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Des mécanismes communs dans le développement du cancer et des diabètes

Le diabète affecte environ une personne sur dix dans le monde et le nombre de diabétiques devrait doubler d'ici à 2020. Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie complexe qui associe des anomalies de la sécrétion de l'insuline et une insensibilité des tissus à l'insuline produite. L'hérédité joue un rôle important dans le DT2. L'équipe CNRS de Philippe Froguel a fortement contribué depuis 1992 à identifier plusieurs gènes du DT2, notamment ceux responsables de formes à début précoce (MODY). L'exploration du génome entier de 158 familles françaises (publiée en 2000) a permis d'identifier plusieurs régions génétiques (ou loci) conférant une prédisposition augmentée au DT2, en particulier sur le chromosome 2 où est situé le gène KLF11. Le cancer du pancréas est l'un des cancers les plus redoutables dont le diagnostic est en général trop tardif pour être curable. Le diabète est un facteur de risque reconnu du cancer du pancréas, mais les mécanismes en cause restent largement inconnus. Cette étude internationale, menée conjointement avec des gastro-entérologues américains ayant aussi bénéficié du support d'équipes israélienne et québecoise, montre que des mutations du gène KLF11, connu pour être un gène suppresseur de tumeurs (du pancréas mais aussi du sein), sont responsables de formes monogéniques familiales à début précoce de DT2 (diabète MODY) et augmentent le risque de développement du DT2 de la maturité. C'est la première fois que des mécanismes communs entre ces deux maladies sont mis en évidence. Ils mettent en cause la voie de signalisation du facteur de croissance Transforming Growth Factor (TGF) beta qui active KLF11, un facteur de transcription régulateur de l'expression d'autres gènes. Dans le pancréas, KLF11 contrôle la prolifération des cellules exocrines (qui produisent les enzymes de la digestion), mais selon les travaux de l'équipe française, il jouerait également un rôle important dans la différenciation et la fonction des cellules beta endocrines sécrétrices de l'insuline. Ces résultats ouvrent ainsi des perspectives nouvelles pour la prévention et le traitement des maladies du pancréas.

CNRS

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