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"Helicobacter pylori", une bactérie à éliminer pour éviter les cancers de l'estomac

Responsable en France de milliers de gastrites, d'ulcères et de cancers, "Helicobacter pylori", une bactérie qui a fait de l'estomac sa niche exclusive, devrait être éliminée sans pitié, estiment les experts de cette maladie qui se réunissent vendredi à l'Institut Pasteur de Paris. "Les études épidémiologiques ont clairement montré qu'aucun cancer gastrique ne peut se développer si cette bactérie est absente de l'estomac, et son dépistage permettrait de l'éradiquer chez toutes les personnes infectées", a expliqué jeudi le Pr Jean-Charles Delchier, gastro-entérologue à l'hôpital Henri Mondor de Créteil et président du groupe d'étude français sur cette maladie (GEFH). Cette bactérie - dont l'existence n'a officiellement été reconnue par les médecins qu'au début des années 80 - est la cause de la quasi-totalité des gastrites chroniques et de 9.000 cancers de l'estomac par an. Le cancer gastrique est le deuxième cancer digestif en France derrière le cancer du colon qui, lui, frappe 34.000 personnes. Il touche plus fréquemment les hommes que les femmes, autour de 70 ans, a rappelé le Dr Dominique Lamarque, de l'hôpital Bichat-Claude Bernard, à Paris. Selon ce spécialiste, environ 40 % de la population française est infectée par la bactérie Helicobacter. En Corée du sud, près de 90 % des plus de 8 ans en sont porteurs. La présence de la bactérie entraîne une transformation progressive de la muqueuse de l'estomac qui se poursuit pendant près de 25 ans et débouche, dans 12 cas sur 100.000, sur un cancer. Par comparaison, chez les personnes non-porteuses de la bactérie, le risque de cancer de l'estomac est 30 fois moindre. "Dans la plupart des cas, l'infection s'acquiert à l'enfance et dans la très grande majorité des cas, elle devient chronique, s'accompagne d'une inflammation de la muqueuse gastrique et est la cause de 90 % de toutes les gastrites chroniques", a souligné le Dr Anne Courillon-Mallet, gastro-entérologue à l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Liée à la promiscuité et aux mauvaises conditions de vie, elle est extrêmement présente en Asie et en Afrique mais en forte diminution dans les pays occidentaux. Le traitement existant, une trithérapie de sept jours associant un inhibiteur de la pompe à protons à deux antibiotiques, permet de s'en débarrasser dans 70 % des cas. Pour les malades résistants, un second traitement, plus puissant et plus long, fait disparaître la bactérie dans 63 % des cas, soit au total, un taux d'éradication de 90 %. L'inflammation persiste pendant 6 à 24 mois et la muqueuse redevient normale. Si celle-ci était déjà atteinte, les lésions persistent, mais leur extension et leur aggravation sont définitivement stoppées. Le dépistage - facilité par l'existence de plusieurs tests - était jusqu'à présent seulement recommandé aux malades ayant subi une ablation partielle de l'estomac à la suite d'un cancer, à leurs proches parents ainsi qu'aux patients souffrant de gastrite atrophique. Au vu des résultats d'études récentes, les experts estiment maintenant - sans aller jusqu'au dépistage généralisé - que la présence de la bactérie devrait être recherchée chez les personnes ne présentant pas de facteur de risque identifié et qu'un traitement devrait être proposé à toutes les personnes infectées qui se présentent dans un établissement de soin.

La Recherche :

http://www.larecherche.fr/medecine/n030130165513.9w6cifeq

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