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Climat : l'accord de Durban pourrait ouvrir la voie à l'après-Kyoto

Au terme d'une journée supplémentaire de négociation, les délégués des 195 Etats représentés dans la capitale sud-africaine sont parvenus le 10 décembre à s'entendre sur un texte dans lequel, pour la première fois, tous les pays sont d'accord pour mener une action conjointe contraignante destinée à limiter le réchauffement climatique mondial inéluctable. Le consensus obtenu peut sembler laborieux mais il mérite pourtant d'être salué  : pour la première fois, tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre ont accepté de s'inscrire dans un accord global de réduction de leurs émissions, qui devra être précisé au plus tard d'ici à 2015 et entrer en vigueur en 2020. Le protocole de Kyoto, seul traité international qui contraint une quarantaine d'Etats industrialisés à diminuer leurs rejets de CO2 et qui venait à échéance fin 2012, est sauvé.

Tous les pays, y compris la Chine et l'Inde, qui, après les Etats-Unis, ont fini par se rallier à la feuille de route défendue par l'Union européenne. Les trois principales « puissances émettrices » de gaz à effet de serre (près de la moitié du CO2 envoyé chaque année dans l'atmosphère) vont s'asseoir à la même table de négociation que les autres pays pour tenter de s'entendre en 2015 sur un accord global de réduction.

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui participait à ces négociations, considère que des « avancées significatives » ont été enregistrées à Durban, tout en reconnaissant que l’accord était imparfait. Se félicitant du « rôle moteur » que l’Europe a joué dans ces négociations, Nathalie Kosciusko-Morizet considère que « ses propositions ont formé la base du compromis ». « C’est un tournant qui a été pris » souligne-t-elle. Au lieu de maintenir les conservatismes passés en matière de lutte contre le réchauffement, « nous avons au contraire franchi une étape dans ce processus."

Les 37 pays les plus industrialisés signataires du protocole de Kyoto de 1997 (hors les Etats-Unis qui ne l'avaient pas ratifié) ne seront donc plus les seuls à fournir des efforts et à en être comptables devant la communauté internationale. C'est ce que réclamait l'Union européenne, laquelle, dès lors, a accepté à Durban de prendre de nouveaux engagements, au-delà de ceux qui s'achèvent en 2012 (baisse de 8 % en moyenne des GES entre 2008 et 2012 par rapport à 1990).

L'Europe satisfait ainsi une revendication forte émise par les pays en développement au nom de la responsabilité « historique » des pays riches dans l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère. Mais cette prolongation ne représente que 15 % du total des émissions produites annuellement dans le monde.

Autre décision importante, recherchée depuis longtemps et enfin adoptée à Durban. La CNUCC a engagé l’ouverture d’un dialogue sur l’agriculture, défendu par la France. Il met en place, pour la première fois, une discussion sur l’agriculture pour « développer les bonnes pratiques et les transferts de technologies » et répondre aux enjeux climatiques tant sur le plan de la réduction des émissions que de l’adaptation à ses effets en matière de sécurité alimentaire.

A l’origine de 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’agriculture représente un potentiel considérable de réduction des émissions. C’est aussi le premier secteur touché par le défi du réchauffement climatique et en ce sens, cette avancée est positive.

La conférence de Durban sauve à la fois le protocole de Kyoto et prépare en même temps sa succession. Le futur traité global de réduction doit en effet entrer en vigueur « à partir de 2020 ». Une formulation qui exclut toute date ferme et ne revêt pas une réalité très contraignante, contrairement à ce que voulaient les pays en voie de développement et les îles-Etats menacées de submersion.

L’Union Européenne ne représentant que 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre a dû accepter l'introduction dans son projet de feuille de route d'une terminologie édulcorée pour qualifier le futur traité global. Il s'agira d'ici à 2020 de parvenir à « un protocole, un autre instrument légal ou une solution légale ayant une force légale ».

A la différence de Copenhague, où l'Europe avait été largement exclue de l'accord entre les Etats-Unis et les pays émergents, elle a été ici à Durban au centre des négociations. C'est autour de sa proposition de feuille de route pour un régime climatique post-2020 juridiquement contraignant, en échange d'une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto, que se sont construites les négociations.

L'accord intervenu ne s'accompagne pas d'une hausse du niveau d'ambition des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les engagements annoncés ne permettront pas de tenir le réchauffement de la planète sous le seuil de 2 degrés Celsius d'ici à 2100. Un niveau qui semble déjà largement sous-évalué. Les scénarios actuels projettent le réchauffement dans une fourchette de 3,5 à 6 degrés.

Durban se solde enfin par la mise en place du mécanisme de fonctionnement du Fonds vert. Annoncé l'an dernier à la conférence de Cancun, cet instrument doit aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique. Il doit être alimenté de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.

ONU

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