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Edito : Peut-on vivre plus longtemps ?

Bonjour,

Avant mon édito de ce jour intitulé " Peut-on vivre plus longtemps", je vous invite à vous poser la question : "La Lettre RT Flash va-t-elle vivre encore longtemps?".

Je vous adresse ce message personnel car je viens de mettre en ligne la campagne de dons pour venir en aide à l'association l'ADIST qui gère la Lettre RT Flash

Depuis son origine, il y a 21 ans, l’abonnement à RT Flash est gratuit et nous n'avons jamais accepté la publicité. A notre connaissance, notre Lettre est la seule en France à avoir respecté depuis plus de 2 décennies, une telle rigueur qui plait en particulier aux jeunes et aux chercheurs.

Pendant 19 ans, l'ADIST a reçu des petites subventions des Organismes Publics de Recherche (CNRS, INSERM, CNES, CEA, INRIA, INRA, IFREMER, etc.) mais, en raison des difficultés grandissantes pour boucler leurs budgets, ces organismes ont cessé peu à peu de nous verser une subvention. Nous avons reçu, il y a 2 ans, la dernière subvention. Elle nous a été versée par l'INSERM.

Ayant amassé depuis 1998, une petite trésorerie nous avons pu tenir pendant les 2 ans qui viennent de s'écouler mais maintenant c'est terminé.

Pour la première fois depuis l'origine de RT Flash, j'ai dû en ce mois de Septembre régler avec des chèques personnels les factures obligatoires que doit nécessairement régler chaque mois l'ADIST.

N'ayant pas une situation financière extraordinaire, je ne pourrais pas continuer à ainsi honorer avec mes moyens personnels les obligations de l'ADIST pour permettre à RT Flash de paraître chaque semaine.

Aussi, je me tourne vers vous, chers lecteurs et lectrices de RT Flash, pour que vous fassiez un don à l'ADIST. Grâce à vous et à bien d'autres, je l'espère, RT Flash pourra continuer à vivre. Vous pouvez payer en ligne en toute sécurité. HelloAsso qui organise cette campagne de dons nous le garantit.

D'avance je vous remercie.

J'ai en plus une très bonne nouvelle à vous annoncer. Sur conseil d'un lecteur de RT Flash, j'ai consulté le service spécialisé du Ministère du Budget pour savoir si les personnes qui feraient un don à notre Association pourraient bénéficier d'une réduction fiscale

Dans la réponse, j'ai alors appris que la mission de "diffusion de connaissances scientifiques française" remplie par RT Flash depuis 21 ans donnait à l'ADIST la qualification d'association d'intérêt général et en respect de l'article 200 du CGI, cela lui permet de faire parvenir à ses donateurs un reçu fiscal qui lui permettrait d'obtenir une réduction fiscale. Nous avons délégué cette tâche à HelloAsso.

Par la loi cette réduction fiscale s'élève à 66 % ce qui signifie que si nous avions un donateur qui donne 300 euros (nous avons le droit de rêver...), son impôt sur le revenu diminuerait de 200 euros et son débours réel ne dépasserait pas 100 euros !

C'est une très bonne nouvelle pour RT Flash car je suis convaincu que cette déduction fiscale va "booster" notre campagne de dons. Cette collecte est ouverte depuis Dimanche dernier. Au moment où je rédige ce message, nous avons 56 donateurs dont les dons cumulés atteignent un total de 2.329 euros. Je remercie de tout cœur ces 56 personnes qui ont déjà fait un don à notre Association. Mais il faut être réaliste, nous sommes encore très loin du plancher de 15.000 euros qui permettrait à RT Flash, pendant les douze prochains mois, de continuer à être publié chaque semaine.

A cet instant, puis-je me permettre de faire une suggestion à tous les amis de RT Flash qui ont déjà fait un don alors qu'ils ne savaient pas qu'ils pourraient bénéficier d'une réduction fiscale de 66 %. Si ils font un nouveau don de 2 alors qu'ils ont déjà fait le don de 1, leur don global ne leur reviendra pas plus cher que la somme qu'ils avaient décidé de donner lors de leur premier don sans aide fiscale. Si tous les amis donateurs qui ont fait un don sans compter sur une réduction fiscale agissaient ainsi, ce n'est pas seulement 2.329 € que nous aurions déjà amassés pour assurer l'avenir de RT Flash mais 6.987 euros. Cela ferait une énorme différence...

Je le dis à nouveau : ces dons ne sont pas destinés à rémunérer des personnes puisque nous sommes tous bénévoles. Mais ils sont nécessaires pour faire fonctionner l'ensemble du système informatique (serveurs, maintenance, webmaster, etc...) qui permet chaque semaine à de très nombreuses personnes de lire RT Flash.

