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Sida : malgré les efforts, l'épidémie progresse

La semaine dernière, dans notre lettre 311, nous vous annoncions qu'une équipe de chercheurs français avait réussi à fabriquer, chez le lapin, des anticorps capables de bloquer, en laboratoire, l'infection de cellules immunitaires humaines par le virus du sida. Cette étape importante ouvre des perspectives intéressantes pour le développement d'un vaccin contre le sida. Mais voici que deux autres percées scientifiques de taille viennent d'être annoncées dans la lutte contre le Sida. Tout d'abord un traitement thérapeutique capable d'inactiver le virus du sida pourrait être rapidement rendu public par deux chercheurs français. Ce nouveau traitement, mis au point par les scientifiques français Jean-Marie Andrieu et chinois Wei Lu, consiste "non pas à faire disparaître le virus mais à l'empêcher de se multiplier grâce à un processus vaccinal appliqué à un organisme déjà atteint", affirme l'hebdomadaire. Jean-Marie Andrieu et Louis Wei Lu comptent, dans les prochains jours, communiquer sur leur découverte, laquelle fera très prochainement la une de la revue américaine Nature, selon la même source. Testé depuis deux ans sur des macaques atteints du VIS (le sida des singes), il "pourrait déboucher rapidement sur la mise au point d'une innovation décisive, un traitement vaccinal à l'usage des personnes déjà atteintes de la maladie". Les deux chercheurs ont travaillé sur les cellules dendritiques qui "jouent le rôle de 'sentinelles' chargées de repérer la présence d'un intrus dans l'organisme. Ce sont elles qui indiquent ensuite aux lymphocytes l'ennemi à éliminer".

Contrairement aux virus classiques, contre lesquels les lymphocytes génèrent des anticorps reconnaissant et détruisant une infection, le VIH se sert du lymphocyte pour proliférer. Jean-Marie Andrieu, chef du service d'oncologie de l'hôpital parisien Georges Pompidou, et Wei Lu, attaché à l'Institut de recherche pour le développement, ont fait en sorte que "les cellules dendritiques apprennent préalablement au lymphocyte à se protéger des antigènes présents dans la capsule du VIH". "Activer les défenses immunitaires naturelles - les immuniser pourrait-on dire, puis les multiplier au lieu d'assister, impuissants à leur inexorable dégradation, voici la nouveauté", explique Valeurs actuelles . De plus, le traitement permettrait de limiter les effets secondaires des trithérapies.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a annoncé pour sa part le 19 novembre une « percée majeure » dans la lutte contre le Sida. Cette avancée consiste à combiner deux médicaments constituant l'un des antibiotiques les moins onéreux au monde. Cette association a fortement réduit le taux de mortalité chez des enfants contaminés par le virus du sida. »Il y a là "le potentiel pour sauver la vie de centaines de milliers d'enfants chaque année". Ces résultats, publiés dans la revue médicale britannique The Lancet, ont été analysés dans une étude réalisée par le Département pour le développement international (DFID, Royaume-Uni) auprès de 534 enfants zambiens âgés de moins de 15 ans porteurs du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Il a été administré à la moitié d'entre eux par voie orale du co-trimoxazole, un médicament courant qui associe deux antibiotiques, tandis que l'autre moitié a reçu un placebo. Dix-neuf mois après, les auteurs de l'étude ont relevé que 74 (soit 28 %) des enfants ayant pris l'antibiotique étaient décédés, tandis que 112 (42%) des mineurs de l'autre groupe (ceux n'ayant eu que le placebo) étaient morts.

Pour des raisons éthiques et compte tenu de ces résultats jugés remarquables, les enfants auxquels on avait administré un placebo ont aussitôt après cette découverte à leur tour eu droit au co-trimoxazole. Les raisons cliniques de ce succès ne sont pas clairement établies, mais on pense que cet antibiotique permet de lutter contre les bactéries de la pneumonie et la tuberculose qui provoquent en général la mort des personnes dont les systèmes immunitaires ont été fragilisés par le VIH. "Le défi est dorénavant de traiter autant d'enfants que nous le pouvons et immédiatement", estime en conséquence l'Unicef. Et de souligner : "Ce médicament bon marché, largement disponible, rend possible de s'assurer que chaque enfant en ayant besoin l'obtienne". Le sida est la principale cause de mortalité dans l'ensemble de la population africaine. Sur environ 38 millions de personnes porteuses du VIH dans le monde, quelque 25 millions vivent en Afrique sub-saharienne, selon les chiffres fournis en juillet dernier par l'Onusida, agence de l'ONU chargée de la lutte contre le sida.

"En dépit des progrès accomplis pour élargir l'accès au traitement du VIH, l'épidémie de sida continue à avancer plus vite que la riposte mondiale", indique l'Onusida en préambule du document. "Plus de 20 ans et 20 millions de décès après le premier diagnostic de sida en 1981, près de 38 millions de personnes vivent avec le VIH", pointe le Programme onusien. Certes, "des progrès importants sont intervenus" pour "prévenir de nouvelles infections et améliorer la qualité de vie et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH". Des médicaments antirétroviraux ont également été découverts. Et pourtant, "d'énormes problèmes" demeurent : le financement est insuffisante et "pas toujours utilisé efficacement". "Bien que les dépenses mondiales sur le sida aient été multipliées par 15, de 300 millions de dollars en 1996 à un peu moins de 5 milliards de dollars en 2003, ce total couvre moins de la moitié des besoins estimés pour 2005 dans les pays en développement", note l'Onusida.

Article @RTFlash

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