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Certains mystères des maladies inflammatoires percés à Lyon

Très invalidantes, les maladies inflammatoires sont source de souffrances pour des millions de personnes. Le psoriasis touche plus de 2 millions de Français, la polyarthrite rhumatoïde plus de 250 000, la maladie de Crohn, 60 000... Elles ont aussi en commun d'être très complexes. Mais leurs mécanismes sont aujourd'hui mieux connus et de nouveaux traitements voient le jour grâce aux travaux menés à Lyon sur la polyarthrite rhumatoïde par Pierre Miossec, rhumatologue au CHU et professeur d'immunologie à l'Université Claude-Bernard Lyon 1.

Pour cette contribution, le Pr Miossec a reçu, en mai dernier, le prix Carol-Nachman. Il est le premier Français à recevoir ce prix, équivalent du Nobel en rhumatologie. Si cette récompense salue ses recherches, Pierre Miossec y voit aussi un soutien au fait qu'il est l'un des rares chercheurs de ce niveau à continuer à suivre beaucoup de malades dans son service de l'hôpital Edouard-Herriot.

Après ses études à la faculté de médecine de Brest, Pierre Miossec est parti à Dallas où il a travaillé avec Morris Ziff sur le rôle des cytokines, « les hormones du système immunitaire », explique-t-il, dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Arrivé à Lyon en 1989 (après un passage à Montpellier), c'est là qu'il a été le premier à découvrir que « l'interleukine 17 était une cytokine importante » dans la réaction inflammatoire et les mécanismes de destructions des articulations qui caractérisent la PR.

Ces découvertes ont débouché sur la mise au point d'anticorps monoclonaux inhibiteurs de l'interleukine 17, testés sur des malades atteints de psoriasis et de PR, par les laboratoires Novartis et Lilly. Dans la PR, ces biothérapies viennent renforcer le traitement traditionnel quand il se montre insuffisant. « Les traitements permettent de soigner l'inflammation locale mais ils apportent aussi une amélioration de l'état général », précise le Pr Miossec. En effet, outre les effets locaux, on a aussi découvert que les maladies inflammatoires augmentaient les risques d'infections et les risques cardiovasculaires (infarctus, AVC) chez les malades. C'est pourquoi, « toute maladie inflammatoire doit être traitée au long cours », afin de faire baisser ce risque, explique le médecin.

Si les mécanismes des maladies inflammatoires sont mieux connus, leurs origines gardent encore des mystères. Pour la PR, qui touche 4 femmes pour 1 homme, il existe « un élément génétique mais il n'est pas majoritaire. Il y a aussi une conjonction de facteurs environnementaux », explique le Pr Miossec. Les pistes infectieuses sont actuellement creusées avec notamment des germes du tube digestif. Autres mystères à résoudre : pourquoi les patients réagissent-ils de manière différentes face à la maladie (stade plus ou moins grave) et aux traitements ? « C'est dans le vent de la médecine personnalisée que l'on essaie de développer », conclut le chercheur.

LP

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