tendance est observée dans toutes les régions. Des inégalités géographiques persistent, mais une tendance à l'homogénéisation se dessine.

Le taux de mortalité par cancer tous âges et toutes localisations confondus a diminué si l'on compare les périodes 1983-87 et 2003-07. Le taux masculin a ainsi baissé de 22 % passant de 208,7 à 162,6 décès pour 100 000 hommes avec une accélération de la baisse sur les dix dernières années. Le taux féminin a diminué de manière moins importante (-14 %) passant de 92,8 à 79,9 décès pour 100 000 femmes.

«Cette évolution favorable résulte principalement pour l'homme de la diminution de la mortalité par cancer du poumon et par les autres cancers liés à la consommation d'alcool et de tabac, oesophage, pharynx, larynx, et par la baisse de la mortalité liée au cancer de la prostate et du côlon», explique le Pr Maraninchi. Pour la femme, la baisse de la mortalité par cancer du sein, du côlon, de l'estomac, et du col de l'utérus sous-tend cette évolution globale. Cette décroissance est toutefois contrariée par l'augmentation linéaire depuis vingt ans de la mortalité féminine par cancer du poumon.

Malgré ces données plutôt encourageantes, la mortalité prématurée masculine par cancer dans l'Hexagone reste l'une des plus élevées d'Europe et du monde. «Les données présentées dans ce rapport confirment que le tabac reste la principale cause de cancer évitable en France. Malgré des progrès, la lutte contre le tabac reste prioritaire», insistent les auteurs de ce travail.

Cette tendance à la baisse de la mortalité est à mettre en perspective avec une augmentation globale du nombre de cancers diagnostiqués chaque année (incidence) du fait notamment du vieillissement de la population, du dépistage... «Pour certains cancers, comme ceux du larynx, du pharynx et de l'oesophage, une baisse à la fois de l'incidence et de la mortalité est observée, liée à la réduction de la consommation tabac-alcool ; d'autres comme ceux de la prostate et du sein ont une incidence en augmentation et une mortalité en baisse, ce qui s'explique par un dépistage et un traitement plus précoce.

Enfin, un seul, le cancer du poumon chez la femme, a une incidence et une mortalité en hausse», précise le Pr Maraninchi. Les progrès thérapeutiques et l'amélioration de la prise en charge expliquent exclusivement pour certaines localisations, comme le testicule, la thyroïde et la maladie d'Hodgkin, la forte baisse de la mortalité.

INC

Un cancer sur six est dû à un virus
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Le cancer peut-il être d'origine virale ? "Dans certains cas, oui", répond le Pr Antoine Gessain, spécialiste de cette thématique à l'Institut Pasteur, à Paris. "Nous savons aujourd'hui que certains cancers sont directement liés à des virus spécifiques." Le nombre de cas de cancers induits par des virus varie, selon les régions du monde, "de 7 % dans les Etats occidentaux à près de 25 % dans les pays en développement, où ces agents sont présents en quantités plus importantes". Les scientifiques s'accordent autour d'un taux mondial de 15 %, soit un cancer sur six.

Le Pr Gessain participait au 7e forum scientifique de l'Unesco sur les avancées de la recherche, qui s'est tenu le 9 novembre dernier à Paris. Cette manifestation a reçu le soutien de la Mutualité Française, du laboratoire Roche et de l'hebdomadaire Paris-Match. Son objectif : présenter les fondements scientifiques de la prévention des cancers et de leur rechute. Pour ce faire, il a d'abord fallu redéfinir les facteurs de risque : les virus responsables de cancer, encore appelés "oncovirus", arrivent derrière le tabagisme (30 %), les causes hormonales (30 %) et une mauvaise hygiène alimentaire (20 %).

"On considère qu'il existe une dizaine d'agents infectieux responsables de l'apparition d'un cancer", indique le Pr Antoine Gessain. Il mentionne notamment les virus des hépatites B et C, à l'origine de cancers du foie, et les papillomavirus, qui induisent des cancers du col de l'utérus. On peut s'en prémunir grâce à la vaccination.