Vous pouvez retrouver la campagne en cliquant sur ce lien : AIDEZ-NOUS, pour que RT Flash puisse continuer à vivre

N’hésitez pas à m'adresser un mail à tregouet@gmail.com si vous avez besoin d'informations complémentaires.

Je vous fais confiance

A bientôt.

Bien Cordialement

René TRÉGOUËT

Sénateur Honoraire

Rédacteur en Chef de RT Flash

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

Président de l'ADIST

e-mail : tregouet@gmail.com

EDITORIAL :

Il est toujours bon de le rappeler, alors que les femmes et les hommes nés au début des années 1950 pouvaient espérer vivre en moyenne 47 ans, l’espérance de vie moyenne à la naissance dans le monde a dépassé les 72 ans en 2019, selon les Nations Unies. L'espérance de vie moyenne dans le monde aura donc  progressé de plus de vingt années depuis 65 ans. L’écart entre les populations des régions développées et celle des régions les plus pauvres s’est par ailleurs, contrairement aux idées reçues, sensiblement réduit, passant de 23 années en 1950 à 9 ans en 2015.

Toujours selon les projections des Nations unies, l’espérance de vie moyenne, au niveau mondial, devrait dépasser les 77 ans à l’horizon 2050.

Après avoir péniblement progressé d’une quinzaine d’années entre l’Antiquité et le XIXème siècle, l’espérance de vie moyenne, pour l’ensemble des Humains, aura donc été, d’ici le milieu de ce siècle, multipliée par deux en moins de 200 ans, ce qui est sans précédent dans toute l'Histoire de l’Humanité.

En France, d’ici 2050, la population française devrait atteindre 74 millions de personnes, contre 65,8 millions en 2013. Une augmentation qui résultera de l’évolution de l’espérance de vie – 90,3 ans pour les femmes en 2050, contre 85 ans en 2013, et 86,8 ans pour les hommes contre 78,7 ans aujourd’hui.

S’agissant de l’espérance de vie en bonne santé, il n’est pas exact d’affirmer, comme on l’entend souvent dans les médias, que celle-ci régresse depuis plusieurs années. Comme le montre une récente note de la DREES, (Voir Drees), en 2016, l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans s’établit à 10,5 ans pour les femmes et à 9,4 ans pour les hommes, un résultat stable par rapport à 2015.

Au cours des dix dernières années, cet indicateur a progressé de 0,9 an pour les femmes et de 0,8 an pour les hommes, traduisant un recul de l’âge d’entrée en incapacité pour les personnes ayant atteint 65 ans. En revanche, avant 55 ans, la part des années en bonne santé diminue depuis 2006, ce qui reflète notamment un allongement de l’espérance de vie pour les personnes ayant des incapacités survenues plus tôt au cours de la vie. Au total, l’espérance de vie globale en bonne santé stagne depuis dix ans, les deux évolutions contraires selon l’âge se compensant.

Parmi les moyens qui permettent d’espérer contrer de manière efficace et durable les effets du vieillissement, il est à présent bien établi scientifiquement que l’alimentation joue un rôle essentiel et qu’il faut à la fois mieux manger et moins manger. Selon une étude américaine dirigée par le Professeur William Kraus (Université Duke de Durham en Caroline du Nord), le fait de diminuer son alimentation quotidienne de 300 calories pourrait entraîner non seulement une perte de poids mais également une diminution du cholestérol et de l’inflammation de l’estomac (Voir The Lancet).

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs américains ont suivi pendant deux ans 143 personnes en bonne santé, âgées de 21 à 50 ans. Ils leur ont demandé de réduire leur apport calorique de 25 %, sans forcement modifier leur alimentation. Dans le même temps, ils ont suivi un groupe témoin de 74 autres participants qui ne réduisait pas son apport calorique global.

Cette étude a notamment permis de constater que, même avec un programme de formation intensif, incluant des séances de groupe et des visites régulières avec des nutritionnistes, les participants ne parvenaient pas à atteindre l’objectif – ambitieux il est vrai – d’une réduction d’un quart de l’apport calorique journalier. En moyenne, ils ne sont parvenus qu’à diminuer d’environ 12 % leur consommation totale de calories, soit environ 300 calories par jour. Mais surtout, les participants ont réduit leur consommation de matières grasses et de glucides, et augmenté les sels minéraux et les vitamines.

