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Cancer de la prostate : vers un dépistage plus individualisé ?

Vous faîtes peut-être partie des millions d'hommes qui, chaque année en France, font une prise de sang pour doser leur PSA, cet antigène qui peut dans certaines conditions indiquer un cancer de la prostate... ou un simple grossissement de la prostate ! On estime que 7 millions de dosages de PSA sont effectués chaque année en France. Il est vrai que de nombreux tests sont aussi réalisés dans le cadre de suivi de patients, parfois plusieurs dosages par an, et pas seulement dans le cadre d'un dépistage.

L'idée, logique et sans cesse illustrée par l'expérience des urologues, est que tout cancer de la prostate passe par une phase où il peut être guéri. Celle où il est confiné à l'intérieur de la glande prostatique. Il existe d'ailleurs un antigène, le PSA, spécifique de la prostate qui augmente en cas de cancer. Le problème est que le PSA augmente aussi lorsque le volume augmente dans une maladie sans gravité (quoique gênante : elle provoque des difficultés à uriner) comme l'hypertrophie bénigne de la prostate.

L'inconvénient du dépistage est qu'il n'est pas dénué d'effets fâcheux. Premièrement, il conduit à réaliser d'autres examens inconfortables et non dénués de risque, en particuliers des biopsies (plusieurs prélèvements grâce à une aiguille introduite dans la glande) pour essayer de repérer les cellules cancéreuses suspectées.

Deuxièmement, même lorsqu'un cancer est suspecté, on ne dispose pas à ce jour de marqueur permettant de deviner le niveau d'agressivité du cancer. Il y a en effet des cancers qui évoluent lentement et d'autres qui progressent vite (agressivité). Or, aussi paradoxal que cela puisse paraître, avoir un cancer d'évolution lente n'est pas forcément grave, à un certain âge. Les statistiques montrent que l'on a alors toutes les « chances » de mourir d'autre chose que de son cancer ! Quel dommage d'avoir ôté une prostate dans ce cas là et d'avoir provoqué les conséquences que l'on sait, notamment la perte de l'érection dans 30 à 80 % des cas.

Troisième argument, qui pèse lourd dans le débat opposant dans la communauté médicale pro-dépistage et anti-dépistage : il semble désormais fort probable (c'est ce que confortent les derniers résultats de l'étude PLCO qui suit depuis plus de dix ans, 76 000 hommes âgés, à leur entrée dans l'essai, de 55 à 74 ans) qu'un dépistage systématique fait tous les ans, n'augmente pas la survie par rapport à un dépistage occasionnel effectué lorsque le médecin le juge utile.

Enfin, quatrième pièce au dossier : un bon moyen de repérer les hommes vraiment à risque d'avoir un jour un cancer de la prostate (sans préjuger qu'il puisse entraîner la mort) serait peut-être de faire un seul dosage de PSA autour de la cinquantaine. S'il est bas (inférieur à 0,7 ng/ml), le risque de cancer de la prostate est en effet quasiment nul (Le « zéro risque » n'existe pas en médecine).

  • Un choix forcément personnel

Il semble donc que, contrairement à des dépistages organisés ayant prouvé leur intérêt dans la population générale (cancer colorectal, sein...), on s'achemine pour le cancer de la prostate vers de nouvelles recommandations officielles (elles sont attendues cette année) privilégiant le dépistage individuel, c'est-à-dire au cas par cas, après discussion avec votre médecin généraliste ou un urologue.

Mag patients

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