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Traiter la dépression par stimulation électrique

Une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie, à San Francisco, suggère qu’une stimulation électrique du cortex orbitofrontal du cerveau peut entraîner une amélioration de l’humeur chez les patients souffrant de dépression.

Tristesse, désespoir, faible estime de soi, la dépression est une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France. Et si certains répondent aux traitements proposés, ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde. Les chercheurs ont déjà tenté des moyens invasifs – comme la stimulation cérébrale électrique – pour tenter de traiter la maladie, mais les résultats restent à ce jour encore mitigés. Une équipe de chercheurs a néanmoins récemment souhaité poursuivre ces recherches, dans le but d’identifier une zone cérébrale susceptible de présenter de meilleures conclusions. Et cette zone bien spécifique, les chercheurs semblent avoir mis le doigt dessus.

Pour ce faire, les chercheurs se sont appuyés sur les opérations chirurgicales programmées chez 25 patients atteints d’épilepsie, visant à leur implanter des électrodes dans le cerveau dans le but de déterminer l’origine de leurs crises. Ceux-ci présentaient des signes de dépression – ce qui est souvent le cas chez les patients souffrant d’épilepsie. Profitant de ces opérations, les chercheurs ont alors stimulé électriquement certaines régions cérébrales dans le but d’évaluer la réponse de chacune. Un courant électrique modéré a donc été administré, tandis que les patients étaient invités à évaluer leur humeur en même temps.

Il en est ressorti que la stimulation de l’amygdale ne produisait aucune amélioration de l’humeur. De même pour le cortex cingulaire, l’insula et l’hippocampe. En revanche, ce fut le cas lorsque la région latérale du cortex orbitofrontal a été stimulée. « Les patients disaient des choses comme : “Wow, je me sens mieux”, “je me sens moins anxieux”, ou encore “je me sens plus calme” », détaille en effet Kristin Sellers, principale auteure de cette étude. « Et de façon anecdotique, on pouvait voir les améliorations dans le langage corporel des patients. Ils souriaient, se redressaient et commençaient à parler plus rapidement et naturellement », poursuit-elle.

Fait notable : ces effets n’ont pas été observés chez des patients ne présentant pas de troubles de l’humeur. Cela suggère qu’une légère stimulation cérébrale contribue simplement à normaliser l’activité des circuits neuronaux liés à l’humeur. En d’autres termes, si vous n’êtes pas dépressif, stimuler cette région cérébrale ne vous rendra pas de meilleure humeur.

D’autres recherches seront bien évidemment nécessaires pour confirmer ces résultats. L’idée serait maintenant de savoir si oui ou non la stimulation cérébrale entraîne une amélioration durable de l’humeur. À terme, les chercheurs espèrent mettre au point un dispositif capable de surveiller l’activité cérébrale des patients. Et de la stimuler uniquement lorsque nécessaire.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Current Biology

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