Des recherches sont menées sur d'autres agents susceptibles de provoquer le cancer, pour lesquels il n'existe pas encore de vaccin. Le virus d'Epstein-Barr, très répandu, est associé à des cancers des ganglions et de l'arrière-gorge. Plus rare, le HTLV-1, qui sévit aux Antilles françaises et en Guyane, peut provoquer une forme grave de leucémie à l'âge adulte. Un des virus de l'herpès, le HHV-8, est à l'origine de certains lymphomes et de sarcomes de Kaposi. Enfin, la bactérie Helicobacter Pylori, qui cible l'estomac, peut provoquer des cancers digestifs.

Les oncovirus peuvent modifier l'ADN des chromosomes des cellules qu'ils agressent, soit directement, lors de leur prolifération, soit indirectement, au moment où ces cellules se régénèrent après l'infection. Ce processus s'opère en plusieurs étapes. C'est pourquoi "les recherches sur les cancers viro-induits sont complexes à mener, car il peut s'écouler plusieurs dizaines d'années avant que les cellules lésées par ces agents ne deviennent cancéreuses".

Pour mieux comprendre l'évolution d'une cellule saine vers un état cancéreux, le Pr David Khayat, chef du service d'oncologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, en décrit le mécanisme : "Chaque cellule contient des gènes qui en gèrent la multiplication, pour assurer le renouvellement cellulaire du corps. Si des mutations les touchent, ils peuvent se multiplier sans contrôle, en intégrant ces transformations. Des gènes réparateurs sont appelés à la rescousse mais, à partir d'un certain moment, ils sont dépassés par les anomalies."

MF

Strasbourg s'équipe d'un appareil de pointe pour soigner le cancer
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Le centre régional de lutte contre le cancer Paul-Strauss de Strasbourg s'est doté d'un système de radiochirurgie de dernière génération afin de soigner certains types de cancer, a-t-il annoncé récemment. Le "Novalis Tx", un appareil pour l'instant unique en France selon le centre, délivre en une seule fois de très hautes doses de rayons. Les organes sensibles proches des tumeurs sont protégés car le patient est maintenu "au millimètre près" dans la position adéquate.

Les tumeurs cérébrales, pulmonaires ou hépatiques notamment peuvent être ainsi efficacement combattues sans recours à la chirurgie traditionnelle. "Accueillir cette nouvelle technologie a représenté un effort important pour nous, puisqu'il a fallu construire un +bunker+ supplémentaire : l'investissement global s'est monté à 5,8 millions d'euros", a expliqué Patrick Dufour, le directeur général du centre, lors d'une conférence de presse.

L'appareil en lui-même a coûté 3,7 millions d'euros et les travaux d'installation 2,1 millions, a-t-il précisé. L'imposant appareil, qui a nécessité 40 jours d'installation et 4 mois de réglages, fonctionne depuis le mois d'avril. Le patient, allongé sur une plate-forme, est équipé d'un casque ou d'un masque selon les cas qui le maintient fermement en position: étant donné les doses de rayons, il ne faut surtout pas qu'ils atteignent des zones saines. La machine tourne ensuite lentement autour du malade et envoie ses doses de rayons, jusqu'à 10 fois la dose appliquée dans une machine de la génération précédente, pour une efficacité sans précédent.

Le traitement peut être fait en une seule ou plusieurs séances à raison de 20 à 30 minutes par métastase. La machine s'attaque aux tumeurs d'une grosseur comprise entre 2 millimètres et 3 centimètres. "Jusque-là, nous avons 100 % de réponse au traitement. Pour les gens avec des métastases cérébrales, qui ont une espérance de vie limitée, nous doublons ou triplons l'espérance de vie, même si cela reste bien sûr toujours trop court.

