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A 110 ans, ils seront bien vivants

Depuis Gompertz, père de la loi de mortalité, et Buffon, qui a établi que chaque espèce est caractérisée par une durée de vie spécifique, les scientifiques étaient convaincus que l'être humain atteignait les limites de sa longévité autour de 100 ans. Le premier centenaire est apparu en 1800. Les recherches nous apprennent que jusqu'en 1945, ils apparaissent de manière sporadique. Mais à partir de l'après-guerre, la population des centenaires double tous les dix ans. En 1950, on comptait, en France, 200 centenaires; en 1960, 400. Ils sont 6 400 en 2000 et seront 26 000 en 2020. Si l'on remonte encore dans l'histoire, on découvre que la population d'octogénaires explose à partir du XIXe siècle, en observant les mêmes lois. Le cas de Jeanne Calment, qui a gardé jusqu'à ses 122 ans un niveau d'activité intellectuelle très correct, nous a incités à examiner le cas des «supercentenaires» et à reposer la question de la limite de la longévité humaine. Jean-Marie Robine, démographe à l'Inserm a commencé à recenser les supercentenaires. Il en a authentifié 200 dans le monde, dont 28 en France. Les 110 ans et plus apparaissent dans les années 60. D'abord de manière épisodique. A partir de 1980, on en compte 5. Et depuis, ils ne cessent d'augmenter. Il en vivait 15 en 1990 et 30 aujourd'hui. Mais au-delà du phénomène d'explosion, on observe une autre tendance, encore plus troublante. Paradoxalement, aux âges très élevés, l'augmentation du taux de mortalité ralentit. Et dans le même temps, la mortalité diminue d'année en année. Cette diminution de la mortalité était de l'ordre de 1 % il y a dix ans, elle est de l'ordre de 2 % aujourd'hui. En résumé, on sera, dans des proportions jamais imaginées, de plus en plus nombreux à être très très vieux. Cequi signifie que derrière les 150 000 centenaires et plus prévus par l'Insee en 2050 se cache une très grande imprécision. La France comptera en fait, en 2050, entre 45 000 et 750 000 centenaires. Et compte tenu des progrès que nous continuons de faire, on est probablement plus proche des 750 000. En fait, les recherches conduites parallèlement par les biologistes, les démographes et les gériatres montrent que les limites de la longévité ne se situent pas chez l'homme mais dans son environnement. En clair, c'est l'agressivité de l'environnement, l'air que nous respirons, la nourriture que nous ingérons, qui fait que nous vieillissons plus ou moins vite. Toutes les recherches tendent aujourd'hui à montrer que, contrairement à ce que l'on croyait, il n'y a pas chez l'homme d'horloge biologique qui s'enclenche pour décider qu'un individu est trop vieux et qu'il doit mourir. En tout cas, si de tels mécanismes existent, ils se déclenchent bien au-delà des 120 ans actuels. Ces perspectives sont forcément lourdes de conséquences sur les choix économiques et de société.

Libération :

http://www.liberation.com/quotidien/semaine/20000617sams.html

article résumé par @RTFlash

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