Les chercheurs ont pu observer, au terme des deux ans qu’a duré cette étude, que les participants avaient non seulement perdu du poids (en moyenne 7 kg), mais que leurs taux de cholestérol et de glycémie s’étaient améliorés, ainsi que leur pression artérielle et la qualité de leur sommeil. "Nous nous attendions certes à des effets positifs, mais pas d’une telle ampleur. Chez les malades, il n'y a pas cinq médicaments combinés qui pourraient entraîner une telle amélioration globale du métabolisme et de l’état général", souligne le Professeur William Kraus, l'auteur principal de l'étude.

Ces travaux confirment pleinement les observations empiriques réalisées depuis de nombreuses décennies dans certaines régions du monde (Caucase, Japon, Andes) où l’on trouve des populations qui bénéficient d’une longévité, en bonne santé, exceptionnelle (souvent plus d’un siècle) et ont comme point commun un régime alimentaire frugal, composé essentiellement de protéines végétales, de fruits et de légumes frais.

Mais si l’alimentation et le mode vie constituent indubitablement deux leviers très efficaces pour augmenter à la fois la longévité et l’espérance de vie en bonne santé, la géroscience, nouvelle discipline apparue il y a une dizaine d’années, veut aller encore plus loin et rêve de pouvoir agir directement, à l’aide de traitements chimiques - et demain de thérapie génique - sur les mécanismes fondamentaux du vieillissement, soit pour les retarder, soit même pour les inverser.

Il est vrai que les enjeux liés à un meilleur accompagnement social, médical et économique du vieillissement sont gigantesques, surtout quand on sait que, d'ici 2050, l’espérance de vie à la naissance risque de passer de 70 à 90 ans en moyenne dans le monde et, qu’à cet horizon, une personne sur six dans le monde aura plus de 65 ans (contre une sur onze en 2019). Dans un tel contexte, les laboratoires et centres de recherche redoublent d’effort pour mettre au point des traitements qui pourront lutter efficacement contre les effets du vieillissement et de nombreuses molécules sont actuellement à l’essai dans ce domaine.

Des essais ont déjà débuté avec la metformine. Ce médicament générique prescrit contre le diabète de type 2 cible en effet plusieurs voies du vieillissement. Cette substance pourrait non seulement réduire les risques de mortalité cardiovasculaire et de cancer, mais également permettre de prolonger la vie en bonne santé. En 2020, une vaste étude américaine, portant sur 3 000 sujets âgés non diabétiques, devrait commencer et tenter d’évaluer le potentiel de cette molécule.

Autre classe de médicaments à l’essai, les sénolytiques, qui ciblent la sénescence cellulaire. Dans ce processus, les cellules endommagées arrêtent de se diviser, mais sont incapables de mourir par apoptose. Résultat : elles s’accumulent et finissent par générer une inflammation dommageable pour l’organisme. Comme l’a montré le Professeur Kirkland (Mayo Clinic), les sénolytiques semblent avoir un effet antivieillissement intéressant, qui reste cependant à confirmer chez l’homme.

Une autre équipe américaine, dirigée par le Professeur David Sinclair, de l’école médicale de Harvard (Boston, États-Unis), a montré pour sa part en 2016, qu’en donnant à une souris de deux ans une molécule spécifique, du NAD, qui agit sur les mitochondries, il était possible de rajeunir ses muscles et de lui redonner la vitalité de sa jeunesse (Voir Cell).

Le NAD (nicotinamide adénine dinucléotide) est une coenzyme présente dans toutes les cellules vivantes. Cette molécule aide de nombreuses enzymes à réaliser correctement les cascades de réactions chimiques qui aboutissent à la formation de l’ATP, le carburant cellulaire fabriqué dans les mitochondries, qui sont les centrales énergétiques des cellules.
Malheureusement, avec l’âge, la production de NAD diminue, ce qui a pour effet de perturber la production et la distribution de l’énergie à l’intérieur des cellules. Mais les recherches du Professeur Sinclar ont montré qu’en administrant du NAD pendant seulement une semaine à une souris en fin de vie, on observait un rajeunissement spectaculaire de l’animal, s’accompagnant d’un raffermissant des muscles et d’une baisse drastique du niveau d’inflammation.

En juin 2016, une équipe de chercheurs du Laboratoire de physiologie intégrative de l’EPFL, en Suisse (LISP), dirigée par Johan Auwerx, a publié une autre étude qui a fait grand bruit, en montrant de manière très convaincante que le nicotinamide riboside (NR), un dérivé de la vitamine B3, réactivait la régénération cellulaire, en agissant sur le fonctionnement des cellules souches (Voir EPFL).

