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Des plantes qui défient les lois de l'hérédité
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Décidemment, tous les dogmes de la biologie sont remis en cause les uns après les autres. Des chercheurs américains de l'université Purdue, à Indiana, viennent de montrer qu'une souche de moutarde sauvage Arabidopsis thaliana est capable d'hériter d'un gène absent de l'ADN de ses deux parents mais présent, en revanche, dans celui de ses grands-parents ou arrière-grands-parents.
Chacun de nous hérite pour moitié du patrimoine génétique de son père et pour l'autre moitié de celui de sa mère, ce qui fait de chacun d'entre nous un individu unique, mélange à la fois de l'un et de l'autre. Dans un article publié aujourd'hui dans la revue Nature, des scientifiques viennent de montrer qu'une plante pouvait ressembler à ses grands-parents plutôt qu'à ses parents. Comme si elle avait hérité d'une partie du patrimoine génétique de ses aïeuls. Bob Pruitt et son équipe de l'université de Purdue (Etats-Unis) ont travaillé sur une variété de la plante Arabidopsis dont un des gènes, le hth, est muté. Cette mutation entraîne une incapacité des fleurs à s'ouvrir.
Le plus étonnant dans l'expérience conduite par l'équipe de Robert Pruitt, c'est de voir des plants d'Arabidopsis porteurs de la mutation Hothead donner naissance à des individus non mutés alors que leur génome est dépourvu de la version normale du gène. Ce mécanisme dit de réversion a déjà été observé dans le passé mais jamais dans de telles proportions. Là, en l'occurrence, 10 % de la descendance a «corrigé» le défaut présent chez leurs parents pour revenir à l'ADN restauré des lignées ancestrales.
En observant les descendants de ces mutants, l'équipe américaine a constaté que 10 % d'entre eux avaient retrouvé des fleurs normales, identiques à celles de leurs grands parents. Ils ont ensuite séquencé le gène hth chez ces individus et observé que la mutation avait disparu. Le phénomène de réversion, lorsqu'une mutation génétique en annule une autre, peut apparaître de manière aléatoire dans le génome d'une plante. Dans le cas de l'expérience décrite aujourd'hui il semble que le hasard n'y soit pour rien. Cependant si d'autres chercheurs réussissent à reproduire ces résultats, cette expérience sera l'une des premières à remettre en cause les lois de l'hérédité. Restera alors à comprendre comment les plantes conservent l'information venant de leurs grands-parents. Selon les auteurs de la publication, la molécule d'ARN, «copie inversée» de la molécule d'ADN et présente dans les cellules, seraient un bon candidat à la conservation de ce patrimoine génétique.
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- Publié dans : Médecine
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