Ce traitement a aussi révolutionné la radiothérapie des petits cancers pulmonaires", a souligné le professeur Georges Noël, le chef du département de radiothérapie en se félicitant de l'efficacité de ce nouvel outil. Le "Novalis Tx" est également en cours d'installation à Reims. Clermont-Ferrand et l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) seront également équipés, mais pas avant 2011. L'unité de radiothérapie du centre Paul-Strauss de Strasbourg traite plus de 2.500 malades par an. Environ 44.000 séances d'irradiation y ont été pratiquées en 2009.

Google

Médecine régénérative : une nouvelle étape avec le premier foie bio-artificiel
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

En 2008, près de 1000 personnes n'ont pu bénéficier en France de la greffe de foie dont elles avaient besoin, faute d'organe disponible. Cette pénurie pourrait bientôt trouver une solution. Des scientifiques américains viennent en effet de réussir à créer en laboratoire un premier foie humain artificiel fonctionnel de la taille d'une noisette. «Les perspectives offertes par ces recherches sont enthousiasmantes», se félicite le directeur du projet, Shay Soker, professeur de médecine régénérative à l'université de Wake Forest, qui a dévoilé dimanche ses travaux dans un congrès sur l'étude des maladies du foie à Boston.

Toutefois, en l'état actuel, ce premier foie artificiel ne pourrait pas remplacer un organe humain. Tout d'abord, il est trop petit. Il faudrait qu'il fasse au moins la taille d'une balle de tennis, soit un cinquième environ d'un foie normal, pour pouvoir remplir ses fonctions dans un organisme. Ensuite, et cela explique sa taille, parce que cet organe artificiel a été créé à partir d'un foie... de furet.

Les chercheurs ont prélevé l'organe animal, enlevé toutes les cellules qu'ils contenaient à l'aide d'un détergent et obtenu ainsi la seule structure en collagène, une sorte de gélatine très répandue dans le règne animal puisqu'elle constitue la matrice des tissus cellulaires. Ils ont alors introduit des cellules de foies humains et des cellules de parois veineuses au sein de cette architecture de protéines fibreuses. Placé dans un bioréacteur, une machine qui délivre oxygène et nutriments, cet embryon d'organe s'est développé pour former un foie.

Le même type d'expérience menée au General Hospital de Boston faisait l'objet en juin d'une publication dans Science, à cette différence près que les chercheurs avaient alors créé un foie de souris. Ils l'avaient transplanté dans un autre animal qui avait survécu plusieurs heures grâce à cet organe vital*.

Dans le cas d'un organe humain, l'origine animale de la structure pose toutefois problème. «Il n'y a absolument aucune chance pour qu'on laisse aujourd'hui des chercheurs implanter un tel organe chez un homme», explique au figaro.fr Cécile Legallais, directrice de recherche CNRS en bioingénierie à l'université de technologie de Compiègne (UTC) et spécialisée dans la création de foies bioartificiels. «Cela peut paraître trivial, mais la contrainte règlementaire est très forte. Il faudra des années de recherche avant que l'on puisse, peut-être, implanter du collagène animal chez un être humain.» Pour ces foies miniatures, seules des applications en recherche médicamenteuses semblent donc envisageables pour le moment.

TM

Identification de nouveaux circuits neuronaux contrôlant la peur
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

La peur est une réponse adaptative essentielle à la survie de nombreuses espèces. Cette adaptation comportementale peut être innée ou bien être la conséquence d'un apprentissage au cours duquel un animal apprend qu'un stimulus prédit un évènement désagréable.

De nombreuses données indiquent que l'amygdale, une structure particulière du cerveau, est fortement impliquée au cours de l'apprentissage de la peur dite "apprise". Cependant les circuits neuronaux sous jacents restaient encore largement inconnus jusqu'à présent. Aujourd'hui, les travaux associant plusieurs équipes suisses, allemandes et un chercheur de l'Unité Inserm 862 à Bordeaux "Neurocentre Magendie", ont permis d'identifier pour la première fois des circuits neuronaux distincts au sein du noyau central de l'amygdale, spécifiquement impliqués dans l'acquisition et le contrôle des réponses comportementales de peur. Le détail de ces résultats est publié dans la revue Nature.