Cette équipe a voulu comprendre de quelle manière ce processus de régénération s’altérait avec l’âge. En suivant plusieurs marqueurs, les chercheurs ont identifié la chaîne moléculaire régulant le fonctionnement des mitochondries, les « usine énergétiques » des cellules, et son évolution avec l’âge. « Pour la première fois, nous avons pu mettre en évidence l’importance du bon fonctionnement des mitochondries dans les cellules souches et avons également démontré que la fatigue des cellules souches était l’une des causes principales conduisant à une mauvaise régénération, voire une dégénérescence de certains tissus ou organes », souligne Johan Auwerx.

Ces travaux ouvrent des perspectives tout à fait nouvelles dans le domaine de la médecine régénérative, car ils démontrent qu’il n’est pas nécessaire d’introduire des corps étrangers dans l’organisme et qu’on peut lui réapprendre à se réparer tout seul, avec un produit qu’il suffit d’ingérer avec son repas.

En janvier 2019, une étude pilote de la Mayo Clinic a évalué un cocktail sénolytique - le dasatinib, un inhibiteur de tyrosine-kinase antileucémique, et la quercétine, un flavonoïde notamment présent dans les pommes - chez 14 patients souffrant de fibrose pulmonaire idiopathique, fatale. Cet essai a montré une meilleure mobilité des patients (test de marche de 6 minutes). Un essai plus long est prévu, afin d'évaluer l’effet sur la fonction pulmonaire.

Enfin, il y a quelques jours, une étude scientifique publiée dans la revue « Aging Cell » a fait sensation. Ce travail intitulé « Inversion du vieillissement épigénétique et immunologique chez l'homme » a été réalisé sous la direction du Professeur Gregory M. Fahy (Université de Californie), gérontologue mondialement réputé (Voir Wiley).

Dans le cadre de ces recherches, neuf volontaires en bonne santé ont pris pendant un an un cocktail composé d'une hormone de croissance et de deux médicaments contre le diabète. A la fin du protocole, les scientifiques ont découvert que leur âge biologique avait reculé d'environ 2,5 ans et que leur système immunitaire affichait des signes de rajeunissement. Commentant ces résultats, le généticien Steve Horvath a déclaré « Il s’agit à ma connaissance de la première étude scientifique rigoureuse qui montre de manière claire qu’il est possible, non seulement de ralentir, mais bien d’inverser sensiblement l’horloge biologique chez l’être humain, ce qui ouvre des perspectives considérables dans la prise en charge médicale du vieillissement et des pathologies qui y sont associées ».

On peut en effet imaginer qu’un tel traitement « anti-âge », qui sera probablement disponible au cours de la prochaine décennie, pourra sans doute produire des effets encore plus bénéfiques et durables, s’il est combiné à un régime alimentaire personnalisé (déterminé en fonction du profil génétique de chaque individu) destiné à actionner des leviers épigénétiques favorisant eux aussi la lutte contre le vieillissement.

S’il souhaite pouvoir vieillir dans les meilleures conditions et rester le plus longtemps possible en bonne santé physique et psychique, chacun d’entre nous devra demain être en mesure de faire des choix éclairés en matière d’alimentation et de mode de vie. Dans cette perspective, il est capital que nos concitoyens puissent bénéficier, dès la petite enfance, et tout au long de leur cursus scolaire, d’un enseignement de qualité leur faisant découvrir les règles fondamentales de la nutrition et de la diététique, qui doivent devenir des matières à part entière à l’école, au collège et au lycée.

Il est également crucial que la collectivité, dans le cadre d’une politique de prévention active et personnalisée contre les grandes pathologies associées au vieillissement, propose le plus rapidement possible, dans le respect d’un strict cadre éthique et déontologique, d’une part, d’établir gratuitement la cartographie génétique complète de chaque individu, d’autre part, une consultation médicale de prévention ciblée qui intégrera, outre les recommandations en matière de mode de vie et de traitements préventifs, des régimes alimentaires « sur mesure », susceptibles d’actionner les « bons » leviers épigénétiques et de bloquer les « mauvais », c’est-à-dire favorisant l’expression des gènes identifiés comme bénéfiques à la santé et réduisant au contraire la puissance d’expression des gènes néfastes.

Une telle politique de santé permettrait, j’en suis convaincu, de franchir une nouvelle étape en matière de gains d’espérance de vie en pleine santé, mais également en matière de maîtrise des coûts collectifs que représentent les soins et la prise en charge des grands fléaux de nos sociétés : cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires et maladies neurodégénératives notamment.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

e-mail : tregouet@gmail.com

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