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Le bulbe olfactif, source de jouvence neuronale

Décidemment les dogmes en biologie s'effondrent les uns après les autres. En effet, selon une équipe de recherche suédoise et néo-zélandaise et contrairement à ce que l'on pensait jusqu'alors, la fonction olfactive chez l'homme s'appuie sur la production continue de cellules nerveuses. Cette découverte met en évidence l'existence de la formation, tout au long de la vie, de neurones cérébraux qui traitent les informations olfactives.

C'est une véritable prouesse technique qu'a accomplie l'équipe dirigée par Maurice Curtis (Université d'Auckland) et Peter Eriksson (Institut des neurosciences, Göteborg). Elle a, sur des tissus cérébraux obtenus post mortem, eu recours à différents marqueurs témoignant tant de l'existence de divisions cellulaires que de la présence de neurones immatures dans le bulbe olfactif.

C'est cette région anatomique, premier relais central du système olfactif, qui reçoit et traite les informations sensorielles issues des millions de terminaisons composant le nerf olfactif. Grâce aux techniques de la neuro-imagerie fonctionnelle, les chercheurs ont découvert, au sein du bulbe olfactif, une cavité inconnue jusqu'alors et qui est une extension des ventricules cérébraux. Enfin, ils ont identifié un courant de migration de nouveaux neurones entre ces ventricules et le bulbe, soit sur plusieurs centimètres.

Fait remarquable : ces résultats vont dans le sens contraire de ceux publiés, il y a trois ans, dans Nature et qui concluaient à l'absence de toute forme de neurogenèse dans les relais centraux du système olfactif chez l'homme.

"Cette étude est passionnante car elle révèle l'existence d'une catégorie de cellules nerveuses capable de se régénérer en permanence dans le cerveau humain adulte. » souligne le Professeur. Mark Baxter de l'Université d'Oxford. Celui-ci ajoute “Des études chez l'animal avaient bien montré l'existence de ce type de cellules mais jusqu'à présent la preuve de leur présence dans le cerveau humain adulte se heurtait à des difficultés techniques insurmontables »

"Il s'agit d'une démonstration de première importance, estime pour sa part le docteur Pierre-Marie Lledo (Institut Pasteur de Paris-CNRS), qui avait mis en évidence ce phénomène chez les rongeurs. Elle soulève la question de la localisation du siège de la mémoire olfactive, dès lors que les neurones du circuit ne cessent d'être remplacés. Elle s'oppose à l'idée répandue selon laquelle la fonction olfactive serait en régression du fait de l'évolution. Elle autorise, enfin, de nouveaux espoirs quant à la mise au point de thérapeutiques qui ne seraient pas simplement réparatrices mais bien régénératrices."

Cette découverte majeure ne va pas manquer de relancer les recherches sur les thérapies cellulaires régénératrices contre les grandes maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson.

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