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À Annecy, l’eau du lac va servir de chauffage et de climatiseur à un quartier de la ville

Un système de pompes à chaleur, alimentées par l’eau du lac d'Annecy et connectées à un réseau de chaleur urbain, permettra de chauffer des bâtiments du quartier des Trésums.

Le lac d’Annecy n’est pas qu’un décor de carte postale, c’est désormais aussi une source d’énergie renouvelable. Cette eau précieuse, avec sa teinte émeraude, va en effet alimenter un système innovant de boucle d’eau qui devrait couvrir 95 % des besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire des bâtiments du nouveau quartier des Trésums, situé à proximité de la vieille ville médiévale de la Venise des Alpes. À savoir 570 logements, un hôtel et la future piscine municipale.

Entré en service le 7 avril, ce projet baptisé "ali énergie" a été conçu, réalisé et financé par Idex, une ETI française de 5 700 salariés et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, spécialisée dans les infrastructures énergétiques locales et décarbonées (déchets, biomasse, géothermie, solaire…).

Son fonctionnement ? L’eau est d’abord puisée dans le lac, à 20 mètres de profondeur, où sa température reste stable autour de 7°C, été comme hiver. Elle va ensuite alimenter trois pompes à chaleur, connectées à un réseau de chaleur urbain. « On va utiliser les calories de l’eau du lac puis rejeter cette dernière à 7 mètres à 2°C. Cette différence de température multipliée par le volume d’eau (240 litres par seconde) permet de maintenir la chaleur de notre boucle d’eau chaude », explique Olivier Eck, chef et ingénieur du projet chez Idex. Le système utilise ainsi 35 % d’électricité et 65 % d’énergie renouvelable directement issue du lac. Un procédé qui n’est pas concerné par un potentiel risque de pénurie d’eau, l’intégralité de l’eau puisée étant restituée.

Ce n’est pas tout. Le lac va souffler le chaud… et le froid. En été, l’eau fraîche injectée dans le réseau va faire office de climatiseur naturel pour la piscine, l’hôtel et une résidence senior. Cette technologie utilise 15 fois moins d’électricité qu’un système de climatisation classique et permet donc d’éviter le phénomène d’îlot de chaleur qui en découle. À terme, cela représente une économie de 2 600 tonnes de CO2 par an.

Débutée en septembre 2020, sa construction aura nécessité deux ans et demi de travaux. Initialement chiffré à 5,7 millions d’euros, le coût du projet a finalement atteint 10 millions d’euros, du fait de l’envolée du coût des matériaux et quelques aléas lors du chantier. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en a pris à sa charge 1,7 million d’euros. Cette solution se traduira par une facture d’électricité trois fois inférieure, selon Olivier Eck, dont l’entreprise va exploiter l’installation durant les 25 prochaines années.

Si ce réseau lacustre fait partie des premières initiatives de ce type en France, avec celui de la commune haut-savoyarde de Saint-Gingolph, il existe depuis plusieurs années en Suisse voisine. Dès 2009, les services industriels de Genève (SIG) ont mis en place cette technologie, nommée hydrothermie, alimentée par l’eau du lac Léman. Il alimente notamment le siège de l’ONU ou celui du Comité international de la Croix-Rouge. D’ici 2035, le réseau sera étendu à 350 bâtiments, ce qui en fera le plus important au monde.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

L'Usine Nouvelle

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