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Prendre la tension cellulaire grâce à une molécule fluorescente

Des chercheurs de l'Université de Genève (UNIGE) ont découvert que, lorsque le volume d’une cellule augmente, la tension exercée sur la membrane s’accroît, provoquant l’activation de TORC2 - un complexe de protéines permettant la réduction de la tension.

"La membrane des cellules est constituée de lipides organisés en une bicouche semi-perméable", explique Aurélien Roux, professeur au Département de biochimie et membre du Pôle national de recherche (PRN) Biologie chimique. "Cette surface est fluide, permettant une grande adaptabilité de la membrane aux changements de forme et de volume de la cellule. Comme toute surface, elle peut être mise sous tension et l’espace entre les lipides s’agrandit alors", poursuit ce chercheur.

Lorsque cet espace est trop grand et que la membrane risque de rompre, une protéine, nommée Slm1, active TORC2 qui à son tour reproduit des lipides afin d’accroître l’aire de la membrane cellulaire. Pour connaître la tension de la membrane cellulaire, il faut pouvoir mesurer l’espace existant entre chaque lipide qui la constitue. Stefan Matile, professeur au Département de chimie de l’UNIGE et également membre du PRN, a donc créé une 'molécule-sonde', nommée FliptR (Fluorescent Lipid tension Reporter), qui s’insère directement entre les lipides constituant la membrane cellulaire.

Ces chercheurs ont mis au point une molécule fluorescente munie de deux petites 'palmes' qui définissent entre elles un angle et celui-ci varie en fonction de la pression exercée sur FliptR, ce qui change la fluorescence de celle-ci. Dès lors, en fonction de la fluorescence émise, les scientifiques ont pu mesurer l’espace entre les lipides et donc la tension des membranes.

Avec FliptR, les chercheurs disposent d’un nouvel outil précieux. "Nous savons que les cellules cancéreuses ont une tension plus élevée que les cellules normales. Nous espérons que cette molécule fluorescente permettra un jour de les détecter plus facilement", ajoute Stefan Matile.

Désormais, les scientifiques se concentrent sur les cellules humaines, afin de vérifier si ces mécanismes, observés chez la levure, sont les mêmes pour l’homme. L’idée est de développer à long terme des médicaments capables de réguler TORC2, voire d’empêcher la prolifération de certains cancers.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

UNIGE

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