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Les tests génétiques, une menace potentielle pour les travailleurs

Tandis que le Groupe européen d'éthique présidé par Noëlle Lenoir prépare un avis sur ce sujet, afin d'éclairer une prochaine décision de la Commission européenne, la réflexion est actuellement menée au sein de chaque pays membre. " Il existe deux approches de la santé au travail, résume l'un des participants du séminaire, le Dr Karel Van Damme, médecin-inspecteur du travail en Belgique, chercheur au centre de génétique humaine de l'université de Louvain et président du Fonds d'indemnisation des victimes de maladies professionnelles. La première est une approche de standardisation, qui revient à utiliser les tests génétiques de façon quasi systématique. La deuxième consiste à protéger simultanément l'emploi et la société, ce qui confère aux tests génétiques un rôle marginal. " Le Danemark semble avoir opté pour la première approche : " Dans ce pays, un accord a été conclu entre les partenaires sociaux, selon lequel les tests à l'embauche (incluant en sous-entendu les tests génétiques) sont pertinents s'ils ont trait à une maladie présentant des risques pour le travailleur lui-même, mais aussi les personnes qu'il côtoie dans l'entreprise. Quelle est la pertinence de l'employeur pour juger de la pertinence d'effectuer ces tests ? ", interroge le Dr Van Damme. Un autre article de cet accord dit en substance que si ces tests présentent un avantage économique pour l'entreprise, ils sont acceptables. " La standardisation existe déjà ! ", s'alarme le médecin belge. Au sein de l'Europe, la position danoise demeure heureusement marginale. L'Allemagne tolérerait l'utilisation professionnelle de ces tests une fois le contrat de travail signé et dans la perspective d'une nouvelle recherche d'emploi, ce qui ne pose pas les mêmes problèmes éthiques. La France, l'Italie et la Belgique semblent au diapason pour prôner une attitude plus sévère : une interdiction générale, mais pouvant comporter des exceptions. En France, la révision très prochaine des lois de bioéthique devrait être l'occasion pour les parlementaires d'ouvrir ce dossier. Comme dans d'autres pays, les lois de 1994 comportent des incertitudes dans le domaine de la médecine préventive et un flou juridique persiste concernant l'utilisation de tests génétiques en milieu de travail. De l'avis des chercheurs, jusqu'à présent aucune preuve scientifique ne permet de justifier l'utilisation de tests de dépistage d'une susceptibilité génétique donnée lors de l'embauche. Le " piège du débat éthique " est aussi d'évoquer une situation qui n'a rien de réel aujourd'hui et, à quelques exceptions près, ne le sera peut-être jamais. Mais les enjeux économiques sont suffisamment importants pour inquiéter les garants de l'éthique et de la médecine.

Quotidien du médecin : http://www.quotimed.com/

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