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Microbiote et autisme : un lien de cause à effet ?

Le déclenchement de l'autisme pourrait-il être lié avec un déséquilibre du microbiote intestinal ? C’est en tout cas l'hypothèse surprenante qu'avance une équipe de l’Université d’État de l’Arizona qui travaille sur une approche novatrice en se concentrant sur l’amélioration du microbiome de l’intestin par transplantation ou greffe de microbiote fécal.

Le microbiote intestinal, ou flore intestinale, est l’ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le tube digestif. Le microbiome étant "l’aire de vie" de ces bactéries. Le microbiote est doté de gènes et d’un métabolisme propre, dont il est nécessaire de comprendre les rôles.

Son rôle principal est métabolique : il dégrade les substrats non digérés par l’intestin grêle. La dégradation de ces composés (glucides et protéines contenus dans les fibres alimentaires) génère la production de nombreux métabolites. De multiples travaux scientifiques ont montré l’importance du microbiote sur le développement et la maturation de notre système immunitaire. Il constitue une barrière naturelle aux bactéries diverses qui nous entourent.

D’autres études ont déjà montré que le microbiote intestinal influence aussi notre système nerveux central. De nombreux neurotransmetteurs, agissant sur notre humeur, sont produits par les bactéries de notre tube digestif et sont des pistes de recherche pour expliquer l’action du microbiote intestinal sur notre cerveau. Les bénéfices de la transplantation du microbiote fécal qui consiste en l’introduction, souvent par coloscopie ou lavement, des selles d’un donneur sain dans le tube digestif d’un receveur ont déjà été documentés par plusieurs études.

La pratique est déjà courante dans certains pays, et ce traitement permet la récupération complète de la fonction intestinale chez 90 % des patients. Le recours principal à cette greffe de microbiote intervient plus fréquemment en cas d’infection résistante à C. difficile.

Cependant, une étude récente a montré que des combinaisons spécifiques de bactéries intestinales peuvent produire des substances qui peuvent à leur tour affecter la myéline et provoquer des comportements d’évitement sociaux. Par ailleurs, de précédentes études de la même équipe avaient déjà montré des liens entre les symptômes de l’autisme et la composition et la diversité des microbes intestinaux du patient.

Les chercheurs de Arizona State University, de la Northern Arizona University, l’Ohio State University et de l’Université du Minnesota ont mené cette étude sur 18 participants atteints de troubles du spectre autistique, âgés de 7 à 16 ans. Les participants ont suivi un programme de traitement de 10 semaines comprenant des antibiotiques, un lavement intestinal et de greffes de microbiote fécal durant 8 semaines.

Ce programme montre des bénéfices à long terme, dont : une amélioration moyenne de 80 % des symptômes gastro-intestinaux associés aux troubles du spectre autistique, une amélioration de 20 à 25 % des comportements autistiques et enfin une amélioration des compétences sociales et des habitudes de sommeil.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Eurekalert

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