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De nouvelles substances contre la malaria

Selon l'organisation mondiale de la santé, 247 millions de cas de malaria (également appelée paludisme) ainsi qu'un million de morts dus à la maladie auraient été reportés en 2008.

La résistance des parasites face aux médicaments de première ligne, telles que l'artémisinine et la méfloquine, augmentent. Des chercheurs de l'Institut pour les Prophylaxies Spécifiques et les Maladies Tropicales de l'Université de Médecine de Vienne ont obtenu des résultats positifs à partir des principes actifs du genre Aglaia (arbres ou arbrisseaux de la famille des Meliaceae). Ceux-ci pourraient faire office de composants principaux dans de nouveaux médicaments contre le paludisme et, notamment contre la Malaria tropica, la plus meurtière d'entre toutes (on enregistre une moyenne de 2000 décès par jour).

Les extraits des végétaux du genre Aglia sont employés depuis longtemps contre l'inflammation, en médecine populaire d'Asie du Sud. Les différents composants dérivés de cette plante, observés in vitro, sont l'aglafoline, la rocaglamide, la kokusaginine, l'arborine, l'arborinine et la tuberostemonine. C'est le parasite unicellulaire Plasmodium falciparum qui est responsable de la Malaria tropica. L'homme est contaminé via la piqure de certains moustiques femelles (les anophèles) eux-mêmes infectés. Des isolats frais de ce parasite ont été prélevés sur des patients de la région de Mae Sot, au nord-ouest de la Thaïlande en 2008. L'arrêt de maturation des schizontes a été déterminé par l'évaluation des concentrations des différents composés (en nanomoles par litre) à 50 %, 90 % et 99 % d'inhibition.

La rocaglamide suivie de près par l'aglafoline se sont trouvées être les deuxième et troisième substances les plus actives. Leur effet anti-Plasmodium était plus fort que la quinine (traditionnellement utilisée) et moins fort que l'artémisinine. La rocaglamide, ayant des effets anti-inflammatoires et anti-tumorales, est d'ailleurs utilisée depuis plus de 30 ans pour diverses utilisations médicinales.

Les chercheurs de l'université de médecine de Vienne, sous la direction du professeur Harald Noedl, ont également élaboré une nouvelle substance active, la tafénoquine, contre la Malaria tertiana. Ce type de malaria est la forme la plus bénigne de paludisme. Sa dangerosité ne tient pas tant en son taux de mortalité (peu élevé), qu'en sa persistance dans le temps. Les agents pathogènes de la Malaria tertiana, les Plasmodium vivax, restent latents dans le foie du malade. Pour ce projet, une étude multicentrique est organisée. L'université de Vienne fait partie d'un large consortium : le même genre de tests cliniques est pratiqué dans plusieurs sites d'un bon nombre de pays asiatiques. Ils sont coordonnés et financés par le laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) à qui appartient la tafénoquine.

Celle-ci est actuellement testée sur les patients dans le cadre d'essais cliniques. L'avantage de ce médicament est sa posologie d'une durée maximale de trois jours. Cela permettra de soigner plus efficacement les patients atteints de la Malaria tertiana, principalement malades sur le long terme. En effet, la thérapie conventionnelle consiste à administrer de la chloroquine pendant trois jours suivie d'une thérapie à la primaquine de deux semaines. Le respect des traitements étant très médiocre dans les pays tropicaux, beaucoup de patients l'arrêtent trop tôt. En conséquence, les agents pathogènes survivent dans le foie du malade pendant plusieurs mois, voire plusieurs années et peuvent causer des rechutes récurrentes. La nouvelle éruption de la maladie n'est alors plus associée à la Malaria et est donc mal traitée. En outre, cela fait des individus contaminés une source permanente d'infection pour leur environnement (l'anophèle non infecté s'infecte en suçant leur sang et infectera sa prochaine victime).

En octobre 2001, un article du BE Autriche, mentionne un remède contre la Malaria tropica, combinant l'artésunate (antipaludéen) à un antibiotique à spectre large, l'azithromycine. L'originalité de ce traitement tient également en son mode d'administration : en intraveineuse. Que sait-on de plus depuis ? Ce médicament a aussi été testé en Thaïlande. Lorsque l'étude de cette combinaison " artésunate-azithromycine " sera complète et évaluée -dans quelques mois selon Harald Noedl (information donnée par l'auteur en mai 2012)- et si celle-ci est positive, l'étude sera étendue à une échelle bien plus grande en Afrique et en Asie.

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