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Hépatite C : la révolution en cours

Avec des avancées à petits pas, les médecins sont en passe de guérir l'infection par le virus de l'hépatite C. Pour l'instant, 50 % des malades peuvent se débarrasser de ce virus par un traitement antiviral. Ce taux devrait s'améliorer dans les années à venir. Une réunion internationale sur l'hépatite C vient de se tenir à Nice pour faire le point sur les progrès actuels et à venir.

L'hépatite C est une inflammation chronique du foie provoquée par un virus. La maladie se traduit par divers symptômes peu spécifiques, le plus souvent une grande fatigue. Mais à long terme, les patients sont menacés de cirrhose (20 % des personnes infectées) et plus rarement de cancer du foie. En France, plus de 300 000 personnes seraient infectées, la moitié sans le savoir. La transmission se fait par le sang, les transfusés (avant la mise au point d'un dépistage dans le sang en 1991) et les usagers de drogues par voie intraveineuse sont les plus touchés, mais d'autres modes de contamination (soins dentaires, acupuncture, coiffeur, piercing) ont été décrits. Chaque année entre 3 000 et 5 000 nouveaux cas sont découverts.

«Il existe plusieurs types de virus, explique le professeur Jean-Michel Pawlotsky, chef du service de virologie (hôpital Henri-Mondor, Créteil), environ 60 % des malades présentent le génotype 1, et la moitié d'entre eux peuvent être guéris par le traitement actuel, mais nous avons l'espoir d'arriver bientôt à 70 % avec les nouveaux antiviraux. Le génotype 2 ne concerne que 5 % des malades, mais 90 % bénéficient avec succès des traitements. Le génotype 3 (25 % des patients) est associé à une guérison dans 80 % des cas. Et pour le 4 (10 % des patients), la guérison ne concerne que 50 % d'entre eux. Lorsque les premiers traitements sont apparus, seulement 5 à 10 % des malades étaient guéris, c'est-à-dire qu'ils avaient réussi à se débarrasser du virus.»

Aujourd'hui le traitement fait appel à l'interféron alpha pégylé (sous forme d'injections hebdomadaires), associé à la ribavirine en comprimés. Pour les génotypes 2 et 3, il dure six mois, et un an pour les deux autres groupes. «Les patients sont traités d'abord pendant environ quatre semaines, précise le professeur Pawlotsky. Si une réponse rapide est observée sur le plan biologique avec une baisse très significative de la charge virale, la guérison est très probable. Si au bout de trois mois, l'amélioration est insuffisante, le traitement doit être arrêté.»

De nouveaux antiviraux à l'essai, des inhibiteurs de la protéase, permettraient de faire passer le taux de guérison dans le groupe 1 de 50 à 70 %, avec une triple combinaison comprenant l'interféron et la ribavirine.

Figaro

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