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Quand l'ADN prédit un destin de centenaire

Publiée vendredi 2 juillet dans la revue américaine Science, une étude montre qu'une longévité exceptionnelle n'est pas due à une seule mais à de multiples particularités génétiques.

L'influence du mode de vie sur la longévité est attestée, par exemple, par l'espérance de vie élevée des adventistes du Septième Jour : 88 ans en moyenne. Le comportement des adeptes de cette religion favorise la longévité. Mais, à l'évidence, des facteurs génétiques sont aussi à l'oeuvre chez les personnes dépassant de dix à trente ans le cap des 80 ans.

"Dans les pays industrialisés, une personne sur 6 000 est centenaire, et ceux que l'on appelle les supercentenaires - ayant plus de 110 ans - représentent un individu sur 7 millions. Mais il faut noter que 90 % des centenaires n'ont pas de handicap sur le plan de la santé avant l'âge de 93 ans", souligne Thomas Perls. Le gériatre rappelle qu'il existe une forte influence familiale dans le fait de devenir centenaire et qu'un tel destin met en jeu des voies complexes.

L'équipe italo-bostonnienne a lancé une étude portant sur l'analyse complète du génome de 1 055 centenaires nés entre 1890 et 1910 (801 ayant précédemment participé à une étude sur les centenaires en Nouvelle-Angleterre et 254 autres ayant été inclus dans une étude pour un laboratoire pharmaceutique) et de 1 267 sujets servant de comparaison. Disposer de deux groupes de centenaires permettait de chercher à répliquer les observations faites sur le premier groupe dans le second. Un tiers environ des centenaires du premier groupe avaient un parent au premier degré ayant lui aussi une extrême longévité.

Les chercheurs ont bâti un modèle prenant en compte 150 variants génétiques portant chacun sur un seul nucléotide. "Soixante-dix d'entre eux se retrouvent chez des centenaires du premier groupe et pour 33 d'entre eux dans le second groupe", précise Thomas Perls.

"Nous avons abouti à trois constats, explique Paola Sebastiani. Tout d'abord, lorsque l'on soumet les informations génétiques d'un individu à notre modèle informatisé, nous pouvons déterminer de manière exacte dans 77 % des cas sa prédisposition à devenir centenaire, ce qui est un taux élevé pour un modèle prédictif."

Pour la biostatisticienne, le fait que dans 23 % des cas le modèle ne donne pas le bon résultat tient à ce qu'"il reste encore beaucoup à découvrir dans le génome et que nous ignorons encore certains traits génétiques associés à la longévité. Mais le fait que nous ayons une capacité prédictive importante simplement avec des données génétiques atteste fortement du caractère héréditaire de la longévité".

Deuxième constat, le modèle fournit un profil individuel qui reste à interpréter en fonction de nombreuses variables associées. Les chercheurs ont ainsi défini 19 groupes, en fonction de la présence de certains facteurs de risque (cancer, maladies cardiovasculaires, etc.) parmi les centenaires étudiés. Dans certains groupes, on retrouve une survie plus longue ; dans d'autres une apparition plus tardive de la maladie. "Il y a donc plusieurs voies permettant d'atteindre une extrême longévité", remarque Paola Sebastiani.

Troisième constat, qui peut surprendre, l'étude de la présence de variants génétiques associés à des maladies ne met pas en évidence de différence marquée entre les centenaires et les sujets contrôles.

"Cela signifie que ce n'est pas l'absence de prédisposition pour des maladies qui fait vivre longtemps, mais bien le fait d'être porteur de variants favorisant la longévité, conclut Paola Sebastiani. Cela implique aussi que si l'on veut calculer le risque de développer une maladie, il ne faut pas seulement s'appuyer sur la présence de variants génétiques qui lui sont associés, mais tenir compte du patrimoine génétique plus global."

LM

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