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Des bus à hydrogène pour les jeux de Vancouver

Le fleuron de ces Jeux verts de Vancouver est assurément l'autobus à hydrogène. Ce n'est que justice puisque le procédé a été inventé dans cette ville même par l'ingénieur canadien Geoffrey Ballard, élu en 1999 par le magazine Time «héros de la planète», et décédé l'an dernier à l'âge de 75 ans. Mise au point dans les années 80, son invention se cherche, depuis lors, un avenir commercial rentable. Quelques prototypes de véhicules à hydrogène circulent dans le monde, notamment à Madrid, mais le réseau urbain d'autobus qui sera inauguré à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 2010 sera le premier du genre.

Une flotte de vingt véhicules construits par la firme canadienne New Flyer avec des piles manufacturées par Ballard Industries sera alors mise en service sur le mont Whistler pour transporter les spectateurs aux compétitions de ski. «Comme ils fonctionnent en boucle, ils reviennent toujours au même point pour se ravitailler, et il n'y a donc pas besoin de créer beaucoup de stations de rechargement», explique John Tak, le directeur l'Institut d'innovation en hydrogène et piles à combustible, situé sur le campus de la prestigieuse université de Colombie-Britannique (UBC).

L'enceinte de l'institut abrite une station de rechargement. L'hydrogène, stocké dans des bombones allongées, est distribué par une pompe ressemblant aux actuelles pompes à essence. Il faut 3 ou 4 minutes pour faire un plein, explique l'ingénieur, qui accompagne un groupe de journalistes français invités par le gouvernement canadien à découvrir les futures installations olympiques. La Ford que teste l'institut est prête à démarrer. Un tour de clé, et son moteur émet un léger bruit. «Ce que vous entendez, explique le chercheur Cyrille Decès-Petit, ce sont les compresseurs. L'hydrogène est comprimé mais pas l'air, donc il faut l'injecter dans la pile avec un compresseur.» En quelques mots, il explique le procédé : «La pile à combustible est une membrane par laquelle passe l'hydrogène qui se mélange avec l'air et génère alors de l'électricité.» Et c'est propre : ce qui sort du tuyau d'échappement, c'est de l'eau.

Quelques bus sont déjà en circulation en ville, la plupart confiés à des agences de tourisme. Ils sont plus volumineux, puisque l'hydrogène est stocké sur le toit, mais moins bruyants. «C'est le premier pas vers l'électrification, dit John Tak. Vous avez une batterie, une pile à combustible et un moteur électrique. La pile à combustible produit de l'électricité, la batterie aussi. Avec la batterie, la puissance augmente lors de l'accélération. Avec la pile à combustible, la puissance est de même intensité. Sur 80 % du trajet, on n'accélère pas. Donc, en combinant les deux, on peut avoir une batterie plus petite.»

Libé

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