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Cancer du sein : un test génomique pour réduire le recours aux chimiothérapies

Un premier test d'analyse de gènes du cancer du sein pour évaluer le risque individuel de récidive de la tumeur permettrait de réduire le recours aux chimiothérapies, selon des cancérologues. Ce test dénommé MammaPrint (coût : 2.000 euros) des laboratoires néerlandais Agendia va être soumis pour approbation aux autorités françaises, selon son représentant Yves Derveaux. Il est notamment utilisé aux Etats-Unis, après aval des autorités sanitaires (FDA). "On prescrit la chimiothérapie à 80 % des patientes, la moitié pourrait probablement s'en passer", indique à l'AFP le Docteur Marc Spielmann, chef de service à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy (Villejuif).

"Après la chirurgie pour ôter la tumeur, environ 68 % reçoivent un traitement hormonal (comme le tamoxifène, un anti-oestrogène, ou des anti-aromatases), parfois des rayons", dit-il. "On cherche à savoir lesquelles ont vraiment besoin d'avoir en plus une chimiothérapie" pour éviter les récidives, poursuit-il. Cette perspective de traitement à la carte sera présentée au salon Direction Santé au féminin à Paris.

Ce test, basé sur l'analyse de 70 gènes connus pour jouer un rôle dans ce cancer et effectué sur un prélèvement de tumeur, permettrait de prédire ce risque avec une fiabilité de 95 à 97 %. Mis au point par l'Institut néerlandais du cancer, il a fait l'objet de publications dans plusieurs revues médicales (Lancet, New England Journal of Medicine...). Outre la possibilité d'échapper aux effets secondaires des "chimios" (nausées, perte de cheveux...), le test serait susceptible de réduire les dépenses liées à ces traitements, avancent ces spécialistes.

Une chimiothérapie revient à "6.000 euros", selon le cancérologue Joseph Glizorov (Paris). "Pas besoin d'être grand économiste pour faire le calcul, même si le test est cher", lance-t-il. Le fabricant devrait fournir une étude économique à ce sujet à la Haute autorité de santé française. Mais l'arrivée prévisible de génériques moins chers de certains médicaments utilisés en chimiothérapie pourrait à terme influer sur l'évaluation économique.

Plus de 49.000 cancers du sein ont été diagnostiqués en France en 2005. La moitié des femmes de 50 à 74 ans auxquelles est proposé tous les deux ans un dépistage gratuit du cancer du sein en ont bénéficié en 2006/2007, selon les données publiées par l'Institut national de veille sanitaire (InVS). Au cours de ces deux années, 4,26 millions de femmes sur les quelque 8,5 millions de cette tranche d'âge ont en effet participé au dépistage, généralisé à l'ensemble du territoire depuis 2004. Pour ce "dépistage organisé", intégralement remboursé par l'assurance maladie, les mammographies sont soumises à une deuxième lecture de vérification.

Certaines régions présentent des taux de participation supérieurs à 60 % (Bretagne, Pays de la Loire, Limousin), le département de la Haute-Vienne dépasse les 70 %, et Paris est lanterne rouge avec 26,9 %. Cependant, selon l'InVS, environ 10 % des femmes de 50 à 74 ans pratiquent un examen de dépistage sans passer par le dépistage organisé par les pouvoirs publics.

En 2005, 11.308 femmes sont décédées d'un cancer du sein, la première cause de mortalité par cancer chez la femme, une maladie pour laquelle le pronostic est meilleur si elle est dépistée plus tôt. Pour cette même année, le dépistage organisé a permis la découverte de 12.413 cancers du sein, soit 42 % des nouveaux cas de cancer chez des femmes de 50 à 74 ans.

Près de 7 % des cancers, selon l'Institut national du cancer (INCa), sont identifiés grâce à la seconde lecture. Si plus de 70 % des femmes concernées, un chiffre conforme aux standards européens, participaient au programme, la mortalité par cancer du sein pourrait être réduite d'environ 25 %, selon l'INCa.

AFP

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