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L'augmentation du méthane atmosphérique correspond au pire scénario du réchauffement climatique

Le Global Carbon Project (GCP) publie une analyse du bilan mondial des émissions de méthane à laquelle a participé le LSCE (CEA, CNRS, UVSQ). Celles-ci ont augmenté de 9 % entre 2000-2006 et 2017, principalement en raison des activités humaines. Cette hausse est surtout observée dans les régions tropicales (Afrique et Asie) et aux moyennes latitudes (Chine et Amérique du Nord). Les concentrations de CH4 dans l'atmosphère suivent le scénario le plus pessimiste du dernier rapport du Giec.

Près de 28 fois plus puissant que le CO2 à masse égale, le méthane est le deuxième gaz à effet de serre d'origine anthropique après le CO2 en termes d'émissions. Les concentrations de méthane dans l'atmosphère sont deux fois et demie plus élevées qu'avant la révolution industrielle. Après une stabilisation au début des années 2000, une nouvelle augmentation des concentrations de méthane est observée depuis 2007, avec une forte accélération depuis 2014.

Cette évolution est inquiétante car elle diverge à présent de tous les scénarios élaborés par le Giec, excepté du plus pessimiste, associé à un réchauffement de plus de 4°C en 2100. Or les variations des concentrations de méthane restent mal comprises tant à l'échelle de la planète qu'à celle d'un pays. Les sources naturelles sont variées (zones inondées, lacs, réservoirs, termites, géologiques, hydrates de carbone, etc.) et ne sont connues qu'avec une grande incertitude. Les émissions dues aux activités humaines représentent environ 60 % des émissions totales de méthane. Ces émissions anthropiques résultent principalement de la gestion des troupeaux (30 %), de l'exploitation du pétrole et du gaz (22 %), de la gestion des déchets solides et liquides (18 %), et de l'extraction du charbon (11 %).

L'étude souligne que le réchauffement des régions boréales entraîne la fonte du pergélisol et modifie les écosystèmes, avec en particulier la création de lacs thermokarstiques, et les modèles prédisent des émissions de méthane plus importantes, encore, au cours du siècle prochain. Mais les méthodes basées sur les mesures de concentrations atmosphériques de méthane ne décèlent pas de signal allant dans ce sens pour le moment.

Les concentrations de méthane dans l'atmosphère augmentent actuellement avec un taux de l'ordre de 8-12 ppb/an depuis 2014, aussi rapidement que dans les années 1980. Cette tendance suit le scénario le plus pessimiste du Giec, associé à une augmentation de température de 4,3°C à l'horizon 2100.

Le méthane a cependant une durée de vie plus courte que le dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Selon Marielle Saunois, enseignante-chercheuse au LSCE-UVSQ, « il est impératif de continuer les efforts de quantification du bilan mondial du méthane, avec des mises à jour régulières comme pour le dioxyde de carbone car la diminution des émissions de méthane peut être rapidement bénéfique pour le climat. Si on veut rester sous la barre des 2°C, et répondre aux accords de Paris, il ne faut pas se contenter de limiter les émissions de dioxyde de carbone, il faut aussi réduire les émissions de méthane ».

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash 

Science Advances

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