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Un vaccin anti-cancer à l'horizon ?

Il y a plus d'un siècle que le concept de vaccin contre certains cancers est exploré par les chercheurs, qu'il s'agisse de vaccin préventif, qui empêche la maladie d'apparaître, ou de vaccin thérapeutique qui attaque spécifiquement une tumeur, lorsque celle-ci est déjà présente. Une équipe de chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute de Boston vient de présenter des résultats prometteurs à l'American Association for Cancer Research (AACR) à Washington.

Depuis de nombreuses années, les scientifiques ont réalisé de nombreuses tentatives pour trouver un vaccin capable d'éliminer les cellules cancéreuses de notre organisme. Sans succès. Principale difficulté : il existe autant de cancers différents que d'individus atteints. Trouver un vaccin universel est tout simplement impossible. L'équipe américaine, emmenée par Catherine Wu, a donc voulu élaborer un vaccin qui serait spécifique à chaque malade. Le principe d'un vaccin classique est relativement simple. Il consiste à insérer le virus de la maladie dans notre corps afin que notre système immunitaire le combatte, et surtout se rappelle du moyen de le combattre au cas où notre corps rencontre à nouveau ce virus.

le problème, c'est qu'une cellule cancéreuse est capable de générer d'elle-même une autre cellule cancéreuse avec un génotype complètement différent. Il est donc très difficile pour notre système immunitaire de les combattre, car elles se multiplient et se diversifient sans cesse. Il n'est pas non plus possible de l'aider avec un vaccin puisque de nouvelles cellules avec de nouveaux génotypes apparaissent au fil du temps. Notre système immunitaire ne peut donc pas retenir la signature de la cellule contre laquelle il doit lutter.

Récemment, des scientifiques ont mis en évidence la présence, dans le génome des cellules cancéreuses, de néo-antigènes. Ces néo-antigènes sont spécifiques à chaque tumeur. Ils constituent donc sa signature. Les chercheurs américains ont voulu exploiter cette découverte. À l'aide d'un prélèvement dans la tumeur, les scientifiques sont maintenant capables d'extraire l'entièreté de son information génétique. Ensuite, grâce à des logiciels informatiques, il est possible de scanner complètement ce génome et d'en extraire les néo-antigènes. Le but du vaccin établi par l'équipe va être de cibler les cellules possédant ces néo-antigènes.

Il va transmettre au corps un message, sous forme d'ARN messager, expliquant le moyen de reconnaître ces cellules cancéreuses afin qu'il puisse les éliminer. Ce message va être décrypté par les cellules dendritiques qui, comme pour un vaccin classique, vont déclencher une réponse immunitaire adaptative. Les lymphocytes T vont alors s'attaquer aux cellules possédant cette signature et les détruire.

Cependant, les cellules cancéreuses peuvent être capables d'envoyer des signaux pour contrer la réponse immunitaire de notre corps. Dans ce cas, le vaccin doit alors être associé à une méthode d'immunothérapie, basée sur des "checkpoint inhibitor" dont le but est d'inhiber ces signaux.

Au cours de ses essais, l'équipe a injecté un vaccin personnalisé à 12 patients souffrant d'un cancer de la peau. Pour chacun, 20 néo-antigènes étaient ciblés. Les résultats sont plutôt encourageants. Deux années et demie plus tard, 10 n'avaient pas fait de rechute. Pour les deux autres, en combinant le vaccin avec les "checkpoint inhibitor", toutes leurs nouvelles tumeurs ont été éliminées.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science

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