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Edito : Dès maintenant, pensons la ville de demain

Mois après mois, les incivilités augmentent dans nos villes. De plus en plus nombreux sont ceux qui ne respectent plus les feux rouges. Ces tensions qui sont passagères, cela est à espérer, montrent toutes les limites d'une coutume qui veut que tous les petits délits et contraventions soient amnistiés après une élection présidentielle. Tous les candidats à la Présidence de la République se grandiraient s'ils déclaraient, avec clarté, qu'ils s'engagent, dès maintenant, à n'amnistier, ni les délits relationnels, ni les contraventions. Mais le fond du problème n'est pas là! Ces tensions urbaines mettent en évidence que les français sont de moins en moins heureux dans nos grandes villes. Cela est certes lié au fait que l'insécurité augmente dans nos grandes cités, mais aussi, et je l'ai déjà souligné dans cette Lettre, que la ville qui a été conçue, historiquement, pour être un accélérateur dans les échanges humains devient un lieu où nous perdons de plus en plus de temps. Ainsi, si l'insécurité, la pollution et la perte de temps s'ajoutent pour peser sur la vie urbaine, il est compréhensible que les citadins n'aient plus le sourire. Devant une telle situation, et alors que s'ouvre, dans notre Pays, une période courte, mais qui devrait être dense, pendant laquelle nous devrions tous réfléchir à l'avenir de la France, il est important que les candidats à des élections, en Démocratie, nous proposent des projets audacieux, pour nous permettre d'imaginer ce que devrait être la ville de nos enfants. Le silence, l'air pur, le calme et la sécurité devront avoir reconquis, ou plutôt, devront enfin s'être installés dans nos villes. « Rêve de poète » diront certains. Il serait grave de laisser croire que cela ne pourrait pas être possible. Cela signifierait que nous baissons les bras, que nous laissons la violence et le mal-vivre conquérir l'ensemble de nos cités, et que nous jugeons crédible le scénario de « Matrix ». Je préfère que vous me taxiez d'idéaliste et que vous me laissiez vous décrire une partie de la cité de demain telle que je la vois, heureuse, sinon « radieuse », comme l'avait si bien dit un grand urbaniste. Aujourd'hui, je vais aborder les déplacements et le bonheur dans la ville de nos enfants. Ultérieurement, je parlerai de la vie et des échanges dans la cité de demain.De nos jours, les habitants de nos villes ne sont pas heureux quand ils veulent se déplacer. Cela est aussi vrai pour les transports en commun que pour les véhicules personnels. Les transports en commun sont trop souvent des lieux de tension où il suffit d'observer les visages des usagers pour constater le mal-être. De plus, l'insécurité, sinon la violence, montant sur certaines lignes, pénalisent les personnes faibles, et en particulier, les femmes et les jeunes filles qui n'osent plus les emprunter le soir, après une certaine heure. Le temps de plus en plus important perdu par les automobilistes dans les embouteillages ou à rechercher, parfois vainement, pendant de longs quarts d'heure, une place de parking, fait que les citadins, là aussi, ne sont pas heureux. Quand nous arrivons à un tel constat, il est impérieux et urgent que les élus, responsables de la cité, dessinent l'avenir avec clairvoyance.Or, la réponse qui est faite, dans notre Pays, depuis une quinzaine d'années, est de favoriser les transports en commun. Même si, sur certains itinéraires, les transports en commun se montrent efficaces, il faut bien constater que ces déploiements massifs de tramways, métros, bus, navettes, etc... n'ont en rien fait baisser le nombre de voitures qui circulent et stationnent dans nos cités. Il suffit de parcourir, jour après jour, les rues au coeur de nos grandes villes pour constater que les places libres pour stationner deviennent particulièrement rares. Revenir à la situation du « tout pour la voiture » qui a prévalu dans les années 70, ne serait pas une meilleure solution. La voiture, telle qu'elle est actuellement conçue, pollue. De plus, la voiture tue, chaque année, plusieurs milliers de nos concitoyens (automobilistes, mais aussi piétons) dans nos villes et en blessent plusieurs dizaines de milliers. Cela ne peut plus continuer ainsi ! Il faut que les Pouvoirs Publics français prennent, sans retard, l'engagement de repenser totalement les déplacements dans nos grandes agglomérations, car il faudra 25 ans avant que les décisions prises au début de ce siècle nouveau soient totalement opérationnelles. La décision qui vient d'être prise par le Maire de Londres, met en évidence toute l'urgence avec laquelle il faut imaginer la ville de demain. En effet, l' « octroi » de quelques 80 euros que voudrait percevoir, dans un an, la municipalité de Londres, auprès des automobilistes circulant dans le coeur de la Capitale anglaise, ne pourrait qu'augmenter les tensions sociales dans la cité, en pénalisant les personnes à bas revenus qui, peu à peu, ont du abandonner les centres historiques pour aller s'installer dans des banlieues de plus en plus lointaines. Dans nos temps modernes, pour gouverner, il vaut mieux convaincre que contraindre... Pour que chacun imagine bien la ville de demain, les objectifs à atteindre paraissent simples à énoncer : Les moteurs thermiques polluants devront avoir laissé la place à des moteurs à hydrogène qui, au lieu de rejeter du CO² dans l'atmosphère, ne rejetteront plus que de l'eau. L'être humain, souvent trop indiscipliné, et surtout ne pouvant pas avoir une vision globale de la situation, n'aura plus en charge la conduite de sa voiture en milieu urbain. Ce plaisir, tant que cela l'intéressera, lui sera laissé en zone rurale. Pour atteindre cet objectif, il suffirait de lancer un programme de recherche précisant que, dans l'avenir, le véhicule de transport public et le véhicule privé seront les mêmes, dans leur conception de gestion et de robotisation. La seule différence sera que le premier pourra être indifféremment utilisé par tout citadin, alors que le véhicule privé ne sera utilisé que par son propriétaire ou son locataire. Cette uniformisation du cybercar de demain, dans sa gestion informatique, permettra à la collectivité de les piloter automatiquement et indifféremment, que leur statut soit public ou privé. Une telle robotisation de tous les mobiles de déplacements urbains, gérés par les collectivités, non seulement permettrait d'atteindre le zéro mort, mais surtout libérerait, pour tous les citadins du futur, un temps qui est actuellement perdu, et qui rendrait à la ville sa véritable mission millénaire d'accélération. Ce temps regagné qui est la valeur la plus élevée que la Collectivité puisse offrir à chaque individu est le seul objectif qui , lorsqu'il sera atteint , pourra ramener le Bonheur dans nos villes. La France et l'ensemble de l'Europe auraient tout intérêt à lancer un programme d'une telle ampleur. En effet, l'Union Européenne a la chance historique de compter les meilleures entreprises automobiles du monde. Un tel programme ouvrirait un tel avenir à cette prestigieuse industrie, qui dominerait alors les entreprises de télécommunications et informatiques étroitement liées à elle, dans ce défi hors du commun, que c'est un nouveau Destin qui s'ouvrirait devant notre vieux continent.

René TRÉGOUËT

Sénateur du Rhône

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