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La vie de vers prolongée de 45 %

Des chercheurs de l’Institut de recherche Scripps ont découvert une molécule qui bloque certaines enzymes et peut prolonger la durée de vie d'un ver de 45 % en modulant certaines voies biologiques associées aux cannabinoïdes qui sont liées de façon inattendue à celle que l'on trouve chez les humains et chez d'autres mammifères.

Les cannabinoïdes sont un groupe de substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps. Le Caenorhabditis elegans (C. elegans) est un petit ver transparent d'environ un millimètre qui se nourrit de bactéries. Il ne vit normalement que quelques semaines, comparativement à deux ou trois ans pour une souris de laboratoire.

Selon le scientifique Benjamin Cravatt et ses collègues de l’Institut de recherche Scripps, aux États-Unis, leur découverte pourrait permettre d'étudier différemment le phénomène du vieillissement et pourrait mener à la création d’une technique qui permettrait d'étudier plus rapidement les nouvelles stratégies de lutte contre des maladies liées à l'âge.

Le Professeur Cravatt est reconnu pour la mise au point de méthodes avancées de protéomique chimique qui permettent d’étudier les enzymes et les voies biologiques qu'elles régulent. Dans cette nouvelle recherche, son équipe a utilisé ces techniques pour étudier le vieillissement chez le C. elegans.

Dans de précédents travaux sur la durée de vie réalisés avec des vers de C. elegans, les scientifiques supprimaient ou réduisaient l’expression d’un gène particulier à l'étape embryonnaire de leur vie afin de voir si cela la prolongeait. L'approche du Professeur Cravatt, en revanche, consiste à utiliser des composés de petites molécules pour perturber les voies enzymatiques chez les vers adultes, dans l'espoir de découvrir des voies qui régulent leur durée de vie.

La beauté de cette approche réside dans le fait que tout composé prolongeant la durée de vie que nous identifions peut être un outil utile pour étudier si les mêmes mécanismes et cibles modulent également le vieillissement chez les mammifères. Pour leurs recherches, les chercheurs ont eu recours à une banque d'environ 100 composés (hydrolases à sérine), tous connus pour inhiber certains enzymes chez les mammifères.

« Les processus métaboliques sont très importants pour déterminer le taux de vieillissement et la durée de vie, et les hydrolases à sérine sont des enzymes métaboliques majeures, alors nous avons pensé qu'il y avait de bonnes chances de trouver une enzyme importante liée au vieillissement de cette façon », explique Alice Chen, une diplômée du laboratoire du Professeur Cravatt.

L’équipe a constaté que certains des composés prolongeaient la durée de vie moyenne des vers d'au moins 15 % et qu’un en particulier appelé JZL 184 prolongeait la durée de vie des vers de 45 %. En outre, plus de la moitié des vers traités avec JZL 184 étaient encore vivants et apparemment en bonne santé après 30 jours, alors que tous les autres vers non traités étaient déjà morts.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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