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Le paludisme livre ses secrets

Alors que le paludisme, maladie tropicale qui tue plusieurs millions d'individus chaque année, réapparaît de façon inquiétante dans les pays chauds, des scientifiques anglo-saxons se penchent sur le génome du parasite qui en est responsable, et sur celui de l'anophèle, le moustique qui le transporte. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,5 à 2,7 millions de personnes meurent chaque année dans le monde de paludisme (ou malaria), dont 90% en Afrique sub-saharienne. Ces décès qui frappent des jeunes sont favorisés notamment par la pauvreté qui empêche l'achat de tout médicament et son corollaire, la malnutrition. De plus, quand les gens ont les moyens de se soigner, l'augmentation inquiétante des résistances du parasite à la chloroquine, le premier et le moins cher des antipaludéens, rend le traitement inutile. Connaître ces deux génomes devrait permettre aux scientifiques de mettre au point des médicaments plus puissants, capables d'agir sur les gènes responsables de cette augmentation des résistances. Une recherche importante, puisque la recherche sur la mise au point d'un vaccin contre le paludisme se révèle décourageante. En début d'année, des chercheurs américains et britanniques avaient annoncé avoir cartographié le génome du plasmodium falciparum, le plus dangereux des quatre parasites responsables de paludisme. Par ailleurs, des scientifiques appartenant à 12 nations différentes viennent de venir à bout de la carte du génome de l'anophèle, le moustique vecteur de la maladie. "C'est quelque chose de totalement nouveau, dans la mesure où cela va nous permettre d'étudier le génome", a déclaré le Dr Paul Brey, de l'Institut Pasteur. "Dans le passé, nous observions les cibles accessibles au traitement une par une, sous un seul angle. Maintenant, nous disposons du génome dans son ensemble, et par conséquent de toutes les cibles possibles", s'est pour sa part félicité Michael Gottlieb, chef du département de parasitologie à l'Institut national d'allergies et de maladies infectieuses. Bien que le parasite ne soit qu'un protozoaire unicellulaire, son génome est compliqué. Il échappe au système immunitaire en changeant de forme à chaque étape de son développement. La propagation du plasmodium falciparum dans des zones dont il avait été éliminé, notamment l'Amazonie péruvienne, est inquiétante, a encore observé le Dr Joseph Vinetz, porte-parole de la Société américaine des maladies infectieuses. Selon lui, la malaria continue de sévir en Afrique, s'aggrave en Asie du Sud-est et en Amérique du Sud, essentiellement du fait de cette résistance. C'est pourquoi les espoirs se portent aussi sur la découverte d'un moyen de prévenir la transmission du parasite par le moustique. Dans ce sens, les scientifiques qui ont décodé le génome de l'anophèle vont tenter de comprendre comment le parasite arrive à se développer dans cette espèce de moustique, et non dans d'autres, pour se loger dans ses glandes salivaires. "Les moustiques sont tellement prolifiques qu'il est difficile de les détruire. Il serait plus facile d'empêcher la transmission de la maladie", a expliqué Fotis Kafatos, directeur du laboratoire de biologie moléculaire de Heidelberg (Allemagne). Le mois dernier, des chercheurs américains avaient déjà rapporté dans la revue scientifique "Nature" qu'en insérant un gène modifié dans les moustiques, ils avaient réussi à interrompre cette transmission.

AP : http://fr.news.yahoo.com/020627/5/2nlfk.html

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