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Vers un test sanguin pour détecter les risques de suicide ?

Pour un médecin, détecter les pensées suicidaires chez un patient reste une tâche ardue et de très nombreuses équipes travaillent à l’identification des facteurs de risque de suicide pour une surveillance mentale plus ciblée ou encore à l’identification de combinaisons de biomarqueurs sanguins et de questionnaires d’évaluation. Si certains outils permettent d’aboutir à des taux de précision de 80 % dans la prédiction du risque, ces modèles restent extrêmement complexes. Cette découverte présentée dans la revue Translational Psychiatry, de la réduction d’une enzyme spécifique chez les patients suicidaires et donc d’un biomarqueur "simple", pourrait donc être extrêmement précieuse pour identifier ces patients à risque.

Les chercheurs du Van Andel Research Institute (Michigan) rappellent qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de biomarqueurs pour les maladies psychiatriques. Leur objectif est donc de développer un test sanguin capable d’identifier les sujets suicidaires, ce qui "serait un grand pas en avant", explique le Docteur Erhardt, professeur de physiologie et de pharmacologie à l’Institut Karolinska et auteur principal de l’étude. Or, les personnes suicidaires ou qui ont déjà commis des tentatives de suicide (TS) présentent une inflammation chronique, dans le sang et le liquide rachidien. Avec des collègues d’autres instituts de recherche aux États-Unis, en Suède et en Australie, son équipe a identifié, chez les patients suicidaires, une activité réduite d’une enzyme, impliquée dans la régulation de l’inflammation.

Les chercheurs ont analysé certains métabolites, des sous-produits formés lors de l’infection et de l’inflammation, dans le sang et le liquide céphalo-rachidien de patients qui avaient commis des TS. Cette analyse aboutit à identifier chez ces patients, l’activité réduite de l’enzyme appelée ACMSD, qui régule l’inflammation et ses sous-produits. Selon les auteurs, les personnes présentant cette activité réduite de ACMSD sont particulièrement vulnérables au développement de la dépression et des pensées suicidaires.

La substance produite par l’enzyme ACMSD, l’acide picolinique, est alors considérablement réduite dans le plasma et dans le liquide céphalo-rachidien alors qu’un autre produit, l’acide quinolinique, inflammatoire -et qui se lie et active les récepteurs de glutamate dans le cerveau- est augmenté. En temps normal, ACMSD produit de l’acide picolinique au détriment de l’acide quinolinique, contribuant à maintenir un équilibre qui est important. Il reste toutefois aux chercheurs à vérifier que ces marqueurs sont bien spécifiques aux patients suicidaires ou également présents chez les patients dépressifs. Mais l’espoir est là de pouvoir développer des médicaments capables d’activer l’enzyme ACMSD et de rétablir ainsi l’équilibre entre l’acide quinolinique et l'acide picolinique.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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