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Vers une révolution dans la recherche de nouvelles molécules thérapeutiques ?

BiocellVia développe et commercialise des tests de validation de l’efficacité des molécules cibles pour les futurs médicaments, lors de la phase préclinique (début du cycle de développement) pour l’industrie pharmaceutique. Ces tests apportent un nouveau process face aux méthodes conventionnelles, dites d’évaluation visuelle (scoring), qui souffrent d’un manque de précision et d’une variabilité importante des résultats d’un expérimentateur à l’autre.

Tout d’abord, on découvre une nouvelle molécule. Des études précliniques sur des tissus et des animaux sont effectués pour évaluer ses vertus. Des essais cliniques (sur l’homme) sont ensuite réalisés et, si la molécule se révèle utile pour soigner ou prévenir une maladie, un médicament est fabriqué puis arrive sur le marché pharmaceutique. Ce développement est très coûteux pour l’industrie pharmaceutique (près d’un milliard d’euros) et très long (plus de 10 ans en moyenne).

Jusqu’à présent, la méthode classique d’évaluation des molécules reposait sur une analyse visuelle réalisée par des “anapathes” (analystes en biologie). Elle fournissait des données qualitatives sur ces molécules. Mais ces résultats étaient le fruit d’une observation à l’œil, au travers d’un microscope, et les données obtenues variaient d’un scientifique à l’autre. Les résultats perdaient donc en efficacité et en fiabilité. Les laboratoires pouvaient passer à côté de molécules efficaces ou bien valider des molécules inefficaces et ce, du seul fait d’une mauvaise interprétation de l’œil humain.

En 2011, un père, Yvon Julé, et son fils, Olivier Julé, créent Biocellvia. Le premier était professeur de biologie à l’Université Saint-Charles à Marseille. Le second a suivi des études de commerce, avant de travailler dans la finance. “Tout au long de sa carrière, mon père a été témoin de nombreux échecs dans le processus de développement de médicaments, et malheureusement de nombreuses molécules inactives passent au stade clinique sur la base de données inadéquates. Il a alors compris dans les années 1990 l’intérêt et le potentiel immenses de l’imagerie numérique, notamment son application en phase préclinique pour mieux évaluer l’efficacité des molécules”.

La même année, la startup marseillaise Biocellvia et la Big Pharma allemande Boehringer Ingelheim co-écrivent un article qui leur assura une crédibilité et une reconnaissance de leurs pairs. Dans cet article, la jeune MedTech y expose une technologie de lecture numérique des molécules au stade préclinique, véritable innovation de rupture, qui élimine toute variabilité des résultats et apporte une précision optimale avec des données quantitatives.

Son programme foudroie le temps de décision des laboratoires et permet à ses clients de gagner des mois de développement. Lorsqu’une étude de 100 images est réalisée en 2 semaines à l’œil humain, leur logiciel exploite les informations en seulement 2 heures. L’objectivité de l’étude et la précision numérique au pixel permettent également un gain en fiabilité : “Nous avons décidé de créer ensemble Biocellvia pour développer l’analyse numérique d’images avec des programmes entièrement automatiques sans intervention humaine, qui fournissent des données quantitatives plus fiables et plus précises que celles obtenues par des méthodes traditionnelles et dans un temps beaucoup plus court”.

La start-up s’est récemment distinguée par sa collaboration avec l’Institut Gustave Roussy. Le premier centre anticancer de France l’a sollicitée pour certains cas d’analyses dans l’étude de la fibrose-pulmonaire par radiothérapie. Elle s’est également rendue début juin à Boston pour le plus grand rassemblement des industries biotechnologiques, le Salon “BIO International Convention”. L’occasion de présenter ses technologies et d’engager de nouveaux partenariats outre-Atlantique, étant déjà forte d’une clientèle à 70 % américaine.

Du côté français, l’entreprise travaille sur le développement de deux nouveaux tests. Un test contre la Nash, ou la maladie du soda (une maladie hépatique liée à une mauvaise alimentation), et l’autre sur l’oncologie du poumon.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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