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Les mémoires holographiques ouvrent de nouveaux horizons au stockage informatique

Enregistrer le contenu d'un DVD-Rom (4,7 Go) ou de huit CD-Rom (8 x 650 Mo) sur un support de 1 cm'. Impossible? C'est pourtant @l'objectif que se sont fixé les concepteurs d'un nouveau système de stockage des données informatiques: la mémoire holographique. Grâce à cette technologie, nos ordinateurs seront équipés, bientôt, d'un disque dur de 1 téraoctet (1 To = 1 000 Go) et liront des disques contenant l'équivalent de deux cents film de long métrage. Le stockage holographique de données, déjà évoqué dans les années 60, arrive à maturité. Des constructeurs tels qu'IBM et surtout Lucent Technologies, spécialisé dans les équipements pour les télécoms et l'informatique, passent progressivement de la recherche au développement industriel. Pour la plupart d'entre nous, un hologramme, c'est l'oiseau qui orne les cartes bancaires, et l'holographie, une technique pour reproduire des images en trois dimensions. Il s'agit bien ici de la même technique, mais appliquée au stockage des 1 et des 0 que sont les données informatiques. Pour créer un hologramme, il faut deux faisceaux laser et une surface transparente dont les caractéristiques optiques sont modifiées lorsqu'elle est soumise à la lumière. Un des faisceaux laser, dit de " référence "illumine avec une intensité constante la zone où l'on souhaite créer l'hologramme. L'intensité du second faisceau, dit " objet ", est modulé en fonction de l'information que l'on souhaite " graver " dans la matière. Les deux faisceaux ne traversant pas le substrat réactif selon le même angle, leur rencontre crée des interférences. Ce sont ces interférences qui vont laisser des traces dans la matière. Ultérieurement, il suffira d'éclairer la même avec le seul laser de référence pour faire jaillir le faisceau objet de l'autre côté du film photoréactif. Le stockage holographique de données suit ce principe. Mais, avant d'être projeté sur le substrat réactif , le faisceau objet traverse un "damier' dont certaines cases, ouvertes, laissent passer la lumière et d'autres, fermées, la bloquent Modulé selon la configuration du damier, le faisceau objet permet d'inscrire sur le substrat une grille de 1 et de 0 . Chez IBM, le damier est une plaque de cristaux liquides formée de 1024 x 1024 cellules. Des impulsions électriques font passer chaque cellule de la transparence à l'opacité. Chez Inphase Technologies on préfère aujourd'hui utiliser un damier de 1280 x 1024 miroirs mobiles mesurant chacun 13 micromètres de côté. Selon leur orientation, ils réfléchissent ou non le faisceau objet. Avec autant de miroirs, on peut coder d'un seul coup un message de 1,25 Mbits, soit une centaine de pages dactylographiées. Les supports utilisés ont de plus l'intérêt d'autoriser le 'multiplexage', c'est-à-dire l'inscription d'une centaine de 'grilles' sur une même zone, ce qui augmente la densité d'informations stockées. Sur une zone où l'on a déjà inscrit une grille, on peut en effet en imprimer d'autres grilles en changeant à chaque fois l'angle du faisceau de référence. A terme, d'ici 5 ans, la densité de l'information pourrait atteindre 46,5 Gbits/cm2, de quoi enregistrer 8 heures de vidéo ou 32 heures de musique sur une puce de seulement 4cm2 !

Science&Vie : http://www.science-et-vie.com

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