RTFlash

RTFlash a besoin de vous pour continuer à exister !

Propulsé par HelloAsso

Matière

Des chercheurs reconstituent une molécule prometteuse contre le cancer

Après trente ans de recherches, les chimistes de Harvard et la société pharmaceutique japonaise Eisai ont réussi à synthétiser l'halichondrine. Présente naturellement dans les éponges de mer, en très faibles quantités, l'halichondrine est connue pour être un agent anticancéreux. Mais cette molécule est si complexe qu'elle n'avait jamais pu être synthétisée en laboratoire. L'équipe de Yoshito Kishi, professeur du département de chimie de Harvard, a plus précisément synthétisé des quantités suffisantes d'E7130, un "médicament potentiel" issu de la classe des halichondrines. Dans des études précliniques, des chercheurs japonais avaient déjà identifié en 1986 ce composé comme un agent prometteur pour cibler la tumeur.

Cette molécule est en réalité particulièrement difficile à fabriquer du fait qu'elle possède 31 centres de chiralité, c'est-à-dire 31 points qui définissent comment elle s'oriente dans l'espace. D'après les scientifiques, il existait donc environ "quatre milliards de façons de se tromper". "C'est une réussite sans précédent, car personne n'avait été capable de produire des halichondrines à l'échelle de 10 grammes. Un milligramme, c'est tout", développe Takashi Owa, co-auteur de l'étude et responsable de la création de médicaments de la société pharmaceutique japonaise Eisai, collaboratrice du projet.

Des études in vitro et in vivo sur des souris ont ainsi été lancées pour mieux comprendre son mode d'action. Il semblerait que la molécule soit belle et bien inhibitrice de la dynamique des microtubules, des molécules importantes pour la division des cellules. Pour rappel, les tumeurs se développent à la suite d'un dérèglement de la croissance cellulaire.

Il existait déjà des traitements capables de cibler les cellules cancéreuses, comme le paclitaxel ou la vinblastine. Mais il semblerait que ce composé soit bien plus performant, bien qu'il n'ait pas encore été testé sur des humains. L'équipe de chercheurs espère désormais entamer un deuxième essai clinique aux États-Unis.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Noter cet article :

 

Vous serez certainement intéressé par ces articles :

Recommander cet article :

back-to-top