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La révolution des micro et nanotechnologies est en marche

Certains peuvent s'en réjouir, d'autres s'en indigner : un monde où les clés, les mots de passe, les passeports, les caissières et les contrôleurs n'auraient plus de raison d'être, un monde où après l'implantation sous-cutanée d'une puce plus petite qu'un grain de riz, on puisse être traqué dans tous ses déplacements, n'est plus tout à fait du domaine de la fiction. En Australie, le personnel de toutes les banques est implanté d'office et les militaires sont également "pucés". La généralisation des micro puces est inexorable, promettant autant d'avancées radicales que de risques potentiels pour les libertés de l'individu, selon des spécialistes des micro et nanosystèmes réunis cette semaine au CNRS, à Paris.

L'essor de ces systèmes miniaturisés, intégrant des capteurs capables de sentir le monde extérieur et des actionneurs pouvant agir sur cet environnement, donc une technologie dérivée des circuits intégrés, ne remonte qu'aux années 1990, rappelle Christian Bergaud. Il est co-directeur de l'un des vingt labos spécialisés du CNRS, le LIMMS (Laboratory for Integrated Micro Mechatronic Systems), structure franco-japonaise qui fête ses dix ans.

"Rien que la combinaison de la mécanique et de l'électronique donne des possibilités très intéressantes, et aujourd'hui la majorité des champs de la science sont impliqués", explique le chercheur. "La majorité des disciplines scientifiques est impliquée et nous vivons déjà avec des micro-interrupteurs dans nos téléphones mobiles, des capteurs de choc pour airbags, etc", ajoute-t-il.

Dans le domaine aéronautique et spatial, l'intérêt de la miniaturisation va sans dire : pour les satellites, une première stratégie consiste à garder la même architecture en remplaçant les composants classiques par des microsystèmes. Les 3 tonnes de SPOT-5 sont ainsi réduites à une chez son successeur, les satellites Pléiades. "La seconde stratégie passe par un concept nouveau, celui des nano-satellites de l'ordre du centimètre-cube, que l'on peut associer en constellations pour effectuer des tâches complexes", explique Dominique Collard (CNRS - Valenciennes).

Spécialiste des applications pour la biologie et la santé, Bruno Le Pioufle (ENS Cachan) affirme que "l'on va vers des laboratoires entiers qui tiendront sur une puce". Selon lui, "la miniaturisation et la parallélisation offrent une augmentation phénoménale des capacités d'analyse. Il est aussi cher de construire un transistor qu'un million de transistors, et si l'on fait tenir un millier d'éprouvettes sur un centimètre carré, on peut détecter un très grand nombre de gènes analysables simultanément, un grand nombre de produits de gènes (puces à protéines) et on peut tester simultanément un très grand nombre de médicaments sur des cellules vivantes (puces à cellules)". De surcroît, "plus c'est petit et plus le temps de réaction est court soit une efficacité bien supérieure des analyses", ajoute-t-il.

"On s'oriente vers un système de plus en plus adapté pour des investigations in vivo (à l'intérieur du corps)", conclut Bruno Le Pioufle, qui cite les micro-cathéters qui traumatisent de moins en moins les tissus environnants. A un horizon plus lointain, il est possible d'envisager des microsystèmes autonomes qui se déplaceraient dans le corps humain, "comme des microcapsules intestinales dotées d'électronique et d'appareillage pour effectuer des analyses, déposer des médicaments ou réaliser des biopsies".

AFP

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