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La nocivité des perturbateurs endocriniens reconnue au niveau mondial

Dans un rapport qui fera date et s'intitule "L'état de la science en matière de perturbateurs endocriniens",  l'Organisation Mondiale de la Santé et le Programme des Nations Unis pour l'Environnement ont admis pour la première fois l'impact important de ces perturbateurs endocriniens sur la santé humaine. Ce rapport précise que "De nombreuses substances chimiques synthétiques dont les effets perturbateurs sur le système endocrinien n'ont pas été testés pourraient avoir des conséquences non négligeables sur la santé".

Le système endocrinien assure le contrôle de la production  d'hormones qui interviennent à toutes les étapes de notre vie dans de nombreux processus biologiques : puberté, croissance, sommeil, anxiété, humeur. Ce système complexe est sensible à certaines des quelque 100 000 molécules chimiques présentes dans notre environnement.

On en trouve notamment dans les pesticides, les produits cosmétiques, les produits d'hygiène personnelle, les appareils électroniques, les emballages et certains additifs alimentaires. Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à être convaincus que ces substances perturbatrices sont impliquées dans la diminution constante de la fertilité constatée en Europe chez l'homme depuis plusieurs décennies. Il est également possible, bien que la démonstration scientifique incontestable reste à produire, que ces perturbateurs soient impliqués, à un degré qui reste à évaluer, dans l'augmentation de l'incidence de certains cancers, des maladies neuro-dégénératives et de l'obésité.

"Les perturbateurs endocriniens chimiques peuvent entrer dans l'environnement principalement par le biais des effluents industriels et urbains, le ruissellement des terres agricoles et l'incinération et le rejet des déchets. L'être humain peut y être exposé lors de l'ingestion de nourriture, de poussière et d'eau ou de l'inhalation de gaz et de particules présents dans l'air, ainsi que par contact cutané", précise le rapport qui ajoute "Les perturbateurs endocriniens chimiques connus ne constituent que la 'partie émergée de l'iceberg' et il faut disposer de méthodes de test plus complètes pour identifier d'autres perturbateurs endocriniens éventuels, leurs sources et leurs modes d'exposition".

L'Union européenne a déjà recensé 23 produits qu'elle soupçonne de perturber le système endocrinien. On y trouve notamment les phtalates, utilisés depuis 50 ans en cosmétologie et pour assouplir le plastique. Autre perturbateur identifié grâce à plusieurs études scientifiques, le Bisphénol A, interdit depuis le début de l'année en France pour les contenants destinés aux enfants de moins de trois ans, mais qui reste utilisé dans certains produits de l'industrie alimentaire.

Le Parlement européen a adopté un projet de résolution le 23 janvier, qui vise à réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens et devrait être voté définitivement dans quelques semaines. Ce texte prévoit notamment une nouvelle directive d'ici 2015, visant à réduire l’exposition humaine aux perturbateurs endocriniens.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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