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Les entreprises freinent leurs dépenses de recherche

En 2001, le ralentissement de la croissance s'est répercuté sur les dépenses consacrées à la recherche et au développement (R & D) dans les entreprises françaises. Globalement, selon l'enquête réalisée par Le Monde, ces dépenses ont continué de croître, mais de 5 % seulement, soit deux fois moins que durant les trois années précédentes. Et l'effectif global des équipes de recherche a diminué de 1 % l'an dernier. Les pessimistes observeront que la croissance du chiffre d'affaires des entreprises ayant globalement atteint 8 %, on aurait pu s'attendre à mieux, les dépenses de R & D étant en général assez corrélées au chiffre d'affaires. Les optimistes trouveront en revanche que l'on a évité le pire. La chute des résultats nets de ces mêmes grands groupes aurait, à d'autres époques, conduit à des réductions beaucoup plus drastiques. Les entreprises du secteur de l'informatique et des télécommunications, notamment, n'ont pas sacrifié leurs budgets de R & D. Alcatel a ainsi maintenu son effort (+ 1%). France Télécom, après avoir réduit ses dépenses d'un quart en 2000, en raison de la perte de son monopole et donc de l'arrêt ou de la cession de recherches menées dans le cadre du Centre national d'études et de télécommunications (CNET), les a augmentées de 26 % en 2001. En revanche, Bull continue de voir son budget consacré à la recherche diminuer : - 6 % en 2001 après - 11 % en 2000. L'autre secteur où l'on observe de fortes augmentations des budgets de R & D est celui de l'aéronautique et de la défense. Le classement reste assez proche de celui de 2000. La distinction demandée, pour la première fois cette année, entre le budget de R & D financé sur les capitaux propres et celui provenant de contrats publics, montre néanmoins que si seule la recherche autofinancée avait été utilisée comme critère pour établir ce palmarès, le lauréat, EADS, se serait trouvé en quatrième position. Les deux autres entreprises liées au secteur de la défense (Thales et Snecma) auraient aussi rétrogradé. Les fusions-acquisitions, mais également les cessions intervenues durant l'année 2001 expliquent l'apparition de deux nouveaux venus : Sanofi-Synthélabo (dont TotalFinaElf ne possède plus que 26 % du capital) et Rhodia (dont Aventis détenait 25,2 % fin 2001). Les responsables de recherche des grands groupes prévoient de maintenir le même niveau de dépense pour 2002. La conjoncture économique ne semble pas devoir remettre ces projets en cause. Autant d'éléments qui, selon l'entourage de la ministre de la recherche, Claudie Haigneré, pourraient permettre à la France de tenir son objectif : atteindre en 2010 un niveau de dépense (publique et privée) en recherche et développement égal à 3 % du PIB. Un objectif qui est aussi celui de l'Union européenne. Pour tenir ce cap, et compte tenu des dépenses publiques budgétées, il faudrait en effet que les entreprises accroissent leurs dépenses en R & D de 3 % en 2002 et de 6 % en 2003. La part revenant aux entreprises devrait ensuite aller croissant et rattraper ainsi le retard accumulé par rapport aux autres pays développés. Malgré le coup d'accélérateur donné à la recherche dans les firmes françaises ces dernières années, celles-ci ne participent qu'à hauteur de 56 % à l'effort de recherche national, soit beaucoup moins que dans la plupart des autres pays européens, au Japon ou aux Etats-Unis. Ces pays n'ont pas non plus effectué de coupe claire dans leurs budgets. Selon l'enquête annuelle du ministère du commerce et de l'industrie britannique, rendue publique le 14 octobre, les dépenses de R & D des entreprises ont crû de 4 % en 2001 au plan mondial. En revanche, contrairement à ce qui se passe en France, les budgets publics de recherche américains ont connu une très forte hausse en 2002. Dans la recherche médicale, le National Institute of Health a vu son budget augmenter de 15 % en 2002, et devrait encore s'accroître en 2003 pour atteindre plus de 27,3 milliards de dollars. Suite aux attentats du 11 septembre, la recherche militaire s'est arrogé la part du lion outre-Atlantique, pour financer de nouvelles armes, mais aussi de nouveaux réseaux de communication. On sait quelles ont été les retombées des recherches sur le précurseur d'Internet, Arpanet, qui fut financé par le ministère de la défense aux Etats-Unis.

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3234--294715-,00.html

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