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Le climat change, l'agriculture aussi...

L'évolution du climat, qui fait l'objet de travaux depuis une dizaine d'années au sein de l'Institut national de la recherche agronomique, a déjà un impact sur l'agriculture et la forêt françaises. Cette évolution donne lieu à des programmes de recherche spécifiques pour les cultures les plus sensibles telles que la vigne et les arbres fruitiers, souligne un chercheur de l'INRA, à l'occasion du Salon de l'Agriculture de Paris. Ainsi, la date de vendange s'est avancée de plus de 3 semaines en 50 ans à Chateauneuf-du-Pape, dans les Côtes du Rhône, tandis que les abricotiers, très sensibles au climat, ont vu leur date de floraison avancée (de 0,5 à 1 jour par an en moyenne depuis 20 ans) dans le Sud-est. "Une tendance qui, si elle s'accentuait, pourrait poser des problèmes de pollinisation des fleurs et de dégâts par le gel printanier", explique Bernard Seguin, chercheur au centre d'Avignon de l'INRA. Selon lui, une meilleure connaissance des exigences climatiques de l'espèce et la sélection de nouvelles variétés plus résistantes aux aléas climatiques devraient contribuer à diminuer les risques. Concernant les effets du changement climatique sur la production de céréales, les chercheurs ont eu recours à des modèles mathématiques pour étudier la réponse des cultures à différents scénarios: dans le cas du blé dans le sud-est du pays, ils ont déterminé qu'un réchauffement moyen de 2 degrés correspondant à un doublement de la teneur actuelle en gaz carbonique entraînerait un raccourcissement du cycle de la culture d'environ trois semaines. "Sans impact sur le rendement, ce raccourcissement entraînerait une baisse de la teneur en protéines, donc une perte de qualité", souligne M. Seguin. Pour la forêt métropolitaine, le changement climatique à l'horizon 2100 devrait favoriser la croissance des arbres, mais les changements dans la répartition des précipitations dans l'espace et dans le temps (plus de pluies en hiver, moins en été) devraient fortement influencer cette tendance générale. L'INRA, en collaboration avec Météo France, a montré que le déficit hydrique pourrait entraîner une baisse de la production forestière dans la moitié ouest de la France, du fait de la forte baisse des précipitations estivales sur la façade atlantique. Les conséquences du réchauffement climatique sur les maladies des plantes ont également été étudiées: une équipe de l'INRA a pu effectuer une étude rétrospective de la maladie de l'encre du chêne sur les 30 dernières années en observant des coupes d'arbres infectés. Ils ont montré que le froid hivernal limite le développement de la maladie. "Un modèle permettant de prédire la survie du parasite en fonction des conditions climatiques a été mis au point, ce qui a permis l'établissement d'une carte du risque. Une nouvelle carte tenant compte du réchauffement à venir est en cours d'élaboration", précise Bernard Seguin. L'INRA, qui présente l'état de ses travaux dans le cadre du Salon de l'Agriculture, met par ailleurs en évidence l'impact sur la croissance des forêts du changement climatique, dû principalement aux gaz à effet de serre produits par l'activité humaine. "La croissance des forêts pourrait s'accélérer, mais leur sensibilité à la sécheresse pourrait aussi être affectée. Cette nouvelle hypothèse a dès aujourd'hui des conséquences sur le choix des espèces pour le reboisement et sur la gestion des forêts", note Bernard Seguin.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/030226/202/32g2u.html

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