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E-Ink : l'encre intelligente

A priori, cela ressemble à une page imprimée : la feuille est souple, facile à lire. Mais le texte soudain s'efface pour laisser place à un autre. En un clin d'oeil, le contenu de la page et du livre entier change. On peut alors le glisser dans sa poche pour le lire plus tard. Dans un jour, ou dans un mois. Le secret de ce papier qui devrait bientôt donner un sacré coup de vieux aux pourtant encore balbutiants livres électroniques ? Son encre magique, qui change de couleur à volonté. On connaissait déjà l'encre sympathique, incolore et donc invisible tant qu'on ne la soumet pas à une température élevée. Voici venir l'" encre électronique ", qui obéit au simple principe d'attraction - répulsion entre deux charges électriques. Baptisée e-Ink (electronic ink), elle a été inventée au laboratoire Médias du MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston par le professeur Joseph Jacobson et ses élèves J. D. Albert et Barrett Comiskey. Elle se présente sous la forme de milliers de microcapsules de moins d'un dixième de millimètre de diamètre, renfermant un liquide bleuté où baignent des particules blanches. Il suffit de les soumettre à un champ électrique pour que l'encre prenne vie. Chaque microcapsule voit alors ses particules blanches migrer vers l'avant ou vers l'arrière, selon la polarité du champ, formant soit un point blanc, soit un point bleu. Disposées en fine couche sur un support plastique flexible, entre deux circuits d'électrodes transparentes commandées par un microprocesseur, les capsules laissent apparaître des lettres, ou dessinent une image. Les avantages par rapport à l'e-Book sont multiples. Même en l'absence de champ électrique, les microcapsules restent stables et l'affichage perdure. Fini, donc, les problèmes de mémoire électronique pour stocker le texte : l'encre s'en charge. Fini, également, les problèmes de batterie : l'e-Ink n'a besoin d'énergie que pour changer de texte, son autonomie est ensuite illimitée. Moins fragile que les écrans à cristaux liquides, elle permet en outre une lecture en plein soleil et sous n'importe quel angle de vue. Pourtant, des progrès restent à faire : on pourrait sans doute réduire l'épaisseur des feuilles plastiques, améliorer leur résolution ou introduire la quadrichromie. Et ce d'autant plus que la concurrence est sérieuse : dans les laboratoires de Xerox, le chercheur Nicholas Sheridon, auteur des premières découvertes sur le papier électronique dans les années 70, travaille à un procédé similaire faisant appel à des microbilles, noires d'un côté, blanches de l'autre, qui tournent sur elles-mêmes sous l'effet d'un champ électrique... La société e-Ink, fondée par J. Jacobson en 1997, a déjà séduit plusieurs investisseurs, dont le fabricant informatique Motorola, l'éditeur Hearst, l'afficheur publicitaire Interpublic, la firme chimique allemande Creavis et, depuis janvier, l'éditeur français Havas. D'ores et déjà, e-Ink a entamé la commercialisation de panneaux publicitaires et annonce ses premiers livres pour 2003. De nombreuses autres applications sont à l'étude. Imaginez ainsi votre magazine " imprimé " à l'encre électronique. Le soir, vous l'abandonneriez sur votre table de chevet pour le retrouver le lendemain matin affichant la nouvelle édition chargée automatiquement pendant la nuit via l'Internet ou les ondes radio.

Le Point : http://www.lepoint.fr/data/PNT1439/3904601P.html

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