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La thérapie génique offre des outils pour " reconstruire " coeurs et vaisseaux

" Les nouveaux travaux qui commencent à être menés sur le muscle cardiaque sont absolument sensationnels. Toutes nos conceptions antérieures quant au fonctionnement de cet organe sont en train de se transformer de manière radicale. La perspective notamment de pouvoir, demain, réactiver le contrôle génétique des cellules du myocarde entrouvre des perspectives thérapeutiques considérables. " Pour le docteur Claude Lenfant, directeur de l'Institut national américain du coeur, des poumons et du sang le 72ème Congrès de l'American Heart Association organisé du 7 au 11 novembre à Atlanta aura été marqué par l'entrée fracassante de la génétique moléculaire dans le champ de la cardiologie. A quoi tient un tel enthousiasme ? Pour beaucoup à la rapidité inattendue avec laquelle se développent, outre-Atlantique, les premières expériences de thérapie génique appliquée aux principales affections cardio-vasculaires et aux résultats, apparemment positifs, qu'elles donnent. Le congrès d'Atlanta a ainsi été marqué par une série de communications, souvent spectaculaires, expliquant comment des malades ne pouvant plus bénéficier d'aucune thérapeutique chirurgicale ou médicamenteuse ont vu leur état clinique s'améliorer après l'administration, sous différentes formes, d'un gène spécifique (le VEGF) qui dirige la synthèse d'un facteur de croissance des vaisseaux capillaires. L'objectif ici visé est l'obtention d'une angiogenèse, phénomène caractérisé par la formation de néovaisseaux sanguins et la réapparition d'une circulation sanguine dans des territoires myocardiques où, à cause d'un infarctus, elle avait disparu, entraînant une insuffisance cardiaque massive. . L'équipe du professeur Peter R. Vale (St. Elizabeth's Medical Center, Boston) a ainsi présenté devant un auditoire enthousiaste et de nombreux médias un travail conduit sur plusieurs dizaines de malades souffrant d'angine de poitrine incurable chez lesquels, via une incision du thorax, on a injecté le gène VEGF dans le muscle cardiaque avant d'observer, avec un recul de plusieurs mois, une amélioration des paramètres cardiologiques et de l'état clinique des malades. Le même gène, présenté sous différentes formes, peut également être injecté par l'intermédiaire d'un cathéter monté dans le réseau artériel jusqu'aux coronaires. Un autre axe de recherche a priori très prometteur, développé par plusieurs équipes françaises dont celle de Mme Schwartz, consiste à organiser des transferts cellulaires en prélevant des cellules dans certains muscles d'un organisme donné pour les greffer ensuite, dans le même organisme, au sein de la région du myocarde lésée du fait d'un infarctus. Les chercheurs travaillant dans ce domaine expliquent avoir la preuve que ces cellules peuvent s'incorporer dans le tissu pathologique, établir certaines connexions entre elles, rester vivantes durant plusieurs mois et améliorer ainsi la fonction cardiaque. Ces résultats positifs ont été observés expérimentalement chez la souris, le rat, ainsi que chez le lapin et des essais vont prochainement être menés chez la brebis. Ainsi une troisième possibilité thérapeutique est offerte, qui combinerait transfert de gène et transfert cellulaire en greffant des cellules musculaires au patrimoine génétique modifié afin d'améliorer l'efficacité de thérapeutiques avec lesquelles la cardiologie moderne entrera de plain-pied dans le troisième millénaire.

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,2320,seq-2271-31139-QUO,00.html

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