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Afrique : un nouveau vaccin pour enrayer la méningite

À partir du 5 décembre, une campagne massive de vaccination contre la méningite A va être lancée au Burkina Faso, puis au Mali et au Niger. Le tout nouveau vaccin - le MenAfriVacTM - sera injecté à tous les jeunes, âgés de 1 à 29 ans. Si les financements le permettent, les 25 pays de «la ceinture de la méningite» qui couvre toute l'Afrique subsaharienne, du Sénégal à l'Éthiopie, devraient suivre. 450 millions de personnes vivent dans cette région sous la menace de la maladie. L'ensemble de l'opération est estimé à 571 millions de dollars dont 370 millions sont fournis par l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation* (Gavi).

La méningite qui sévit en Afrique est particulièrement redoutable car elle a un caractère épidémique et saisonnier qu'elle n'a pas en Europe. On estime qu'entre 5 % et 10 % des personnes malades en meurent et que 10 % à 20 % des personnes qui en réchappent, gardent des séquelles graves : retard mental ou surdité. La maladie se manifeste par de la fièvre, des maux de tête et un état de somnolence. «Mais les attaques peuvent parfois être foudroyantes et la personne mourir en 24 heures», indique Marc LaForce, qui a piloté le projet à l'origine du nouveau vaccin.

L'épidémie survient durant la saison sèche, souvent après des tempêtes de sable, et elle disparaît vers le mois de mai avec les premières pluies. C'est pourquoi on l'appelle là-bas «la maladie du vent». On estime qu'entre 5 % et 10 % de la population sont des porteurs sains de bactéries qui stationnent dans l'arrière-gorge ou dans le nez. La contamination se fait par les sécrétions nasales ou les postillons.

L'épidémie de 1996 qui avait touché près de 250.000 personnes, causant le décès de 25.000 d'entre elles, a servi de détonateur. C'est cet épisode dramatique qui a poussé plusieurs gouvernements africains à demander à l'OMS de se mobiliser. En effet, le seul vaccin existant alors était trop cher (3,50 $ la dose contre 0,50 $ pour le MenAfriVacTM), peu efficace et les doses en nombre largement insuffisant. Les vaccinations intervenaient souvent trop tard et avaient plutôt un caractère symbolique, jugent les observateurs. Les grands laboratoires privés n'ont jamais investi pour mettre au point un vaccin contre la méningite.

Le MenAfriVacTM appartient à la catégorie des vaccins conjugués qui assurent une meilleure immunité et plus durable que ceux des générations précédentes. Il a été conçu sur le modèle du vaccin utilisé en Grande-Bretagne contre la méningite. «Si on parvient avec le vaccin à casser la ligne de transmission, on peut enrayer l'épidémie», assure Marc LaForce.

LF

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