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Sida : le fossé se creuse entre le Nord et le Sud

La XIVe conférence internationale sur le sida se tient alors que, jamais depuis le début de l'épidémie mondiale, le fossé n'a été aussi grand entre les pays développés, qui se soignent à grands frais, et les pays pauvres, qui ne ramassent que les miettes. La tenue de cette conférence - quelques jours après la publication par l'ONUSIDA, le programme commun des Nations unies contre le sida, de nouveaux chiffres-record sur la progression du virus - risque fort d'avoir un air de déjà vu. Certes, jamais la recherche n'est allée très vite. Mais depuis la précédente conférence, il y a deux ans à Durban (Afrique du Sud), rien n'a beaucoup changé sur le front de la maladie, ni dans ce pays africain, ni ailleurs. Dans les pays riches, le souci principal n'est pas tellement d'être soigné mais de faire le bon choix: le traitement qui n'entraînera pas de résistances ou d'effets secondaires indésirables. Par contraste, en Afrique du Sud, les médicaments anti-sida de base comme la névirapine - qui permettrait à une grande partie des femmes enceintes séropositives de ne pas contaminer leurs bébés - ne sont toujours pas distribués. Ils font même l'objet d'une âpre bataille juridique: l'Etat conteste un arrêt rendu par la Haute Cour de Prétoria en invoquant des recherches à poursuivre sur l'innocuité du médicament. Les copies bon marché des médicaments anti-sida, les génériques, qui avaient été au coeur du débat à Durban, commencent à arriver en Afrique, mais au compte-gouttes. Et, sur 10 millions d'Africains qui auraient besoin d'une trithérapie, seulement 30.000 en bénéficient, selon l'ONUSIDA. A ce jour, le sida est déjà responsable de la mort de plus de 20 millions de personnes et il pourrait en tuer prématurément 68 millions de plus d'ici 2020. Avec près de 30 millions de personnes touchées par le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH) sur un total de plus de 40 millions, le continent noir demeure la principale victime de l'épidémie. Du moins tant que les chiffres exacts de la progression du virus dans les pays les plus peuplés du monde - Chine et Inde - restent "indisponibles". En Afrique australe, - où l'infection par le virus affecte maintenant une personne sur cinq en Zambie, un adulte sur quatre au Zimbabwe, un sur trois au Swaziland - la famine qui se profile et menace 13 millions de personnes risque d'avoir un effet dévastateur sur les populations, la malnutrition s'ajoutant aux déficits immunitaires liés au sida. En Inde, où vivent plus d'un milliard d'habitants, de 3,5 millions à 5 millions de personnes sont déjà affectées par le virus. En Chine, où la population est encore plus nombreuse, c'est, selon l'ONUSIDA, "une catastrophe de proportion inimaginable qui est sur le point de se produire". Officiellement, ce pays ne compterait "que" 30.000 porteurs du virus - dont au moins 100.000 contaminés dans des banques de sang - mais des experts chinois parlent déjà de 850.000. Sur le front de l'information, la situation n'est pas plus réjouissante: une récente étude des Nations unies montre que, dans certains pays du Tiers-Monde, un quart des personnes interrogées pensent encore que le sida est rarement mortel et un tiers des femmes ne savent toujours pas comment se protéger du virus. L'ignorance est encore plus importante dans les zones rurales. Mais l'épidémie n'a pas que des répercussions immédiates: elle menace aussi l'avenir des pays les plus affectés. En tuant leurs élites, leurs cadres et leurs enseignants, elle obère leur avenir. En frappant armées et forces de police - séropositives parfois dans 60% des cas - elle menace la sécurité des biens et des frontières. En anéantissant des villages entiers, elle mine l'agriculture et laisse des millions d'orphelins, désormais quasiment livrés à eux-mêmes. En Afrique seulement, ils sont déjà plus de 14 millions.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/020707/202/2o0mc.html

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