Dans cette étude, des souris de laboratoires ont tout d'abord été soumises à une tâche comportementale simple qui consiste à apprendre qu'un stimulus sonore prédit l'arrivée d'un évènement désagréable. A la suite de cet apprentissage la présentation du stimulus sonore induit un ensemble de manifestations comportementales de peur telles qu'une immobilisation des animaux. Grâce à l'utilisation de techniques pharmacologiques et optogénétiques très novatrices, les chercheurs ont mis en évidence que les noyaux central et médian de l'amygdale centrale étaient différentiellement impliqués dans l'apprentissage et la manifestation comportementale des réponses de peur

Dans une deuxième étape, l'enregistrement en temps réel de l'activité des neurones de l'amygdale centrale latérale et médiane grâce à des techniques électrophysiologiques uniques a permis au chercheurs d'identifier au sein de ces structures quels étaient les neurones spécifiquement impliqués dans l'apprentissage et la manifestation comportementale des réponses de peur.

Ces neurones sont des cellules inhibitrices qui font partie de circuits neuronaux très organisés et fortement interconnectés et dont les modifications d'activité permettent la sélection des réponses comportementales de peur pertinentes en fonction de la situation environnementale.

Nos travaux définissent ainsi l'architecture fonctionnelle des circuits neuronaux de l'amygdale centrale et leur rôle dans l'acquisition et la régulation des comportements de peur. L'identification précise des circuits neuronaux contrôlant la peur représente un enjeu clinique majeur. En effet les patients souffrant de pathologies, telles que le syndrome de stress post-traumatique ou encore les troubles anxieux présentent des dérégulations de certains circuits neuronaux qui conduisent à des réponses comportementales anxieuses inadaptées.

Inserm

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Recherche
Recherche & Innovation, Technologies, Transports
Londres : capitale européenne de la voiture électrique
Vendredi, 19/11/2010 - 00:00

Afin d'encourager les Londoniens à se convertir à la voiture électrique, le maire Boris Johnson, vient d'officialiser l'installation de 1 300 bornes de rechargement à travers la ville d'ici 2013. Baptisé « Source London », ce projet doit faire de Londres la ville d'Europe où circulent le plus grand nombre de véhicules électriques. Des acteurs publics et des entreprises privées ont collaboré au projet afin de garantir le financement d'un maximum de bornes.

La voiture électrique semble la meilleure solution, du point de vue pratique et environnemental, pour parcourir la quinzaine de kilomètres qu'un automobiliste londonien effectue en moyenne chaque jour. « Les industriels vont lancer des voitures électriques plus abordables et plus fonctionnelles sur le marché dans les années à venir. Une option d'autant plus attractive que les prix du pétrole s'envolent. En choisissant des véhicules électriques, les Londoniens contribueront en plus à faire diminuer la pollution et à améliorer la qualité de vie au sein de la ville », a-t-il prédit.

Pour recharger les batteries de sa voiture, rien de plus simple : il suffira de souscrire à un abonnement annuel d'une centaine de livres (soit environ 120 euros). Un site Internet a par ailleurs été mis à la disposition des automobilistes pour leur expliquer le fonctionnement du dispositif. Les bornes ne seront pas opérationnelles avant le printemps 2011 mais les Londoniens qui opteront pour un véhicule propre sont d'ores et déjà assurés d'être exonérés de la fameuse congestion charge (NDLR : le péage urbain londonien) ce qui pourrait représenter une économie de l'ordre de 2 200 euros par an.

Reste à inscrire ces installations dans le réseau national et à vérifier si les véhicules pourront être rechargés aussi bien dans la capitale qu'ailleurs dans le pays. La société Transport of London, qui a déjà chapeauté le projet londonien, devrait se charger de rendre les installations compatibles à l'échelle nationale. Si tout se passe comme M. Johnson l'a prévu, le parc londonien de véhicules électriques pourrait bientôt être plus important que celui des voitures roulant à l'essence.

ZGW

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