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Evolution accélérée en cas de danger

Les papillons mâles de l'espèce Hypolimnas bolina,qui avaient été presque entièrement décimés par une bactérie ont retrouvé leur vigeur en seulement 10 générations, ont constaté des chercheurs partis sur les îles Savaii et Upolu de l'Etat des Samoa, dans l'océan Pacifique. Dans les îles de Polynésie, les populations de bolinas, dont les mâles ont des ailes ornées de taches bleues, sont très souvent infectées par les bactéries Wolbachia.

Ces bactéries colonisent les systèmes reproducteurs des femelles des papillons et se transmettent ainsi aux descendants. Cependant Wolbachia est sélective : seules les femelles l'intéressent et elle tue les rejetons mâles. Le ratio mâle/femelle est donc déséquilibré dans les populations de bolinas infectés par la bactérie. En 2001, il ne restait plus que 1 % de mâles Hypolimnas bolina sur les îles Savaii et Upolu, rapportent Gregory Hurst (University College London, GB) et Sylvain Charlat (CNRS, rattaché à l'Université de Californie pendant l'étude).

A Upolu, la population de mâles avait augmenté dès 2005 et atteignait 41 % en 2006. A Savaii, le taux était toujours de 99 % de femelles au début de l'année 2006 mais à la fin de l'année il y avait 39 % de mâles, ont constaté les chercheurs après un recensement. Ce rebond des papillons mâles a été permis par une évolution très rapide : la transmission d'un gène qui permet aux descendants mâles de survivre, même si les femelles qui se reproduisent sont infectées par Wolbachia.

Pour vérifier que ce n'était pas la bactérie qui avait changé, les chercheurs ont pris des femelles de Savaii et Upolu et les ont fait se reproduire avec des mâles issus d'une autre île. Ils ont observé qu'au bout de trois générations la capacité de la bactérie à tuer redevenait active. C'est donc bien la sélection naturelle d'individus porteurs d'un gène suppresseur qui a permis aux mâles de reprendre du poil de la bête. Les chercheurs vont désormais tenter de localiser précisément ce gène chez le papillon.

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